lundi 27 février 2012

Description d'un joli livre illustré érotique : La Matinée libertine ou les Moments bien employés par Andréa de Nerciat. Pointes sèches de Legendre.



Histoire de rester dans l'ambiance un peu moite qu'a initié le Vicomte Kouyakov avec son dernier billet sur les illustrés libres anticléricaux, voici une autre petite réjouissance que j'ai le plaisir de tenir entre les mains. La Matinée Libertine ou les Moments bien employés par André de Nerciat. Volume illustré de pointes sèches et dessins de Jean-Gilles Legendre. Publié à "Paris MCMXXVIII" (1928). C'est un petit in-4 (23 x 18 cm) de 118 pages et contenant, outre de nombreux petits dessins érotiques au trait coloriés dans les marges du texte, 1 joli frontispice à l'eau-forte en couleurs et 8 eaux-fortes hors-texte également en couleurs.

Ce joli volume a été imprimé pour des souscripteurs restés anonymes, il n'a donc pas été mis dans le commerce, d'ailleurs comme la plupart de ces ouvrages légèrement illustrés de cette époque. Le tirage est assez restreint : 196 exemplaires en tout, savoir 1 exemplaire unique sur vieux Japon contenant tous les dessins originaux, tous les états des pointes sèches, les illustrations de cet exemplaire ayant été coloriées par l'artiste. On chercherait aujourd'hui vainement cet exemplaire qui doit pourtant bien être quelque part. 8 exemplaires sur Japon Impérial contenant tous les états des pointes sèches. 12 exemplaires sur Hollande Van Gelder contenant le premier état des pointes sèches avec remarques. Enfin, 175 exemplaires sur vélin à la forme (avec l'état définitif en couleurs des eaux-fortes). Celui-ci porte le n°67 et fait donc partie de ces derniers exemplaires. Le premier plat de couverture est illustré d'une vignette en couleurs.

Le texte est trop connu pour que nous ne revenions trop longuement dessus. Disons que ce roman La Matinée libertine ou les moments bien employés a été publié anonymement sous l'adresse de Cythère, 1787, 144 p. C’est un écrit qui se situe dans la même veine et dans le même style que ceux du Diable et des Aphrodites. Comme le titre le laisse pressentir, il s’agit de la description d’une matinée passée par une jeune Comtesse. Le récit se compose de quatre dialogues où règnent frivolité et libertinage. L'attribution à de Nerciat reste incertaine. En ce qui concerne la Matinée, les avis des critiques restent partagés. D’un côté Vital-Puissant, Poulet-Malassis et Marion Toebbens l’attribueraient plutôt à Mérard de Saint-Just, tandis que Apollinaire, Kearney, Denise Miège, Hubert Juin et Sarane Alexandrian l’octroieraient à Nerciat. Pour en savoir plus je vous invite à vous reporter à cette étude fort bien documentée sur cet ouvrage et ses origines.

Ce qui nous intéresse ici, ce sont les jolies illustrations annoncées sous le nom de Jean-Gilles Legendre. Qui peut bien être ce Jean-Gilles Legendre que je ne connaissais ni d’Ève ni d'Adam ?

Jean-Gilles Legendre est, il fallait s'y attendre pour ce genre de publication, un pseudonyme, celui de Gaston Trilleau. Vous me direz, qui est Gaston Trilleau ? Il n'a certes pas laissé une grande trace dans le domaine de l'illustration érotique non plus que dans l'illustration tout court. Personnellement je n'avais jamais croisé aucun livre illustré de sa main. Peu connu, c'est certain. Inconnu, pas vraiment. Gaston TRILLEAU (1874 - 1945) était un humoriste et graveur qui collabora à plusieurs revues humoristiques avant la guerre de 1914 - 1918. Il illustra notamment le Vieux cahier de chansons, la Lanterne magique, la Nouvelle méthode pour apprendre l'anglais, l'Art et manière de découper le poulet, ... et au moins un illustré érotique, celui-ci. Si vous en connaissez d'autres ? ...

Jean-Pierre Dutel dans sa Bibliogaphie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en Français entre 1920 et 1970 indique : "Édition imprimée en 1928 par Maurice Duflou. Elle est ornée d'un titre et de 8 pointes-sèches en couleurs ainsi que de 72 dessins."

Je vous laisse donc admirer d'un œil curieux et non distrait ces jolies pointes sèches tout à fait dans le ton de l'ouvrage et qui sont, à mon goût, très réussies.











Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

mercredi 22 février 2012

Petit essai d'Analyse de la littérature érotique anticléricale et de sa prodigieuse iconographie par le Vicomte Kouyakov.


Voici un petit Essai d'analyse de la littérature érotique anticléricale et de sa prodigieuse iconographie encore existante bien que certains textes et illustrations aient connu le chemin de l'autodafé et la traque systématique du clergé et dévoreurs de bondieuseries et de confiserie dévote !

Sans vouloir être à la mode, les derniers scandales pédophiliques de prêtres, curés et même de prélats, me donnent une ouverture inespérée et le film de Ninno Moretti "Habemus papam" me tendant ainsi la perche pour aborder, dans les grandes lignes, ce sujet brûlant qui intéressera, sans nul doute, plus d'un(e) !

Il existe en France une importante tradition de romans populaires anticléricaux qu'illustrent des auteurs connus comme Hector France, Alexis Bouvier, Léo Taxil qui se distingua par de violents pamphlets contre l’Église. Sa Bible amusante, illustrée de 400 dessins comiques ne quitte pas ma table de chevet ! C'est l'édition complète de 1897-1898, donnant les citations textuelles de l'écriture sainte et reproduisant les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, Toland et d'autres critiques : c'est un pavé de 814 pages dont on ne se lasse pas ... ! A noter ici en passant, que Léo taxil se convertit, fit le pélerinage de Rome, reçut l'absolution de Léon XIII, et alla même jusqu'à fonder le journal la France Chrétienne, avant d'annoncer en 1897 que tout cela n'était qu'un canular. Le grand Voltaire, dans ses derniers moments embrassa un crucifix avant de mourir !
N'oublions pas Marie-Louise Gagneur, dans son ouvrage la Croisade noire, Paris, A. Faure, 1865 qui eut le privilège d'être exclue des bibliothèques de gares et des bibliothèques publiques. Un titre de roman populaire illustré me revient en mémoire : "Canaille en soutane", tout un programme ! L’œuvre de Maupassant est toute aussi teintée d'un anticléricalisme mais qui refuse la facilité. A côté d'ecclésiastiques méprisables, il présente des religieux à l'esprit droit, tel le curé d'Arrigli qui lui a été présenté par Flaubert.


En remontant le temps, le moyen-âge n'épargnait pas non plus les classes sociales et professionnelles comme le clergé et la papauté, les évêques, moines, prêtres et curés de tous poils ; la littérature profane, parue en Italie dès le XIVe siècle (Dante et sa Divine comédie, Boccace et son Décaméron), en Angleterre dans les contes de Canterbury de Chaucer et en Espagne, l'anticléricalisme fleurit dans le Lazarillo de Tormes et même l'église orthodoxe censure alors un conte anticlérical de Pouchkine ; et si le Tartuffe de Molière est aussi un pamphlet anticlérical, nulle littérature antimonacale ne saurait rivaliser avec le Quart livre de François Rabelais !

Le sujet étant tellement vaste et riche en auteurs et en textes divers, je n'aborderai pas le sujet des messes noires ni des sectes satanistes (Aloister Crowley et consors...) Peut-être conseillerai-je de lire l'ouvrage remarquable d'Alice Mac Killen, le Roman terrifiant ou roman noir de Walpole à Anne Radcliffe et son influence sur la littérature française jusqu'en 1884. Diderot, dans sa Religieuse ou Lewis , dans son Moine doivent beaucoup à la littérature anticléricale de la Révolution et le divin marquis a profondément marqué l'histoire et la littérature par ses Contes et nouvelles érotiques et son farouche anticléricalisme et son athéisme, sans conditions : sa nouvelle posthume Dialogue entre un prêtre et un moribond est bien connue de tous.


Au XVIIIe siècle, la littérature érotique et pornographique servaient aussi à ridiculiser les aristocrates et les prélats et à propager les idées des Lumières et dénoncer la domination masculine.

Je serai aussi tenté d'évoquer cette maladie nerveuse, si fréquente dans les couvents, la Grande hystérie ou épilepsie et hystérie sont fort bien décrites et analysés par Charcot à la Salpêtrière et les travaux d'Alexis Farrot sur des cas de religieuses ou femmes pieuses atteintes de convulsions hystériques à caractère épileptique ; Mais l'on s'éloigne du sujet initial ...

Maurice Lachâtre, lexicographe, journaliste, auteur et libraire-éditeur, publiera en 1842-1843, ses 10 volumes illustrés de son histoire des papes (crimes, parricides, adultères, incestes, ...) ils feront date dans la littérature anticléricale.

Plus proche, Mladem Kozul dans Savoirs et fictions pourrait être, je crois, le point de liaison vers une théologie érotique dans le roman anticlérical. Dans ce corpus, remarque-t-il : "les genres et les thèmes se croisent, se chevauchent, se recopient, se plagient à tel point qu'on finit par ne plus distinguer un roman d'une chronique scandaleuse et un récit pornographique d'un traité de métaphysique !". Très contemporain, René Daumal un des poètes du grand jeu, iconoclaste à la verve assassine, édité chez Gallimard en février 2003 il existe une version livre de poche), nous laisse cet apocalyptique message dans son poème "A Dieu et à l'Homme".

De toute façon, face à l'offensive religieuse, qu'elle émane du curé, de l'imam, du rabbin ou de tout autre gourou, nous riposterons car nous voulons être libres ; et je terminerai cette introduction par ces paroles du peintre Clovis Trouille : "J'ai toujours été contre l'imposture des religions. Est-ce en peignant la cathédrale d'Amiens que j'ai pris conscience de tout ce music-hall !"


Avant de citer les ouvrages les plus intéressants de ce domaine monastique, je m'adresse aux libraires qui sont nombreux à fréquenter le blog ou à un éventuel amateur qui souhaiterait se débarrasser de ses pieux ouvrages, je recherche encore , car ils manquent à ma collection, les titres suivants :

Les Amours clandestines ou les parties nocturnes de l'abbé de Montesquiou, à Paris, de l'imprimerie des démocrates ; Les Amours du Saint Père avec Mlle Victoire ci-devant dame de France ; le Bordel Apostolique, institué par Pie VI, pape, en faveur du clergé de France, à Paris, de l'imprimerie de l'Abbé Grosier, ci-devant soi-disant Jésuite, 1790, in 12 de 108 pp. avec 2 gravures libres à l'eau-forte, accompagnées chacune d'une explication ; Les Fouteries chantantes par la Muse libertine, à Couillardinos, de l'imprimerie de Vit-en -l'air et se distribue chez le sieur Flavigny et marchand de musique, quai des Morfondus, au vit couronné, 1701 avec 8 gravures libres ; Les fredaines lubriques de J.M. Maury, prêtre indigne de l'Eglise catholique, apostolique et romaine ; Aumônier ordinaire des Gourgandines des rues Saint-Honoré et des Petits-champs, Vicaire perpétuel de l'Aristocratie ; Député des Aristocrates de Péronne et méprisable prieur de Lyons en Santerrre, à Paris, aux dépens des immodestes Capucines de la Place Vendôme, 1790, avec une figure libre ("De la chaire au tripot, du tripot à l'autel, Maury ne fit qu'un saut de l'église au bordel") ; Les foutreries sacerdotales ou le parc-aux Cerfs épiscopal, histoire édifiante et curieuse du Séminaire de Vénus, à Cythère chez le gardien du temple. Année perpétuelle, Bruxelles, Vital-Puissant, 1876 ; Le rendez-vous de Mme Elizabeth, soeur du roi avec l'abbé de Saint -Martin, Paris, imprimerie de la foutromanie, 1790 ; Satan et Eve ou l'origine de la foutrie et du cocuage, Damnopolis, chez Diabolino, libraire-éditeur, rue de l'Enfer avec 6 lithos libres ; La Tourelle de Saint-Etienne ou le Séminaire de Vénus, chronique historique par un clerc tonsuré. C'est bien connu, les gens d'église sont très fervents en paillardises. ces messieurs fêtent sans façon, tantôt le cul, tantôt le con. A Cythère, chez le gardien du Temple, avec 6 lithographies libres ; Le putanisme de Rome ou le conclave général des putains de cette Cour, pour l'élection d'un nouveau pontife. Traduction libre de l'italien, à Cologne, s.d., à la Sphère, hollande, Elzevier ; Les putains cloîtrées, parodie des Visitandines, en deux actes, ornée de jolies gravures. A Bicêtre et se trouve à Paris, chez tous les libraires, marchands de nouveautés, 1796, avec 4 figures libres. Vous pouvez donc me contacter, si c'est le cas, et je vous remercie d'avance !

Voici une liste non exhaustive d'une belle collection de titres à faire sur le sujet.

En ce qui concerne le XVIIIe siècle, je ne m'étendrai pas sur les ouvrages de Sade (Justine, Juliette, la philosophie dans le boudoir, les 120 journées de Sodome), Rétif de la Bretonne (l'Anti-justine, Dom bougre aux Etats-Généraux), les ouvrages du Chevalier Andréat de Nerciat (le Diable au corps, Félicia ou mes fredaines), la Correspondance de madame Gourdan et la Correspondance d'Eulalie, ou tableau du libertinage de Paris où ces charmantes demoiselles ne manquent pas de décrire avec des détails croustillants les débats érotiques de curés, prêtres et prélats de tous poils !

"Ah ! maman, que je me suis amusée hier au petit souper que vous m'avez procuré. Dès que nous fûmes arrivées à la petite maison, il a fallu nous déshabiller pour nous habiller en religieuses. Les hommes étaient en bénédictins. Nous avons chanté l'office de Vénus, fait plusieurs sacrifices à l'amour et ensuite mille autre folies. Je ne me suis jamais tant réjouie" (lettre de Mlle Dorival, Paris, ce 4 juillet )1783).

J'évoque aussi ici un ouvrage provenant de la collection d'Arpad Plesch, que m'avait offert en 1980, Gérard Nordman, qui à cet occasion m'avait invité, avec mon épouse, à l'Athena Plazza où, comme disait Madame de Sévigné, nous avions agréablement "bavardiné" ! Ce cadeau, fort bien relié était la Polygamie sacrée au XVIe siècle, première réédition d'un pamhlet anonyme de 1581. Paris, Bibliothèque des Curieux, 1908, orné de 8 planches hors texte. La page de titre "Etat des personnes mâles et femelles vivant aux dépens du crucifix. Ressources considérables du Clergé ; La polygamie des archevêques, évêques, chapelains, chanoines, curés et moines. Statistique des filles cardinales, archiépiscopales, abbatiales, monacales" et la table des chapitres , reproduits ici, étaient déjà un hors-d'oeuvre de choix !


Voici pour le XIXe siècle et autres temps :

Alcibiade, enfant à l'école, Amsterdam, 1886 ( et diverses éditions illustrées!) ; Amours, galanteries, intrigues, ruse et crimes des capucins et religieuses depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, par un R. Père, Amsterdam et Paris, 1788, 4 tomes en un volume, avec 16 lithographies en couleurs très libres ; les Amours libertines des religieuses du couvent des carmélites, Bruxelles,1861 ; les Aventures galantes de quelques enfants de Loyola, Bruxelles, 1882 ; La belle libertine ou la Vénus en rut, Bruxelles, 1882 avec 6 gravures libres ; La belle sans chemise ou Eve ressuscitée, bruxelles, chez Gay et Doucé, 1882 ; Le Branle des Capucins ou le 1001ème tour de Marie-Antoinette, pièce révolutionnaire, réimprimée textuellement sur l'édition originale de1791 et précédé d'une note bibliographique, Strasbourg, 1871 ; Bibliographie clérico-galante, ouvrage galants et singuliers sur l'amour, les femmes, le mariage, écrits par des abbés, prêtres, chamoines, religieux, religieuses, évêques , archevêques, cardinaux et papes par l'apôtre bibliographe (Laporte Antoine), Paris, 1879 ; La bibliothèques des Paillards ou choix de poésies érotiques. A paris, chez madame Belle-motte, rue des Déchargeurs, au temple de la Volupté, Poulet-Malassis, 1865. Ouvrage qui contient notamment le fameux Chapitre général des Cordeliers, attribué à Piron. Le Cabinet de Lampsaque, ou Choix d'Epigrammes érotiques des plus célèbres poètes français, à Paphos, 1784, 2 volumes qui contiennent en face de chaque épigramme une gravure (en tout 101 planches, frontispice compris) ; Le Catéchisme libertin, s.l.n.d. (quelques gravures insérées dans l'ouvrage) ; Combat du père Barnabé de l'ordre des Cordeliers et de Satan, traduit et imprimé sur le rarissime manuscrit italien pour la confusion des Incrédules par une éminence rouge, le tout édifié des fac similé des 4 tableaux infâmes ornant le cabinet particulier du Saint-Père, Rome, de l'imprimerie de sa sainteté, 1867 ; La chasteté du clergé dévoilée ou procès verbaux des séances du clergé chez les filles de Paris, trouvés à la Bastille, à Rome, de l'imprimrie de la propagande et se trouve à Paris, chez les marchands de nouveautés, 1790, en 2 volumes de 323 et 363 pp. ; Beaufort d'Auberval, contes érotico-philosophiques sur l'édition de Bruxelles de 1818, Kistemaeckers,1882, avec un frontispice anticlérical et 76 dessins et bandeaux galants par Amédé Lynen ; Le Citateur, par Pigault Lebrun, chez Barba, 1803. Ce pamphlet, d'une rare violence, avait été écrit sur la demande de Napoléon Ier, vexé par un bref agressif du pape Pie VII afin de discréditer la religion. Très rare édition originale, systématiquement traquée par l'église catholique! ; Le Courrier extraordinaire des fouteurs ecclésiastiques ou Correspondance intime, secrète et libertines de quelques prélats de qualité, de plusieurs prêtres paillards et d'un certain nombre de Prestolets avec des gourgandines titrées, des putains bourgeoises, des filles de joie du Tiers-Etat et des raccrocheuses du quart. Ouvrage recueilli par Machault, évêque d'Amiens et censuré par les quatre grands vicaires de Leclerc Juigné, archevêque de Paris et apostat de la chrétienté. A Paris et se trouve chez Bossu, curé de Saint-paul ; Faucerier, Vicaire de Saint-Leu, Poupart, curé de Saint-Eustache, tous trois colporteurs du dit et fouteurs en titre. Neufchatel, Gay, 1872 (réimpression de ce pamphlet révolutionnaire dont on ne connait que 3 exemplaires ! ; Le décret des Sens sanctionnés par la Volupté. Ouvrage nouveau, enrichi de 6 gravures anglaises. A Rome, de l'imprimerie du Saint Père, 1793. Cet ouvrage contient la trompette du jugement ou le moine débandant (en prose) ; Le couvent hospitalier, Paris, Isidore Liseux, 1885 ; Les délices dans le cloître ou la nonne éclairée. Avec un discours préliminaire, 1761 ; satire en prose dialoguée contre les couvents ; Les dévotions de Madame de Bethzamooth, et les pieuses facéties de M. de Saint Ognon Turin, J.Gay et fils, 1871 ; Les dialogues du divin Aretin, Paris, 1869 (nombreuses autres éditions pour la plupart, illustrées par des artistes divers) ; Dictionnaire érotique latin-français, Paris, 1885 ; Dictionnaire érotique moderne, Fretown, 1884, avec un frontispice érotique de Félicien Rops et une gravure libre de chauvet sur chine volant. J'y adjoindrai le Petit citateur (J. Choux), Notes érotiques et pornographiques pour servir de complément au dictionnaire érotique, Paphos (Paris), 1809 ; Les Doutes amoureux ou cas de conscience et points de droit, avec leurs solutions, à l'usage des Confesseurs et des Magistrats, Paris, Liseux, 1883 ; L'Echo foutromane ou recueil de plusieurs scènes lubriques et libertines contenant les épreuves de l'abbé Dru ; le secret de Madame Conléché ; l'entrevue de Mademoiselle Pinelli avec Arlequin et Pierrot, la solitude de Madame Convergeais ... sur l'imprimé, à Democratis, aux dépens des Fouteurs démagogues 1792, avec 7 figures libres ; Les Foutaizes de Jéricho, à Constantinople, 1760, réimpression moderne, Bruxelles, chez Mertens, pour J. Gay, 1863 ; La Foutriade, la Masturbomanie et la Foutromanie, trois petits poèmes érotiques, à Bâle, imprimé exclusivement pour les membres de la Société des Bibliophiles "les Amis des lettres et des arts galants", Genève , Gay, s.d., avec 3 gravures libres sur chine volant ; Hic et Hec ou l'art de varier les plaisirs de l'amour et de la volupté enseigné par les R.P. Jésuites et leurs élèves, Londres, chez tous les marchands de nouveautés, 1815, 2 vol avec 12 gravures libres ; Hic et Hec ou l'élève des R.P. Jésuites d'Avignon par H.-G. Riquetti, comte de Mirabeau. Joli manuscrit original orné de dessins et de 12 gravures en couleurs de Suzane Balivet ; Paris, 1953, au Phallus couronné ; Histoire secrète des couvents ou essai philosophique sur le Monachisme par Lebrun, Bruxelles, Joostens, s.d. ; La Guerre des Dieux, poèmes en dix chants par Evariste Parny ; Les Heures de Paphos, s.l.n.d. (Bruxelles, Poulet -Malassis, 1864), avec 12 gravures libres ; La légende joyeuse ou les trois cents leçons de Lampsaque, à Londres, chez Pinne, au Cornichon, 1760 ; Lettres galantes et philosophiques de deux Nonnes, publiée par un apôtre du libertinage, avec des notes, au Paraclet, 1777 ; Listes de tous les prêtres trouvés en flagrant délit chez les Filles publiques de Paris, sous l'Ancien Régime, avec le nom et la demeure des femmes chez lesquelles ils ont été trouvés et le détail des différents amusements qu'ils ont pris avec elles. Tirées des papiers trouvés à la Bastille. A Paris , chez les marchands de nouveautés,1790 ; Eléonore ou l'heureuse personne, à Paris, chez les marchands de nouveautés, An VII avec 1 frontispice et 2 figures libres. C'est l'histoire d'une religieuse, changée en homme pendant un an ; Les Enfants de Sodome à l'Assemblée nationale ou Députations de l'Ordre de la Manchette aux représentants de toous les Ordres pris dans les soixante districts de Paris et de Versailles. A Paris, chez le Marquis de la Vilette, grand commandeur de l'Ordre, 1790 ; Errotika-Biblion, à Rome, de l'imprimerie du Vatican, 1783 ; Erotika Biblion par Mirabeau, édition revue et corrigée sur l'édition originale de 1783 et sur l'édition de l'an IX avec les notes de l'édition de 1833, attribuées au chevalier Pierrugues et un avant propos par C. de Katrix, Bruxelles, Gay et Doucé, 1881, frontispice sur chine de Chauvet.


Mais encore également :

Les Exercices de dévotion de Monsieur Henri Roch avec Madame la duchesse de Condor, par feu l'abbé Voisin, Bruxelles, Gay-Doucé, 1882 avec un frontispice de Félicien Rops ; Les Foutaises de Jéricho, à Constantinople, 1760, réimpresion pour Gay, chez Mertens, Bruxelles, 1863 ; La Foutriade, la Masturbomanie et la foutromanie, trois petits poèmes érotiques ; A Bâle, imprimés exclusivement pour les membres de la Société des Bibliophiles" Les Amis des lettres et des arts galants", avec 3 gravures libres , dans le genre antique, sur chine volant ; Gamiani ou deux nuits d'excès, Bruxelles, 1833 (nombreuses autres éditions, illustrées par les artistes du temps, qui feront peut-être l'objet d'un autre article, dans le futur !) ; Histoire de Dom bougre, portier des chartreux, Cluny, chez le sacristain des Carmes, 18 planches libres gravées d'après Borel et Elluin ; Histoire de Dom Bougre ou les Mémoires de Saturnin, Paris , 1909. Edition privée, imprimée popur les seuls souscripteurs et non mise dans le commerce, contenant 12 gravures libres de Paul Avril. Version complète, originale, collationnée sur le manuscrit n° 412 b de la bibliothèque de l'Arsenal ; Le Portier des Chartreux (par Gervaise de la Touche) ou mémoires de Saturnin, écrits par lui même, Amsterdam, 1883, avec 14 gravures libres ; Les Mémoires de Saturnin, écrits par lui même, nouvelle édition corrigée et & augmentée avec Figures ; A Londres, 1887, jolie édition Cazin en 2 volumes, comportant 24 gravures très libres ; Mémoires de Suzon, soeur du portier des Chartreux, suivis de l'histoire de Marguerite, fille de Suzon, illustrés de 14 gravures libres, à J'enconne, rue des déchargeurs, aux dépens de la Gourdan, Cologne, 1780 ( 1830), 2 tomes en 1 volume ; Immoralités des prêtres catholiques par Emile Alexis. En vente chez les principaux libraires, 1868 ; Joyeusetés galantes et autres du Vidame Bonnaventure de la Braguette ; Luxuriopolis, à l'enseigne du beau Triorchis, 1866, avec un frontispice libre de Félicien Rops ; Julie philosophe ou le bon patriote. Histoire à peu près véritable d'une citoyenne active qui a été tour à tour agent et victime dans les dernières révolutions de la Hollande, du brabant et de la France. Sur l'édition Cazin, Paris, 1791. Londres, 1886, 2 tomes en un volume de 588 pp. ( Poulet-Malassis), 1886 avec le bois érotique dû à Félicien Rops ; Marc de montifaud, les Vestales de l'Eglise, Bruxelles, Gay & Doucé, 1881, avec un frontispice de Chauvet ; La Messe de Gnide, suivie du Sermon préché à Gnide, de la prière de Céline et de la Veillée de vénus, Bruxelles , chez Gay-Doucé, 1881, avec un joli frontispice de Félicien Rops ; Les Noces de Luther ou la Monachopornomachie de Simon Lemnius, Paris Liseux, 1893 ; Les Nonnes galantes ou l'amour embéguiné par le marquis d'Argens, bruxelles, Gay-Doucé, 1882, frontispice de Chauvet sur chine volant ; Le Nouveau décret du Manège. Foutez. L'assemblée nationale l'a décidé en faveur des Nonnes , des Moines et de tous les citoyens "Foutre est le bonheur du paradis" Par un amateur de la fouterie, s.l.n.d. ; Parapilla, et autres Oeuvres libres et galantes de M .B. A Florence, 1884 avec 5 gravures libres par Borel, gravées par Elluin ; Les Petits Bougres au manège, ou réponse de M***, grand -maître des enculeurs et de ses adhérents, défendeurs, à la requête des fouteuses, des maquerelles et des branleuses, demanderesses. A Enculons, chez Pierre Pousse-Fort, et se trouve au Palais-Royal, Thuileries et Luxembourg. L'an second du rêve de la liberté, manque le frontispice et 3 gravures libres. ; Les Pucelages conquis ou scènes libres de ce qui se passait dans les couvents d'Italie au moment de leur suppression en 1808, orné de 12 gravures, Bruxelles, 1888 ; La Pucelle d'orléans, poème de Voltaire, Bruxelles, 1826 avec 12 figures libres ; La Pucelle, poème en 21 chants, avec des notes, auquels on a joint plusieurs pièces qui y ont rapport, à Londres,1880, (Paris, Cazin), 2 vol. in 18° ornés de 21 jolies vignettes de Duplessis-Bertaux et de la suite ajoutée de 1 portrait, frontispice et 18 figures libres, dites suite anglaise due à Marillier, pour le dessin et à Duflos, pour la gravure ; Thérèse philosophe ou Mémoires pour servir à l' histoire de D. Dirrag et de mademoiselle Eradice, nouvelle édition, à Londres, 1800, 2 tomes en 1 volume, avec 20 gravures libres ; Thérèse philosophe, avec figures, Londres 1782, 2 tomes en un volume , avec 2 frontispices et 36 gravures libres ; Thérèse philosophe ou Mémoires pour servir à l'histoire du P. Dirrag et de Mlle Eradice, nouvelle édition, revue sur celle, originale, sous la rubrique de la Haye, sans date, orné de 20 gravures et d'un frontispice de Félicien Rops, Paris, chez les marchands de nouveautés ; Valentine ou le V.. coupé, poème en 7 chants par l'abbé Bazin, évèque de Mizoura en Mizourie (Voltaire), orné d'une figure en taille douce, Paris, an VII de la République, 2 gravures libres ajoutées ; Vénus dans le cloître, ou la religieuse en chemise, Entretiens curieux par l'abbé du Prat, réimpression de l'édition de Cologne, 1719, Paris, bibliothèque des curieux, 1939 avec 12 planches gravées par Pierre Gandon ; Vie voluptueuse des Capucins et des nonnes, tiréé de la confession d'un Frère de cet ordre. A Cologne, chez Pierre le Sincère, 1775.


Dans le feu de l'action et pour conclure, en faisant ainsi un petit clin d'oeil à Louis Perceau, j'ai extrait de ma bibliothèque des ouvrages du début du XXème siècle. Les textes sont, en général, franchement pornographiques, bien que certains ne manquent pas d'humour ; Ils sont donc cités pour leur rareté surtout quand ils sont complets de leurs gravures libres qui manquent le plus souvent ; Certains n'en comportent pas, d'ailleurs.

Au couvent, par l'Erotin, Paris-New-York, 1908, en 2 volumes. L'Erotin est le même auteur que J. le Nismois ; L'Hermaphrodite par Jean le Nismois, Paris-Bruxelles, 1902. Fait partie d'une trilogie en 3 parties et 6 volumes (Mystères du couvent des bleuets et la Luxure au couvent des bleuets) ; Le Confesseur de Madame, pièce en un acte par Le Nismois, partout et nulle part mais dans l'arrière boutique de tous les libraires, an l'an de joie 1891 ; Les confessions érotiques de l'abbé de Pineraide en quatre livres. Premier livre, présentation de l'abbé Pinneraide, les exploits de sa pine au séminaire, une chèvre gougnotte ; Deuxième livre à suivre : le dépucelage de la petite Thérèse, le baisage de sa mère et le gamahuchage de son petit frère ; troisième livre, les exploits d'une pine enchantée, le réveil d'un cul fendu, le panari de Georgette, la ruse de Pineraide ; quatrième et dernier livre : les racontars du curé Durétron, trois pines en goguette, finis Coronat opus ; s.l.n.d., édition parue en Hollande, vers 1893 ( selon Perceau) ; La dévote, conte extrait des Passions charnelles ou les joies de la luxure, douze contes ruisselants, Constantinople, chez Mustapha, libraire à l'enseigne de l'Odalisque vérolée, 1890, avec 12 illustrations libres en couleurs ; Dévotes et patronnesses par l'Erotin, Paris, Isidore Liseux, 1910 ; La luxure au couvent, Paris-Bruxelles, 1900, 2 tomes ; Les Mystères du couvent des bleuets, par Jean le Nismois. Paris -Bruxelles, 1900, 2 tomes ; Les Nonnes lubriques, les oeuvres érotiques anglaises, ou Histoires amoureuses et lascives racontées par les religieuses du couvent de Sainte-Claire, Paris et Amsterdam, 1891-1893, en 4 volumes (t.1: Soeur Augustin; t.2: Soeur Emilie ; t.3: le révérend Eustache ; t.4: Histoires de pirates ) Ces 4 volumes sont très rares car ils ne sont pas repris dans Perceau qui mentionne une édition à Paris-Rotterdam, 1891-1893 ; Soeur Paloma la gougnotte, s.l.n.d. ( en Hollande, vers 1895) ; La Tentation de l'abbé Biquet, suivi de Rosette au couvent, extraits de Précocité, Histoire d'une fillette vicieuse et d'un vertueux ecclésiastique par le Vidame de Poussay, G. Lebaucher, libraire-éditeur, Montréal, s.d. ( vers 1901).


L'iconographie sur le sujet est infinie et j'ai dû faire un choix judicieux couvrant, en fin de compte plusieurs époques où quelques spécialistes reconnaîtront les artistes concernés. Pudibonds, pudibondes, gagots ou gagottes et grenouilles de bénitiers, avides de confiserie dévote, prière de s'abstenir, s'il vous plaît ! voir ci-dessus le panneau d'interdiction, que l'on peut voir dans certaines forêts autrichiennes. Pour en terminer, je n'ai pu m'empêcher de glisser quelques grandes gravures d'albums de Deveria (Félicien Rops étant beaucoup plus connu, le marquis Franz von Bayros, abordant très rarement ce thème !), et de quelques grands artistes allemands de la belle époque !

Voici pour contenter vos appétits que l'on sait fort développés, curieux bibliophiles et bibliomanes que vous êtes, quelques albums illustrés ... ICI et ICI ou encore ICI pour un album complet de près de 400 reproductions d'illustrations érotiques anticléricales !

Bonne visite !

Vicomte Kouyakov

NDLR : on a envie de dire : "A suivre !"

lundi 20 février 2012

Le portrait gravé sur bois dans le livre au XVIème siècle.

L’apparition du portrait gravé dans les livres est une caractéristique singulière du XVIème siècle, relevée par les meilleurs auteurs (Cf Lauverjat in Blog du Bibliophile, pour ne citer que le plus connu). (1) (2) Au siècle précédent et jusque dans les années 1540, la représentation de l’individu dans le livre est encore très marquée par l’héritage gothique et le sujet, en général l’auteur, est présenté debout, tendant son livre au dédicataire, ou bien assis à sa table de travail. Ses traits sont schématiques et la ressemblance n’est pas l’objectif principal du graveur, au point qu’un même bois peut servir pour représenter différents auteurs !

Fig 1 Cette figure de Pline (1519) a servi aussi à illustrer une représentation de Cicéron (Epist. 1511)


Le goût pour le portrait peint se serait déclaré dans les premières années du règne de François Ier, préparé par les productions antérieures de peintres tels que Bourdichon ou Perréal. Les artistes s’adonnent alors au portrait de cour, peint à l’huile, directement d’après nature ou à partir de dessins préparatoires au crayon. Ces portraits – on connait la production de Corneille de Lyon par exemple - attestent d’un engouement croissant pour la représentation de l’individu et plus spécifiquement pour la physionomie des personnages illustres. Chacun veut se faire tirer le portrait comme plus tard on ira chez le photographe, affaire de mode.

Fig 2 La douce figure de la duchesse de Savoie


Les graveurs s’emparent du thème en pratiquant la taille sur bois mais aussi, progressivement, la taille-douce, qui émerge au cours de la seconde moitié du siècle. Moins onéreux que la peinture à l’huile, le portrait gravé s’ouvre donc à des commanditaires plus diversifiés, gens de lettres, savants, artistes.

Il n’est pas étonnant dans ces conditions que le portait gravé envahisse les livres du XVIème siècle comme jamais. On le retrouve au titre ou, plus rarement, au frontispice. Il remplace la vignette médiévale ou la marque d’imprimeur et il participe du décor de la page de titre au coté des arrangements typographiques. L’image individualisée prend donc le pas sur la représentation du groupe.

Les artistes de la Renaissance redécouvrent deux formes classiques : le médaillon et le portrait en buste.

La technique employée au début reste rudimentaire. La gravure sur bois limite l’expression de l’artiste, et lui impose une certaine sobriété. C’est par l’attribut extérieur que le personnage est identifié comme important. L’image du Prince, tout en étant plus ressemblante que par le passé, se doit encore d’être idéalisée et assimilée à celle d’un héros de l’Antiquité. Il faut faire passer l’idée de la force, de la noblesse et de la dignité. Cette convention à laquelle se plient tous les artistes de la Renaissance est d’ailleurs formulée par Léonard de Vinci lui-même : « Veille au degré de dignité ou de bassesse des choses que tu veux figurer, c’est-à-dire que le roi soit barbu, plein de gravité dans l’air et les vêtements, placé en un endroit orné, et que l’assistance soit debout avec respect et attention, dignement habillée, comme il convient à la gravité d.une cour royale. »

C’est avec cette idée que le graveur Josse Lambrecht de Gand représente ses médailles de nobles personnages dont on perçoit au premier coup d’œil la fonction de chefs de guerre. L’ouvrage date de 1544, c'est-à-dire de la période charnière où le trait est encore grossier mais cherche néanmoins à coller au sujet.

Fig3 Cet Eric de Brunswick avait une gueule, comme on dit au cinéma


Fig 4 Henri de Brunswick, habillé à la mode de temps.


Fig 5 Albert de Grandville. Pas très malin mais très riche.


Fig 6 Guillaume de Montfort, pas faible pour deux sous (ni cinq sols).


Cette suite de médailles est la plus ancienne que je connaisse. A partir de là, le genre va connaitre un franc succès. C’est le prétexte à figurer des galeries de portraits illustrant les recueils historiques ou les chronologies. La collection de médailles est très pratique car la figure étant entourée d’un double filet permet d’inscrire une légende dans le pourtour. C’est un outil pédagogique. Dans cette catégorie, le Promptuaire des Médailles de Guillaume Rouille connaitra plusieurs rééditions.

Fig 7 Le Promptuaire des Médailles en français.


Fig 8 Le Promptuaire des Médailles en italien.


Désormais, le portrait n’est donc plus chargé de signaler une fonction, mais se doit de refléter une personnalité. Le passage du profil au trois-quarts, qui permet de travailler plus en détail l’expression du visage, et rend possible la rencontre entre les yeux du lecteur et ceux du sujet, renforce l’impression de réalité et de proximité avec le modèle représenté. (3)

Fig 9 Portrait au titre de Philippe Melanchton, humaniste allemand. Le graveur s’est attaché à reproduire des traits spécifiques, individualisés, à rendre une expression.


Une place de plus en plus grande est donc donnée au trait de l’expression. Ce n’est plus par l’attribut extérieur que le personnage est identifié comme important mais par sa physionomie. Bien sur, la gravure sur cuivre permettra encore mieux aux talents de s’exprimer, mais c’est une autre histoire …

Fig 10 Dans les gravures sur cuivre le portrait se doit d’être ressemblant…


Bonne soirée,
Textor

(1) Voir http://bibliophilie.blogspot.com/2010/12/livres-du-16eme-siecle-ou-quand-le.html
(2) Et aussi BRUN, Robert. Le livre illustré en France au XVIème siècle. Paris : Félix Alcan, 1930. 336 p.
(3) Pour une galerie de 309 portraits virtuels : http://www.bvh.univ-tours.fr/img_portrait.asp

vendredi 17 février 2012

Identifier des armoiries modernes sur une reliure en maroquin signée DURVAND (1887).


La Reliure moderne artistique et fantaisiste d'Octave Uzanne publié en 1887 chez Edouard Rouveyre à Paris.
Collection B. H.-R.


Guère plus facile que la colle posée hier à propos du chiffre DA ou AD sur une reliure en maroquin du Victor Champs (1888), voici une autre reliure remarquable en plein maroquin rouge cette fois, décorée dans un style rétrospectif aux petits fers dorés par DURVAND, excellent praticien de l'époque de la reliure (1887) et qui ici ne dément pas son talent.

Mais à qui peuvent bien appartenir des armoiries d'un possesseur amateur de reliures ?

Amateur de reliures à plus d'un titre puisque la reliure qu'il a fait réaliser le prouve mais que l'ouvrage qu'elle recouvre vient le confirmer puisqu'il s'agit d'un exemplaire de la Reliure moderne artistique et fantaisiste d'Octave Uzanne publié en 1887 chez Edouard Rouveyre à Paris. Ouvrage orné de 72 planches de reliures. L'un des plus beaux livres sur le sujet par le maître.

Alors ? Quel bibliophile de la vieille roche avait pour devise UT AMERIS AMABILIS ESTO (Pour être aimé sois aimable) ?

Octave Uzanne n'aurait très certainement guère apprécié cette reliure un peu classique et vieille France à son goût, mais elle est malgré tout fort aimable à la vue comme au toucher. Elle est parfaitement conservée ce qui ne gâte rien.

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

jeudi 16 février 2012

Le chiffre AD sur une belle reliure plein maroquin signée Victor Champs (vers 1890).



Le premier qui répond Archives Départementales pour AD a un gage !

Qui peut bien se dissimuler à la curiosité du bibliophile du XXIe siècle que je suis derrière ce chiffre AD frappé à l'or sur les deux plats d'une reliure de format grand in-4 en plein maroquin décoré signé de l'habile artisan relieur Victor Champs (dont nous avons déjà longuement parlé dans les colonnes du Bibliomane moderne) ?

Aucune idée de mon côté. Et vous ?

Bonnes recherches !

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

mardi 14 février 2012

Bibliophilie or not bibliophilie ? 135 dessins de Proust à Henry Miller qui appartiennent à l'éditeur Pierre Belfond sont dispersés aux enchères.



Voici une vente atypique. 135 dessins d'écrivains ! Des dessins d'écrivains, quelle idée !!? Évidemment il y a des écrivains qui savent dessiner et des dessinateurs qui savent écrire ... mais pas tous !! Alors ? Alors il faut bien le dire, c'est la notoriété de l'écrivain qui fera sa cote de dessinateur, et non son talent d'artiste. Le monde est ainsi fait qu'une chose en entraînant une autre, ou si vous préférez, pour faire écho à l'adage qui dit si justement que l'argent appelle l'argent ou encore mieux, on ne prête qu'aux riches, voici bien la vente la plus improbablement artistique qui soit. C'est en tous cas mon avis. Mais à lire les médias qui couvrent l'évènement de la journée sur le marché fiévreux des enchères parisiennes, je m’aperçois que je suis loin d'être le seul à douter.

J'aime beaucoup la phrase de conclusion de l'article publié dans les Echos : "Des sommes dérisoires comparées aux tarifs pratiqués pour des œuvres d'inconnus dans le domaine de l'art contemporain." J'ai envie de dire : "Et alors ?" S'il y a des personnes pour acheter des bouzes contemporaines improbables foutages de gueules à destination de quelques personnalités en mal de dépenses inconsidérées, pourquoi devrait-il en être autant pour tout. Après moi ce que j'en dis...


Évidemment il y a Victor Hugo, Musset, Maupassant, Verlaine, etc., de grands noms de la plume. Les prix sont à l'avenant, de quelques centaines d'euros pour les plus abordables à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les noms les plus en vue (Proust, Verlaine, Rimbaud, etc) qui risquent fort d'être dépassés. Nous verrons. Encore une belle occasion de voir si la crise est bien là. Je sais, on me rétorquera que ce marché échappe à la crise, comme une sorte de bulle. On sait ce qu'il advient des bulles... avec le vente et les tempêtes...


On est loin de la bibliophilie, même la plus haute et la plus noble. Un petit dessin de Baudelaire à dix fois le prix de l'édition originale des Fleurs du mal. A quand les exemplaires truffés de dessins d'écrivains pour enfin réussir à vendre leurs œuvres par ailleurs délaissées. Dites-moi combien vaut aujourd'hui le plus bel exemplaire d'une EO d'Alfred de Musset ou d'Alfred de Vigny ?



Laissons faire la foule... On est peut-être pas si loin du temps où les livres ne seront plus que de petites armoires. Mais je me trompe certainement sur tout.


Je joins ci-dessous l'article publié dans les Echos (14 février 2012).

Les dessins d'écrivains de Pierre Belfond

135 dessins de Proust à Henry Miller qui appartiennent à l'éditeur sont dispersés aux enchères. Un marché rare mais en hausse sensible.

L'un des buts ultimes de la collection consiste à pénétrer dans l'intimité du créateur ou de la personnalité connue. D'Elisabeth Taylor on aimera posséder un de ses bijoux qui célébraient l'amour que lui portaient ses amants (les 269 lors de la vente de ses bijoux ont été adjugé en décembre pour 137,2 millions de dollars). De Napoléon on voudra une lettre de guerre ou une mèche de cheveux (en 2010 l'une d'elles est partie pour 13.000 dollars). Et de n'importe lequel de ses écrivains favoris, naturellement on attend quelque chose de sa main. L'expert en bibliophilie Alain Nicolas remarque à ce propos que si « la collection de livres en édition originale, exception faîte des pièces particulièrement rares, accuse un ralentissement, en revanche le marché est marqué par un goût certains pour les originaux dans le domaine de l'écriture. Il y a quelques années une lettre de Proust se négociait pour 5 000 à 10 000 euros. Dans les mois derniers certaines ont été adjugées entre 20.000 et 30.000 euros ». Il remarque encore : « C'est peut être le développement d'Internet et de la virtualité qui engendre un phénomène compensatoire avec ce regain d'intérêt pour la correspondance ».
Le 14 février, Artcurial disperse sous son expertise une collection extrêmement originale. Elle a été rassemblée pendant 41 ans par l'éditeur Pierre Belfond . Ce dernier a donné son nom à la fameuse maison revendue en 1991. Mis à part sa vie littéraire particulièrement dense, Pierre Belfond est un collectionneur chevronné de grandes et de petites choses. Il nourrit une passion pour quelques peintres surréalistes dont Picabia, une autre pour des artistes délaissés du XIXe siècle qu'on appelle « les petits maîtres » comme Achille Devéria et enfin déclare un enthousiasme sans borne pour un domaine à la croisée des chemins entre art et littérature : les dessins d'écrivains.
Pièces rarissimes

Pour Alain Nicolas il s'agit d'un secteur sans véritables côtes car la plupart du temps les pièces sont rarissimes. Quant à Pierre Belfond, il justifie la vente de sa collection chérie car « je suis las de ne pas pouvoir acheter ce que je veux. Les prix ont augmenté de manière spectaculaire dans les dernières années ». Il donne l'exemple d'un dessin de Baudelaire. « J'en possède un. J'en voulais un second. Pour le dernier qui est passé en vente j'ai arrêté d'enchérir à 95.000 euros ». Le portrait de la grande passion, la muse et maîtresse de Baudelaire Jeanne Duval exécuté à la plume et à l'encre par le poète est estimé 50.000 euros. Une relique sans prix pour les passionnés des « Fleurs du mal ». Dans la catégorie des mythes absolus de la poésie Pierre Belfond met aussi en vente un dessin de Rimbaud. Il commente avec fierté : « un dessin de Rimbaud on en trouve tous les cinquante ans. Les spécialistes lui en attribuent seulement six ». La feuille figure l'esquisse maladroite d'un cocher à Londres en 1873. La légende en bas du croquis a certainement été inscrite par Verlaine. Estimation : 120.000 euros.
Parmi les pièces rarissimes le catalogue très documenté contient aussi cinq dessins de Marcel Proust. Là, encore une il est clair que c'est l'auteur, un monument littéraire, plutôt que le brio des compositions qui prime. Le plus amusant : le pastiche d'une publicité pour les pneus Michelin estimé 30.000 euros.
Mais parce que le monde de la littérature est lui aussi soumis à des vogues la vente contient des dessins de grands hommes de lettres qui peuvent être beaux et estimés pour des sommes modestes. Alfred de Vigny(1797-1863) a représenté à la mine de plomb dans un style abouti un paysage estimé 2 000 euros qui semble illustrer une de ses phrases : « Le crépuscule ami s'endort dans la vallée ». Plus près de nous l'écrivain américain Henry Miller(1891-1980) qui a décrit dans ses livres le Montparnasse de la bohème peignait couramment à la fin de sa vie. Son « Portrait de couple » une aquarelle dans une veine Fauve est estimé 3000 euros.
Des sommes dérisoires comparées aux tarifs pratiqués pour des oeuvres d'inconnus dans le domaine de l'art contemporain. A surveiller donc.
Le 14 février. Hôtel Marcel Dassault (Paris)
Exposition du 11 au 13 février.

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

lundi 13 février 2012

Un incomplet unique ! Curiosa etc., ou les Cousines de la Colonelle (1886).



Un bibliomane très moderne de nos amis m'envoie en cette veille de St-Valentin quelques jolies images de communion propices à tous les esclaffages verbeux et romantesques.

Il a acquis il y a quelque temps un volume curieux, unique plutôt : Les Cousines de la Colonelle, par Madame la Vicomtesse de Coeur-Brûlant, tome I. Volume portant l'adresse de Paris, en vente dans tous les magasins des petites dames, 1886. Ce volume est en reliure ancienne demi-maroquin à coins. Très bon état. Il a la particularité d'avoir été illustré par une main restée anonyme avec 9 aquarelles originales dans les marges. Ces illustrations sont-elles d'un grand nom de l'époque ? Paul Avril (spécialiste du genre) ? Frédillo ? Personne n'en sait rien. Ce volume a été imprimé à 500 exemplaires et sort des presses de Brancart. Le volume est titré au dos : Guy de Maupassant (on sait maintenant que ce livre n'est pas l'oeuvre de Maupassant, mais qu'il est sorti de la plume de Mannoury d'Ectot, H. de (marquise), née H. Nicolas Le Blanc).

Voici quelques références concernant ce volume : Dutel 178 ; Sotheby's, vente 3194, lot 151, en 1971 ou il a été vendu pour 110$.

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore cet ouvrage capital dans le genre, en voici un court extrait :

« Un des seins de la jeune femme s'était échappé à demi de son fourreau blanc et dressait sa petite tête avide de jouissance : délicatement, Gaston la saisit entre ses lèvres en feu et la roula doucement. Julia, sous cette enivrante caresse se tordait de volupté. D'une main envahissante, il lui caressait les reins, glissait aux aines en gravissant doucement sur les collines ; enfin, il saisit à deux mains les cuisses de la jeune femme, les écarta et promena sa langue avide sur les contours purpurins qui bordent l'entrée du temple de l'amour… »

C'est un récit « parsemé de recommandations sur la façon de déshabiller et de caresser une femme ».

Un livre assurément peu commun dans son état le plus simple. Alors que dire de cet exemplaire unique orné de dessins originaux érotiques ? Et surtout que devons-nous penser de cette acquisition d'un volume isolé ? Quelle chance de retrouver un jour le deuxième volume contenant les dessins du même artiste ? Ce deuxième volume a-t-il d'ailleurs jamais existé ? Autant de questions qu'il faut se poser lorsque nous tombe entre les mains ce genre d'ouvrage à la fois "taré" par un manque... et exceptionnel et unique par d'autres aspects qu'il ne faut pas négliger.

Je laisse la question en suspens tout en vous laissant admirer le travail de l'artiste.











Inutile de vous dire que si vous mettez la main sur le tome II avec ces mêmes aquarelles vous êtes invité à vous faire connaître à bertrand.bibliomane@gmail.com, alias le Bibliomane moderne qui se fera un plaisir de transmettre la bonne nouvelle !

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

Amusement de bibliophiles ... Histoire sans paroles ...



Bertrand & Jean-Paul

dimanche 12 février 2012

De l'Imitation de Jésus-Christ, Paris, Antoine Dezallier, 1692, ornée de jolies gravures de Mariette. Madame de Maintenon en question.


Tout d'abord, merci à Bertrand de me laisser les colonnes pour présenter ici quelques recherches autour d'un livre que j'ai pu voir passer et rejoindre une belle bibliothèque privée.

Il s'agit de l'édition originale de la traduction de l'abbé de Choisy De l'Imitation de Jésus-Christ, Paris, Antoine Dezallier, 1692, ornée de jolies gravures de Mariette. Cette traduction a beau être de toute rareté, l'adage "ce qui est rare est cher" ne lui convient pas, du moins pas pour tous les exemplaires.




Voici ce qu'en disait Charles Nodier, dans une note jointe à son exemplaire et repris au catalogue de sa bibliothèque:

« La célébrité de cette édition rarissime (c’est ainsi que la qualifie M. Barbier, Anon., t II, p 160 et suiv.), est fondée sur une anecdote répétée par vingt écrivains, depuis Amelot de la Houssaye à Voltaire que Barbier raconte fort bien, que M. Brunet lui a emprunté (Manuel t II, p. 247), et qu’on peut lire aux endroits cités. Cette historiette prouve au moins l’extrême rareté du volume, dont tant d’auteurs avant M. Barbier avaient parlé sans le voir, et dont M. Adry invoquait l’existence en doute.

« Ce qu’il y a de certain d’après mon exemplaire, c’est que madame de Maintenon n’avait pas pris garde à la maligne allusion du peintre, ou qu’elle s’en était dévotement accommodée, puisque cet exemplaire est le sien, comme on le voit à l’insigne ordinaire de sa bibliothèque de Saint-Cyr.

« Je n’en ai jamais rencontré qu’un autre, avec la gravure du livre II. Ceux où elle est remplacée par une croix fort grossière, sont eux-mêmes très rares, mais ils n’ont aucune valeur. »

Toute la valeur de cette édition repose donc sur cette fameuse gravure du livre II. Cette gravure, que le nouveau propriétaire ne désire pas voir diffusée dans son intégralité, représente une dame dans la chapelle de Versailles, que tout le monde à tout de suite identifiée comme étant Madame de Maintenon, entourée des demoiselles de Saint-Cyr.


En haut, la mention Audi, filia que tout le monde a complété en Et vide inclina aurem tuam [...] Et concupiscet rex decorem tuum, que nous pouvons traduire par Ecoutez, ma fille, voyez et prêtez l'oreille, et le roi désirera votre beauté.


Suite à cette malignité, l'abbé de Choisy a fait enlever cette gravure de tous les exemplaires et remplacé par une croix fort grossière (dixit Nodier). Dans les éditions suivantes, une plus belle gravure prit la place et effaça cette référence.


Gravure de remplacement, tirée de la 4e édition


Pour certains bibliographes, cette édition était dédiée à Madame de Maintenon, mais ce n'est pas l'opinion qui a dominé. Personnellement, je penche pour l'édition dédié à Madame de Maintenon, qui n'avait pas immédiatement vu, pas plus que l'abbé de Choisy, comment serait complété la mention Audi, filia. Quoiqu'il en soit, à la fin du XIXème siècle, on ne connait avec certitudes que 4 à 6 exemplaires avec cette gravure, et plus précisément, 2 à 3 avec la Croix de Saint-Cyr et 2 à 3 autres exemplaires.

Ces exemplaires avec la Croix de Saint-Cyr sont des exemplaires ayant appartenu à Madame de Maintenon, qui les destinait à la bibliothèque de ses demoiselles. On trouve ainsi un exemplaire avec la mention manuscrite "Madame de Blosset" et un autre avec "Madame de Saint-Pars" écrits de la main même de Madame de Maintenon (présentés parfois avec la mention "envoi de Madame de Maintenon à Madame de ..."). C'est aussi pour cela que je pense que Madame de Maintenon savait pertinemment ce que représentait la gravure du livre II et que donc l'exemplaire lui était dédié. La mention Audi, filia devant plutôt être interprétée comme les recommandations que fait Madame de Maintenon à ses demoiselles, d'écouter les paroles de Dieu pour s'y soumettre humblement, ce qu'elle essaye elle-même de faire.

Au travers de mes recherches, j'ai pu identifier précisément 6 exemplaires passés aux enchères

  1. Nodier (1844, n°20, vendu 100fr à du Roure), du Rouge (1848, n°120, 53fr), Borluut de Noordonkt (1858, 140fr), Léopold Double (1863, n°18, 285fr à Huillard), Huillard (1870, n°120), Librairie A. Fontaine (1872, n°4004, 525fr), Benzon (1875, n°39, 1000fr), amateur anglais [Richard Lion] (1882, n°46) - exemplaire à la Croix de Saint-Cyr

  2. Yemeniz (1867, n°260, 400fr), Bancel (1882, n°39 bis) - exemplaire à la Croix de Saint-Cyr

  3. Brunet (1868, n°58) - maroquin bleu de Bozerian jeune

  4. Librairie Morgand-Fatout (n°23429, 350fr) - maroquin bleu de Trautz Bauzonnet

  5. Librairie Morgand-Fatout (n°25569, 150fr) - maroquin rouge de Chambolle-Duru

  6. PBA Auctions (Pierre Bergé) (n°378, 7000€) - maroquin doublé, probablement de Luc-Antoine Boyet, faisant partie de la quinzaine de reliures à décor plein or connues.


Exemplaire vendu chez Pierre Bergé

L'exemplaire que j'ai vu passer est donc un septième, lui aussi provenant de Madame de Maintenon, et offert par celle-ci à Madame de Jas, qu'elle appréciait particulièrement, la surnommant affectueusement ma chère sournoise. Comme les autres exemplaires connus, c'est un veau marron, toutes tranches dorées.



Plat de la reliure



Ex-libris sur le contre-plat

Petit sondage pour terminer : d'après vous, édition dédiée à Madame de Maintenon ou pas ?

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