jeudi 19 novembre 2009

La faute est aux dieux qui me firent si folle.




« La faute est aux dieux qui me firent si folle. » c’est ce qu’on peut lire en exergue du titre des deux petits volumes que j'essayais de vous faire découvrir hier. Quelle insolence ! Quelle impiété ! Quel athéisme professé d’entrée !

« Félicia ou mes fredaines. » tel était le titre de l’ouvrage dont je présentais hier les deux frontispices bien énigmatiques. C’était donc le chevalier Andréa de Nerciat qu’il fallait retrouver parmi tous ces polygraphes érotomanes et sensualistes de la fin du XVIIIe siècle. Je ne reviendrai pas sur cet auteur dont on trouve de bonnes biographies sur la toile.


Quant à son roman libertin « Félicia », c’est ici dans une édition ancienne donnée « A Amsterdam », non datée, en 2 volumes petits in-12, imprimée en vils caractères et sur vil papier, que je vous le présente.

D’après Jean-Pierre Dutel et sa Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1650 et 1880 (chez l’auteur, Paris, 2009), c’est à une édition publiée en 1795 que nous avons sous les yeux (Dutel, A-397). Dutel n’annonce rien d’autre que les deux frontispices gravés comme illustration (ils ne sont pas signés).

C’est la première fois que j’ai en mains ce roman libertin dans une édition du XVIIIe siècle. Dutel en dénombre pas moins de quatorze éditions jusqu’en 1800. C’est dire le succès de ce genre d’ouvrages parmi la gent masculine (et féminine ?) lettrée de l’Europe d’alors.

Les deux frontispices sont d’ailleurs bien sages et ne transcrivent qu’assez imparfaitement tout le libertinage qui se trouve mêlé entre ces lignes de belle prose. Nerciat était un fin écrivain, son style est agréable et les scènes érotiques qu’il évoque ne sont jamais grossières ni vulgaires. Je vous laisse le découvrir si ce n’est déjà fait. La première édition de ce roman « interdit » (ultérieurement mis à l’index et condamné à être détruit) aurait été publiée vers 1775 (Amsterdam, sans date, 2 vol.).

Malheureusement, l’exemplaire que j’ai en mains n’est pas des plus frais. Bien que complet de tous les feuillets, des frontispices et de ses reliures d’époque, l’ensemble est pour le moins défraîchi et sans grand intérêt bibliophilique pour le bibliopégimane ou le puriste qui ne chercheraient que des exemplaires parfaits.

Je m’engage donc devant vous à trouver prochainement un exemplaire digne de ce nom, frais, si possible en maroquin d’époque, avec envoi autographe de Nerciat (et ils sont plus que rares…), aux armes ce serait mieux encore. Voilà bien un engagement de bibliophile sérieux !

Je vous livre en prime quelques belles double-pages de cet exemplaire pour que vous puissiez juger par vous-même de la médiocre qualité de l’impression. Je ne sais d’ailleurs pas de quelles presses sortent ces deux volumes ? Si quelqu’un a une idée ?




Je ne peux terminer ces quelques lignes sans vous dire que Nerciat était né à Dijon, tout comme Piron. Deux beaux gaillards parmi d'autres qui laissèrent plus que des traces dans la littérature galante de leur temps. Le bourguignon n’a pas de réputation surfaite en la matière, la bibliophilie nous le rappelle tous les jours.

PS : N’oubliez pas le Beaujolais nouveau qui vient d’arriver (je viens justement d’en voir passer une bouteille devant la fenêtre…) ça conserve tant que la modération s’allie au plaisir de la dégustation.

Bonne soirée,
Bertrand

2 commentaires:

Louis a dit…

Merci pour la réponse, j'avais pourtant cherché du coté de Nerciat mais n'avait pas trouvé.

Pierre a dit…

Ce Voyage en Icarie de Cabet nous rappelle le troisième volume de la trilogie de Tartarin de Tarascon ou notre héros amène la commune entière à s'expatrier sur une ile déserte et accueillante propice au bonheur d'une société idéale.

Même la fin est identique.

Daudet est un copieur. On aurait aimé qu'il se soit trompé.

Alors ? Ce beaujolais ?

Pierre

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