jeudi 26 novembre 2009

Facétie de bibliomane moderne : des ex libris sur mesure.


Il y a quelques temps, quelqu'un me demandait si j'avais un ex libris. Je n'avais pas répondu. Tout simplement parce que je continuais à réfléchir à cette question qui me pose toujours un sérieux problème.

Je crois bien que je n'aurai jamais un ex libris, cela irait trop à l'encontre de ce que je crois, à savoir qu'ici bas, rien n'appartient jamais vraiment à personne et que là-haut, si l'on admet l'existence d'un ailleurs, avoir son ex libris me semblerait bien futile. Donc, point d'ex libris.

Par contre, je trouve cela assez joli pour les autres et me suis déjà amusé à en essayer quelques uns. Ce qui est amusant, c'est que justement, le message du jour de notre ami Xavier a réveillé en moi ces désirs créatifs ou plutôt imitatifs, ce serait plus juste. Comme je n'ai aucun talent d'artiste, je m'amuse souvent à détourner les dessins des autres.

Voyez ce que je me suis amusé à faire aujourd'hui avec la vignette pour les sonnets du docteur Camuset.


Et vous ? Vous êtes-vous déjà amusé à faire votre ex libris ?

J'ai l'immense privilège d'avoir pu admirer la collection des ex libris du vicomte Kouyakov. Un régal ! Il n'en n'a pas un ! Il n'en a pas trois ! Il n'en n'a pas dix ! Il en a peut-être mille !! De mon côté, je crois bien que je serais comme lui, je crois que j'aimerais avoir un ex libris différent pour chacun de mes ouvrages, car chacun de mes ouvrages a une histoire unique que j'aimerais savoir retracée dans une petite vignette agrémentée d'un dessin spirituel et d'une légende toujours adéquat, donc forcément différente à chaque fois. Je vais donc y réfléchir...


Notez bien que grâce à l'outil informatique on peut obtenir à peu près ce que l'on veut, aussi bien dans les couleurs que dans les effets spéciaux... Alors certains diront que c'est tout sauf un ex libris, tout sauf un travail d'artiste, et ils auront bien raison ! D'autres encore diront que je n'ai vraiment que ça à faire, et ils n'auront pas tout à fait tort !

Bonne soirée,
Bertrand

10 commentaires:

Bergamote a dit…

J'y avais réfléchi, à une époque. Mais je n'avais rien trouvé d'original à inventer (pour le moment). Plutôt qu'un ex libris, je crois que je préfèrerais créer mon propre fleuron. Je pourrais ainsi l'apposer sur les livres que je relie moi-même. J'ai déjà mon idée, mais chut ! je ne voudrais pas qu'on me la prenne :)

Textor a dit…

Bertrand,

C'est moi qui vous avait demandé quel pouvait être votre ex-libris et je trouve que celui du crâne chevauché vous irait assez bien !!

Je songe aussi au mien sans avoir rien arrêté encore.
Dans un sens, c'est vrai, l'ex-libris est un peu prétentieux, marquer ainsi une possession si éphémère sur des ouvrages qui en ont tellement vu.... mais de l'autre, il est rassurant de savoir que les bibliophiles du XXIIIème siècle échangeront des messages sur nos ombres.

T

L'Ex-Libris Français a dit…

Bonjour à tous,
Le monde de l'ex-libris peut être futile certes mais il peut être aussi profond et amener à réfléchir à son sens réel; ne dit-on pas de l'ex-libris qu'il est le blason de l'esprit or il n'y a aucun mal à laisser une trace de son existence ici-bas, fût ce t'elle par l'entremise d'une marque d'appartenance ou de possession.
En France sans l'ex-libris que saurait-on de Charles d'Ailleboust (1574), de Désiré Buffet (1558)voire de Faustus Andrelinus (1496)? Il n'est pas rare de trouver des octogénaires ayant le désir de marquer par l'ex-libris leurs livres les plus précieux à leurs yeux pour la postérité, pour que l'arrière petit-enfant puisse dire avec fierté "ce bouquin appartenait à grand-père". Si avoir une Rollex avant quarante ans est le signe de la réussite, avoir un ex-libris pour ses livres, quelque soit l'âge auquel on le conçoit, est surement l'empreinte que tout homme peut laisser de son passage sur cette terre en toute discrétion sans aucune forfanterie.
En ce qui concerne la (ré)création de votre ex-libris, au demeurant fort bien agencé, je n'y trouve ni facétie ni légèreté d'esprit. Je vous engagerai,bien au contraire, à en faire usage et à l'envoyer à l'A.F.C.E.L. pour le voir y figurer comme étant une pièce à part entière du répertoire des ex-libris français contemporains que cette docte association collecte et diffuse.
Votre essai est réussi, transformez le en application réelle.
JEF

Pierre a dit…

Grâce à quelques coups de crayons, à un bon photocopieur et un logiciel de retouche d'image, je me suis fais un "magnifique" ex-libris il y a un an.

Petit problème : Je n'ai jamais osé en coller un seul sur un livre, quand on me demande de l'expliquer, j'en ai pour un quart d'heure et je trouve déjà que je devrai en faire un autre en "mieux".

Le "mieux" changeant tous les jours, il faudra quand même que je me lance à en coller un pour voir.

Pierre

Benoît a dit…

Mes parents parents voulaient m'offrir pour Noël dernier le premier tirage de mon ex-libris, le seul problème, c'est la difficulté de choisir le dessin.

Comme dit Pierre, on trouve toujours mieux, et mes premières tentatives m'ont en fait rapidement déçues. C'est un exercice sacrément complexe que de faire un dessin, d'artiste ou non, qui puisse nous convenir toute la vie, quand je vois qu'au bout de quelques jours le dessin ne me va déjà plus.

C'est un peu le blason de l'esprit effectivement, car, pour moi, en tant que jeune bibliophile (25 ans), ce choix est équivalent au jeune chevalier qui choisit son blason et sa devise. J'ai déjà ma devise mais le reste est difficile...


Benoît

Bertrand a dit…

C'est intéressant tout cela,
merci à l'AFCEL pour son commentaire sympathique. Effectivement, on peut voir la chose ainsi.

Pour les autres, Pierre, Benoit, que pensez-vois de l'idée d'avoir plusieurs ex libris dans sa vie ? et pourquoi pas autant d'ex libris que de livres ?

Cette idée me séduit plus je dois l'avouer, que celle d'avoir un ex libris figé ad vitam eternam pour l'ensemble de mes livres.

Votre avis sur le sujet m'intéresse.

B.

Pierre a dit…

Bertrand,

Facile et tentant de faire plusieurs ex-libris. Il est évident que celui qui ira dans mes nombreux ouvrages "Curiosa" ne sera pas le même que celui dans mes "Religiosa".

Et puis, une petite chose me trotte dans la tête. Et si je mettais sur les ouvrages que je vends en ma boutique, je veux parler sur les ouvrages un peu remarquables, un ex-libris de provenance (comme la librairie Gaizot à Paris mais en plus discret car je n'oserai me comparer), un petit, bien sûr, pour rappeler qu'on l'a acheté chez moi ?

Cela fait un peu orgueilleux, peut-être ?

Votre avis. Pierre

Bertrand a dit…

Faire une étiquette de libraire, il n'y a aujourd'hui rien de plus facile, reste à la mériter pour ne pas friser le ridicule.

Pour le moment je me contente de me dire que Baizot et Berès savaient vraiment sélectionner de beaux ouvrages.

B.

Benoît a dit…

personnellement, je préfèrerais un ex-libris ad vitam eternam, et c'est justement là la difficulté.

Quand aux étiquettes de libraires, pourquoi pas après tout? Une petite étiquette en haut de page de garde ou de du contre-plat comme on voit quelquefois ne me dérange nullement. D'ailleurs, quelqu'un sait-il depuis quand cela existe? Les plus vieilles que j'ai vues sont toutes du même libraire à Bordeaux, seconde moitié XVIIIe. Il s'agit des frères Labotière, imprimeur-libraire, place du palais.

Benoît

Benoît a dit…

PS:
je viens de vérifier, j'en avais vu une autre (j'ai gardé des photos), toujours de Bordeaux: P Gauvry, libraire sur Saint James, près du grand marché

Benoît

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