vendredi 24 octobre 2014

Salvatore Rosa invenit


Le métier de libraire en livres anciens est le plus beau métier du Monde ! (Je n’ai pas dit le plus vieux !).

Quoi de plus extraordinaire que d’être découvreur de trésors ? Un vieux recueil d’estampes sorti d’un carton de brocanteur dans la lumière blafarde du petit matin devient après de sérieuses recherches, et un peu de chance sans doute, une pièce de musée que se disputent le County Museum de Los Angeles et le Fine Art Museum de San Francisco.

Ces réflexions me viennent de la consultation du catalogue d’un libraire parisien (Le Feu Follet – Pub !) qui propose à la vente une suite d’estampes du peintre et dessinateur italien Salvatore Rosa (1615-1673).


Fig 1 Salvatore Rosa – Figure de mendiant.


Je vous livre un court extrait de cette fiche qui est très bien faite :

« Salvatore ROSA
 Figurine. Varia et concinna delineamenta
S.n., Ca 1656, petit in 4, un frontispice et 60 planches. Un Vol. relié 62 eaux fortes sur papier fort. Très Rare. Salvatore Rosa a exécuté ce travail de gravures vers 1656 dans un recueil originellement intitulé Figurine. Notre recueil porte un autre titre dans le cartouche du frontispice, de même que l’exemplaire possédé par le musée portugais national de Soares dos reis. L’exemplaire du musée portugais est annoncé comme une publication posthume du XVIIIe. La plupart des gravures de ce recueil sont visibles séparément au Fine Art Museum of San francisco (Achenbach Foundation for Graphic Art –plus grande collection américaine de gravures), le County Museum de Los Angeles en possède 8, le Museum of Fine Art de Boston 4. Les gravures sont décrites au même format que notre recueil (13,6 x 8,9 cm), certaines gravées d’après des artistes anonymes, d’autres dessinées par Salvatore Rosa lui-même , les différences de style sont en effet visibles. Le frontispice possédé par le musée de San Francisco est vierge. Le musée ne détient que 52 gravures, par ailleurs toutes inversées. »

Mon sang ne fit qu’un tour. (Comme quoi, il est possible de prendre de l’adrénaline sans sauter à l’élastique,  juste en consultant un catalogue…). Cet ouvrage est en effet le chainon qui me manquait  pour parfaire des recherches entreprises il y a maintenant 9 ans au sujet de 2 suites gravées appartenant au Museo Textoris (of Fine Art J !).

Le premier est un recueil de figures d'après Salvatore Rosa, soit une suite de 60 eaux-fortes représentant des figures anecdotiques, telles que des soldats, des mendiants, des femmes à l’enfant, etc … Sur la page de titre, un homme, à gauche, regarde une furie qui s'enfuie à l'arrière-plan de gauche, et indique un panneau avec le texte suivant : « SALVATOR ROSA // Invenit // A Paris chez HBonnart, rue St. // Jacques au coq, avec privilège. ».

Ce recueil fut daté par l’expert de la vente de 1675, mais la question n’est pas tranchée et une date autour de 1690 me parait plus plausible. Les catalogues de bibliothèques mentionnent prudemment  2 dates : 1662 i.e. date avant laquelle l'activité d'éditeur d'Henri II Bonnart est improbable,  1711 i.e. décès d'Henri II Bonnart.


Fig.2 Page de titre de l’édition donnée par H Bonnart.



Fig.3 Les Compagnons (Bonnart)



Fig. 4 Page de titre de l’édition donnée par F de Poilly


Le second  est une suite également, composée de 43 planches (donc probablement incomplète) représentant des figures anecdotiques. Sur la page de titre, un homme, à droite, regarde une furie qui s'enfuie derrière lui, et indique un panneau avec le texte suivant : "SALVATOR ROSA // Invenit // A Paris chez F De Poilly rue St. Jacques à l'image St. benoist". Sans date. (Mais après 1669, année durant laquelle François de Poilly adopte l'enseigne de l'Image saint Benoît.)

Vous avez noté la nuance ? La furie s’enfuit à gauche dans un recueil et à droite dans l’autre, et de fait, certaines gravures sont très similaires mais parfaitement inversée.  


Fig. 5 Figure d’une donzelle qui minaude (Poilly)



Fig. 6 Soldat et capitaine (Bonnart)



Fig. 7 Figure d’homme (Poilly)


Salvatore Rosa est un peintre célèbre du baroque italien, né à Naples et mort à Rome. Il travailla à Rome et à la cour des Médicis. Son style – un rien grandiloquent-  influencera les romantiques et d’ailleurs, la série des Figurines fut encore rééditée à Paris, chez Chéreau, vers 1850 (ce qui n’empêche pas certains libraires de mentionner circa 1700, toute la nuance étant dans le circa…). Salvatore Rosa composa aussi des poèmes et il fut de surcroit un acteur apprécié !



Fig. 8 Satires de Salvatore Rosa donnée à Londres en 1787, dont la page de titre est une composition du peintre-poète.


Chaque estampe de la suite proposée par la librairie le Feu Follet est signée SR ce qui n’est pas le cas de ces réinterprétations, gravées, l’une par de Poilly, et l’autre par Bonnart.

François de Poilly, (Abbeville 1623 – Paris 1693) perfectionna son art à Rome auprès de Cornelius Bloemaert, peintre et graveur flamand. On compte  environ 400 pièces gravées par de Poilly, principalement des sujets religieux, d'après Raphaël, Guido Reni, le Carrache, Mignard, Charles Le Brun, Nicolas Poussin, … et Salvatore Rosa.
Quant à Henri Bonnart, (1642-1711), fils de l'imprimeur en taille-douce Henri Ier Bonnart, reçu à l'académie de Saint-Luc comme peintre le 17 avril 1671, il exerça comme graveur et marchand d'estampes, tout d'abord dans la boutique de ses parents, puis à son compte, à l’enseigne du Coq, rue Saint-Jacques, et s’est fait une spécialité des portraits de mode.

La comparaison des eaux-fortes de De Poilly et de Bonnart ne manque pas d’intérêt, les deux graveurs sont restés fidèles au modèle original avec une manière différente : Plus vive, aux contrastes plus forts chez de Poilly. Plus douce et proche de ses gravures de mode chez Bonnart. Ce qui me laisse penser qu’ils sont bien les graveurs de ces recueils et qu’ils ne se sont pas contentés de les avoir distribués.



Fig.9  Les voyageurs (Le recueil de Bonnart est à droite)



Fig.10 Homme en costume (Le recueil de Bonnart est à droite)



Fig.11 Soldatesque (Bonnart)



Fig.12 Soldats et figure féminine (Poilly)


Bonne journée,

Textor

dimanche 28 septembre 2014

Jean-Jacques Pauvert, éditeur légendaire et atypique, est mort (Le Monde.fr | 27.09.2014 à 22h20 • Mis à jour le 28.09.2014 à 01h04)

Jean-Jacques Pauvert, éditeur légendaire et atypique, est mort

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L'éditeur du marquis de Sade et d'"Histoire d'O" est mort samedi à l'âge de 88 ans à Toulon, a annoncé l'une de ses filles, Camille Deforges. (AFP) | AFP

Eclectique, marginal, touche à tout, Jean-Jacques Pauvert, âgé de 88 ans, s'est éteint le samedi 27 septembre dans un hôpital de Toulon. Il s'était retiré depuis plusieurs années dans sa maison de villégiature située sur la côte du Lavandou (Var).

Lui qui se disait «  éditeur malgré lui  », restera dans l'histoire ce métier comme celui qui a osé briser un tabou au XXe siècle et sortir l'œuvre de Sade de l'Enfer, dans laquelle elle était remisée, en la publiant sous son nom, d'où un procès retentissant en 1958 qui a permis de fairereculer la censure en France. En tant qu'écrivain, il fut aussi l'auteur d'une Anthologie historique des lectures érotiques, de l'Antiquité à nos jours, parue en cinq volumes, chez Stock, de 1979 et 2001.
GOÛT PHYSIQUE DES LIVRES
L'édition est un métier qu'il a rencontré très jeune, sous les meilleurs auspices mais à une époque très troublée. Né le 8 avril 1926 à Paris, non loin de la butte Montmartre, le jeune Jean-Jacques Pauvert était un élève médiocre au lycée Lakanal de Sceaux, quoique déjà un gros lecteur. Issu d'une famille d'intellectuels, avec un grand-père paternel, professeur à l'école Alsacienne et un grand-oncle maternel André Salmon, ami d'Apollinaire et de Max Jacob, il a été conduit, à 15 ans à peine, dans le bureau de Gaston Gallimard, par son père journaliste qui le connaissait, à la fin de 1941. « Ainsi, Monsieur, vous voulez donc travailler dans le livre ? », l'apostrophe l'éditeur de Proust. Tel est le prologue de La traversée du livre, le premier volume des mémoires de Jean-Jacques Pauvert qui s'arrête en 1968 (Viviane Hamy, 2004).
Cette première rencontre sera suivie par de nombreuses autres. L'adolescent reste muet, mais dit oui de la tête. Dans les premiers jours de 1942, le voici propulsé apprenti vendeur à la librairie Gallimard du boulevard Raspail. « Je me trouvais un peu dans la situation d'un adolescent amoureux des fleurs que l'on fait du jour au lendemain coursier chez Interflora », écrit-il. Très vite l'adolescent se trouve à l'aise dans ce milieu. A son appétit de lecture se mêle désormais le goût physique des livres. Outre ses courses et divers petits trafics, il s'adonne à la bibliophilie et se constitue sa première bibliothèque surréaliste. Il sert aussi de courrier pour la Résistance et se retrouve emprisonné trois mois à Tours, à cause d'un tract qui traînait dans ses poches.
Il a l'inconscience de ses seize ans et fait de nombreuses rencontres. « On entrait comme dans un moulin à la NRF (on ne disait pas Gallimard, à l'époque). Je me baladais dans les couloirs et j'ouvrais les portes de Paulhan ou Queneau ». Il allait voir Camus « beau visage de Méditerranéen philosophe » dans son petit bureau sous les combles. Il croise Marcel Aymé, Montherlant, Sartre, Genet, avec lequel il sympathise. C'est aussi pendant la deuxième guerre mondiale qu'il lit sous le manteau, les Cent Vingt Journées de Sodome, de Donatien de Sade, dans une collection hors commerce. C'est un choc, une « sorte d'ébranlement physique », comme l'écrira plus tard Annie Le Brun, qui décide de sa vocation à venir.
DÉMORALISER LA JEUNESSE, CONTAMINER LES FEMMES DU PEUPLE
En 1945, il fonde Le Palimugre, qu'il pense d'abord comme une revue, avant qu'il ne devienne une maison d'édition et une librairie. Ce mot obscur, sorti du cerveau de Jean-Jacques Pauvert, un matin, au réveil, ne veut rien dire, mais cela sonne bien et il le garde. A 19 ans, il écrit aussi un manifeste dans lequel il clame : « Nous n'avons pas envie de nous engager. Nous n'avons pas l'esprit de sacrifice. Nous n'avons pas le sentiment du devoir. Nous n'avons pas le respect des cadavres. Nous voulons vivre. Est-ce si difficile ? Le monde sera bientôt aux mains des polices secrètes et des directeurs de conscience. Tout sera engagé. Tout servira. Mais nous ? nous ne voulons servir à rien. »
Les éditions du Palimugre se transformeront en éditions Jean-Jacques Pauvert, puis en éditions Pauvert, reprises définitivement par Hachette en 1979. L'éditeur en herbe peut s'enorgueillir de ses premiers titres : Explication de L'Etranger, de Jean-Paul Sartre et Sur les femmes, de Montherlant. Grâce à un groupe d'amis, parmi lesquels figure Bernard Gheerbrandt, libraire de La Hune, il fait la connaissance d'une jeune fille Christiane Sauviat. Mère de trois de ses enfants, Christiane Pauvert (décédée en 2008) deviendra la précieuse auxiliaire des éditions qui portent son nom. D'autres découvertes ou redécouvertes suivent : Les Bonnes de Jean Genet, Le Voleur de Georges Darien, Le Bleu du ciel de Georges Bataille. Avec succès, il se lance dans une republication du Littré, tombé dans le domaine public, sous un nouveau format et qui prend le nom de Littré-Pauvert.
Pendant l'hiver 1953-54, il est contacté par une vieille connaissance Jean Paulhan qui lui confie un manuscrit intitulé Histoire d'O, d'une certaine Pauline Réage et l'assure qu'il n'en est pas l'auteur. Ce classique de l'érotisme - écrit par une femme - est éreinté par la presse bien-pensante, du Nouvel Observateur à L'Express. L'éditeur mettra vingt ans à écouler le tirage, avant que l'on n'apprenne l'identité de l'auteure, la très discrète Dominique Aury, maîtresse de Paulhan et secrétaire de la NRF. Le livre est interdit à la vente aux mineurs.
Pour Jean-Jacques Pauvert, « Donatien de Sade tient une place énorme, unique dans la littérature non seulement française, mais universelle. » Sa décision est prise : il entend éditer en intégralité l'œuvre - pourtant interdite - de Sade, sous son nom. Il débute par l'Histoire de Juliette, de 1947 à 1949. Tous ses amis crient au casse-cou : il risque la prison. Les critiques sont muets, les libraires le boudent. « Pas de cette littérature chez moi », lui dit Corti, alors qu'il cherchait à placer quelques volumes dans sa librairie de la rue Médicis. Il persévère. A droite, on l'accuse de démoraliser la jeunesse, à gauche, de contaminer les femmes du peuple par les vices des bourgeoises. Traîné en justice, suspendu de ses droits civiques, mais défendu par le meilleur avocat de l'époque, Me Maurice Garçon, expert des lois sur la censure, il achève néanmoins son entreprise en 1955.
En 1958, la cour d'appel déclare que « Sade est un écrivain digne de ce nom » : le divin marquis est enfin reconnu. Dans le même temps, la cour confirme la condamnation de Pauvert mais sans amendes, ni destruction des livres. Bref, ce jugement historique, après « onze ans de luttes dans l'obscurité », délimite pour la première fois l'existence d'une littérature pour adulte. Jean-Jacques Pauvert peut continuer à éditer Sade, sans entrave.
DIRE TOUT HAUT DES VÉRITÉS QUI DÉRANGENT
« J'étais un remarquable typographe », écrit-il. Dans son amour du livre, Pauvert attache une grande importance à la forme des livres. « Les livres français étaient d'une laideur inouïe. (…) J'avais pour principe, jusque dans les années 1970, de ne jamais faire deux livres sous la même couverture. Quand on a créé la collection “Libertés”  avec Jean-François Revel, Pierre Faucheux a fait une couverture en papier kraft, avec une tranche noire et des gros caractères en couverture. Les volumes sont recherchés aujourd'hui, mais beaucoup de libraires n'en voulaient pas, à l'époque. »
Avec la revue Bizarre qu'il a reprise en 1955, à l'éditeur Eric Losfeld, Pauvert multiplie les coups et découvre de nouveaux talents comme Chaval, Topor ou Siné. Il consacre des numéros spéciaux à « l'affaire Rimbaud » ou à Raymond Roussel dont il republie Impressions d'Afrique. En parallèle, il crée la Bibliothèque internationale d'érotologie et donne libre cours à son amour pour le surréalisme. Il devient proche d'André Breton qui est l'homme de lettres qui l'a le plus marqué. Une de ses plus grandes fiertés est d'avoir publié pour la première fois au complet, les différents Manifestes du surréalisme. En 1963, il reprend L'Ecume des jours que les éditions Gallimard avaient laissé tomber et devient l'éditeur des principales œuvres de Boris Vian.
Franc tireur de l'édition, il n'a jamais adhéré au syndicat national de l'édition, Pauvert aimait dire tout haut des vérités qui dérangent. En 1965, il avait donné un entretien retentissant - toujours d'actualité - à l'hebdomadaire Candide, sur l'industrialisation de l'édition : « Non, ce n'est pas l'édition qui est malade, ce sont les éditeurs. Jamais les livres ne se sont si bien vendus, et ils se vendraient deux fois mieux encore, si on ne publiait pas n'importe quoi. » Mais contrairement au patron de Minuit Jérôme Lindon, avec lequel il avait acheté une camionnette pour faire le tour des libraires en Bretagne en 1955, il s'est laissé griser par le succès. En 1972, il a même eu le Goncourt avec L'Epervier de Maheux, de Jean Carrière, alors que sa maison était au bord de la faillite. Avant cela, il avait cédé en 1969 les droits de Papillon à Robert Laffont, car il n'aimait pas l'auteur, mais avait conservé un pourcentage sur les ventes.
Dans sa vie, Jean-Jacques Pauvert a tout osé, beaucoup gagné, autant perdu, c'est la règle d'un métier où le talent compose avec la chance. En 1973, il a cédé la majorité du capital de sa maison à Hachette et il se retire définitivement en 1979. Editeur atypique au sein d'une profession feutrée, il a enflammé bien des esprits, mais sa légende reste gravée, plus aucun juge n'éteindra son nom dans les lettres françaises.
Lire le portrait, publié en 2007, Jean-Jacques Pauvert : l'obsédé de l'édition
Par Alain Beuve-Méry

mercredi 14 mai 2014

Etienne Riondet, imprimeur farfauteur (1679 - 1693)


C’est bien connu, les bibliophiles préfèrent les livres où il y a des images et des grosses lettres, c’est plus facile à consulter. Je ne vous cacherais donc pas la jubilation que m’a procuré ma dernière acquisition : Compilation des anciens édits des princes de la royale maison de Savoye : ensemble les édits de Madame Royale, Marie Jeanne Baptiste de Savoye, touchant la iurisdiction de la Chambre des comptes, la gabelle générale, la taille & trésorerie générrale, le domaine : A Madame Royale, par noble Alexandre Jolly, docteur és droicts, conseiller de S.A.R. maître ordinaire, & auditeur en la chambre des comptes de Savoye.


Fig. 1 La Compilation des anciens édits.


L’ouvrage est daté de 1679. Les caractères sont neufs et le papier bien blanc ; c’est le premier ouvrage imprimé par Estienne Riondet à son arrivée à Chambéry ; Ce titre est venu rejoindre les deux ouvrages de ma bibliothèque sorties des mêmes presses : Recueil des édits des ducs de la royale maison de Savoye et Style et règlement du Senat de Savoye, de Gaspard Bailly (1679 et 1681)

Etienne Riondet était natif de Moûtiers en Tarentaise. Il apprit son art à Lyon puis vint s’installer à Chambéry en 1679, après avoir passé un contrat avec la Chambre des Comptes dans lequel il s’engageait à imprimer les édits et règlements de la Chambre et du Sénat en caractère de Saint-Augustin. Il devait être bien vu à la Cour de S.A.R. le Duc de Savoie car le déménagement de son équipement lui fut offert pour 400 florins et la Chambre des Comptes lui fournit les vignettes, ornements et lettres nécessaires à son travail. Tout allait donc bien pour notre imprimeur qui entama son labeur avec enthousiame. L’ouvrage de Gaspard Bailly est un grand in-quarto de 861 pages et la Compilation des Edits dépasse le millier de pages.


Fig. 2 Le Recueil des édits.



Fig. 3 Le Style et Règlement du Sénat.


Riondet avait pris le titre d'imprimeur et libraire de S. A. R. dans ces deux publications ce qui ne plut pas du tout au véritable imprimeur de S.A.R., Louys Dufour, installé dès 1640 et dont le père avait obtenu pour ses deux fils, Louys et Geoffroy, de la duchesse Christine, « la survivance à l'office d'imprimeur et de libraire ». Louys Dufour fit un procès à Estienne Riondet pour lui défendre de s'intituler imprimeur ducal, en faisant remarquer au passage qu’il n’était pas digne de cette charge.

Riondet répliqua vigoureusement, au cours de l'instance, qu'il avait été chargé de l'impression du recueil de Jolly, parce que le prix présenté par Dufour n'avait pas été accepté, et qu'il n'est pas étonnant qu'il ait pris la qualité d'imprimeur de S.A.R. puisqu'il en avait les fonctions. L'avocat Amblardet pour Dufour débuta sa plaidoirie ainsi : « Voici, Messieurs, deux rejetons de l'illustre Jean Gutenberg, qui enseigna, sous le règne de Frédéric III, la délectable manière d'imprimer....».

Louys Dufour ne manquait pas d’arguments et je ne résiste pas au plaisir de reproduire une partie de son mémoire en défense, tel qu’il est reproduit dans les pièces justificatives du Dufour et Rabut (1) :

« Maitre Dufour, imprimeur et libraire de S. A. R. a cru qu'il estait du devoir de sa charge de faire voir à nos seigneurs des comptes que Maitre Riondet, dans son prix fait, n'a pas travaillé fîdellement. C'est par la supposition du caractère qu'il a surpris la religion de la Chambre, estant dit par exprès dans son contrat : qu'il imprimera les ouvrages que l'on luy remettra du caractère appellé Saint Augustin. Et cependant il les a imprimé du caractère appellé Gros Romain, qui est d'un degré plus gros, et qui a grossi le volume de la Chambre de la troisième partie, outre que ce caractère supposé vaut deux florins de moins par feuille, ne s'estant servi du caractère Saint Augustin que pour faire la table. Ce qu'il a imprimé pour le Sénat est aussi du caractère supposé, tellement que s'il imprimait ce que le Sénat veut de nouveau mettre au jour, que l’on estime estre un volume aussi gros que celuy de la Chambre, le tout estant joint ensemble, il se trouveroit que Maitre Riondet tromperait S. A. R. de plus de quatre cents ducatons. Il ne s’est pas contenté de se servir de ce seul caractère supposé, puisque l’on voit dans tous les préambules des arrêts de vérification, il s'est servi d'un caractère si gros (le caractère Petit Canon) qu'il ne faut tout au plus que cinq ou six mots pour remplir une ligne. Il semble aussi que Maitre Riondet, dans tout ce qu’il a imprimé, se soit voulu plutôt délecter à se donner du divertissement que de donner de l'attention aux lecteurs, car on y voit que vignettes, fleurons et corbeilles à fleurs, ce qui s'appelle purement farfauter, car tout cela n'a fait que grossir les volumes et sa bource. Maitre Riondet, qui se croit un des plus doctes qui ait jamais paru dans l'imprimerie, devait pour son honneur estre plus attentif à travailler plus correctement qu'il n'a fait, car ce luy est une honte de voir qu'à la fin du volume qu'il a imprimé pour la Chambre il y a un errata qui contient une page entière et d'un très petit caractère. Le papier dont il s'est servi est aussi fraudé, car, sur la fin du volume, il est de moindre valeur qu'au commencement. Le contract a des termes grandement avantageux pour Maitre Riondet, puisqu'il y est dit : Et encore pour et moyennant la somme de quatre cents florins pour un coup, que ledit seigneur procureur patrimonial luy fera délivrer pour faire venir ses meubles et caractères de Lyon, et le surplus luy sera payé, scavoir quatre cents ducatons, par avance, soit la valeur et le surplus à mesure qu'il ira travaillant sur les mandats de ladite Chambre. L'on soutient à Maitre Riondet que s’il avait travaillé fidellement deux mille florins estaient suffisants pour payer l’impression du volume de la Chambre. Il est à noter que par ledit contract, la Chambre a promis seize florins par feuille, et Maitre Dufour ayant examiné les impressions et la ruse dont s'est servi Maitre Riondet, comme ledit Dufour fait voir cy-dessus, il se trouve que ledit Riondet avait de gain tous les jours seize ou dix-huit florins, tous frais généralement estant faits, outre le profit qu'il peut faire sur la vente des exemplaires qu'il a pu faire pour lui.»


Fig 4 La Compilation : Edit de création du Juge Conservateur de la Gabelle.



Fig 5 La Compilation : Ordre d’abolition de la Gabelle du vin.



Fig 6 La Compilation : Defense de jouer à quel jeu que ce soit.


Un examen attentif des deux ouvrages paru en 1679 révèle rapidement que les commentaires de Louys Dufour n’étaient pas seulement dictés par la jalousie. La Compilation des Edits possède de belles pages bien blanches, ayant l’épaisseur du carton pour sa première moitié tandis que les dernières pages ont la consistance du papier à cigarettes et sont, pour certaines, uniformément jaunies. Quand au corps des caractères, je vous laisse juger sur les photos. Sur certaines pages les titres sont si gros qu’il n’y plus la place d’y insérer l’arrêt. Par ailleurs, les culs de lampe s’épanouissent en de larges bouquets floraux, du plus bel effet bibliophilique.

Estienne Riondet savait compter les florins par feuilles mais curieusement il n’excellait pas dans l’art de la pagination. La collation de la Compilation des Edits est un casse-tête car, outre le fait que le numéro des pages est parfois fantaisiste (bien que le texte se suive – il ne s’agit pas d’une erreur du relieur) , les signatures ( pi¹, ã⁴ ²pi¹ A-D⁴ E⁴ (E2+[superscript chi]ẽ²) F-T⁴ V⁴ (V2+Yã⁴) X-DD⁴ EE⁶ Eẽ⁴ Ffã² (astérisque)⁴ GGẽ⁴ FF-ZZ⁴ Zzẽ² 3A-3Y⁴ 3Z⁴ (3Z1+[croix]²) 4A-5P⁴ ã⁴ ẽ⁴ ĩ⁴ õ⁴ 5Q⁴ 5R⁶ ()⁴ 5S-5V⁴ 5X⁶) n’aident en aucune façon dans la mesure où notre imprimeur a rajouté des feuillets, tantôt numéroté en chiffres romains, tantôt pas numéroté et pas signé du tout ! Le descriptif du libraire qui a proposé cet exemplaire à la vente s’en ressent. Je croyais donc avoir, en connaissance de cause, acheté un exemplaire avec des feuillets manquants, mais non, ils y sont tous !


Fig 7 Tableau des Fériés.


Fig 8 Signature RRRrr.


Il est vrai que Riondet avait touché d’assez fortes sommes pour l'impression des deux recueils de Bailly et de Jolly, en tout 10 475 florins et 4 sols « tant pour les 4200 volumes des édicts vieux et nouveaux faictz par les ducs de Sauoye, moitié pour l'usage du sénat et l’autre pour la chambre, que ledit Riondet s'est obligé d'imprimer et rendre en blanc à 46 florins la feuille composée de quatre pages in folio a forme du contrat, que pour avoir aussy refaict diuers feuillets aux dits volumes et pour avoir relié en basane cinq cents desdits volumes a trente sols pièce et sept en parchemin a dix huict sols pièce, que pour auoir fait soixante six exemplaires de la Pratique criminelle delivrés audit Sénat et à la Chambre tous reliés en basane que pour l'impression aussy des edicts du Pacte de non petendo, de celuy des renonciations, de celuy pour les châtelains et de celuy contre les vers a soye que pour le transport encore desdits 4200 volumes au chasteau de cette ville »

Le verdict tomba le 14 février 1682 par un arrêt dans lequel la Cour interdit à Estienne Riondet de prendre la qualité de libraire et imprimeur de S. A. R. attribuée à Maitre Louys Dufour, « sauf audit Riondet de travailler pour le public, ainsi qu'il verra à faire, sans dépens entre les parties ».

Bon, Riondet était sans doute un farfauteur invétéré mais il a travaillé pour la postérité. Des générations d’amateur de beaux livres ont recherché ces titres devenus rares. Il n’y a pas plus de cinq ou six exemplaires de la Compilation des Edits dans les bibliothèques publiques, ce qui peut paraître étonnant dans la mesure où il en avait produit plus de deux mille exemplaires.

Dépité par ce verdict, Estienne Riondet quitta Chambéry pour s’installer dans la ville d’Aoste, tout en conservant une librairie à Chambéry. Il mourut en 1693.

Bonne Journée
Textor

(1) Dufour et Rabut - "L'imprimerie, les imprimeurs et les libraires en Savoie du XVe au XIXe siècle" in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie. 1877

lundi 21 avril 2014

Anatomie d'un ex libris peu courant ... Ex libris Renée Dunan (1892-1936), écrivaine libertaire, auteure de nombreux ouvrages érotiques publiés sous pseudonyme.



Ex libris Renée Dunan (1892-1936)


Anatomie d'un ex libris peu courant ... Ex libris Renée Dunan (1892-1936), écrivaine libertaire, auteure de nombreux ouvrages érotiques publiés sous pseudonyme. Cet ex libris que je n'avais jamais eu le bonheur de rencontrer mesure 120 x 80 mm (cuivre) et 150 x 107 mm (papier support). Il s'agit vraisemblablement d'un cuivre (on distingue nettement la cuvette), imprimé en noir. Il ne s'agit pourtant ni d'une eau-forte, ni d'une pointe sèche mais plutôt d'un dessin au pinceau à la manière d'une lithographie (mais il n'y a pas de cuvette dans le cas d'une lithographie). On lit en haut Ex Libris René(e) Dunan (le dernier e de Renée étant occulté par le visage de femme). Au bas on lit PARIS. Le dessin représente deux femmes nues, celle de gauche renversée prenant appui sur ses mains placées sous ses fesses ; celle de droite assise en tailleur. On distingue une signature à l'encre en bas à gauche (que je ne parviens pas à lire). A noter également que la locution ex libris a été peinte en rouge au pinceau après l'impression. Le papier support est un japon blanc nacré assez mince. Avez-vous déjà rencontré cet ex libris ? Avez-vous connaissance d'autres ex libris de Renée Dunan ? (je sais qu'il en existe d'autres)

Merci de votre science ! B.

PS : il paraîtrait que Renée Dunan n'était peut-être pas une femme ... mais un homme du nom de Georges Dunan ! A suivre ...

B.

samedi 15 mars 2014

Le Bibliomane moderne alias Bertrand Hugonnard-Roche alias la librairie L'amour qui bouquine www.librairie-curiosa.com est en cours de déménagement ... Bibliomane moderne en stand by jusqu'à nouvel ordre !






pour vous servir !

Bertrand Hugonnard-Roche

Site réservé aux adultes consentants ...

La librairie déménage mais l'adresse reste la même


Les choses se mettent en place tout doucement ...

vendredi 21 février 2014

Petit jeu grivois pour bibliophile ...



E ... 

Vous avez 4 lignes pour écrire ce que vous suggère cette scène qui ne laissera indifférent aucun bibliophile quelque peu empreint de sensibilité féminolâtre et bouquinière ... Laissez vaquer votre imagination et publiez en commentaire ces quelques lignes inspirées ... (il faut impérativement que le texte commence par la lettre E sinon ... disqualifié)

Bonnes vacances de février à toutes et à tous,

Amtiés,
Bertrand

lundi 10 février 2014

Fellini Roma !


Fellini Roma ! C’est bien connu, tous les chemins mènent à Rome et, une fois sur place, il faut se procurer un bon guide. Qui mieux que Fellini a célébré Rome ? Non pas le Maestro auquel vous pensez, mais Pierre Martyr, son homonyme du XVI e siècle. (Dont le nom s’écrit avec un seul L ou bien deux, selon les sources). Le second réussit tant et si bien à occulter le premier qu’aucunes recherches sur internet avec les mots ‘Fellini’ et ‘Roma’ ne permet de trouver une quelconque information sur ce précurseur du guide Michelin. Immanquablement vous tombez sur une louve que n’aurait pas désavouée Octave Uzanne. Il convient de réparer cette injustice de l’histoire et faire rentrer, grâce à ce blog, Fellini au Panthéon des Oubliés.



Fig 1 La Louve de Fellini



Fig 2 La Louve de l’autre Fellini


Pierre-Martyr portait un prénom prédestiné pour entrer dans les ordres et s’installer à Rome. Né à Crémone vers 1565, il se faisait appeler le Cremonensis en souvenir de son lieu de naissance, ce qui fait enrager ses biographes car un autre Pierre-Martyr de Crémone officiait au Latran vers la même époque. Comme il était tenté par la vie d’ermite, il intégra l’ermitage de Monte Senario, près de Florence, durant son noviciat. Mais la solitude lui pesait trop et au bout d’un mois, il se résolut à retourner au Monde. Ses supérieurs, ayant remarqué ses prédispositions pour les études et le chant, l’envoyèrent à Rome, où il devient professeur, spécialiste des rites et des cérémonies sacrées. On le retrouve prieur de Santa Maria in Via en 1606 et 1610, date à laquelle fut édité le livre que nous vous présentons aujourd’hui. Comme Pierre-Martyr Fellini savait plusieurs langues, dont l’allemand, il fut choisi et envoyé auprès du duc de Bavière, en 1611, pour lui présenter des reliques sacrées. Pendant le voyage de retour, il rencontra à Innsbruck Anne-Catherine de Gonzague, archiduchesse d'Autriche (Qui devint plus tard Sœur Anna-Juliana), et lui parla si bien de son ordre (Les Servites de Marie), qu’elle fut à l’origine du renouveau de l’ordre dans les pays de langue allemande. C’est aussi pour sa connaissance de l'allemand, mais aussi pour sa vaste érudition, que Fellini fut lié à Johann Gottfried von Aschhausen, évêque de Bamberg, Prince et ambassadeur de l'Empire allemand qui lui obtint le titre de Maitre en Théologie. Le Prince-évêque le fit venir à Ratisbonne pour qu’il devienne son confesseur, mais Pierre-Martyr Fellini mourut de la peste à son arrivée, le 11 Octobre 1613. Ce Felini-là ne nous intéresserait guère s’il s’était contenté de publier des travaux sur la liturgie, l’orthodoxie et les rites, mais il avait un hobby, l’art et les antiquités romaines, et il est l’auteur du « Nouveau Traité des Merveilles qui font l’âme de la ville de Rome où il est disserté de plus de 300 églises et de toutes les antiquités, augmentées depuis Prospero Parisio et maintenant diligemment corrigé». Gros succès de librairie !


Fig 3



Fig 4


La première édition de ce guide destiné aux touristes fut imprimée en 1610, à Rome par Bartolomeo Zannetti pour Jean-Dominique Franzini et les héritiers de Jérôme Franzini. Il existe une impression en deux parties à pagination séparée et une autre de la même année à pagination continue. Le titre présente une gravure allégorique qui n’est pas la marque des Franzini avec la devise « Alma Roma ». L'œuvre est dédiée au gouverneur de Rome, Benoît Ala, et signé de Santa Maria in Via, ce 1er janvier 1610. L’ouvrage sera réimprimé en 1615 chez le même imprimeur (notre édition) puis encore en 1625 par Andrea Fei et de nouveau en 1650. On trouve aussi une traduction en espagnol, éditée par le dominicain Alonso Muñoz, réimprimée en 1619, et une autre en 1651, ainsi que des traductions françaises publiées à Liège (1631) et Douai (1639). Fellini annonce péremptoirement dans sa préface que son œuvre est novatrice. Certes, mais l’innovation ne provient pas de lui mais de son prédécesseur, Prospero Parisio, dont il se contente de reprendre les travaux en remaniant le texte d’un livre intitulé Le cose maravigliose della città di Roma.


Fig 5



Fig 6


Les origines des guides sur Rome remontent à la fin du XVe siècle et il serait fastidieux d’en faire la liste complète. Avant Prospero Parisio, on trouve l’ouvrage d’Andrea Palladio : Le cose meravigliose dell'alma citta di Roma, daté de 1565, lui-même issu d’un premier ouvrage du même Palladio, la Descritione de le chiese, stationi, indulgenze e reliquie de corpi sancti, che sonno in la citta de Roma ... novamente poste in luce - Roma, Vincentio Lucrino 1554. Alors, les guides sur Rome manquaient sérieusement d’images et c’est Parisio qui, le premier, agrémentera son édition de la figuration des églises. Les mêmes bois seront repris par Fellini. Il sera vite concurrencé par Pompilio Totti (Ritratto Di Roma Moderna, 1638) et tant d’autres. L’ouvrage de Fellini n’est donc ni rare, ni novateur mais il améliore néanmoins les travaux de ses prédécesseurs, puisant largement pour la section contemporaine, dans un ouvrage similaire, les Tesori nascosti nell'alma città di Roma d’Ottavio Panciroli, publié en l’an1600. La précision des descriptions de Pierre-Martyre nous est précieuse car il est témoin des transformations des églises dont beaucoup d’éléments décoratifs ont disparus aujourd’hui. Ainsi peut-on trouver un exposé sur la décoration contemporaine du transept de la basilique du Latran, un bref historique de la construction de Saint-Pierre et la description des retables les plus importants de cette basilique, etc.


Fig 7


Fig 8


Une seconde partie distincte, à pagination continue dans l’édition de 1615, est réservée à la description de la Rome Antique et particulièrement aux ouvrages et statues dégagées récemment dans la ville grâce aux travaux lancés par les Papes Sixte V et Paul V, ce qui est aussi pour Fellini l’occasion de flatter la puissante famille Borghese, dont l’œuvre d’antiquaire a été si importante pour la conservation des richesses de Rome. Pour cette partie-là c’est une mise à jour des Antiquités de Palladio, avec des chapitres particuliers sur l'inondation du Tibre, sur le réseau d’aqueducs, sur les colonnes antiques et les obélisques, le tout illustré de plus de 300 bois assez pittoresques, comme vous pouvez en juger.


Fig 9


Bon, je préfère vous prévenir de suite, n’acheter pas ce livre en pensant y trouver l’ambiance du Satiricon. Tout oppose les deux Fellini dans leur description de Rome : Frederico a retenu le baroque et la décadence de l’ancienne Subure, là où Pierre Martyr ne voit que religiosité et pureté des formes. J’y vois pourtant un lien. Fellini disait du Satiricon de Pétrone : « Ce livre me fait penser aux colonnes, aux têtes, aux yeux qui manquent, aux nez brisés, à toute la scénographie nécrologique de l'Appia Antica, voire en général aux musées archéologiques. Des fragments épars, des lambeaux qui resurgissent de ce qui pouvait bien être tenu aussi pour un songe, en grande partie remué et oublié. Non point une époque historique, qu'il est possible de reconstituer philologiquement d'après les documents, qui est attestée de manière positive, mais une grande galaxie onirique, plongée dans l'obscurité, au milieu de l'étincellement d'éclats flottants qui sont parvenus jusqu'à nous.» C’’est un peu le sentiment qu’on éprouve en feuilletant le guide de Pierre-Martyre Fellini.

Bonne journée
Textor

jeudi 6 février 2014

Un "grand" ex libris : bibliothèque Angelo Mariani (1838-1914). Ex libris gravé à l'eau-forte par Albert Robida.



Ex libris Angelo Mariani (1838-1914) par Albert Robida

Format du cuivre : 165 x 125 mm

Format de la feuille de papier Japon :280 x 185 mm

Tirage en bistre, probablement vers 1900-1910

mercredi 15 janvier 2014

"QUATORZE SENSATIONS D'ART SIGNÉES OCTAVE UZANNE" rassemblées et présentées par Bertrand Hugonnard-Roche - En souscription à 8 euros port compris jusqu'au 31 janvier 2014 - 10 euros ensuite.



Les chèques de la souscription arrivent en masse ! pour :

"QUATORZE SENSATIONS D'ART SIGNÉES OCTAVE UZANNE"

rassemblées et présentées par Bertrand Hugonnard-Roche

Encore merci de votre confiance ! Et désormais vous savez le titre ! ...

Souscrivez à octaveuzanne@orange.fr pour 8 euros seulement l'exemplaire port compris (et vous avez le droit de souscrire pour plusieurs exemplaires !)

Le prix passe à 10 euros après le 31 janvier 2014.

Faites circuler cette information sur vos murs Facebook si cela vous dit.

Amitiés et remerciements à toutes et à tous pour vos gentils mots d'accompagnement, B.

samedi 11 janvier 2014

Souscription à tarif préférentiel pour le premier livre sur et de Octave Uzanne à paraître en février 2014 ! (valable jusqu'au 31 janvier 2014)



Souscription à tarif préférentiel pour le premier livre sur et de Octave Uzanne à paraître en février 2014 !

Voici quelques éléments ... je conserve encore un peu de mystère ... je vous en dirai plus très bientôt.

1 volume in-8 (format 148 × 210 mm.), broché, couverture couleur, environ 165 pages, quelques illustrations noir et blanc.

Tirage à 216 exemplaires numérotés et paraphés par votre serviteur.

200 exemplaires ordinaires
15 exemplaires sur papier luxe avec un document original reproduit en fac similé
1 exemplaire unique sur papier luxe avec un original autographe (souscrit).

Prix en souscription valable jusqu'au 31 janvier 2014 :

Exemplaire ordinaire (200) : 8 euros franco de port (10 euros franco ensuite)
Exemplaire de luxe (15) : 30 euros franco de port (35 euros franco ensuite)

Vous pouvez d'ores et déjà adresser votre souscription par chèque bancaire à :

Bertrand Hugonnard-Roche
14 rue du Miroir
21150 ALISE SAINTE REINE

(N'oubliez pas de mentionner LIVRE UZANNE FÉVRIER 2014)

Important : les souscriptions sont enregistrées dans l'ordre d'arrivée. Vous pouvez également souscrire par mail à octaveuzanne@orange.fr

En espérant que cet ouvrage remportera un vif succès !

Ce message est diffusé en parallèle sur notre page Facebook et sur le www.octaveuzanne.com

A bientôt,
Bertrand Hugonnard-Roche

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