mardi 24 mai 2016

La Descendance de François Belin (1748-1808), fondateur des Éditions Belin, par Jean-Paull Fontaine, sur le blog Histoire de la Bibliophilie



Le Bibliomane se fait l'écho des bons articles et des bon sites !

A découvrir en cliquant sur l'image ci-dessus la belle et longue histoire de la librairie Belin.

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

mardi 17 mai 2016

Tapis rouge pour le Traité de la Sphère par Jean de Sacrobosco (1572), by Textor


En voyant Julia Roberts et Georges Clooney, (What else ?), présenter leur dernier opus, je me suis dit qu’un autre Holywood, moins connu mais mieux représenté dans ma bibliothèque, a eu sa période de gloire, c’est John of Holywood, alias Sacrobosco en latin. Son œuvre majeure, le Tractatus de Sphera Mundi, contient plus d’étoiles que le trottoir de Sunset Boulevard.

J’avais déjà eu l’occasion de vous présenter, (Mais c’était il y a quelques années et la génération Y ne s’en souvient plus) une des éditions incunables de ce traité de la Sphère, celle de Reiner de Heilbronn, 1478. Voici un autre exemplaire, de cent ans plus jeune, la première traduction en italien publiée chez les Giunti en 1572.

Né au XIIIème siècle, étudiant d’Oxford, c’est à la Sorbonne que John of Holywood choisit d’enseigner l’arithmétique, l’astronomie et des matières annexes telles que la climatologie, les phénomènes célestes, l’astrologie qui servaient aux étudiants autant qu’aux voyageurs ou qu’aux médecins.  Son traité de la sphère couvre ces différents sujets de manière très synthétique puisque l’ouvrage ne fait pas plus de 68 pages.

Cette édition florentine, bien imprimée et abondamment illustrée, a cela de particulier qu’elle est sortie des presses des Giunti de Florence en 1572  alors que Nicolas Copernic avait déjà fait paraître son De Revolutionibus (1543) qui rendait parfaitement caduc la cosmologie de Ptolémée. Mais il est vrai que Sacrobosco était encore enseigné en Allemagne, au Pays Bas et en France après la parution de l'Astronomia Nova de Johannes Kepler (1609) !

Si la théorie de la terre au centre du monde est un peu périmée aujourd’hui (encore que pour ma part, j’ai toujours le sentiment que le soleil tourne autour de la terre, cela se vérifie surtout au bord de la mer), le Traité de la sphère contient encore quelques vérités indémodables comme celle-ci :

‘’Pour trouver que le Ciel soit rond, il y a trois raisons, similitude, commodité et nécessité.  Similitude, pour ce que le monde sensible est fait à la similitude du monde archétype. De là vient que vu que le monde contient toutes choses, nous disons que telle forme lui a été commode et convenable. Nécessité, car si le monde eût été d’autre forme que ronde, c’est à savoir de forme triangulaire, carrée ou de plusieurs côtés, il s’ensuivait deux choses impossibles : c’est à savoir, qu’il y aurait quelque lieu vide, et quelque corps sans lieu ; desquelles choses l’une et l’autre sont fausses.’’

Ce qu’il fallait démontrer.

Reste que la sphère est la plus harmonieuse des figures et qu’elle décore joliment ce traité pour la plus grande joie des bibliophiles.

Bonne Journée
Textor


Fig 1


Fig 2



Fig 3



Fig 4



Fig 5

lundi 16 mai 2016

Une société américaine propose un parfum à l'odeur de vieux livres.



A l'heure du tout électronique et des e-books, le bon vieux bouquin d'occasion jauni à l'odeur inimitable et qui pourrait sans doute raconter autant d'histoires que son contenu a toujours des adeptes. Qui n'a jamais espionné du coin de l'œil une personne attirante à la bibliothèque ou dans une librairie indépendante, ou regardé à travers les étagères d'une librairie de livres d'occasion ? L'attrait des vieux volumes est indéniable. Et c'est justement ce que se sont dit une société américaine… pourquoi ne pas essayer de séduire votre bien-aimé(e) en sentant comme la chose qu'il ou elle aime tant ? Autrement dit, pourquoi ne pas vous envelopper dans l'odeur d'un livre, sentir comme lui ?

L'« odeur de livres » est aujourd'hui devenue une réalité dans le monde du parfum, comme la vanille, le cuir ou le bois de santal. Au cours des dernières années, des dizaines de produits sont apparus sur le marché pour donner à votre maison –plus rarement à une personne- l'odeur terreuse et reconnaissable entre toutes d'une collection de livres rares. A présent, la société Sweet Tea Apothecaries vend un parfum baptisé « Dead Writers Perfume », qui promet d'évoquer l'arôme de livres assez vieux pour leurs auteurs aient rejoint la compagnie des grands écrivains au paradis. Il y a aussi la ligne de produits « In the Library » du parfumeur Christopher Brosius qui permet à votre maison et votre corps de sentir exactement comme ça. Le haut de gamme de cette gamme, le parfum « Paper Passion » prétend quant à lui capturer les « plaisirs olfactifs uniques du livre fraîchement imprimé », mais à environ 200 Dollars US le flacon, il est sans doute beaucoup moins cher d'acheter un livre fraîchement imprimé…

Plus sérieusement, l'attrait de l'odeur des vieux livres a été étudié en profondeur. Le papier, fabriqué à partir de bois, contient de la lignine, une substance chimique étroitement liée à la vanilline, le composé qui donne son parfum à la vanille. Avec le vieillissement des pages, les composés se décomposent, et ils libèrent cette odeur unique. Selon la Ligue internationale de la librairie ancienne, un gestionnaire de livres rares expérimenté peut même dater un volume par sa seule odeur. En outre, nous savons tous aussi qu'un parfum est fortement lié à nos souvenirs. Tout comme le parfum de la crème solaire, d'un plat ou de l'herbe fraîchement coupée peut soudainement évoquer des souvenirs d'étés d'enfance, pour les fanas de livres qui se trouvent parmi nous, l'odeur de vieux manuscrits rappelle des plaisirs comme la lecture d'un vieux classique, ou les heures passées dans une bibliothèque ou une librairie d'occasion.

Mais dans cette volonté de recréer ce parfum, y a aussi l'élément nostalgie. Le papier utilisé pour les livres d'aujourd'hui contient beaucoup moins de lignine que celui des anciens volumes. C'est pourquoi une réédition d'un roman d'Hemingway, par exemple, n'aura jamais l'odeur d'une première édition datant des années 40 ou 50, peu importe le temps qu'elle restera sur votre étagère. Un livre qui sent comme un livre est une relique de la façon dont nous avons passé du temps, toutes choses que ne pourront pas vous offrir une édition récente, sans parler d'un livre électronique. A moins que, d'ici quelques décennies, il soit possible de mettre en bouteille le parfum de vos « nuits seul sur le canapé avec l'ordinateur » ?

Lu en ligne sur : http://french.peopledaily.com.cn/VieSociale/n3/2016/0516/c31360-9057981.html
(le Quotidien du Peuple en ligne | 16.05.2016 08h26 - Rédacteurs :Guangqi CUI, Wei SHAN)

mardi 10 mai 2016

Identifier un ex libris.


Merci de l'aide que vous voudrez bien apporter à un lecteur du Bibliomane moderne. Réponses en commentaire pour la culture de tous.

Bonne journée,
Bertrand

lundi 2 mai 2016

Grand Palais (Salon du livre rare et de l'autographe), cuvée 2016, by Textor. Le De Sphera de Proclus, 1547, etc.


Une brève incursion au salon du livre rare et de l'autographe au Grand Palais à Paris, la semaine dernière, m’a permis de repérer un joli petit ouvrage en truie estampée contenant un certain nombre de traités d’astronomie grecque dans une édition baloise de 1547 ayant appartenu au fameux Joannes Sarrander. Il faut avoir du groin pour dénicher cette pépite au milieu des milliers d’ouvrages proposé aux chalands.


Fig 1 Proclus De Sphera, reliure de l'époque en peau de truie
estampée à froid

L’imprimeur Heinrich Petri a réuni en un volume plusieurs ouvrages grecs relatifs à l’astronomie, avec des notes et la vie des auteurs, le tout en 600 pages. On y trouve le livre de la Sphère de Proclus, célèbre philosophe néoplatonicien de Byzance (412-485), qui possédait des connaissances étendues en mathématiques et en astronomie. Son traité de la sphère expose toutes les divisions de la sphère céleste avec autant de clarté que dans nos meilleurs traités d'astronomie. Quitte à  passer la nuit debout autant contempler la voûte céleste avec cet ouvrage en mains. Bien qu'attribué à Proclus depuis le XVe siècle, ce traité ne serait pas de lui mais d’un obscur auteur byzantin, qui avait compilé des passages extraits de Geminus, selon Paul Tannery. Le texte est en grec avec une traduction latine en regard par Giorgio Valla.


Fig 2 Page de titre

On y trouve aussi le poème des Phénomènes et des Apparences d’Aratus de Solès, poète et astronome grec vivant vers 300 - 250 av. JC. Il mit en vers deux ouvrages d'Euxode de Cnide, Miroir et Phénomènes et en fit un seul poème qui emporta l'admiration des anciens. Ce poème serait le texte grec le plus ancien que la Grèce nous ait laissé.  'Toutes choses dépendent de Jupiter' nous dit Aratus au début de son poème auquel Saint Paul se référa à différentes reprises dans son discours aux Athéniens. Aratus a été traduit en latin par Ciceron Germanicus et Rufus Festus Aviénus. C'est Alde l'ancien qui publia Aratus pour la première fois à Venise en 1499.


Fig 3 L'Espérance

Entre ces deux classiques, maintes fois réédités au XVIème siècle (1), une œuvre confidentielle de Cléomède : du Monde ou théorie circulaire des corps sublimes, en deux livres.  Cléomède ne nous est pas autrement connu que par cet écrit qui est un exposé de cosmographie et de géographie astronomique situé dans un cadre philosophique destiné à des étudiants et par là-même simplifié. Cléomède, en reprenant des écrits plus anciens, nous donne ainsi des informations précieuses qui auraient été perdues autrement comme la connaissance des procédés utilisés par Eratosthène pour mesurer la circonférence de la terre.


Fig 4 La justice

Et pour finir Denys l’Africain (Denys le Périégète) nous propose sa Description des terres habitées, dont j’avais déjà la deuxième impression incunable de 1478.


Fig 5 La foi

Jean Sarrander, en 1551, a voulu couvrir son livre d’une reliure solide et durable qui pourrait faire de l’effet aussi bien sur ses voisins que dans le carré Vip du salon du SLAM, 450 ans plus tard. Il a choisi comme décor les vertus théologales et cardinales : Foi , Espérance, Charité et Justice. On remarquera tout particulièrement la Justice avec ses attributs, son glaive et sa forte poitrine, ou encore l’Espérance, bien accrochée à son ancre et cheveux aux vents. Par ailleurs il n’a pas hésité à rajouter des commentaires de son cru dans le texte, comme sur cette première page des Phénomènes : Hoc opus Arati est ecphrasis sphaera ! On n’aurait pas pu mieux dire…

Bonne Journée
Textor


Fig 6 La charité


(1) Pour le De Sphera Proclus, E.0. à Venise en 1498 pour la traduction latine de Valla, puis édition bilingue en grec et latin à Bâle en 1535 chez Johann 1er Herwagen, suivie d’une édition à Paris en 1543. Il faudra attendre la réédition de Petri en 1561 pour voir le traité agrémenté de cartes.


Fig 7 Commentaires de Sarrander

vendredi 29 avril 2016

Petite visite à la Fondation Martin Bodmer, by Textor


A la faveur d’un séjour à Genève, j’ai trouvé le temps de visiter la fondation Martin Bodmer sur les hauteurs de Cologny. C’est un endroit magnifique que je recommande à tous les amoureux des livres et manuscrits. On est partagé entre le désir de rester au soleil dans le jardin parfumé de buis, avec sa vue imprenable sur le lac, ou bien de s’enfoncer dans les salles obscures pour découvrir des ouvrages tout aussi précieux les uns que les autres. Le vice-directeur doit être un peu magicien car la scénographie est parfaite, les livres semblent flotter dans l’espace.  Les notices sont claires et instructives. On ne regrette qu’une chose : Ne pas être milliardaire pour avoir la possibilité de posséder de tels chefs-d’œuvre !

Une partie est consacrée aux collections permanentes, une autre aux expositions temporaires. La prochaine expo, en Mai, aura pour thème « Frankenstein créé des ténèbres ». Vous ne le saviez peut-être pas mais 2016 est non seulement le quadricentenaire  de la mort de Cervantès et Shakespeare mais aussi le bicentenaire de la naissance de Frankenstein. Je me demande comment Mary Shelley  a pu concevoir un tel monstre dans un cadre aussi bucolique que Cologny…

Parmi les belles surprises des vitrines du moment, cette lettrine rarissime, tirée d’un passionnaire du XIIème siècle, sans doute copié au scriptorium de l’abbaye de Weissenau, dans laquelle le moine copiste, frère Rufillus, s’est non seulement nommé mais aussi représenté dans un saisissant autoportrait le montrant en plein travail.

Bonne Journée
Textor



Fig 1 La fondation inscrite par l’UNESCO au registre de la Mémoire du Monde.



Fig 2 La terrasse sur le lac.



Fig 3 Quelques éditions du XVIème siècle.



Fig 4 Manuscrits et incunables.



Fig 5 Le moine copiste.

vendredi 8 avril 2016

La Bibliothèque Mazarine organise, 13 avril au 13 juillet 2016, une exposition intitulée "Livres italiens imprimés à Paris à la Renaissance".


Madame, Monsieur, 

La Bibliothèque Mazarine organise, 13 avril au 13 juillet 2016, une exposition intitulée "Livres italiens imprimés à Paris à la Renaissance", à l'occasion de la publication de l'ouvrage de Jean Balsamo, L'amorevolezza verso le cose Italiche : le livre italien à Paris au XVIe siècle, chez Droz, en 2015.

Informations pratiques :


- Bibliothèque Mazarine, 23 quai de Conti, 75006 PARIS
- Du 13 avril au 13 juillet 2016, du lundi au vendredi, 10h-18h
- Entrée libre
- Dossier de presse à télécharger à l'adresse suivante : http://www.bibliotheque-mazarine.fr/fr/pratique/presse/espace-presse

Très cordialement,


--

Florine Lévecque-Stankiewicz
Conservatrice en charge des services au public et de la communication
Bibliothèque Mazarine
23 quai de Conti, 75270 Paris Cedex 06
33 (0)1 44 41 44 06
www.bibliotheque-mazarine.fr

mardi 15 mars 2016

"Déterminer ce qui fait le bon ou le mauvais bibliophile est assez vain. En fait, le discours le plus aisé à tenir sur la bibliophilie est d'en envisager les aspects financiers."



"Déterminer ce qui fait le bon ou le mauvais bibliophile est assez vain. En fait, le discours le plus aisé à tenir sur la bibliophilie est d'en envisager les aspects financiers."

Jean-François Gilmont, in Une introduction à l'histoire du livre et de la lecture. Editions du Céfal, Liège, Belgique, 2004, p. 130.

Je vous laisse méditer là-dessus !

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

mardi 8 mars 2016

Reportage sur le classement UNESCO de la fondation Martin Bodmer (Suisse).

http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/ge-la-bibliotheque-bodmer-est-classee-au-patrimoine-mondial-de-lunesco?id=7556540

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo


REPORTAGE SUR LE CLASSEMENT UNESCO DE LA FONDATION BODMER. Au téléjournal de la Télévision Suisse Romande ce soir, un sujet de 3 minutes sur le récent classement de la Fondation Bodmer au registre "Mémoire du Monde" : occasion de parler des fondamentaux de la collection, mais aussi des belles et nombreuses perspectives d'avenir de notre institution ! A découvrir via ce lien : http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/ge-la-bibliotheque-bodmer-est-classee-au-patrimoine-mondial-de-lunesco?id=7556540 – à Fondation Martin Bodmer.

Source : http://www.rts.ch (consulté en ligne le 8 mars 2016)

lundi 29 février 2016

De la conservation des livres dans les bibliothèques de bibliophiles au feu des enchères publiques. Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier prise pour exemple.


Le 4 mars prochain la maison de ventes aux enchères publiques spécialisée dans les livres et manuscrits ALDE (Paris) vendra sous le n°215 un bel exemplaire de Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier dans une jolie reliure signée Delacour. Exemplaire de l'édition Conquet de 1883 tirée à 500 exemplaires.
Ces 2 volumes sont en bel état. Je les connais bien. Je les ai eu en ma possession en avril 2010. Cédés depuis lors à un Bibliophile, les voici qui réapparaissent au grand jour sous le feu (supposé vif) des enchères. Voici la fiche bibliographique établie par la maison ALDE.


Une estimation raisonnable à 400/500 euros pour cet exemplaire. Nous verrons le prix final. Cette vente sera d'ailleurs l'occasion pour le Bibliomane moderne de faire quelques statistiques sur cette vente. Rendez-vous donc dans quelques jours pour faire le bilan.


Bertrand Bibliomane moderne
 

mercredi 24 février 2016

Médaille commémorative frappée à l'occasion du Congrès des Bibliothécaires et des Bibliophiles qui s'est déroulé à Paris du 3 au 9 avril 1923.

A l'occasion du Congrès des Bibliothécaires et des Bibliophiles
qui s'est déroulé à Paris du 3 au 9 avril 1923, une médaille commémorative en bronze
a été frappée pour laisser une trace.

Voici un exemplaire de cette médaille de 52 mm de diamètre. Elle pèse 63 grammes.
Elle est signée S. E. Vernier.

L'ensemble des Procès-verbaux et Mémoires relatifs à ce Congrès ont été
réunis en volume par Fernand Mazerolle, Secrétaire général du Congrès et Charles Mortet
Vice-Président de la 3e section du Congrès. Ce volume a été publié chez Jouve et Cie en 1925.

(cliquez ci-dessus)
Photographies B. H.-R., février 2016. 
Coll. priv.

vendredi 5 février 2016

Le beau livre ancien que vous ne verrez pas parce qu'il est trop cher. Ou de l'auto-censure bibliophilique ...



J'aurais pu écrire mille choses en somme,
Mais la sagesse mère de sûreté
Me fait garder secret
Sur cette piteuse aventure.
D'un métier passionné je croyais détenir
Les lois et les arcanes pour lire l'avenir
Mais les règles de la discrétion et de l'hypocrisie
Auront eu raison de ma fantaisie.
Ainsi aujourd'hui vous auriez dû voir,
Beau livre, belle livrée, belle histoire.
Vous ne verrez rien de tout cela,
Car en Haute Bibliophilie,
Paraît-il il faut silence garder,
Même lorsque les livres dans les catalogues étalés,
Montrent leurs ors et leurs euros au chaland épaté.
Rien, vous ne saurez rien,
Sinon que le livre que vous auriez dû voir,
Et que j'aurais eu plaisir à vous montrer,
Était un de ces mirifiques
Qu'on admire uniquement en secret.
Chut !




Bertrand Bibliomane moderne,
auto-censuré


jeudi 4 février 2016

Les Durand, imprimeurs à Chartres : Petite histoire d'une étiquette.


Depuis maintenant un peu plus de deux ans circulent sur le marché des ouvrages portant l'étiquette « Imprimerie Durand » avec une petite gravure (2 D croisés) et un numéro au composteur. Cette présence récente résulte de la vente d'un ensemble d'ouvrages provenant notamment de cette imprimerie, vente dans laquelle j'ai moi-même acquis quelques ouvrages dans un lot.


J'ai donc eu les 8 ouvrages suivants :
  1. La vie de l'illustrissime François de Sales. Lyon, Rigaud, 1725. n°703 B.
  2. C. Cornelius Tacitus accurante Matthia Berneggero. Heredes Lazari Zetzneri, Argentorati, 1638. n°706 B.
  3. Ludovici Montaltii Litterae provinciales etc. Cologne, Nicolas Schouten, 1665. Traduction latine des Provinciales. n°709 B.
  4. Histoire de Maurice comte de Saxe, maréchal général des camps et armées de sa majesté très chrétienne, duc élu de Curlande. Mittaw, 1752. Tome 1 seul, n°959 B.
  5. Histoire de l'empereur Jovien et traductions de plusieurs ouvrages de l'empereur Julien. Paris, Brocas, Desaint, Delalain & Nyon, 1776. Livre de prix de Jean-François Durand (1767-1829), reçu en 1782 au collège royal de Chartres (dit collège Pocquet), n°1051 B.
  6. Les entrevues du pape Ganganelli [Clément XIV]. Ouvrage traduit de l’Italien de Monsignor S****. Anvers, Frakenner, 1777. n°1057 B. 
  7. Jérôme Paturot à la recherche d’une position sociale. Paris, Paulin, 1846. n°1959 B.
  8. Dictionnaire universel d'histoire et de géographie. Paris, Hachette, 1847. n°1980 B.
De part cette liste, on peut supposer que la famille colla ces étiquettes dans les années 1840, en continuant la numérotation avec les livres arrivant par la suite. 

Cette étiquette fut l'occasion de s'intéresser aux imprimeurs de la famille. En effet, (Jean-)François Durand, cité plus haut, n'était pas le premier. Les imprimeurs de la famille sont les suivants :
  1. Nicolas Besnard (1697-1771). Imprimeur à Chartres.
  2. François I Le Tellier (1701-1776). Imprimeur né à Chartres mais exerçant à Mantes, il fut accusé d'imprimer des ouvrages prohibés et son imprimerie fut fermée. Il revint s'installer à Chartres où il exerça et fut mêlé à une histoire de contrefaçons. Il était franc-maçon. Son frère Jean-Henri était imprimeur à Dreux. Leur père, Henri Le Tellier était libraire à Chartes (et eut pour successeur en 1706 Michel Fétil).
  3. François II Le Tellier (1741-1815). Fils de François I, il fut le gendre et successeur de Nicolas Besnard en 1768.
  4. (Jean-)François Durand-Le Tellier (1767-1829). Apprenti chez François II Le Tellier, il travailla à Paris rue Saint-Jacques avant de prendre la succession de Le Tellier après avoir épousé sa fille. Il était l'imprimeur pour le département pendant la révolution.
  5. Félix Durand (1798-1885). Imprimeur à Chartres, fils de Jean-François. Succède à son père en 1821.
  6. Georges Durand. Imprimeur à Chartres, fils de Félix. Il succède à son père. En 1900, il exerçait toujours, et on trouve dans les années 20 et 30 des ouvrages imprimés par Durand. Il existe toujours une imprimerie Durand à Chartres. Est-ce les descendants?

On peut donc en déduire que c'est probablement Félix Durand qui mit ces étiquettes dans ses ouvrages.

Benoît G.
pour le Bibliomane Moderne

mardi 2 février 2016

Un blog d'une grande rigueur qui séduira tous les vrais bibliophiles : MELANGES TIRES D'UNE PETITE BIBLIOTHEQUE par N. D.

C'est toujours un plaisir de présenter un nouveau blog consacré aux "petites histoires de livres anciens", surtout quand celui qui tient les rennes est quelqu'un d'honorable et d'une rigueur qui font de la bibliophilie une science digne des meilleures Académies. N. D. est de ceux-là. Puis-je trahir son identité ? Je préfère conserver l'anonymat qu'il a choisi d'afficher sur son blog en échange d'articles d'une très grande qualité. Vous trouverez ci-dessous, en cliquant sur l'image, le lien pour rejoindre ce nouvel espace (ouvert en novembre 2015).

Longue vie donc à ce "confrère" bien intentionné qui démentira l'adage selon lequel le bibliophile n'est point partageur, un tantinet misanthrope et même parfois méchant ! (pensez donc ...).

Le carnet "Mélanges tirés d'une petite bibliothèque" souhaite partager avec le monde de la recherche quelques livres anciens, manuscrits autographes, monnaies et antiquités assemblés par un collectionneur depuis une vingtaine d'années. Par nature, ces objets sont souvent inconnus des chercheurs, mais pourraient profiter à leurs études en histoire littéraire (éditions rares, relations littéraires, envois autographes, correspondance, etc.).
  

MELANGES TIRES D'UNE PETITE BIBLIOTHEQUE


Blog "Mélanges tirés d'une petite bibliothèque" 


The blog "A small library" wants to share with the world of research some old books, autograph manuscripts and antique coins, assembled by a collector for twenty years. By nature, these objects are often unknown to researchers, but could benefit their studies of literary history or biographies (rare first editions, literary relations, dedicated books, correspondence, and so one).

Bon vent à ce blog !

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

samedi 30 janvier 2016

Albert Robida dans ses oeuvres d'illustrateur d'anticipations ! Enigme iconographique.


Le principe est assez simple.

Trouvez d'où provient cette illustration d'Albert Robida (1848-1926)  !

Bon weekend !
Bertrand, Bibliomane moderne

mardi 26 janvier 2016

Zoom sur une reliure d'art signée Zaehnsdorf (1886). THE FRENCHWOMAN OF THE CENTURY by Octave Uzanne London, John C. Nimmo, 1886 300 copies for England.

Joseph Zaehnsdorf (1816-1886)

Joseph William Zaehnsdorf (1853-1930)












Cette reliure recouvre l'édition de


by Octave Uzanne

London, John C. Nimmo, 1886

300 copies for England



Découvrir en version numérique l'ouvrage de 

Joseph William Zaehnsdorf


London, G. Bell & Sons, 1890


dimanche 24 janvier 2016

Avis aux lecteurs ... qui lisent !



Les Nuits Parisiennes, 1769
Ière Partie, p. 189


mercredi 20 janvier 2016

La Librairie P. Desbois 15 Rue Laffitte à Paris Livres rares et curieux Belles reliures ... croquée à l'eau-forte par Albert Robida. Que sait-on de cette librairie et de ce libraire ? Enquêt live ...



Eau-forte originale signée Albert Robida, vers 1901

Dimensions : 18,8 x 14 cm - Papier d'Arches


Enquête live !

Que sait-on de la librairie ancienne P. Desbois à Paris, librairie pour laquelle l'artiste-illustrateur a gravé l'eau-forte photographiée ci-dessus pour le plaisir des Bibliomanes modernes ? Une première recherche nous met en présence d'un catalogue imprimé de livres anciens et modernes. Il porte le n°23 et date de janvier 1901. On rencontre également le n°24 qui date d'avril 1901. On en déduira donc que cette librairie éditait un catalogue par trimestre, soit quatre par an. Ce catalogue d'avril 1901 est intéressant car sur la couverture il porte la mention : Depuis le 15 janvier 1901, la librairie P. Desbois est transférée au 15 Rue Laffitte. Ainsi, l'eau-forte de Robida date très certainement de quelques jours à quelques mois après cette date. Cette gravure devant servir de carte de visite pour indiquer la nouvelle adresse aux clients et amateurs. Cette libraire s'installe donc près du Boulevard des Italiens. Cependant elle n'a pas bougé de beaucoup, puisqu'en octobre 1900 (catalogue n°20) elle était situé au n°7 de la même Rue Laffitte. Autant dire qu'elle n'a finalement bougé que de quelques dizaines de mètres et est même restée du même côté de la rue. Nous avons également retrouvé le catalogue n°15 de l'année 1899. Le n°8 qui date de la même année. Le n°7 date de 1898. Dans le Supplément à la Bibliographie de la France (feuilleton) de juillet 1898, nous trouvons une liste de livres que cette librairie recherche pour ses clients bibliophiles : Les débuts de César Borgia (Bibliophiles contemporains, 1890) ; Les Trophées de Hérédia (sur Chine) ; Jean Lorrain, Ma petite ville (sur Japon) ; Salammbô de Flaubert, édition originale brochée ; La Dame aux Camélias (édition Quantin) ; etc. Cela donne une idée des livres que cette librairie haut de gamme proposait à la vente. Nous ne trouvons rien pour ce libraire pour l'année 1897. On en déduira qu'il a dû commencer son activité dans le courant de l'année 1898 ou à la toute fin de l'année 1897.

Qui donc était ce P. Desbois libraire à Paris en cette toute fin de XIXe siècle ?

Nous avons retrouvé une veille famille de Desbois libraires au XVIIIe siècle. Ainsi Pierre-Jean Desbois était-il le fils de Nicolas Desbois, lui-même petit-fils par alliance de Nicolas de Fer et héritier d'une partie de son fonds. Nicolas Desbois meurt en 1749 et Pierre-Jean dix ans plus tard. Sa veuve vend son fonds de géographie à Desnos. Ce Desbois de 1898 est-il un lointain descendant de cette famille d'imprimeurs cartographes ? Nous ne savons pas. D'ailleurs de ce Desbois nous ne savons rien. En tant que bibliophile, nous ne l'avons jamais rencontré, et c'est une certitude qu'il n'aura pas marqué son temps tel un Morgand ou un Gougy. Pourtant, ses catalogues (que je ne possède pas) devaient être bien fournis. D'après cette seule gravure, nous savons qu'il a été en relation suffisamment intime et amicale avec Albert Robida pour lui demander ou qu'on lui offre cette belle estampe publicitaire. La découverte d'une facture permet de savoir son prénom : Paul. Paul Desbois ! voilà l'homme quasi cerné ! Son papier à en-tête porte : Livres rares et curieux, belles reliures. Tout est dit. Le 5 août 1898 il vend pour 5 francs avec rabais de 20% (déjà ...) au Comte Félix de Fayolle à Périgueux, un livre de John Grand-Carteret, La voiture de demain. Soit 4 francs facturés avec 75 centimes de frais de port. Reçu en octobre 1898 (sans commentaire) ... 5 francs du client (qui savaient vivre). Comme l'aurait écrit Serge Gainsbourg : Comment il vécu ? Comment il est mort ? ... nous ne savons toujours pas. Mais en fouillant ... en cherchant un peu, l'on finit par trouver sa fin. Paul Desbois meurt des suites d'une "cruelle maladie" le 22 février 1906 (Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire). Une date ! enfin. Le généalogiste-libraire se réveille ! On lit : "Monsieur Desbois n'était âgé que de 45 ans !" Il était donc né en 1861. Le bonhomme va finir par nous livrer son CV in extenso ! Travaillons-le encore un peu. Le problème c'est qu'il n'y a pas qu'un âne qui s'appelle Desbois ... et qu'il va falloir retrouver le bon ! Armons nous de persévérance et de patience ... Bon ! le problème c'est des Desbois il y en a moult ... pas facile de trouver le bon ! Au bout de quelques heures de recherches je dois me faire une raison : je ne retrouve pas la trace de ce Paul Desbois mort le 22 février 1906 vraisemblablement dans le IXe arrondissement de Paris. Il me faudrait demander l'acte de décès à la mairie de cet arrondissement pour avoir sans doute la clé de cette énigme bibliopolesque. Mais peut-être suis-je passé à côté de quelque chose quelque part. Quoi qu'il en soit, nous en savons déjà plus qu'au début de ces quelques lignes écrites "dans le feu de la recherche" (sans relecture). Je vous laisse le plaisir de poursuivre si cela excite votre fibre chercheuse. En attendant vous pouvez toujours admirer cette belle composition gravée à l'eau-forte par le maître tailleur de cuivre Albert Robida. Paul Desbois fut libraire de 1898 à 1906, à peine huit années durant lesquelles il proposa aux amateurs de beaux livres, de belles reliures. Courte carrière ! Mais on ne compte pas le mérite au nombre des années ... heureusement !

NDLR : nous avons trouvé trace d'une librairie de livres d'occasion (livres anciens) à Bordeaux, entre 1881 et 1885, elle a pour raison sociale : Librairie E. Desbois & Fils. Elle est située Rue Huguerie, 70, près la rue du Palais-Gallien. Y-a-t-il un lien entre ces Desbois de Bordeaux et Paul Desbois installé à Paris en 1898 ? Nous ne savons pas.

Bonne soirée,

Bertrand Bibliomane moderne

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