samedi 28 mars 2020

L'Art de séduire les Hommes (Bibliothèque des Curieux). Livre numérique PDF. GRATUIT

dimanche 22 mars 2020

Autographe ou Autographie ? Quand la lettre authentique est un imprimé, par Le Zaguate

Si les fac-similé sont bien connus des amateurs d'autographes et des marchands spécialisés, si ceux-ci savent généralement bien les reconnaître, certains fac-similé peuvent être compliqués, et c'est le cas notamment des autographies, cas très particulier des fac-similé.

L'autographie, pour faire simple, est un procédé permettant la reproduction d'un manuscrit ou un dessin, existant depuis le début du XIXe siècle, et on peut dire, abusivement, que le principe a été conservé jusqu'à aujourd'hui (même si avec l'imprimerie moderne, la méthode de reproduction est beaucoup plus aisée). Nous conserverons l'usage du mot autographie dans tout cet article, même si pour les copies plus modernes ce n'est pas à proprement parler la même méthode.

Dans le cas particulier de la correspondance, l'usage de l'autographie se fait toujours, notamment pour les personnalités importantes, par exemple les cartes de vœux de ministres ou présidents (autographie par impression numérique).

J'insiste ici sur un point : ces documents ne sont pas des faux, ni des copies, mais des lettres authentiquement envoyées par le signataire des documents. Ce sont des authentiques qui sont des multiples, un peu comme une gravure.
J'insiste encore sur un autre point : cet article ne se veut pas inquisiteur. Beaucoup se trompent de bonne foi, l'auteur de cet article s'est aussi fait avoir par une des lettres citées.

Parmi les personnalités plus anciennes que nos ministres ayant utilisé ceci, citons par exemple Alphonse de Lamartine qui envoyait ainsi des lettres-circulaires mais aussi Ferdinand de Lesseps. Pour ce dernier, le hasard nous a fait voir, en peu de temps, deux lettres autographiées, au moment du canal de Panama.

Lettre du 26 avril 1880


Lettre du 21 janvier 1881

On remarquera ici plusieurs choses : 
  • l'encre violette particulièrement éclaircie
  • une formulation très neutre de la lettre : rien ne permet, a priori, d'identifier le destinataire
  • pour la seconde lettre, celle du 21 janvier 1881, Lesseps a marqué en bas : "Monsieur le Rédacteur en Chef de" et une autre main a modifié le de en du à cause du nom du journal en question qui est ici le Courrier des Etats-Unis. Cette autre main a indiqué la date.
  • les deux lettres annoncent une conférence au Cirque d'Hiver, le 2 mai 1880 et 31 janvier 1881 

Le côté un peu pervers de la chose, c'est qu'une de ces deux lettres à un entête imprimé. Cela accentue l'impression première d'avoir un manuscrit original, que ce soit le destinataire à l'époque ou celui qui posséderait le document aujourd'hui.

Plus récemment, et plus pervers même, Charles De Gaulle. Régulièrement, on voit sortir sur le marché des lettres. Citons les trois autographiées que nous voyons le plus régulièrement : la lettre du 26 avril 1951, la lettre du 30 avril 1964 et la lettre de mai 1969.



La première est une lettre avec un très beau texte, toujours envoyée à une personne qui a pu rencontrer le général. Elle a toujours une belle provenance, ce qui rend toujours étonnant pour le néophyte le fait que ce ne soit pas un manuscrit original. 


La deuxième est une lettre de remerciements, qui se trouve très régulièrement. Celle-ci est particulièrement traître car si on n'est pas au courant, on voit que l'entête est gravé et on ne pense pas à une reproduction. Il faut prendre sa loupe pour voir que c'est bien imprimé.
Cette lettre était envoyée vraisemblablement à toutes les personnes ayant envoyé des vœux de prompt rétablissement, de Gaulle étant hospitalisé du 17 au 30 avril pour une opération de la prostate.




Cette dernière, que je n'ai pas eu en main, possède, j'en suis persuadé, un entête gravé lui-aussi. De Gaulle démissionne fin avril 1969. Il reçoit alors une avalanche de lettres et cette lettre est envoyée en remerciement à tous ces courriers.

La petite liste ci-dessus est bien entendu loin d'être exhaustive, que ce soit sur les noms des personnalités ayant fait cet usage ou le nombre de lettres de ce type des noms cités. Soyez vigilants à ce que vous avez dans les mains !


Le Zaguate (chien des rues du Panama)

PS : peut-être bientôt de nouveaux articles de chiens ... non errants ! mais confinés !


lundi 16 mars 2020

Inventaire de la Pornographie, par L. Comte, rapporteur et secrétaire général de la "Ligue française de la moralité publique" (fichier PDF en téléchargement gratuit).


Inventaire de la Pornographie

Rapporteur : M. L. Comte. Secrétaire général de la "Ligue française de la moralité publique". (*)

Ayant ce document sous la main et sous les yeux depuis plusieurs longues années, nous avons pensé qu'il serait intéressant d'en faire un document numérique accessible en ligne. Ce rapport, non daté (mais ayant été publié en 1905), est intéressant à plus d'un titre. Outre le fait qu'on y découvre la vague de pudibonderie "anti-pornographie" qui déferla sur la France dans ces premières années du XXe siècle, elle donne, malgré elle, d'intéressantes références bibliographiques pour les amateurs de livres curieux (ou curiosa) du XXIe siècle. On y trouve des listes de journaux, de livres autorisés (mais décrits comme livres de débauche), mais surtout des livres à proprement parler "pornographiques", livres interdits, vendus sous le manteau, si recherchés aujourd'hui. Comme le dit le rapporteur L. Comte : Ces livres sont assez chers. Au moins 3 francs 50 le volume. Beaucoup sont même vendus 5 francs. Enfin, dis-il, les livres "vraiment sales", ceux "indiquant des raffinements rares avec détails copieux, ceux qui ne se vendent que par catalogues secrets, ceux-là coûtent beaucoup plus. Les livres à 20, 30 et 50 francs ne sont pas rares". Comte précise que cette "littérature n'empoisonne ni la jeunesse, ni les ouvriers" tant elle est au-dessus de leurs moyens. Il en donne une longue liste bien évidemment non exhaustive qu'il serait intéressant de s'amuser à compléter aujourd'hui : L'heure sexuelle, Toutes les femmes, La suprême étreinte, L'incestueuse, Lulu, La vierge de Sedom, etc. On trouve dans cette liste de livres pornographiques les Willy (les Claudine ...), les volumes signés du nom de Victorien du Saussay, Félicien Champsaur, R. de Brevannes, Jean Chibrac, etc., pour ne parler que des noms les plus connus. Et Comte de conclure : "La pornographie aura vécu, en effet, le jour où, dans chaque localité, se grouperons une demi-douzaine de citoyens qui ne craindront pas de clamer leur indignation et de réclamer des pouvoirs publics l'application de la loi, car, ce qui fait le succès relatif des pornographes, c'est la pleutrerie des honnêtes gens."


Cliquez sur le titre ci-dessous pour télécharger le PDF complet (gratuit et sans inscription)
https://6db85aad-e2f6-47cb-86d6-8e614c51f551.filesusr.com/ugd/c9a4cd_49f0c47319d248b7b42fc9b6eebfa991.pdf?index=true


A vous de juger ce document à l'aune de ses 115 ans d'existence ...

Bonne lecture
Bertrand Bibliomane moderne

(*) Le 1er Congrès national contre la pornographie s'est tenu à Bordeaux les 14 et 15 mars 1905. Rapports, discussions, vœux et conférences. Imprimé, Imprimerie commerciale et industrielle, 1905, 301 pages. Le rapport de M. Comte figure dans ce volume à partir de la page 26. Le document que nous vous livrons en PDF est lui un tirage à part au format in-4 paginé de (1) à 40. Plié en deux dans le sens vertical, nous supposons que ce tiré à part était envoyé aux membres de la "Ligue française de la moralité publique" et à d'autres personnalités du Congrès national contre la pornographie. L'auteur, Louis Comte, était pasteur (1857-1926). Socialiste, dreyfusard et représentant éminent du christianisme social, il est réputé pour ses talents d'orateur, pour son action en faveur des droits de l'homme et de la moralité, et pour son œuvre sociale. Louis Comte était célèbre tant pour son action contre les tenanciers et les cabarets que pour son soutien à la classe ouvrière et aux femmes (n'hésitant pas, le cas échéant, à utiliser la désobéissance civique pour défendre ces dernières). Malgré sa défense de la moralité publique, rétrospectivement très conservatrice, il pouvait ainsi être décrit, à sa mort en 1926, comme un « libéral d'extrême-gauche », terme qui synthétise la complexité de ses vues politiques.

mardi 25 février 2020

Les reliures en maroquin rouge signées L. GRETZINGER de la bibliothèque de l'homme de lettres Edouard Montagne (1830-1899), membre et secrétaire de la Société des gens de lettres.


Vous n'avez certainement jamais croisé Edouard Montagne. Il faut dire qu'il est mort en 1899. Il faut surtout dire que même de son vivant, Edouard Montagne, s'il devait croiser du monde, n'a pas laissé une immense trace dans l'histoire des lettres françaises. Et même une petite trace, il faut la chercher longtemps avant de la trouver. C'est ainsi. Certains hommes aiment et cultivent l'anonymat. Certains volontairement, d'autres en dépit de leurs désirs. C'est sans doute pour compenser avec ceux qui laissent une bien trop grande trace en comparaison de leur mérite (au singulier c'est presque déjà trop leur faire d'honneur). Heureusement ces faux-héros de leurs vivant sont, comme d'autres, vite oubliés après pour ne pas dire pendant, et c'est tant mieux. Ce n'est que justice. Divine ou pas me direz-vous, il en faut bien une pour justifier l'existence de ces humains. Bref. Tout ceci pour dire qu'Edouard Montagne fut de cette sorte d'hommes oubliés, sans doute à juste titre, probablement injustement aussi, en tous cas de ceux dont on ne sait plus rien ou presque.

Qui était Edouard Montagne ?

On lit sur l'encyclopédie libre : romancier, librettiste, auteur dramatique et vaudevilliste français. On lit ensuite : D'abord économe de l'hôpital des Enfants, il devient journaliste et collabore au Mémorial diplomatique, au Figaro et à Gringoire. Ses pièces ont été représentées sur les plus grandes scènes parisiennes du xixe siècle : théâtre des Délassements-Comiques, théâtre Beaumarchais, théâtre des Folies-Dramatiques, théâtre de l'Ambigu-Comique, etc. Montagne est aussi connu comme le délégué du comité de la Société des gens de lettres, auquel Octave Mirbeau s'affrontera lors de l'affaire Zola-Jean Grave, en août 1891à. C'est tout ! Suit la liste de ses œuvres de théâtre, romans, nouvelles et autres. Nous comptons une vingtaine de pièces de théâtre écrites entre 1854 et 1880, 10 romans publiés entre 1866 et 1893, un recueil de nouvelles publié en 1885, et 5 ouvrages dit d'érudition sur divers sujets.






Nous avons sous les yeux 5 ouvrages de cet auteur. 5 volumes de différents format (de l'in-12 à in-4) se caractérisant tous les 5 par la même reliure de luxe en maroquin rouge. Ces 5 volumes sont les exemplaires de l'auteur. C'est émouvant même si Montagne génère aujourd'hui un buzz comparable à celui d'une moule morte découverte dans le lit d'une rivière de l'Ardèche un soir de juillet (eh oui mesdames et messieurs, n'en déplaise à nos hommes politiques toujours si bien avisés, il y a des moules dans les rivières. La moule ou Anodonte ou encore Anodonta Anatina est bien présente dans les cours d'eau douce français. Sa présence marque même une très bonne qualité du milieu aquatique. Fin de la parenthèse moulesque). Donc, nous disions avec une ferveur non feinte : 5 volumes reliés avec grand luxe provenant de la bibliothèque même de notre auteur : Edouard Montagne himself.
Aaouh ! Aaouh ! Aahou ! comme diraient les gilets jaunes teintés de noir les plus exaltés ! C'est du lourd. Certes, on aurait préféré découvrir 5 volumes reliés de la sorte en provenance des rayonnages d'un Zola ou d'un Maupassant, mais que voulez-vous, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Dans la vie il faut savoir ce contenter (certains l'écrirait en deux mots mais ils seraient bien mal avisés de se con tenter, le danger est évident). Donc. Voici les 5 ouvrages que vous avons :

- Le manteau d'Arlequin par Edouard Montagne. Paris, Librairie internationale A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1866. In-12

- Le roman d'un épicier. Par Edouard Montagne. Paris, E. Dentu, 1882. In-12

- La feuille à l'envers par Edouard Montagne. Paris, Ed. Monnier, 1885. In-8

- Histoire de la Société des Gens de Lettres. Par Edouard Montagne. Préface de Jules Clarétie. Paris, Librairie Mondaine A. Boeswillwald, s.d. (1889). In-4

- La main du mort par Edouard Montagne. Paris, Calmann Lévy, 1891. In-12

Ces 5 volumes ont été reliés par L. GRETZINGER. 4 reliures sont signées et une seule n'est pas signée mais évidemment est de la même main puisque de la même provenance. Seul le volume de l'Histoire de la Société des Gens de Lettres est signé L. GRETZINGER, les 3 autres sont signés seulement GRETZINGER. Le volume La main du mort n'est pas signé.

A noter cette particularité : chaque volume est conservé dans une boîte à ouverture vers le haut (comme un paquet de cigarette), avec étiquette de titre dorée sur cuir au dos. L'intérieur des boîtes est doublé de papier rouge.





Le périple qu'à suivi ces 5 volumes est assez complexe à suivre mais nous pouvons dire que ces dernières années ils sont passés en 2 lots distincts en vente aux enchères publiques à Paris, puis passés sans doute chez un premier libraire (ensemble ?) puis chez un second (ensemble cette fois c'est certain), puis proposés à la vente très récemment par un autre libraire (chaque volume proposé séparément à la vente) puis enfin acquis par moi-même, ensemble (ce fut un petit miracle d'avoir pu les conserver ensemble). Belle histoire donc. Restait à écrire cette petite historiette pour en faire quelque chose pour les générations futures de bibliophiles maniaques du maroquin rouge ! (je sais qu'ils sont nombreux).

Attardons-nous quelques instants sur le maître d'oeuvre de ces reliures exécutées pour l'auteur (l'indication nous a été donné par la notice de vente aux enchères passée).

Qui était L. Gretzinger ?

Alors là c'est l'pompon ! La Bible des relieurs (alias Fléty) est quasi muette comme une carpe sur ce nom. Fléty écrit : GRETZINGER, L., relieur, 45, rue de Sèvres à Paris. Exerçait au début du XXe siècle. Autant dire qu'il ne sait rien sinon son adresse. Et encore, se trompe-t-il en indiquant "exerçait au début du XXe siècle", sans doute aurait-il été plus juste de dire : "Exerçait à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle". Car nos reliures ayant été faites pour l'auteur mort en 1899, n'ont pu être faites qu'avant cette date en toute logique (à moins que ce ne soit sa veuve qui, prise de remord matriarcal et femmesque, n'ait décidé de repeindre en rouge la bibliothèque de son défunt mari - encore eut-il fallut qu'il soit marié - nous n'en savons rien). Bref, ces reliures ont toute l'apparence de reliures exécutées vers 1891 (date la plus récente d'édition que nous avons dans cet ensemble), un peu avant pour certaines, un peu après peut-être, mais très probablement avant 1899. Donc de L. Gretzinger on ne sait rien. Enfin si, on sait, avec les reliures sous les yeux, que ce relieur était habile. Les reliures sont d'un beau maroquin rouge de qualité, les corps d'ouvrages sont bien établis, esthétiques et solides. La dorure (si c'est Gretzinger qui la faisait) et de belle qualité, nette et précise. Tous les volumes ont la tête dorée et les autres tranches non rognées. Les couvertures des brochages ont été systématiquement conservées. Rien à redire sur la façon. Quant au style. Disons que Gretzinger sent son classique à la Du Seuil ou à l'encadrement au triple-filet doré, mais qu'il le fait bien. J'ai toujours préféré les gens qui font bien les choses simples que ceux qui s'essayent à faire des choses qu'ils ne maîtrisent pas (Mondrac si tu nous lis .... sors de ce corps de relieur-infâme destructeur de livres). Donc. Belles reliures. Belles dorures. Style classique à la "Du Seuil" ou "au filet". Nous avons cherché la trace d'autres réalisations dues à L. Gretzinger. Nous en avons trouvé quelques unes et notamment plusieurs maroquins rouges, couleur qu'il devait apprécier plus qu'une autre sans aucun doute. Nous avons trouvé trace d'une Imitation de Jésus-Christ de 1876 (Glady frères éditeurs) reliée aussi en maroquin rouge, de belle facture. Nous venons d'acquérir cette reliure (complète de sa boîte) au moment même de la rédaction de ce billet (nous pouvons donc joindre des visuels de ce volume aux cinq que nous possédions déjà). cet exemplaire a été offert par M. Edouard Montagne en 1886 à l'épouse de l'ambassadeur de France en Italier, M. Charles de Mouÿ (reliure aux armes du comte Charles de Moûy, aussi membre de la Société des gens de lettres (il n'y a pas de hasard). Montagne a commandité la reliure pour offrir ce volume. A croire que L. Gretzinger ne travaillait que pour Edouard Montagne ! Sans doute Montagne et de Mouÿ étaient-ils amis (des lettres). Nous avons aussi trouvé signé de Gretzinger un plein maroquin bleu sur une impression de 1886 encore. Hormis ces quelques livres il faut bien avouer que l'on ne rencontre pas le nom de ce relieur tous les matins en Bibliopolis ! Était-il timide ? Son activité a-t-elle été restreinte à une courte période ? Est-il mort prématurément ? Il reste encore beaucoup (tout) à découvrir sur ce relieur au talent certain mais à la production limitée. Il nous faut donc creuser ...

Creusons donc !

L'étude du patronyme Gretzinger (patronyme rare en France - porté par très peu de familles depuis le début du XXe siècle) semblerait indiqué une famille d'origine alsacienne (Bas-Rhin / Haut-Rhin). Nous avons déniché dans les bases de données généalogiques un certain Louis Gretzinger décédé le 17 octobre 1912. Son adresse était le n°45 de la rue de Sèvres. Ce qui l'adresse de notre homme ! Il est précisé qu'il avait 81 ans (ce qui nous donne une date de naissance entre 1830 et 1832). Nous trouvons son acte de décès (merci Magali la chercheuse la plus rapide de l'ouest) où il est écrit que Jean Louis Gretzinger était né le 11 octobre 1831 à Héricourt (Haute-Saône). Il était le fils de Jean Michel Gretzinger (né le 2 novembre 1809 à Héricourt / Haute-Saône) et de Marie Joséphine Chevillat (née le 26 décembre 1806 à Montmelon / Saint-Ursanne / Jura Suisse / Clos-du-Doubs).  Louis Gretzinger était célibataire et relieur de son métier. Le père de notre relieur était serrurier à Héricourt. Si l'on en croit les relevés, notre relieur eut au moins 2 frères et 2 sœurs. Il fut l'aîné de la fratrie. Son père meurt à l'âge de 47 ans en 1857 à Mulhouse (Louis Gretzinger a 26 ans). Le grand-père paternel de notre relieur, Jean Conrad Gretzinger, était né à Montbéliard (Doubs) en 1777. Il s'était installé à Héricourt où il meurt en 1838. Il exerçait la profession de boucher (boyaudier). La génération d'avant (arrière-grand-père paternel de notre relieur) était aussi boucher à Héricourt (qui semble donc bien la ville d'origine de cette branche des Gretzinger depuis le milieur du XVIIIe siècle). Il semble, toujours d'après les relevés, que la génération d'avant encore, Mathaus Gretzinger, était laboureur originaire de Waltenhofen (Württemberg). C'est à quelques 350 km à l'est, à l'est du lac de Constance, en Allemagne. De tout ce meli-melo de dates et de noms il ressort que notre relieur n'a semble-t-il pas d'ascendance dans le même métier, à moins que ce ne soit du côté de sa mère (Chevillat). Du côté de ses frères et sœurs, l'un de ses frères est mort en bas âge (7 mois), l'autre fut coiffeur et ses deux sœurs couturières.


Il nous reste à retracer le parcours de relieur de notre homme discret. Chez quel relieur s'est-il formé pour avoir une main aussi sûre ? A-t-il concouru ? A-t-il obtenu des prix ? Pour le moment nous ne savons rien de son activité hormis les quelques reliures qu'il nous a légué pour mémoire. Nous n'avons trouvé nulle part son nom mentionné dans les différentes expositions de relieurs à la fin du XIXe siècle.

Edouard Montagne. Louis Gretzinger. Deux illustres inconnus des enfants du XXIe siècle. Retrouver un peu de l'histoire de ces deux humains, voilà bien un plaisir que je suis très heureux de vivre quotidiennement ou presque.

Cet ensemble est fort sympathique et il exprime, s'il le fallait encore, tout le charme des belles reliures bien exécutées de la fin du XIXe siècle. Evidemment, ici point d'Art Nouveau ou de Symbolisme comme on pourra le voir à la même époque ou quelques années plus tard seulement chez des relieurs tels que Noulhac, Marius Michel ou Charles Meunier. Du classique, mais du beau classique.

Merci d'avoir lu.

Bonne journée
Bertrand Bibliomane moderne

mardi 11 février 2020

Un ex libris (gratté) (enfin) identifié ! Jean-Louis-Guillaume Verrollot ou Verrollot fils (vers 1830-1850) ou Louis Verrollot, maire et chatelain de Brienon-sur-Armançon ?


Le 18 mars 2018 je posais la question suivante : "J'essaye de retrouver le possesseur de cette étiquette ex libris apposée dans un livre publié en 1825. Votre aide peut être précieuse. Si vous l'avez croisé ..."

Deux ans plus tard, la réponse vient de me parvenir. Grâce à la précieuse et déterminante aide de M. Jacques Laget, spécialiste es ex libris en tous genres. Merci à lui. M. Laget a en effet retrouvé cet ex libris dans la base de l'AFCEL et grâce à Roblin (Bibliophiles de l'Aube, II, p. 45).


Étiquette lithographiée (70 x 35mm)
Ex Libris gratté pour la bibliothèque de

BIBLIOTH.
Louis Verrollot, fils.
Vol. 1159, 1160

sur :


Les Contemporaines de Rétif de la Bretonne
Remise en vente de 1825 (Paris, Peytieux)

Source : Roblin V0502 de la base Afcel. Louis Verrolot, fils, Meunier à Fouchy (Foissy) près de Troyes. Reproduit dans Roblin bibliophiles de l’Aube, II, p. 45. (information Jacques Laget)


Voici le texte donné par Roblin in Bibliophiles de l'Aube :

CDXIV. - VERROLLOT

La très simple lithographie ici reproduite (fig. 363) a très probablement appartenu à Jean-Louis-Guillaume Verrollot, né sans doute à Neuvy (Yonne), fils de Jean-Louis et de Marguerite Lecraicq. Sa bibliothèque devait être importante, si l'on en juge par le n°1789 porté sur la seule épave que l'on connaît : un fort bel exemplaire des Fables nouvelles de La Motte, édition de Grégoire Dupuis, 1719, in-4° (coll. des Guerrois à la Bibliothèque de Troyes). 
D'abord fermier du moulin de Fouchy (alias Foissy) près Troyes, le père de notre bibliophile en était propriétaire lorsqu'il mourut en l'an X. Le moulin fut adjugé à deux de ses fils, Jean-Louis-Guillaume et Pierre. Le 15 juillet 1807, Jean-Louis-Guillaume étant devenu receveur des contributions, céda sa part à son frère et vint habiter à quelques cents mètres du moulin, au lieu-dit Vassaules, commune de La Chapelle-Saint-Luc. Il avait épousé Françoise-Emilie Manaud.

Avec notre exemplaire des Contemporaines de Rétif, nous savons qu'il possédait cette série complète (des volumes invendus à cette date et remis en vente par le libraire Peytieux). Série de 38 tomes reliés en 19 volumes, cartonnages plein papier de l'époque. Les premiers volumes de cette série contiennent des notes manuscrites qui pourraient être de la main dudit Verrollot (?).

Autre hypothèse. Peut-être un parent. A la date de 1831, nous avons trouvé trace d'un "Louis Verrollot, fils" de Brienon-sur-Armançon (Yonne). Ce personnage semble être un bon candidat "bibliophile'. Marchand de bois en 1829, devenu maire de Brienon, on le dit propriétaire du château de Brienon (dès 1836) en 1851. On imagine bien une belle et riche bibliothèque de plusieurs milliers de volumes dans ce bel endroit. Une recherche généalogique plus poussée devrait permettre de percer le mystère de ce bibliophile dont les origines géographiques semblent proches de celles de Rétif de la Bretonne.

Si vous croisez à l'avenir Monsieur Louis Verrollot, fils, contactez-moi à contact@lamourquibouquine.com

Un grand merci renouvelé à notre confrère Jacques Laget.

A suivre ...

Bonne journée
Bertrand Bibliomane moderne

lundi 3 février 2020

Connaissance de la reliure par l'image. Reliure plein veau datant de 1782.


Ceux qui me suivent sur Facebook (https://www.facebook.com/bertrand.hugonnardroche) savent que j'aime bien poster des photographies de reliures anciennes, par simple envie de partage de leur beauté pour certaines, ou aussi pour donner quelques points de repères dans la datation de l'exécution des reliures). Je trouve cela intéressant de voir l'évolution des décors et des matières utilisées au cours des siècles et ce pour les belles reliures de maîtres comme pour les simples reliures restées anonymes (qui peuvent souvent être tout aussi belles et sont sans conteste tout aussi intéressantes pour le curieux). Bref, je posterai régulièrement sur le Bibliomane moderne mes dernières trouvailles en matière de reliures anciennes. Les novices es bibliophilie y trouveront certainement leur compte tandis que les bibliophiles experts seront heureux de pouvoir admirer quelques jolis ou curieux spécimens.

Pour commencer cette série. Une simple reliure en veau sur un ouvrage imprimé en 1782. Dos orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges, plats tachetés à l'acide, doublures et gardes de papier marbré à motif de tourbillons. La reliure semble avoir été faite tout de suite après l'impression de l'ouvrage, ou quelques mois après tout au plus. Le style de décor correspond bien à cette période 1780-1785 en tous cas. On reste même sur un type de décor qui se faisait déjà une dizaine d'années auparavant (1770-1785).

A bientôt,
Bertrand Bibliomane moderne




mardi 24 décembre 2019

Courrier des lecteurs du Bibliomane moderne. Identifier un ex libris.


Courrier reçu :

Cher monsieur,

Je me permets de solliciter votre aide afin d'identifier un ex-libris gravé qui se trouve dans mon exemplaire de 'Atar Gull' d'Eugène Sue. Il s'agit de la quatrième édition parue un an après l'originale. La reliure est relativement basique (demi-cuir) et légèrement postérieure (sans doute années 1840). Les initiales E.S. ainsi que ce qui semble être une légion d'honneur (obtenue en 1839 lors de la Monarchie de Juillet) me portent à penser qu'il pourrait s'agir de l'ex-libris de l'auteur. N'ayant trouvé aucun exemplaire de référence, il m'est impossible de confirmer cette supposition !

J'espère qu'un de vos lecteurs viendra dissiper mes doutes !

Merci pour votre site toujours fort agréable à parcourir.

En vous souhaitant de bonnes fêtes de fin d'année,

M. M.



Si vous pouvez nous aider à identifier cet ex libris contactez-nous à contact@lamourquibouquine.com

Bonnes fêtes de noël à toutes et à tous,
Bertrand Bibliomane moderne

mercredi 11 décembre 2019

Fer spécial étrange ...


Voici le message reçu par un lecteur du Bibliomane moderne :

"Monsieur, Je souhaiterais solliciter votre aide à propos de l'identification d'une curieuse marque présente sur l'un de nos livres. L'ouvrage est un exemplaire du De triangulis omnimodis libri quinque (1533) de Regiomontanus. La reliure est vraisemblablement début XVIIIe, et au centre de la couverture se trouve cette curieuse marque en forme d'oeil larmoyant que je n'ai jamais vue sur aucun autre ouvrage (datée du milieu XIXe ?). Auriez-vous déjà rencontré une marque similaire ? Avec mes meilleures salutations."

Pour ce que je vois je dirais la reliure plutôt XVIe siècle. A moins qu'il ne s'agisse d'un pastiche fort bien réalisé, mais j'en doute. Pour le fer spécial à froid sur le plat, je ne l'ai personnellement jamais croisé. Et vous ?

Envoyez-moi vos remarques et commentaires sur contact@lamourquibouquine.com

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

lundi 9 décembre 2019

Fer spécial ou armoiries cachées ?


Un lecteur du Bibliomane moderne vous soumet cette recherche concernant ce fer spécial apposé sur une reliure de la première moitié du XVIIIe siècle. Deux lévriers regardant par en dessous deux écureuils ?

Si vous avez déjà croisé ce fer ou ces armes ? Si vous avez une idée ? Contactez-moi à contact@lamourquibouquine.com je transmettrai.

Merci de votre attention et bonne semaine,

Bertrand Bibliomane moderne

jeudi 28 novembre 2019

In Memoriam du libraire-relieur Prunet de Toulouse (1837)



Visiblement l'histoire du libraire-relieur Prunet de Toulouse reste à faire ...

B.

mercredi 27 novembre 2019

Nouveau groupe Facebook à découvrir ! Votre participation est bienvenue ! Merci de lire les règles du groupe. Signatures autographes de libraires (toutes époques) et uniquement cela. A bientôt Bertrand Hugonnard-Roche Libraire Créateur et modérateur du groupe (27 nov. 2019)




Après avoir lancé le groupe Facebook Booksellers Labels / Etiquettes de libraires (plus de 300 membres de par le monde adondent ce groupe pour le plaisir de tous), voici un nouveau groupe, consacré cette fois à l'archivage des signatures autographes de libraire (ou libraires-imprimeurs) qu'on peut trouver ici ou là dans les exemplaires. A vous de contribuer !

Attention ! Toute autre publication sera impitoyablement supprimée et le membre banni. Ce groupe est exclusivement consacré aux signatures de libraires et libraires-imprimeurs. L'adhésion au groupe et les publications sont soumis à modération.

Rendez-vous sur Facebook !

A bientôt
Bertrand (créateur et modérateur du groupe)
Librairie L'amour qui bouquine
http://le-bibliomane.blogspot.com/ (le Bibliomane moderne)

lundi 25 novembre 2019

Baudelaire inédit à l'encan ou les Fleurs du mal aux enchères publiques ...


Pour celles et ceux qui, comme moi, se posaient la question, la réponse est : 98.000 euros sans les frais. Soit 112.112 euros. Un montant qui ne s'invente pas ! On dirait un numéro d'urgence pour bibliophiles en détresse ! ...

Copie d'écran du site artvalorem.fr


Voici le texte de l'annonce :


Charles BAUDELAIRE. Les Fleurs du Mal. Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1857. In-12, percaline vert lierre avec double encadrement de filets gras et maigres à froid (Reliure de l'époque). Vicaire, I-341 /// (2f.)-248-(2f.). ÉDITION ORIGINALE de l'un des ouvrages les plus recherchés de la poésie française. Premier tirage, bien complet des six poèmes condamnés par autorité de justice et qui furent supprimés dans certains exemplaires. Exemplaire avec la faute Feurs du Mal au titre courant des pages 31 et 108 et la faute de pagination à la page 45. Précieux exemplaire de Gaston de Saint-Valry portant sur le faux-titre un envoi autographe signé au crayon : à Gaston de Saint-Valry / témoignage d'amitié / Ch. Baudelaire. Gaston de Saint-Valry (1828-1881), journaliste et critique littéraire, est le fils de Gaston Souillard de Saint-Valry, auteur de recueils de poésie. Il collabora à plusieurs journaux dont La Gazette de Paris dans laquelle il fit, le 26 septembre 1856, un compte-rendu favorable des Histoires extraordinaires. Saint-Valry fut, avec Poulet-Malassis, à l'origine de la refonte du Journal d'Alençon qui, transformé en journal littéraire, allait publier dans le numéro 49 du 18 juin 1857, le poème Le Vin des chiffonniers extrait des Fleurs du Mal. Enfin Poggenburg note dans sa chronologie Baudelairienne que le poète et Saint-Valry se rencontrent juste après la parution des Fleurs du mal, en juillet-août 1857 et que, le 21 août, Emile Deschamps écrit à Baudelaire pour lui exprimer l'admiration que lui porte Gaston de Saint-Valry. L'exemplaire contient en outre quatre corrections d'orthographe et une strophe manuscrites de la main du poète dont nous donnons le détail ci-dessous : - Page de dédicace, la phrase au parfait magicien ès langue française corrigée en au parfait magicien ès langues françaises - Page 29, au poème La Muse vénale, 3ème strophe, le 3ème vers Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guères corrigé en Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère. - Page 43, au poème Don Juan aux enfers, 3ème strophe, le 3ème vers Montrait à tous les morts errants sur le rivage corrigé en Montrait à tous les morts errant sur les rivages. - Page 110, au poème Le Chat, 7ème strophe, le 2ème vers Sort au parfum si doux qu'un soir corrigé en Sort un parfum si doux qu'un soir. - Page 53, à la suite de la dernière strophe des Bijoux, le poète a ajouté la strophe suivante : Et je fus plein alors de cette Vérité : Que le meilleur trésor que Dieu garde au Génie Est de connaître à fond la terrestre Beauté Pour en faire jaillir le Rythme et l'harmonie. Les corrections orthographiques mentionnées ci-dessus sont déjà connues des bibliographes car elles se retrouvent sur d'autres exemplaires et ont été répertoriées au nombre de cinq par Desprechins dans Le Livre et l'estampe (n°47-48, p. 280 / n° 51-52, p. 206). On notera d'ailleurs que ces exemplaires " corrigés " n'ont pas systématiquement les cinq corrections répertoriées comme l'exemplaire Delacroix dont trois poèmes seulement sont corrigés (vente Jacques Guérin, II, 20 mars 1985, n°18) et comme l'exemplaire Saint-Valry que nous présentons ici, dans lequel le poème Le Reniement de Saint-Pierre n'a pas été corrigé, tandis que d'autres les possèdent toutes comme l'exemplaire Narcisse Ancelle, ami et conseiller juridique du poète (vente Aupick-Ancelle, 1er décembre 2009, n°80). EN REVANCHE, LA STROPHE AJOUTÉE PAR LE POÈTE EST TOUT À FAIT INCONNUE ET DONNE À CET EXEMPLAIRE UNE IMPORTANCE LITTÉRAIRE MAJEURE. L'exemplaire n'était connu que d'Yves-Gérard Le Dantec. Le fait est rapporté dans les notes et variantes de l'édition de La Pléiade (1961, p. 1566 - p.141) : D'ailleurs Yves-Gérard Le Dantec a indiqué que, dans un exemplaire des Fleurs du mal, dédicacé à Saint-Valry, figurait une strophe supplémentaire et dernière, de la main de Baudelaire, à propos de laquelle celui-ci exprimait " le voeu que le sujet même passât au second plan et qu'on ne vît dans la pièce qu'une intention plastique ". Le vers final de cette strophe était : Pour en faire jaillir le rythme et l'harmonie. On joint à ce propos une lettre autographe signée de Yves-Gérard Le Dantec, datée Paris, 20 février 1928, relative à cet exemplaire et à son infructueuse tentative pour faire connaître cette strophe inédite : Madame je ne vous dissimulerai pas la surprise que j'ai éprouvée en lisant la seconde page de votre petit mot Je n'ai pas besoin d'insister auprès de vous sur l'intérêt primordial que représente cette découverte d'une strophe inédite du grand poète j'estime qu'il n'est pas une note, pas un mot, pas même une lettre inédite d'un homme tel que Baudelaire qui doivent rester inconnus, que tout est intéressant en ce qui le touche loin de déprécier un tel trésor, la " divulgation " ne peut qu'accroître sa valeur - à supposer que ce soit là le vrai motif de votre réponse négative Pardonnez-moi Madame, l'obstination que je mets en cette affaire SUPERBE EXEMPLAIRE, SOBREMENT RELIÉ ET D'UNE TRÈS GRANDE PURETÉ. Seuls subsistent au second plat des fantômes de décoloration ancienne et un examen approfondi révèle une reteinte du dos remarquablement exécutée. Petite tache dans la marge intérieure du titre et verso du dernier feuillet un peu roussi. Provenance : Succession L.F, frais légaux 14.40 % ttc.






Photos Artvalorem


Source : http://www.artvalorem.fr/html/fiche.jsp?id=11099054

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

mercredi 30 octobre 2019

Suites érotiques rares .... exploration (suite). 8 illustrations illustrations libres certainement post-WW2. A priori fort rare ...


Contenu pour adultes .... Contenu pour adultes ....
Contenu pour adultes ....


Poursuivons notre exploration du milieu underground des suites érotiques rares ... celles qui résistent aux bibliographes ... celles que nous ne voyons que très rarement pour ne pas dire jamais. En voici un nouvel exemple avec cette jolie suite de 8 gravures (tirage offset au tramé de points assez visible) en deux tons (bistre et rouge). De format 16 x 12 cm et conservées dans une petite pochette de papier fort beige illustrée en haut à droite du premier plat d'un oeil grand ouvert imprimé en bleu, ces illustrations franchement libres sont légendées bilingues anglais/français (sauf une qui n'a qu'une légende en anglais). Quid de cet oeni (objet érotique non identifié). Nulle autre légende, titre ou explication. Le mieux étant encore de vous faire une idée de visu en regardant d'un oeil "neuf" (et frisé) cette jolie suite dont les légendes ainsi que le sujet des dessins laissent à penser qu'elle date probablement de l'année d'après guerre, soit 1945 ou 1946. On y voit des soldats (anglais ? américains ?), il y est question de "sandwichs", de "cigares américains", d'"english cigarettes", et de plusieurs expressions à consonance militaires telles : "tête de pont", "tir de barrage", "portez armes". Toutes les illustrations sont signées d'un énigmatique pseudonyme "Doudou". Qui se cache derrière ces illustrations libres ? Aucune idée. Les avez-vous déjà croisé ? Apparemment le nombre de 8 illustrations contenues dans la pochette semble être le nombre requis (la pochette est complète en épaisseur avec ce nombre). Chaque illustration est imprimée sur papier couché kaolin glacé. Mystère ... Voici les photos.











Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

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