mardi 24 novembre 2009

Brève pour bibliophiles : « Le livre ancien a un avenir »


Lu dans la presse électronique ce matin :


"Libraire à Montmorillon (Vienne), Frédéric Reitz assure que le livre ancien se porte bien. Même si avec la crise, nombre de ses confrères ont souffert.

Tout le week-end, le salon du livre ancien a pris ses quartiers à Bourges dans la salle du Duc Jean. Frédéric Reitz, libraire à Montmorillon et rédacteur en chef du Magazine du Bibliophile, revient sur le marché du livre ancien.

Que pensez-vous du salon du livre de Bourges ? Ici, on a un public beaucoup plus averti qu'à Montmorillon. C'est un public assez intellectuel avec médecins, avocats, journalistes, responsables politiques.

Comment se porte aujourd'hui le marché du livre ancien ? Le livre ancien ne peut se porter que bien. Tout ce qui est vieux, de toute manière, coûtera de plus en plus cher. Voyez Bill Gates qui a acheté un manuscrit de Léonard de Vinci.

Comment expliquez-vous cette montée en puissance ? La vie commerciale d'un livre neuf aujourd'hui varie entre trois mois et un an dans les commerces. Un an après sa parution, un livre est beaucoup plus dur à trouver. Là intervient tout le secteur de la librairie ancienne. Le livre qui a déjà été lu est récupéré, revendu, et servira d'autres lectures. C'est un bien de consommation à usage répété. On se situe bien dans une économie du non jetable. Elle aura de beaux jours devant elle.

Mais la crise n'a-t-elle pas touché les vendeurs de livres anciens ? Pour 2009, on se trouve dans une année de crise. La totalité des intervenants sur le marché du livre ancien ont vu leur activité diminuer entre 10 % et 30 %, quelques-uns jusqu'à 50 %. Il est tout à fait évident qu'il y a des libraires qui déposent le bilan.

Quel budget faut-il prévoir dans un salon du livre ancien ? Vous trouverez un livre de base à cinquante centimes. Mais des ouvrages peuvent monter jusqu'à 200.000 ou 300.000 euros. La grosse partie du marché (50 %) est constituée de livres entre dix et cinquante euros.

Quels sont les ouvrages qui marchent le mieux ? Il y a des livres pour enfant qui ont la cote comme les premières éditions du Petit Prince. Il y a tout ce qui a trait à la guerre de 1914-1918 qui est très recherché, les belles bibles du XVIIIe siècle, les livres des grands photographes (originaux de Willy Ronis avec Mac Orlan pour les textes)?

On parle beaucoup du livre électronique. Ne va-t-il pas concurrencer les livres anciens ? Ce n'est pas possible. D'abord, la télévision n'a pas supplanté le cinéma. Ensuite, il s'agit d'innovations qui se superposent et dont la vie est parallèle. Oui, l'e-book est plus léger. Oui, il pourra servir à des étudiants. Mais avant que le livre disparaisse complètement, vous et moi ont n'existera plus."

Benoît Morin benoit.morin@centrefrance.com

Le Magazine du Bibliophile, Librairie de l'Octognone, 20 place du Vieux Marché 86500 Montmorillon. Tél. 05.49.48.50.56.

Référence électronique de l'article : http://www.leberry.fr/editions_locales/bourges/le_livre_ancien_a_un_avenir@CARGNjFdJSsHHhIEABs-.html

Vous pouvez lire aussi une version corrigée de cet article, ICI (je vous laisse le soin de remarquer les différences).

Cet article a été repris sur le Bibliomane moderne pour simple évocation gracieuse, si l'auteur ne souhaite pas que son article figure en bonne page sur ce blog, il lui suffit de nous contacter et l'article sera immédiatement supprimé.

Bonne journée,
Bertrand

12 commentaires:

Bertrand a dit…

En publiant cet article sur le Bibliomane moderne je n'avais encore pas lu le Bibliofil de Jean-Luc, qui venait, lui aussi de le mettre en avant, désolé donc de ce doublon.

Mais un bibliophile bien informé n'en vaut-il pas deux ?

B.

Jean-Luc a dit…

Heureusement que nos blogs se recoupent de temps en temps, l'inverse serait même plutôt inquiétant.

Plutôt que des doublons, je dirai plutôt que ce sont des ponts :)

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Si le livre ancien a encore un avenir, "Le magazine du Bibliophile" n'existe plus depuis plusieurs mois (dernier numéro paru : n° 81, mars-avril 2009)...

Bertrand a dit…

J'avoue que je me suis posé la question. Alors pourquoi cet article le cite encore comme une publication existante ??

B.

martin a dit…

"À propos du Magazine du Bibliophile par Frederik Reitz, rédacteur en chef. Septembre 2009.

Le Magazine du Bibliophile n'est pas mort... La publication de ce mensuel a été suspendue, suite à la liquidation de sa société éditrice, Méditions Coprah. Cette liquidation a été déclarée le 9 juillet dernier par le tribunal de commerce de Paris.

Il est évident que, dans ce contexte, toute publicité affichant des offres d'abonnement à ce titre ne doit pas être prise en compte par les éventuels bibliophiles intéressés.

Des solutions de relance sont actuellement à l'étude ou proposées. Et, si tout se passe bien, ce titre devrait revoir le jour avant la fin de l'année."

Des nouvelles?

Textor a dit…

Oui mais si mes souvenirs sont bons, cela fait déjà la 2ème fois que cette revue est obligé d'interrompre sa publication pendant plusieurs mois (Pour des raisons qui ne sont sans doute pas de son fait). Les abonnés risquent de se lasser, il faudrait qu'elle puisse trouver une nouvelle formule, plus en adéquation avec les attentes de ses lecteurs.

T

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Un mensuel qui disparaît pendant huit mois est plus que dans le coma... quid des abonnements qui avaient été renouvelés trois mois avant sa disparition.. quid des auteurs dont certains vivaient, entre autres publications, de cela ... ?
La fin de l'année est là...

Pierre a dit…

L'article a l'air, malgré tout, optimiste sur l'avenir de la profession de libraire d'ancien.

2009 semble être un épiphénomène, une mauvaise année simplement...

Elle verra les confrères les plus vulnérables disparaitre comme dans chaque crise et les voisins les plus doués prendre leur clientèle.

Ne vous détrompez pas ! Je ne suis ni désabusé, ni aigri. C'est une loi de l'économie, une loi de la nature.

Pierre

martin a dit…

Crise?
Quelle crise?

Vincent P. a dit…

Pardonnez moi mais cet article est à la fois d'un pompeux pompant et d'un ennui à mourir.

Asséner de telles vérités quand on est soi même rédacteur en chef d'un magazine qui a disparu depuis 8 mois c'est plus que comique pour moi. Ah oui j'oubliais: c'est pas le magazine c'est la faute de la société de presse (encore...).

Et puis tout le monde sait que le salon de Bourges est le centre de la bibliophilie et de la librairie ancienne en France...

Il m'a énervé celui-là!

Pas amicalement pour lui,
Vincent P.

Textor a dit…

En même temps cet article reste fidèle au style de la revue.

Pour ce qui du centre du monde bibliophilique, ce n'est pas Bourges mais Redon, bien sur.

A Redon, certaines années, lorsque je me présentais tardivement, en fin de matinée, mon libraire préféré me disait :" désolé M'sieur Textor, je n'ai plus rien pour vous, j'ai tout vendu !"

T

Lauverjat a dit…

Puisqu'il faut bien faire rire un peu, j'ai renouvelé mon abonnement au "magazine du Bibliophile" avec beaucoup d'hésitations pour le numéro 81...et dernier

Lauverjat

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