jeudi 2 juillet 2015

Démons : une iconographie de Louis Breton.

Présentation détaillée du projet

La librairie De Natura Libris dans sa collection Les Portes Sombres vous propose à souscription une réédition de luxe de la suite de gravures créée par Louis Breton en 1863 pour illustrer la 6ème et dernière édition du Dictionnaire infernal de Collin de Plancy.



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Inspiré par les descriptions des démons données par Wierus dans saPseudomonarchia Daemonum, Louis Breton nous livre une iconographie démoniaque qui reste, 150ans plus tard, une référence. Parfois fantasques, parfois inquiétants, ces dessins qui furent gravées sur bois par Jarrault frappent l'imaginaire.
Nous avons rassemblé ici les 69 gravures parues dans le Dictionnaire infernal, reproduites, agrandies et retravaillées numériquement pour en donner une réédition permettant de profiter au mieux du trait de Breton et Jarrault. Chaque dessin sera accompagné d'un court texte issu des articles de Collin de Plancy. Un soin particulier sera apporté à l'impression afin de combler les bibliophiles.

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Cette réédition sera strictement limitée à un tirage de 72 exemplaires,
- 2 exemplaires hors commerce (marqués H.C.)
- 10 exemplaires sur vélin d'Arches numérotés de 1 à 10
- 60 exemplaires sur vergé blanc numérotés de 11 à 70

L'impression sera réalisée par l'imprimeur d'art Henry des Abbayes.

jeudi 18 juin 2015

Delaly fils, Relieur-Doreur, Barrière de Jaude, à Clermont ou l'histoire d'un relieur provincial de la période romantique à écrire.



Qui écrira l'histoire de ce relieur de la période romantique ? Vous pouvez commencer à l'écrire ici en commentaires. Ce que vous aurez trouvé risque bien de devenir parole d'évangile. Car on trouve si peu ...

Bonne journée,
Bertrand

lundi 1 juin 2015

Réimpression du Dictionnaire Bibliophilosophique d'Octave Uzanne ... Bon à tirer en cours dès le jeudi 4 juin ! ...




Dans les belles entreprises l'impatience n'est pas de mise ! Soyez rassurés (pour les inquiets), la réimpression du Dictionnaire Bibliophilosophique d'Octave Uzanne sera lancée sous peu. Le bon à tirer sera en cours chez l'imprimeur dijonnais dès le jeudi 4 juin 2015 ! Et l'impression suivra rapidement ainsi que l'expédition des exemplaires souscrits !

Vous l'aurez pour la plage cet été !

Vous avez été près de 100 à répondre à la précommande au prix de 45 euros port compris. Il vous reste d'ailleurs encore le temps de m'envoyer votre souscription au même prix. Dès que j'aurai en mains les volumes imprimés, le prix passera à 50 euros port compris.

Profitez des quelques jours à venir pour passer précommande par mail à octaveuzanne@orange.fr !

Les acheteurs hors France métropolitaine peuvent payer par Paypal (48 euros frais compris).

A bientôt !

Merci encore de votre confiance,

Bertrand Hugonnard-Roche

mardi 19 mai 2015

Augustin Legrand, un pionnier inconnu du livre de jeunesse, par Jacques Desse.


Quand une étude bibliographique semble aussi passionnante dès les premières lignes, le Bibliomane moderne se doit de s'en faire l'écho, et ce avec le plus grand plaisir. Voici donc une étude inédite par Jacques Desse intitulée Augustin Legrand, un pionnier inconnu du livre de jeunesse.

Bonne lecture !


Vous pouvez lire également sur un sujet connexe : L'invention du livre à tirettes : Le livre joujou, de Jean-Pierre Brès (1831), par Jacques Desse.

dimanche 3 mai 2015

Philibert Falcoz, érudit savoyard (1867-1950)

Ce site a rendu hommage par le passé à des auteurs oubliés ou méconnus et leur a redonné une certaine gloire posthume. Il appartenait donc au Bibliomane Moderne d’honorer cet amateur d’histoire locale que fut Philibert Falcoz, érudit savoyard, académicien et membre agrégé de la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie.

On rencontre de temps à autre chez les libraires ces petites plaquettes consacrées au régionalisme savoyard. (J’en rappelle la liste en annexe à cet article).


Fig 1 Les Mélanges Savoyards de Philibert Falcoz



Fig 2 Quelques plaquettes signées Falcoz



Fig 3 Notice sur Saint Hélène du Lac, 1922



Fig 4 Du même Auteur



Fig 5 Souvenirs d’un touriste à travers la Savoie, 1899


Philibert Falcoz est la figure typique de ces lettrés du XIXème siècle qui animaient les sociétés savantes et contribuaient à faire progresser les sciences humaines grâce à leurs travaux de fourmi dans les archives notariales, les chartes et les livres de comptes des siècles précédents. Il fallait posséder le latin et le grec, avoir des notions de paléographie et une bonne culture classique pour écrire dans un style souvent brillant ces sommes historiques puisées à la source (et dont les preuves, patiemment retranscrites en annexes des ouvrages, ont parfois disparu aujourd’hui). L’archiviste Gabriel Pérouse, Timoléon Chapperon ou Léon Menabrea, bien connus des amoureux de l’histoire de la Savoie, sont de ceux-là.

Philibert Falcoz fut une figure plus discrète et à mon grand étonnement, aucune monographie ne lui est consacrée. Si vous « googlelisez » son nom, vous trouverez essentiellement des notices de libraires proposant une des nombreuses plaquettes dont il est l’auteur, ou bien encore quelques références sur des blogs consacrés à l’histoire d’Arbin, village près de Montmélian (Savoie) où il a vécu et où il fut inhumé.
  
Il n’est que justice de lui dédier à notre tour une notice, lui qui, en 1924, avait conté l’histoire d’un de mes lointains ancêtres grâce à la documentation que lui avait fourni un grand-oncle, Joseph Vallin.

La quête bibliophilique conduit parfois à de curieux hasard. A quelques mois d’intervalle, je suis tombé sur une petite partie de sa bibliothèque chez un libraire grenoblois puis, au hasard d’une promenade dans le village d’Arbin, sur sa sépulture. Trouver les Mélanges Savoyards collationnés par Philibert Falcoz relevait déjà d’une prouesse mais découvrir sa tombe quasi détruite, sans vraiment la chercher, défit le calcul des probabilités ! 

Voyez plutôt dans quel état d’abandon je l’ai trouvée. Je me suis dit que la municipalité d’Arbin avait bien peu d’égards pour ses figures historiques….  Après une bonne heure de puzzle, j’ai pu reconstituer la plaque de marbre qui gisait sur le caveau depuis plusieurs mois déjà et déchiffrer le nom de notre érudit et de sa famille. 



Fig 6 Le cimetière d’Arbin en Savoie et la tombe détruite de la famille Falcoz



Fig 7 La plaque de marbre avant reconstitution



Fig 8 la plaque de marbre après reconstitution


Nous savons, somme toute, peu de chose de Philibert Falcoz, sauf ce qu’il veut bien nous dire sur lui dans ses notices et ce que laissent transparaître les brochures qu’il a patiemment collectionnées et fait relier.  Brochures qu’il entendait bien transmettre à la postérité puisqu’il avait assorti chaque volume d’un ex-libris et d’une mention : « Les brochures ont été collectionnées par Ph Falcoz, membre agrégé de l’Académie de Savoie, officier de l’instruction publique».

Philibert est né le 24 Mai 1867, place St Léger à Chambéry, il était le fils d’Alexis Falcoz, avocat né à Saint Jean de Maurienne (1821-1874) et de Jeanne Alibert (1828-1893). Google Books le qualifie parfois dans ses notices « d’Abbé Ph. Falcoz », ce qui est plutôt surprenant pour quelqu’un qui s’est marié à 27 ans avec Marie Duluc de Grenoble (1872-1947) et qui était employé au Crédit Lyonnais de Grenoble en 1892 puis de Chambéry en 1909, lors de sa seconde entrée à la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie.  Sa vocation d’abbé, s’il l’a jamais été, a dû être très furtive. Ce qui est certain c’est que mon grand-oncle l’a rencontré alors qu’il était lui-même archiviste au Crédit Lyonnais de Chambéry. D’ailleurs l’état civil mentionne à son mariage « employé de banque ».



Fig 8 bis


Philibert Falcoz eut l’existence de ces notables provinciaux que l’aisance matérielle laissait libres de se livrer à leur passion. Son père avait acheté pour le rebâtir le vieux château de la Pérouse à Arbin, en 1852. Philibert y vécut là son enfance, demeure imposante sur des fondations et une terrasse médiévale,  de quoi donner le goût de l’histoire.

C’est dans sa brochure sur Sainte Hélène du Lac qu’il nous donne le plus d’information sur sa famille et son intérêt pour les alentours de Montmélian. Au Chef-Lieu, derrière l''Eglise, se trouve  une grande maison à la haute toiture appelée « Le Château » ; elle existe toujours aujourd’hui. Construite en 1629 par noble Etienne Brunet, la demeure passa ensuite aux  mains des de Roberty, baron de Sainte Hélène du lac, puis des de Gerbaix de Sonnaz qui l’agrandirent. En 1855, le Château fut vendu à Etienne Rey, administrateur du domaine. A la mort de la veuve d’Etienne Rey en 1892, Philibert Falcoz, son petit neveu, devint héritier des deux tiers de cette propriété ainsi que du château lui-même. C’est à cette époque qu’il y séjourna et qu’il commença à écrire des notices historiques, la première sur le domaine de Combilioles à St Hélène du lac, propriété d’un cousin. En 1895, Philibert Falcoz finit par revendre la propriété à des marchands de domaines qui la morcelèrent. Malgré l’attrait du village de St Hélène, il devait être compliqué d’entretenir deux châteaux à une dizaine de kilomètres de distance !



Fig 9 Notes de Ph. Falcoz



Fig 10 Mélanges savoyards avec ex-libris



Fig 11 Mélanges savoyards avec ex-libris



Fig 12 Mélanges savoyards avec ex-libris



Fig 13 Page de titre manuscrite de Philibert Falcoz sur l’Histoire de Chambéry de L. Menabrea, ouvrage paru en livraisons et demeuré inachevé

Il écrit dans les Mélanges savoyards qu’il est Officier de l’Instruction Publique, ce qui colle mal avec son poste à la Banque, à moins d’un brusque changement de carrière au cours de sa vie, que je n’ai pas réussi à retrouver. J’en déduis que son entrée à l’Académie de Savoie, dont il semblait être très fier, lui avait permis d’obtenir les palmes académiques, honneur réservé en général aux professeurs et autres membres de l’Instruction publique.

Ce titre d’Académicien n’apparait que tardivement, alors qu’il fut membre agrégé de la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie pendant une très longue période. Les statuts de la Société requéraient  que les prétendants soient majeurs. C’est donc à la séance du 20 Décembre 1891 que Messieurs Marie-Girod et Guigues présentèrent l’impétrant pour qu’il puisse être admis dès l’année 1892 à l’âge de 25 ans tout juste.

Dès cette année-là, au cours d’une séance  du 16 Novembre 1892, il donne lecture de ses travaux sur le domaine des Combilioles, à St Hélène du Lac. Par ailleurs, il travaille à une histoire de Montmélian qui parait en feuilleton dans le courrier des Alpes.

Curieusement le bulletin de la Société Savoisienne pour l’année 1909 enregistre à nouveau son entrée dans cette société savante (Séance du 21 Novembre). Il a donc quitté le cercle pour une raison inconnue. Nous pourrions penser que c’est à la suite de son éloignement à Grenoble, pour raison professionnelle, mais ce n’est pas la bonne raison puisque qu’en 1892 il est enregistré dans la liste des membres effectifs sous cette adresse : «Falcoz Philibert, au Crédit lyonnais à Grenoble». Un autre événement a dû l’empêcher d’assister aux séances. A partir de 1909, son assiduité est très grande ; Il présente ses travaux sur un rythme soutenu jusqu’au milieu des années 30 et, demeurant à Chambéry, rue Croix d’or, il lui est facile de se rendre aux séances de la Société Savoisienne qui se déroulent non loin de là, au château des Ducs. Par la suite il sera nommé Trésorier de l’association. Quoi de plus normal pour un banquier…



Fig 14 Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie, année 1892



Fig 15 Séance de la Société Savoisienne du 20 Décembre 1891



Fig 16 Séance de la Société Savoisienne du 21 Novembre 1909


En 1924, à la séance du 28 juin, alors que l’archiviste Gabriel Pérouse présidait la séance, Philibert Falcoz fit une intervention qui est resté dans les annales de l’Histoire de Savoie :

« M.Philibert Falcoz rappelle qu'en Savoie, dit-il, on nommait autrefois Sarvan (en français, servan) un esprit follet, lutin, familier, ayant des griffes et des ailes. Cet esprit imaginaire a eu pour origine le feu-follet, flamme légère et fugitive produite par des émanations de phosphore d'hydrogène qui se dégage des endroits marécageux et des cimetières; certains troncs d'arbres, en pourrissant, produisent parfois les mêmes émanations, comme le saule et le peuplier. Nos campagnards, ajoute-t-il, appelaient aussi jadis les feux-follets, parfois, les francs-maçons; ils estropiaient généralement ce mot et disaient avoir vu les flancs-maçons».

Puis la savante assemblée aborda une autre question tout aussi pointue, de celles qui font avancer les sciences.

La même année, à la séance du 27 janvier, Falcoz s’était déjà fait remarquer : « M. Philibert Falcoz présente un écusson qu'il vient de peindre pour l'offrir à la ville de Montmélian. Ce sont les armoiries de cette ville : de gueules au chef cousu de même chargé d'une croix d'argent. Ainsi, comme Chambéry, la capitale, la place forte de Montmélian portait les mêmes couleurs et le même emblème que la dynastie, avec une disposition différente. M. Carie observe que, dans le chef de cet écusson, la croix blanche affecte la même forme qu'elle avait sur les anciens pennons : allusion à l'importance militaire de la forteresse savoyarde.»

Comme on savait se distraire avant internet !



Fig.17 Recueil de Philibert Falcoz sur le Chevalier de Rosaz



Fig.18 Tonton Joseph !

J’espère vous avoir donné envie de lire les opuscules de Philibert Falcoz, en éclairant un peu la vie d’un auteur qui fut si utile pour l’histoire de sa région. Dans la brochure sur Montmélian et ses environs, l’auteur introduit son propos par cette pensée : « Tout savoyard aime d’un ardent amour le petit coin de terre qui le vit naître et qui le verra mourir, il entoure de l’affection la plus tendre la ville aux alentours gracieux où s’égarèrent ses premiers pas, et le modeste village qui ouvrit sa jeune âme aux douces émotions de la nature.»  Voilà qui résume tout Falcoz, le fil rouge de son œuvre.

Bonne journée
Textor

ANNEXE :

Bibliographie Succincte des Œuvres de Philibert Falcoz

(La plupart des travaux ont paru à la fois dans les Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie et en tirés à part, dont nous signalons les références lorsque nous en avons connaissance.)
 

1893     Communication sur le domaine des Combilioles à Sainte-Hélène-du-Lac in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, Vol. 32 (1893).
1898     L'abbé Lovet, souvenir affectueux d'un ami. Chambéry, Imprimerie Générale de Savoie.
1899     Le Bourget du lac: le château, l'église, le prieuré. Chambéry, Paris, Imprimerie savoisienne.
1899     Souvenir d'un touriste à travers la Savoie - Légendes et descriptions. in Imprimerie Générale Savoisienne.
1900     La Tour des Mollettes. Chambéry, Imprimerie Générale Savoisienne.
1910     Notice sur Montmélian.
1911     La Croix du Nivolet depuis son érection.          
1911     Notice sur la commune d'Arbin (Savoie). Chambéry, F.Gentil.
1912     La Révolution de 1848 à Chambéry.     
1912     Les ruines du château de Saint-Claude à Saint-Cassin près Chambéry. 
1912     Un récit savoyard. La révolution de 1848 à Chambéry. Chambéry, Nancy, André Perrin,             libraire.
1913     Les ruines du château de Montagny près de Chambéry. Chambéry, Nancy, André Perrin,           libraire.
1913     Notice sur la commune d'Arbin. in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, Vol. 53
1913     Souvenirs d'un touriste. Légendes et récits savoyards. Chambéry, Paris, Imprimerie savoisienne.
1914     L'abbé Lovet, souvenir affectueux d'un ami. Chambéry, F. Gentil.
1914     La Gorge de Saint-Saturnin près Chambéry (Savoie). Chambéry, Nancy, André Perrin, libraire.
1914     Les ruines du château de Saint-Cassin près Chambéry (Savoie) .
1916     La commune de Saint-Cassin sous l'administration de M. Joseph-Marie Chabord, (1892-           1914). Chambéry, F.Gentil.
1917     Le lac d'Aiguebelette et ses deux îles (légende). Poeme.
1917     Le lac d'Aiguebelette et ses deux îles. Chambéry, F.Gentil.
1917     Notice sur Aiguebelette et son lac. Chambéry, F.Gentil.
1918     Notice sur Aiguebelette et son lac. (Situation et antiquités, le château féodal, le lac, les             châteaux de l'Epine, de Montbel, et de Lépin) in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, Vol. 58.
1920     Notice sur Chambéry-le-Vieux, paroisse de Sainte-Ombre. Chambéry, Paris, Dardel, Libraire.
1922     Notice sur Sainte-Hélène-du-Lac.          
1924     Le chevalier François de Rosaz, bienfaiteur de la ville de Montmélian (Savoie) in Mémoires et    Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, (1920-1924)
1924     Le chevalier François de Rosaz, bienfaiteur de la ville de Montmélian. Chambéry, Imprimerie    Chambérienne
1925     Guide du touriste. Montmélian et ses environs avec une notice sur chacune des quatorze          communes formant ce canton, ainsi que sur diverses promenades et excursions concernant cette région. Chambéry, Imprimerie Chambérienne.
1925     Renseignements sur un prétendu projet d'insurrection attribué au clergé de Tarentaise (en          1855). in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, (1925-1926).
1925     Un épisode de la Révolution à Sainte-Hélène-du-Lac (Savoie). in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, (1925-1926)
1925     Une fête à Montmélian (Le 10 novembre 1844) à l'occasion de l'inauguration du portrait de M. le comte Pillet-Will. in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, (1925-1926).
1926     Notice sur la fonderie de canons établie à Montmélian en 1563 à laquelle se rattache la            fonderie de quelques cloches et autres objets.          
1927     Chambéry, il y a 50 ans (1877). Chambéry, Paris, Dardel, Libraire
1929     Les sapeurs-pompiers de Chambéry. Chambéry, Imprimerie Réunies de Chambéry
1929     Les sapeurs-pompiers de Chambéry. Notice historique illustrée. in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, (1927-1929).
1933     L'ours de Montagnole dit "Lalet".         
1933     Les innocents et la Maîtrise métropolitaine de Chambéry (notice historique). Chambéry,             Imprimerie Réunies.
1935     Les dangers que représentait autrefois Chambéry la nuit. Chronique chambérienne. Chambéry, Imprimerie Réunies.
1936     La chapelle du Mont-Saint-Michel près Chambéry (Savoie). Notice historique illustrée    Chambéry, Imprimeries Réunies.
1936     La chapelle du Mont-Saint-Michel près Chambéry.        
           

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dimanche 26 avril 2015

Salon du livre ancien et de l'autographe édition 2015, vu par Benoît.


Quand on aime les livres, que l'on soit libraire ou bibliophile, ou les deux, il est toujours agréable de voir rassemblés tant de belles choses dans un si bel endroit, dans "une tour Eiffel, avec le verre en plus" (le mot est d'un libraire dont j'ai entendu la conversation en passant), qui, au soleil, transforme d'ailleurs le lieu en petit four... Les conséquences étant assez mauvaises pour quelques reliures ou documents mal placés.

Le Grand Palais, vendredi avant l'ouverture à 11h.
La chance de déambuler entre les stands sans visiteur ou presque!

Les petits fours justement, arrosés de champagne ou autres mousseux suivant les stands visités, qui nous permirent de voir, entre deux verres, la publicité pour la fameuse réimpression du Dictionnaire Bibliophilosophique dont tout le monde parle.



Au-delà de cet aspect, ce fut une joie de rentrer dans les premiers, après les VIP bien entendus, pour cette nouvelle édition. Il me semble que l'affluence du vernissage était supérieure cette année à celle de l'année dernière, et en tout cas, j'ai pu voir beaucoup de contacts chez de nombreux libraires. Auront-ils tous aboutis? L'avenir le dira, mais il semble en tout cas que cette nouvelle édition ait bien débuté.

L'amateur de livres qui vient ici en trouve pour son compte. Les éditions anciennes, dans de belles reliures anciennes et modernes, gardent une belle place au sein du Grand Palais, mais force est de constater l'importance énorme de la littérature moderne, et en particulier des grandes éditions originales. Ceux qui auraient suivi la vente de Troyes récemment y auraient retrouvé bien des choses d'ailleurs. L'ouvrage qu'il nous a semblé être le plus présent, dans de beaux exemplaires, est un des grands monuments de notre littérature française : A la recherche du temps perdu. Pas moins de 5 exemplaires : deux EO (librairie Antoine - avec d'autres EO en reliure uniforme et librairie Faustroll), une EO réimposée in-4 (librairie Sourget), une EO avec envoi (librairie Le Feu Follet) et une EO avec envoi et lettre (cabinet Proyart).


 

 
Exemplaires Antoine, Proyart, Feu Follet et Faustroll


Un stand très fourni en littérature (librairie Fosse)


Parmi les livres anciens, voici quelques pièces que nous avons appréciées :


Un bel incunable (librairie Doucet - Tours)


 Une princesse de Clèves - ed. 1704 (librairie Amélie Sourget)

Des reliures Renaissance - Lyon (librairie Sourget) 


Une reliure en argent du 18ème (KNUF Rare books - Vendôme)

Un stand avec de beaux in-folio aux armes (librairie Denis - Tours)

Mais les livres, ce n'est pas tout! Il y a aussi le contact avec les bibliophiles et les libraires. Parmi ces derniers, je retiendrai deux confrères :

Erik Zink et sa femme, posant sur leur stand...

... et Alexis-Raphaël Antoine, ne posant pas sur le sien


En bref, une bien belle édition encore une fois, avec de nombreuses rencontres avec les bibliophiles, les libraires et les livres! Nous avons volontairement ignoré certains stands qui avait de très belles pièces mais qui aurait objectivement pu se retrouver ici, notamment de librairies moins connues comme L'Ours Chenu, la librairie Bertran (qui avait de très belles choses en vitrine : Flaubert, Daudet, etc.) ou bien vous parler aussi des nombreux et beaux exemplaires de Victor Hugo qui parsemaient les vitrines du salon, ou encore s'arrêter sur les autographes, chez les marchands spécialisés ou chez les libraires classiques, avec cette année une pièce qui nous a arrêté à chaque fois : le Vive les Juifs de Céline.

En attendant la prochaine édition, bonne lecture!

Benoît

jeudi 16 avril 2015

Les Métamorphoses Figurées de Bernard Salomon (1559).


Un des plus beaux livres à figures du XVIème siècle, affichait  la notice du catalogue. Le bibliophile avisé sait lire entre les lignes, mais il est vrai que le livre est sympathique et il mérite une petite notice sur le Bibliomane Moderne.

J’avais déjà eu l’occasion d’évoquer la suite gravée sur ce thème des Métamorphoses par le graveur de Nuremberg Virgil Solis : http://le-bibliomane.blogspot.fr/2010/04/virgil-solis-interprete-les.html - en décrivant l'édition de Frankfort,  bilingue latin-allemand, imprimée par Corvin, Feyrabent et Galli en 1563 ... Virgil Solis s’était inspiré, en les inversant, des bois de Bernard Salomon, dit le Petit Bernard. A son tour, Bernard Salomon inspirera les générations suivantes, dont l'émailleur Jean I Limousin, mais aussi des peintres aussi connus que le Titien, Carrache, Velázquez ou Rubens.

Je recherchais donc depuis longtemps le livre-source gravé par Bernard Salomon, celui de la 4e vente Berès m’ayant  échappé en 2006. (De peu, d’une seule enchère ! - sourire - ). Alors je n’ai pas laissé passer cet exemplaire, emporté de haute lutte face à un commissaire-priseur puissamment armé d’un marteau et dont la mine disait clairement qu’il n’avait pas l’intention de lâcher la partie.


Fig 1



Fig 2



Fig 3


Ce n’est pas l’édition originale de cette suite gravée mais la première édition de la version italienne donnée par l'humaniste florentin Gabriel Symeoni, mon polygraphe préféré (http://le-bibliomane.blogspot.fr/2012/04/gabriel-symeoni-le-courtisan-polygraphe.html) : La Vita et metamorfoseo d'Ovidio figurato & abbreviato in forma d'epigrammi da M. Gabriello Symeoni. Con altre stanze sopra gl'effetti della luna : il rittratto d'una fontana d'Overnia : et un apologia generale nella fine del libro .... C'est aussi le premier ouvrage de Jean de Tournes à porter l'adresse « Nella via Resina ». Une version collector en quelque sorte.
L’ouvrage est recherché, il intéresse les amateurs d’Ovide, évidemment,  mais il vaut surtout pour son illustration. Les huitains en alexandrins résument le texte d'Ovide et sont là essentiellement pour aider le lecteur dans le déchiffrement de l'image.


Fig 4



Fig 5



Fig 6


Et quelle image ! Il est orné d'un portrait du traducteur sur le titre et d'un médaillon au verso représentant Diane, qui rappelle la dédicace à Diane de Poitiers. Viennent ensuite 188 figures gravées sur bois, placées dans de jolis encadrements d'arabesques, de grotesques et autres ornements, encadrements gravés par Salomon lui-même que l'éditeur a repris de la Métamorphose figurée en français qu'il venait de publier, en 1557. La présente édition compte en outre 18 bois de plus que l'édition de 1557, dont 9 figures pour les Métamorphoses et 9 vignettes pour les autres parties.

A la suite des Métamorphoses, deux autres parties avec une page de titre et une pagination particulières: l’effet de la Lune sur les choses humaines (La Natura et effeti della Luna nelle cose humani - 8 ff.), ornée d'un grand et beau bois à pleine page représentant la fontaine de Royat en Auvergne, où Simeoni séjourna, et l'Apologia Generale di M. Gabriello Symeoni contro à tutti i calunniatori et Impugnatori dell’Opere (16 ff.) qui est ornée de quelques bois gravés montrant des médailles ou des bas-reliefs antiques.

Je me demande si je préfère les encadrements de grotesques qui, à eux seuls, sont des petits chefs d’œuvre de drôlerie qui rappellent les marginalia des manuscrits, ou bien les savantes arabesques, toutes différentes d’une page à l’autre.


Fig 7



Fig 8



Fig 9


Bernard Salomon est indissociablement lié à Jean 1er de Tournes comme Pierre Eskirch l’est à Guillaume Rouille.

En fait, nous n’avons que peu d’information sur le Petit Bernard, pourtant déjà renommé de son vivant, que du Verdier qualifiait de « très excellent tailleur d’histoires », et l’attribution de ses œuvres est un beau sujet de polémique. Il faut dire que le bonhomme était des plus productifs - avec l’aide de tout un atelier – et le catalogue des ouvrages qu’il a décoré est impressionnant: les livres d’emblèmes, les œuvres scientifiques et documentaires, les  œuvres littéraires ; les entrées et livres de fête. Mais les deux grands chefs-d’œuvre restent tout de même la Bible d’une part et les Métamorphoses d’Ovide de l’autre.

Pour approfondir votre connaissance de ce graveur, (car Bernard Salomon était peintre et dessinateur mais il ne refusait pas de prendre le ciseau à bois lui-même), je vous renvoie vers la somme publiée en 2006 par Peter Sharratt , à qui aucun détail n’a échappé.


Fig 10



Fig 11



Fig 12



Fig 13



Fig 14



Fig 15


Peter Sharatt définit sept critères qui permettent d’identifier un bois du Petit Bernard à coup sûr : La luminosité ; la « liquidité » des gravures, où le thème de l’eau occupe une place de premier plan ; la maîtrise de l’espace ; celle aussi du mouvement ; une « certaine exagération » maniériste ; l’habileté extrême dans l’utilisation de très petites surfaces ; enfin, une densité remarquable des noirs.
Je pense que les quelques photos jointes à cet article l’illustrent bien.
Alors pour lancer la polémique, à vous maintenant d’ouvrir les ouvrages XVIe siècle de votre bibliothèque et de nous annoncer ceux que vous prétendez attribuer au Petit Bernard !

Bonne Journée
Textor

A. Cartier. "Bibliographie des éditions des de Tournes imprimeurs lyonnais...", H, 446. Brunet : "Manuel du libraire..., t. IV, col. 287.

Sharratt, Peter. Bernard Salomon, illustrateur lyonnais. Bulletin des bibliothèques de France [partiellement accessible en ligne], n° 2, 2006. 

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