mercredi 14 novembre 2018

Choderlos de Laclos. Description matérielle de l'édition des Liaisons Dangereuses portant le millésime 1788 "A Amsterdam et se trouve à Paris, chez Durand neveu".

     

      Cette petite étude fait suite à celle que nous avons donné dernièrement concernant l'édition des Liaisons dangereuses portant le millésime 1784 et l'adresse "A Amsterdam et se trouve à Paris, chez Durand Neveu. VOIR ICI.

      Avoir un exemplaire en mains est l'occasion pour le libraire d'en faire une description précise. Cette description est d'autant plus utile lorsque les bibliographes ne se sont pas penché sur son cas. C'est ce qui semble être le cas pour cette édition ancienne des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos parue sous le millésime de 1788 à l'adresse d'Amsterdam et Paris, chez Durand neveu.

      La bibliographie de référence concernant les éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime 1782 a été écrite en 1963 par Max Brun et tirée à part de la revue "Le Livre et l'Estampe" (n°33 - Premier numéro de 1963). Cette petite plaquette au format in-8 (22 x 14 cm env.) se compose de 64 pages dont 1 tableau dépliant et quelques reproduction de pages de titres en fac-similés. Comme sont titre l'indique, cette étude s'attache à répertorier en détail les différents tirages et éditions portant la date de 1782. Néanmoins, à la fin, l'auteur cite et donne quelques intéressantes informations sur d'autres éditions postérieures portant les dates de 1787, 1792 et 1796. Rien n'est dit cependant concernant cette édition portant le millésime de 1788 dont nous donnons la description comme suit :

      L'édition que nous allons décrire porte le millésime M. DCC. LXXXVIII. [1788] sur les 4 pages de titre. Les volumes que nous avons en main sont de format in-12 (Hauteur des marges : 180 mm. - exemplaire broché ayant conservé ses marges). L'exemplaire étudié est broché conservé sous couverture de papier à la colle bleu (probablement légèrement postérieur, vers 1800/1820). Voici le texte des pages de titre. le symbole // marque la césure telle qu'elle apparaît sur chaque page de titre. Nous respectons l'orthographe et indiquons entre crochets [] les éléments qui donnent des informations supplémentaires.


Description :

      Il n'y a pas de faux-titre pour aucune des quatre parties.

Première partie :

LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & publiées // pour l'instruction de quelques autres. // PAR M. C...... DE L. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] // PREMIÈRE PARTIE. // [fleuron composé typographique] // A AMSTERDAM , // & se trouve à PARIS, // Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, // rue Galande. // [double filet, celui du dessous légèrement plus court et plus mince] // M. DCC. LXXXVIII.

Seconde partie :

LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & publiées // pour l'instruction de quelques autres. // PAR M. C...... DE L. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] // SECONDE PARTIE. // [fleuron composé typographique  - identique à celui de la partie 1] // A AMSTERDAM , // & se trouve à PARIS, // Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, // rue Galande. // [double filet, celui du dessous légèrement plus court et plus mince] // M. DCC. LXXXVIII.

Troisième partie :

LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & publiées // pour l'instruction de quelques autres. // PAR M. C...... DE L. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] // TROISIÈME PARTIE. // [fleuron composé typographique  - différent de celui de la partie 1 et 2] // A AMSTERDAM , // & se trouve à PARIS, // Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, // rue Galande. // [double filet, celui du dessous légèrement plus court et plus mince] // M. DCC. LXXXVIII.

Quatrième partie :

LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & publiées // pour l'instruction de quelques autres. // PAR M. C...... DE L. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet composé de plusieurs tirets longs et ornement au centre et aux extrémités] // QUATRIÈME PARTIE. // [fleuron composé typographique  - différent de celui de la partie 1 et 2] // A AMSTERDAM , // & se trouve à PARIS, // Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, // rue Galande. // [double filet, celui du dessous légèrement plus court et plus mince] // M. DCC. LXXXVIII.

      On constate une parfaite homogénéité des 4 pages de titre à l'exception des fleurons qui changent pour les parties 3 et 4 (identiques pour les deux premières et identiques pour les deux suivantes).


Voici le détail de la pagination :

Première partie : le feuillet de titre, l'avertissement de l'éditeur et la préface du rédacteur sont compris dans la pagination (I) à X. La première lettre commence à la page 11 jusqu'à la dernière page 160.

Seconde partie : le feuillet de titre est compris dans la pagination. La première lettre est paginée 3. 155 pages chiffrées au total.

Troisième partie : le feuillet de titre est compris dans la pagination. La première lettre est paginée 3. 148 pages chiffrées au total.

Quatrième partie : le feuillet de titre est compris dans la pagination. La première lettre est paginée 3. 159 pages chiffrées au total.


Répartition des lettres selon les parties :

La première partie contient les lettres 1 à 50.

La seconde partie contient les lettres 51 à 87.

La troisième partie contient les lettres 88 à 124.

La quatrième partie contient les lettres 125 à 175.


Papier :

      Le papier utilisé pour l'impression des 4 parties est d'assez bonne qualité, à vergeures horizontales. Nous n'avons pas relevé de filigrane.


Ensemble ornemental :

      Nous donnons l'ensemble des petits ornements en annexe à la fin de cet article (fleurons, bandeaux, culs-de-lampe, avec à chaque fois leur emplacement dans les différentes parties). L'ensemble du matériel typographique est assez réduit.


Leçons que l'on peut tirer d'après l'étude de Max Brun :

      Cette édition portant le millésime de 1788 possède une pagination très différente de toutes les éditions portant le millésime de 1782 décrites par Max Brun. Le nombre de page est le plus réduit que nous avons pu constater (160 + 155 + 148 + 159). Le tirage est grand in-18 (180 mm de marges). Le nombre de petits ornements (fleurons, bandeaux, culs-de-lampe) utilisés est très réduit. On remarque une similitude d'ornements entre les parties 1 et 2 et les parties 3 et 4.

     Si l'on compare maintenant quelques erreurs communément repérées dans d'autres tirages avec celui-ci de 1788, nous avons :

- La lettre XVIII est datée du 22 août 17.. (diffère de A qui est daté du 20).
- La lettre XXI est datée du 5 août (diffère des premiers tirages A, B, C).
- La lettre XXIII est bien datée du 21 août comme dans A.
- La lettre LI est datée du 9 août (au lieu du 2 septembre pour les premières éditions de 1782).
- Dans la note de la lettre VII, il est écrit "des autres Acteurs"
- La dernière lettre (CLXXV) est pas datée du 14 janvier (contrairement au tirage A qui n'est pas daté).

      Alors que les éditions A, B, C, D décritent par Max Brun comportent 978 pages, l'édition E, 976, l'édition F, 975, l'édition G, 770, l'édition de 1784 n'en contient que 767 (199 + 188 + 175 + 208). Celle-ci, encore plus ramassée, n'en contient que 622.

Conclusion :

      L'édition portant le millésime de 1788 est de format in-12 (environ 180 mm) et est très éloignée de toutes les éditions de 1782 décrites par Max Brun.

      Cette édition a-t-elle été donnée par Durand Neveu ou s'agit-il d'une contrefaçon ? Nous ne savons pas. Une comparaison minutieuse des ornements permettrait sans doute de se faire une idée.

      La même année 1788 parait également en 4 tomes une édition des Liaisons dangereuses augmentée d'une correspondance de l'auteur avec Madame Riccoboni, avec d'autres pièces (la pagination : 1 ff (titre), 52pp (xji puis 17 à 52) ; 1 ff (titre), 134 pp; 1 ff (titre), 136 pp; 1 ff (titre), 132 pp et 147 pp. est encore différente. Les exemplaires datés 1788 selon notre description semblent peu communs. Le Catalogue Collectif des Bibliothèques de France en conserve peut-être un exemplaire (mais sans pagination détaillée ce qui ne nous permet pas d'être affirmatifs sur le fait qu'il s'agit de la même édition).

      Il faut donc se résoudre à penser qu'il existe des dizaines de tirages des Liaisons dangereuses parus entre 1782 et 1788, sur un même modèle (4 partie in-12 ou petit in-12 avec disposition identique ou quasi identique des pages de titre). Max Brun ne s'est attaché qu'au millésime 1782 et aux millésimes particuliers (complètement différents) de 1787, 1792 et 1796. Une nouvelle édition regroupant l'ensemble des tirages parus jusqu’à la fin du XVIIIe siècle serait à entreprendre.

Bertrand Hugonnard-Roche


Annexe - Petits ornements de l'édition portant le millésime 1788 décrite ci-dessus.







jeudi 4 octobre 2018

Les reliures aux fermesses de la bibliothèque de Habert de Montmor

Vous allez vous dire : encore un article sur Habert de Montmor et ses reliures, chaque blog en a un ! Effectivement et c'est l'occasion de signaler celui du blog Histoire de la Bibliophilie.

Cet article ne s'intéressera ici qu'au cas particulier des fameuses reliures aux fermesses d'Henri-Louis Habert de Montmor à travers deux aspects : la liste de ces livres et la liste des bibliophiles ayant possédé un (ou plusieurs) exemplaire(s). Ces reliures sont de Macé Ruette mais ont un temps été attribuées à Le Gascon (voir le catalogue Armand Cigongne, les bulletins Damascène Morgand, etc.).


Description des reliures :

Plein maroquin rouge d'époque bordé de quatre gerbes de pointillés dorés dans un encadrement de filets droits et courbes, fleurons aux angles, médaillon quadrilobé mosaïqué de maroquin (brun, bleu, vert, ou noir) au centre des plats portant le chiffre HLHM accompagné de quatre fermesses frappés or, dos orné de caissons et fleurons, dentelle intérieure, tranches dorées.

Quelques remarques :
  • Esmérian estimait à environ 35 le nombre de volumes reliés ainsi par Macé Ruette pour Habert de Montmor. Nos recherches nous ont déjà permis d'identifier 47 volumes (pour 36 ouvrages différents). Il n'y en a probablement pas beaucoup plus qui ont survécu.
  • Marius Michel, qui attribuait ces reliures à Le Gascon, comme nombre de personnes avant Esmérian, les trouvait supérieures à d'autres travaux de Le Gascon. Voici ce qu'il en dit dans La Reliure française :
  • Le Gascon fit pour Habert de Montmort toute une série de ravissants petits in-douze ; ils ont presque tous des filets droits et courbes, et le milieu que nous donnons ci-dessous. Les fleurons des angles varient ; ils appartiennent à trois types bien distincts : les petits vases, les fers du dix-septième siècle et les pointillés. Comme reliure, ces petits volumes sont, en général, supérieurs aux livres de grand format dorés par maître le Gascon.

  • L'orthographe retenue aujourd'hui est Habert de Montmor mais on trouve anciennement Montmort ou plus rarement Montmaur.
  • On remarquera que la quasi-totalité des ouvrages datent d'avant 1635, et même d'avant 1631. Seuls deux ouvrages sont plus tardifs (1641). La page consacrée à Macé Ruette sur le site de la BnF mentionne "Du début des années 1620 jusqu'en 1634, on relève toute une série de reliures de petit format réalisées pour l'amateur Habert de Montmor (1600-1679), sur sa collection elzévirienne, qui offrent la particularité de comporter le nouveau matériel de dorure de l'atelier, avec des fers filigranés, agencés au centre des plats sous forme de petites gerbes". L'inventaire ci-dessous apporte donc des précisions.
  • On remarquera que les Elzevier décrivant les différents pays sont quasiment tous passés par Damascène Morgand puis Rahir. On peut supposer que l'ensemble ne devait donc pas être dispersé avant que Morgand ne les achète.
Par commodité, l'article étant voué à évoluer au gré des trouvailles bibliographiques et des mises en ventes par des libraires ou des maisons de vente, la liste des livres sera faite dans l'ordre d'arrivée des ouvrages, avec un numéro qui restera identique quelques soient les modifications. Bien entendu, la liste des possesseurs sera alphabétique et nous indiquerons à chaque fois quel(s) exemplaire(s) a (ont) appartenu à chacun, avec si possible la date de vente de la bibliothèque.

Par ailleurs, nous indiquerons aussi tout détail connu sur l'état des ouvrages (et notamment les restaurations éventuelles) ainsi que certains détails sur les passages en vente.


Liste des ouvrages habillés de cette reliure :
  1. Fortunatus Sprecherus, F. Specheri Rhetia, ubi eius verus fitus, politia, bella, foedera, et alia memorabilia accuratissime describuntur. Leyde, Elzevier, 1633.
    Présence d'une boîte-étui (moderne).
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°4818
    • Repertoire général et méthodique de la librairie Morgand et Fatout, 1882, n°4097
    • vente Fraysse & Associés, Paris, Drouot, 3 octobre 2018, n°18
  2. Ubbonus Emmius, Graecorum Respublicae descriptae. Leyde, Elzevir, 1632. 2 volumes.
    • Librairie Damascène Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°116
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°11 - collection Esmérian deuxième partie
    • vente Paris, Drouot, 30 novembre 1998, n°33 - collection Paul-Louis Weiller
  3. Dominique Baudier, Induciarum belli belgici libri tres. Editio tertia prioribus emendatior. Leyde, Elzevier, 1629.
    Discrètes restaurations à la reliure.
    • vente Paris, 3 mars 1879, n°890
    • Librairie Damascène Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°113
    • vente Christie's, Paris, 8 novembre 2004, n°41 - collection Wittock deuxième partie
    • vente Alde, Paris, 12 novembre 2015, n°26 - collection Wittock sixième partie
    • vente Alde, Paris, 14 novembre 2017, n°27 - collection Wittock septième partie
  4. William Ames, Bellarminus enervatus, sive disputationes anti-Bellarminianæ. Londres [Amsterdam ?], John Humphrey [Blaeu ?], 1632-1633.
    Mosaïque du médaillon du premier plat absent, décor repris à la dorure.
    • vente Alde, Paris, 14 novembre 2017, n°28 - collection Wittock septième partie
  5. Saint Augustin, Libri XIII Confessionum, ad 3 MSS. exemp. emendati, opera et studio R.P. H. Sommalii, a Societate Jesu. Cologne, Egmond, 1629.
    Mors supérieur fendu.
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°10 - collection Esmérian deuxième partie
    • vente Alde, Paris, 8 avril 2016, n°2
  6. Thomas Smith, De Republica anglorum, libri tres. Leyde, Elzevir, 1625.
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°8 - collection Esmérian deuxième partie
  7. Titus-Carus Lucretius, De rerum natura. Amsterdam, Jansson, 1626.
    • vente Paris, 1er mai 1860 et jours suivants, collection Clinchamp, n°154
    • vente Paris, 19 novembre 1860 et jours suivants, collection Solar, n°923
    • vente Paris, 25 au 30 mars 1901, collection Guyot de Villeneuve n°590
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°9 - collection Esmérian deuxième partie
  8. Tite-Live, Historiarum Libri. Amsterdam, Blaeu, 1633.
    • vente Paris, 31 janvier au 5 février 1898, collection Piat, n°761
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°12 - collection Esmérian deuxième partie
  9. Philippe Cluvier, Respublica et status imperii Romano-Germanici. Leyde, Elzevier, 1634. 2 volumes.
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 8 décembre 1972, n°13 - collection Esmérian deuxième partie
  10. Iosiae Simler, Vallesiae et Alpium descriptio.  Leyde, Elzevier, 1633.
    Charnières restaurées ?
    • vente Ader-Picard-Tajan, Paris, 13 mai 1985
  11. Giannotti. Dialogi de Republica Venetorum. Leyde, Elzevier, 1631
  12. Hippocrate, ’Αφορισμοϊ, Leyde, Elzevier, 1628
  13. Hermano Hugone, Pia Desideria, editio IV, vulgavit Boëtius a Bolswert. Louvain, Hatfenius, 1628.
    • vente Paris, 1861 - collection Armand Cigongne n°108 indiqué comme reliure aux armes, attribuée à Le Gascon
  14. Hippocrate, Aphorismi Hippocratis, ex recognitione A. Vorstii M.P. Leyde, Elzevier, 1627.
    • vente Paris, 1861 - collection Armand Cigongne n°252 indiqué comme reliure aux armes, attribuée à Le Gascon
  15. Pierre Gilles, De Bosporo Thracio lib. III. Leyde, Elzevier, 1632.
    Charnières restaurées
    • vente Bergé et associés, Paris, 31 mai 2005
  16. Marcus Valerius Martial, Epigrammata. Nova editione e museo Petri Scriverii. Amsterdam, Jansson, 1621.
    • vente Ader-Tajan-Picard, Paris, 20 décembre 1991
  17. Claudien, Ex optimorum codicum side. Amsterdam, Jansson, 1620.
    • vente Couturier-Nicolay, Paris, 22 mars 1985
  18. Honoré d'Urfé, L'Astrée de Messire Honoré d'Urfé. Paris ou Lyon, 1618 à 1632. 5 volumes.Série complète mais publiée par 4 éditeurs différents.
    1. vente Paris, 1867, collection Yemeniz n°2386 - provenance non signalée
    2. vente Paris, 25 au 30 mars 1901, collection Guyot de Villeneuve n°1021
  19. Suecia, Suecia sive de Suecorum Regis Dominiis et opibus. Leyde, Elzevier, 1631.
    • Reproduction annoncée dans Racontars illustrés d'un vieux collectionneur par Charles Cousin (publié en janvier 1888)
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°5333
    • Bulletin Damascène Morgand, 1892-1895, n°26456
    • Bulletin Damascène Morgand, 1895-1898, n°29939
  20. Ovide, Publ. Ovidii Nasonis opera. Amsterdam, Jansson, 1624. 3 volumes
    • vente Paris, 28 novembre 1860, collection Solar, n°949.
    • signalée en 1860 dans ouvrage Catalogue des livres et manuscrits composant la bibliothèque de M. Félix Solar (Paris, Firmin-Didot) sous le n°718, mais il ne s'agit pas du catalogue de la vente publique.
    • Paris, Librairie Potier, 1863, n°1425
  21. Salluste, C. Crispus Sallutius, ex museo Iohann, Isaci. Pontani. Amsterdam, Jansson, 1627
    • reliure reproduite dans Le Bibliophile français, volume 6, 1872, p.116 avec la mention de la collection Morante ainsi que dans La Reliure ancienne et moderne de Brunet, 1878.
    • vente Paris, 20 janvier 1873 & jours suivants, collection Morante, n°1581
    • vente Paris, 1877 ou 1881 (?), collection Ganay, n°223
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°7831
  22. Cicéron, M.T. Cicero de Officiis (de Senectute, de Amicitia, Paradoxa, etc.). Amsterdam, Cesius, 1625.
    • vente Paris, 20 avril 1868 et jours suivants, collection Brunet, n°82
  23. Horace, Quinti Horatii Flacci opera. Amsterdam, Cesius, 1623.
    • Paris, 20 & 21 mai 1889, collection Techener, n°64
    • Bulletin Damascène Morgand, 1889-1892, n°17547
  24. Cardanus, Hieronymi Cardani Mediolanensis [etc]. Leyde, Elzevier, 1627.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1889-1892, n°18534
  25. Cardanus, Proxeneta, seu de Prudentia civili liber. Leyde, Elzevier, 1627.
    • Willems, Les Elzevier, n°272
    • Bulletin Damascène Morgand, 1895-1898, n°29447
  26. Léon l'africain, Joannis Leonis Africani Africae descriptio IX lib absoluta. Leyde, Elzevier, 1632. 2 volumes.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1889-1892, n°18907
    • Bulletin Damascène Morgand, 1895-1898, n°29710
  27. Belgii confoederati Respublica : seu Gelriae, Holland, Zeland, Traject., Fris., Transisal., Groning, Chronographica politicaque Description. Leyde, Elzevier, 1630.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°4608
  28. Portugallia, sive de regis Portugalliae regnis et opibus commentarius. Leyde, Elzevier, 1641.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°5143
  29. Russia seu Moscovia, itemque Tartaria, commentario topographico atque politico illustratae. Leyde, Elzevier, 1630.
    • Bulletin Damascène Morgand, 1879-1881, n°5280
  30. Erasme, Erasmus : Morus Orandi Deum [etc.]. Leyde, Maire, 1641.
    4 ouvrages en 1 volume.
    • vente Paris, 31 janvier au 5 février 1898, collection Piat, n°705
  31. Bellarmin, De Arte bene moriendi libri duo, op. card Bellarmini. Cologne, 1626.
    • Catalogue de livres rares et curieux de la librairie Auguste Fontaine, 1878-1879, n°111bis
  32. Respublica sive status Regni Poloniae, Lituaniae, Prussiae, Livoniae, etc. Leyde, Elzevier, 1627.
    • Bulletin Damascène-Morgand, 1883-1886, n°9005
  33. Just. Lipsi de constantia libri duo. Amsterdam, Cesius, 1624.
    • Cabinet d'un curieux, description de quelques livres rares, (Lucien Double), n°66
  34. Jo. Barclaii Argenis. Editio novissima cum clave. Leyde, Elzeviez, 1630.
    • Librairie Damascène-Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°114
  35. Orbis Phaëton hoc est de Universis Vitiis Linguae auctore Hieremia Drexelio. Cologne, Egmond, 1631.
    • Librairie Damascène-Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°115
  36. P. Bertii Commentarium rerum Germanicarum libri tres. Primus, de Germania Veteri, secundus, a Carolo Magno deinceps, tertius, de Urbibus. Amsterdam, Blaeu, 1634-1635. 3 volumes.
    • Librairie Damascène-Morgan (Edouard Rahir), 1910, n°121



Liste des possesseurs :
  • séminaire jésuite de Perpignan : n°4 (ex-libris sur le titre)
  • Aumale (duc d') maintenant au musée Condé à Chantilly : n°12
  • Brunet (Jacques-Charles) : n°22
  • Chanut (abbé Michel) : n°5 (ex-libris manuscrit)
  • Cigongne (Armand) : n°13, 14
  • Clinchamps (François-Etienne-Victor de) : n°7
  • Desbarreaux-Bernard (Tibulle) : n°3 (ex-libris), n°25
  • Double (Lucien) : n°10, 33
  • Esmérian (Raphaël) : n°2 (ex-libris), 3 (absent de son catalogue, ex-libris), 5, 6, 7, 8, 9, 10 (absent de son catalogue)
  • Ganay (Charles-Alexandre, marquis de) : n°21
  • Guyot de Villeneuve (Gustave) : n°7, 18
  • Laviolette (André) : n°1 (ex-libris)
  • Lebeuf de Montgermont (Adrien-Louis) : n°2
  • Morante (Joachim Gomez de la Cortina, marquis de) : n°21
  • Olry-Roederer (Léon) : n°9
  • Piat (Alfred) : n°30
  • Schiff (Mortimer L.) : n°10 (ex-libris), n°17
  • Solar (Félix) : n°7, 20
  • Techener (Léon) : n°23
  • Van Der Eslt (Charles) : n°10 (ex-libris)
  • Weiller (Paul-Louis) : n°2 (vente de sa bibliothèque)
  • Wittock (Michel) : n°3, 4
  • Yemeniz (Nicolas) : n°18
Bien entendu, nous sommes preneurs de toute information complémentaire.

Benoît

lundi 1 octobre 2018

Choderlos de Laclos. Description matérielle de l'édition des Liaisons Dangereuses portant le millésime 1784 "A Amsterdam et se trouve à Paris, chez Durand neveu".


      Avoir un exemplaire en mains est l'occasion pour le libraire d'en faire une description précise. Cette description est d'autant plus utile lorsque les bibliographes ne se sont pas penché sur son cas. C'est ce qui semble être le cas pour cette édition ancienne des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos parue sous le millésime de 1784 à l'adresse d'Amsterdam et Paris, chez Durand neveu.
      La bibliographie de référence concernant les éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime  1782 a été écrite en 1963 par Max Brun et tirée à part de la revue "Le Livre et l'Estampe" (n°33 - Premier numéro de 1963). Cette petite plaquette au format in-8 (22 x 14 cm env.) se compose de 64 pages dont 1 tableau dépliant et quelques reproduction de pages de titres en fac-similés. Comme sont titre l'indique, cette étude s'attache à répertorier en détail les différents tirages et éditions portant la date de 1782. Néanmoins, à la fin, l'auteur cite et donne quelques intéressantes informations sur d'autres éditions postérieures portant les dates de 1787, 1792 et 1796. Rien n'est dit cependant concernant cette édition portant le millésime de 1784 dont nous donnons la description comme suit :

      L'édition que nous allons décrire porte le millésime M. DCC. LXXXIV. [1784] sur les 4 pages de titre. Les volumes que nous avons en main sont de format petit in-12 (Hauteur des marges : 140 mm.). L'exemplaire étudié est relié en demi-basane de la première moitié du XIXe siècle mais ne semble pas avoir été rogné outrageusement à la vue des quelques témoins observés. Voici le texte des pages de titre. le symbole // marque la césure telle qu'elle apparaît sur chaque page de titre. Nous respectons l'orthographe et indiquons entre crochets [] les éléments qui donnent des informations supplémentaires.


Description :

      Chaque partie possède son propre faux-titre : LES LIAISONS // DANGEREUSES.

Première partie :

LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & // publiées pour l'instruction de // quelques autres. // PAR M. C. .... DE L. .. // [filet mince] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai // publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet mince] // PREMIÈRE PARTIE. // [petit fleuron composé de deux palmettes entre lesquelles se trouvent deux petits ronds] // A AMSTERDAM ; // Et se trouve A PARIS, // Chez DURAND, Neveu, Libraire, // à la Sagesse, rue Galande. // [double filet mince, celui du dessous légèrement plus court] // M. DCC. LXXXIV.

Seconde partie :

LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & // publiées pour l'instruction de // quelques autres. // PAR M. C. .... DE L. .. // [filet mince] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai // publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet mince] // SECONDE PARTIE. // [petit fleuron composé de deux palmettes entre lesquelles se trouvent deux petits ronds] // A AMSTERDAM ; // Et se trouve A PARIS, // Chez DURAND, Neveu, Libraire, // à la Sagesse, rue Galande. // [double filet mince, celui du dessous légèrement plus court] // M. DCC. LXXXIV.

Troisième partie :

LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & // publiées pour l'instruction de // quelques autres. // PAR M. C. .... DE L. .. // [filet mince] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai // publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet mince] // TROISIÈME PARTIE. // [petit fleuron composé de deux palmettes entre lesquelles se trouvent deux petits ronds] // A AMSTERDAM ; // Et se trouve A PARIS, // Chez DURAND, Neveu, Libraire, // à la Sagesse, rue Galande. // [double filet mince, celui du dessous légèrement plus court] // M. DCC. LXXXIV.

Quatrième partie :

LES LIAISONS // DANGEREUSES, // OU // LETTRES // Recueillies dans une Société, & // publiées pour l'instruction de // quelques autres. // PAR M. C. .... DE L. .. // [filet mince] J'ai vu les mœurs de mon temps, & j'ai // publié ces Lettres. // J. J. ROUSSEAU, Préf. de la Nouv. Héloïse. // [filet mince] // QUATRIÈME PARTIE. // [petit fleuron composé de deux palmettes entre lesquelles se trouvent deux petits ronds] // A AMSTERDAM ; // Et se trouve A PARIS, // Chez DURAND, Neveu, Libraire, // à la Sagesse, rue Galande. // [double filet mince, celui du dessous légèrement plus court] // M. DCC. LXXXIV.

      On constate une parfaite homogénéité des 4 pages de titre.

Voici le détail de la pagination :

Première partie : 1 feuillet de faux-titre (verso blanc). 1 feuillet de titre (verso blanc). Avertissement de l'éditeur (paginé 1 à 2). Préface du rédacteur (paginé 3 à 14). Les lettres commencent à la page 15 (sans numéro) jusqu'à la page 199 (verso blanc).

Seconde partie : 1 feuillet de faux-titre (verso blanc), 1 feuillet de titre (verso blanc). Les lettres commencent à la page 1 (sans numéro) jusqu'à la page 188.

Troisième partie : 1 feuillet de faux-titre (verso blanc), 1 feuillet de titre (verso blanc). Les lettres commencent à la page 1 (sans numéro) jusqu'à la page 175 (verso blanc).

Quatrième partie : 1 feuillet de faux-titre (verso blanc), 1 feuillet de titre (verso blanc). Les lettres commencent à la page 1 (sans numéro) jusqu'à la page 208.

Répartition des lettres selon les parties :

La première partie contient les lettres 1 à 50.

La seconde partie contient les lettres 51 à 87.

La troisième partie contient les lettres 88 à 123.

La quatrième partie contient les lettres 124 à 175.

Papier :

      Le papier utilisé pour l'impression des 4 parties est de bonne qualité, à vergeures verticales. Nous avons relevé un petit filigrane qu'on retrouve composé des initiales G B.

Ensemble ornemental :

      Nous donnons l'ensemble des petits ornements en annexe à la fin de cet article (fleurons, bandeaux, culs-de-lampe, avec à chaque fois leur emplacement dans les différentes parties).

Leçons que l'on peut tirer d'après l'étude de Max Brun :

      Cette édition portant le millésime de 1784 possède une pagination différente de toutes les éditions portant le millésime de 1782 décrites par Max Brun. Bien que les deux premières parties aient une pagination identique au tirage G (199 + 188), la mise en page diffère malgré tout puisque dans G la préface se termine par la page chiffrée 14 (verso) et non 13. De même les ornements diffèrent entre notre tirage de 1784 et G. Par ailleurs les troisième et quatrième parties diffèrent quant à la pagination de G. 175 et 208 pour 1784 contre 181 et 202 pour G. Dans les deux cas cependant il s'agit d'un tirage petit in-12 (environ 140 mm de hauteur).

     Si l'on compare maintenant quelques erreurs communément repérées dans d'autres tirages avec celui-ci de 1784, nous avons :

- La lettre XVIII est bien datée du 20 août comme dans A.
- La lettre XXI est bien datée du 20 août comme dans les premiers tirages A, B, C.
- La lettre XXIII est bien datée du 21 août comme dans A.
- La lettre LI est bien datée du 2 septembre
- Dans la note de la lettre VII, il est écrit "des autres Acteurs"
- Dans la lettre CLXVI, on retrouve comme dans A "votre chère santé"
- Comme dans A la dernière lettre (CLXXV) n'est pas datée.

      Alors que les éditions A, B, C, D décritent par Max Brun comportent 978 pages, l'édition E, 976, l'édition F, 975, l'édition G, 770, celle de 1784 n'en contient que 767 (199 + 188 + 175 + 208). Bien que différente de toutes les autres, c'est par le format et la pagination celle qui se rapproche le plus de G. Max Brun indique "qu'il n'est pas impossible que Durand neveu ait imprimé cette édition G. En est-il de même pour celle de 1784 ? L'édition H décrite par Max Brun ainsi que I, J , K, et L diffèrent quant à la disposition du titre notamment. Ces dernières éditions de pagination moindre (743, 664, 656, 687) semblent toutes des contrefaçons, copies plus ou moins fidèles des trois premières éditions Durand neveu. M et N ont été confondues avec des productions de Cazin. O est au format in-8.

Conclusion :

      L'édition portant le millésime de 1784 est de format petit in-12 (environ 140 mm) et se rapproche du tirage G de 1782 décrit par Max Brun bien que différente par la pagination et la mise en page. De même l'édition de 1784 ne contient pas les erreurs grossières relevées par Max Brun dans l'Avertissement et dans la pagination de la fin de la quatrième partie. Nous en concluons que l'édition de 1784 et l'édition G de 1782 n'ont pas ou très peu de filiation.

      L'édition portant le millésime de 1784 a-t-elle été publiée par Durand neveu ou est-ce une énième contrefaçon ? Difficile à dire bien que la qualité du papier, la mise en page et la correction du texte semblent indiquer une édition légitime, faite sans le consentement de l'auteur qui n'a officiellement reconnu que deux éditions en 1782.

      Pour finir, disons que la Bibliothèque nationale de France possède un exemple d'une édition des Liaisons dangereuses portant la date de 1784 (un libraire anglais en propose actuellement un exemplaire - pagination strictement identique à l'exemplaire que nous décrivons). Cependant celle-ci n'a rien à voir à priori avec celle que nous décrivons puisque sa pagination est toute différente (XVI-169, 170, 163, 184, avec le nom de Durand sur les titres). Cette édition conservée sous la cote 16-Y2-30215 possède une pagination encore différentes des 16 éditions décrites par Max Brun pour les tirages de 1782. Encore un autre tirage donc. Il faut donc se résoudre à penser qu'il existe des dizaines de tirages des Liaisons dangereuses parus entre 1782 et 1788, sur un même modèle (4 partie in-12 ou petit in-12 avec disposition identique ou quasi identique des pages de titre). Max Brun ne s'est attaché qu'au millésime 1782 et aux millésimes particuliers (complètement différents) de 1787, 1792 et 1796. Une nouvelle édition regroupant l'ensemble des tirages parus jusqu’à la fin du XVIIIe siècle serait à entreprendre.

Bertrand Hugonnard-Roche


Annexe - Petits ornements de l'édition portant le millésime 1784 décrite ci-dessus.





mercredi 12 septembre 2018

20 dessins originaux par un artiste inconnu ... vers 1945

Cher(e)s ami(e)s du Bibliomane moderne, j'en appelle à votre sagacité de bibliophiles amateurs pour essayer d'identifier (si cela est seulement possible) l'auteur de cette suite de 20 dessins originaux que je viens d'acquérir. Ces dessins à l'encre ont été délicatement et très habilement rehaussés de couleurs au crayon. Chaque dessin mesure environ 14 x 9,5 cm dans un encadrement d'un simple filet à l'encre. Ils ont été spécialement réalisés par l'artiste pour un ouvrage publié clandestinement en 1945. Chaque dessin porte en marge la page à laquelle il doit être placé et la scène dessinée correspond parfaitement au passage du texte concerné. S'il ne fait aucun doute que ces dessins sont contemporains de l'édition, soit vers 1945-1950, nous n'avons trouvé aucun élément permettant d'identifier leur auteur. Les catalogues de curiosa que nous avons pu consulter (vente Gérard Normann, etc.) ne contiennent aucune reproduction de dessins de facture approchante. L'ensemble est très joyeux comme vous pouvez le constater avec les reproductions ci-dessous. Si vous avez une idée ? ou mieux si vous avez croisé un dessin approchant, de même "patte", je suis preneur !

Bertrand Bibliomane moderne

PS : afin de ne pas avoir de problèmes avec la police ... nous avons restreint l'accès au Bibliomane moderne à un public adulte et averti. Désormais donc, qui lit ces pages ... consent !






















lundi 25 juin 2018

Petit amusement bibliographique autour de Rétif de la Bretonne et de Charles Monselet (1854-1858). De deux choses l'une ... idem !


Récemment je fais l'acquisition du volume suivant :


RÉTIF DE LA BRETONNE. Sa vie et ses amours ; documents inédits, ses malheurs, sa vieillesse et sa mort : ce qui a été écrit sur lui ; ses descendants ; catalogue complet et détaillé de ses ouvrages, suivi de quelques extraits ; par CHARLES MONSELET. Avec un beau portrait gravé par Nargeot et un fac-simile. Paris, Alvarès Fils, éditeur, Rue de la Lune, 24, 1854.

et puis aujourd’hui je reçois le volume suivant :


RÉTIF DE LA BRETONNE. Sa vie et ses amours ; documents inédits, ses malheurs, sa vieillesse et sa mort : ce qui a été écrit sur lui ; ses descendants ; catalogue complet et détaillé de ses ouvrages, suivi de quelques extraits ; par CHARLES MONSELET. Avec un beau portrait gravé par Nargeot et un fac-simile. A Paris, chez Aug. Aubry, libraire, Rue Dauphine, n°16, 1858.

Deux éditions du même ouvrage portant même titre au détail près, parues à 4 ans d'intervalle. Chaque édition est ornée en frontispice d'un portrait de Rétif de la Bretonne. Les voici :


Celui de gauche est celui présent dans la première édition de 1854 (Alvarez). Celui de droite est présent dans celui de l'édition de 1858 (Aubry). On remarquera que le portrait est identique à la différence près que celui de 1854 est avant la lettre (le nom de Rétif de la Bretonne ne se trouve pas gravé sur le socle). Dans les deux cas l'impression du portrait est sur vélin blanc.

Comparons les deux éditions. Elles ont toutes les deux la même pagination, et, pour le dire tout de suite, exactement la même typographie et la même justification, pour tout dire donc en un seul mot : idem ! Il s'agit en réalité du même tirage. Autrement dit, l'édition de 1858 publiée par Aug. Aubry n'est autre chose que le reste des invendus de la première édition parue quatre ans plus tôt chez Alvarès. On connaît le tirage qui a été de 520 exemplaires, savoir 400 exemplaires sur vergé, 60 exemplaires sur vélin, 40 exemplaires sur Hollande et 20 exemplaires sur papier rose. On retrouve d'ailleurs imprimé le même justificatif dans l'édition de 1858 (la typographie est différente cependant pour cette justification - ainsi que pour le faux-titre imprimé en noir dans l'édition de 1854 et en rouge dans l'édition de 1858). On trouve dans les deux exemplaires le même fac-simile relié à la fin du volume, même papier, même impression.

Que dire donc de tout cela ? Qu'en 1854, lorsque Monselet sort sa vie de Rétif chez Alvarès, tirée à 520 exemplaires, quatre ans plus tard, en 1858, la totalité des exemplaires n'ont visiblement pas été écoulés, loin de là, au point d'en proposer une remise en vente à peine masquée chez Aug. Aubry, sans changements, si ce n'est un nouveau titre et faux-titre. On en déduit tout de même une chose intéressante au sujet de Rétif de la Bretonne et de son oeuvre : en 1854 Rétif n'attire visiblement pas les foules au point qu'un tirage à à peine plus de 500 exemplaires d'un livre lui étant consacré ne fait pas recette et se trouve, comme bon nombre d'ouvrages de Rétif à la fin du XVIIIe siècle, bon pour servir de papier d'emballage chez l'épicier. Il faudra attendre Lacroix et sa bibliographie "montée de toute pièce" commanditée par le libraire Auguste Fontaine, qu'il faut voir comme un magistral coup de librairie permettant à celui qui avait acheté les Rétif en feuilles ou brochés pendant les années précédentes, de faire monter la cote d'un auteur bien mal en vue.

Bertrand Hugonnard-Roche
Bibliomane moderne

mardi 19 juin 2018

Pierre-Joseph Proudhon photographié sur son lit de mort par Etienne Carjat (19 janvier 1865).



Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), photographié par Etienne Carjat sur son lit de mort
le 19 janvier 1865, à Paris, dans la maison du 12 Rue de Passy (Paris, XVIe).


Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), les yeux clos, la sueur au front et les cheveux mouillés encore perceptibles à plus de 150 années de distance, sur son lit de mort au n°12 de la rue de Passy à Paris (XVIe arr.), photographié le 19 janvier 1865 par Etienne Carjat. Tirage albuminé contrecollé sur carton 106 x 62 mm. Gustave Courbet, ami de Proudhon et de Carjat, rate cet instant où la vie s'éteint sous nos yeux. Courbet fera peu de temps après une estampe à partir de cette photographie. Quelques heures avant son décès, ses amis libertaires réunis autour de lui se voyaient confier ses précieux manuscrits. Ses obsèques eurent lieu le lendemain 20 janvier. Deux jours après, le 22 janvier 1865, Émile de Girardin (directeur du journal La Presse) fait remarquer que Proudhon était mort de l’incapacité où il avait été mis d’exercer son robuste talent de polémiste. Son influence fut considérable sur les ouvriers qui fondèrent l’Internationale en France. Elle s’exerce encore, directement ou indirectement, sur le mouvement ouvrier français.

« Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni le titre, ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et dire qu'il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité, cette ignominie ; des prolétaires, qui posent leur candidature à la présidence de la république ! Hypocrisie ! »

Pierre-Joseph Proudhon (extrait de l'Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, Garnier frères, 1851).



mercredi 13 juin 2018

Deux informations à propos d'un exemplaire broché des Contemporaines de Restif de la Bretonne.



L'exemplaire que nous avons sous les yeux des Contemporaines de Restif de la Bretonne nous permet de déduire deux informations que nous pensons, sinon utiles, pour le moins intéressantes. Il s'agit d'un exemplaire complet des 42 volumes et des 283 figures hors-texte, conservé à l'état broché, non rogné, sous couverture de papier à la colle de couleur caramel. Au dos des volumes on ne trouve pas de pièce de titre mais simplement un numéro de tomaison imprimé en noir sur un petit carré de papier. La photographie ci-dessus montre l'aspect général des volumes, tous identiques. Nous avons examiné le brochage de chacun des volumes. Au verso du papier des couvertures, nous trouvons parfois (pas systématiquement), en guise de doublure, une feuille imprimée qui provient du rebut de feuilles imprimées en provenance d'un livre en particulier : Histoire d'Alexandre Ier empereur de toutes les Russies etc, par Rabbe, publié chez Truttel, Würtz et Ponthieu en 1826. De cette seule information on déduit que la brochage de cette série a été fait cette même année 1826 ou très peu de temps après. C'est-à-dire bien postérieurement (plus de 30 ans après l'impression du dernier volume de la série achevé d'imprimer en 1792 - la série est entièrement de la deuxième édition imprimée entre 1781 et 1792 - 34 ans exactement). On en déduit dans le même temps que jusqu'en 1826, ces 42 volumes étaient restés "en feuilles", non brochés, certainement stockés alors en paquets dans quelque remise de libraire ou d'imprimeur. Cette information vient confirmer s'il en était besoin que les ouvrages de Restif de la Bretonne, comme certains de ses contemporains aimaient l'écrire, étaient juste bon pour servir d'emballage chez les épiciers. En effet, que de papier dans ces 42 volumes in-12 ! Cet exemplaire aura échappé à la destruction un peu miraculeusement. Nous n'avons aucune idée de la provenance de ces volumes (aucun ex libris). Nous ne saurons donc jamais pour qui ni pourquoi ils n'ont été brochés qu'en 1826. Mais le fait est là.




La photographie ci-dessus quant à elle, apporte une autre information intéressante. Si vous l'observez attentivement, vous remarquerez deux petites piqûres de vers dans l'estampe (au centre et en haut pour l'une et un peu plus bas à droite pour l'autre). Si vous regardez encore mieux, vous remarquerez que le scan qui a été fait montre du blanc sous les trous de vers. Ce blanc indique une chose qu'il n'était pas facile de vous montrer à distance, à savoir que le feuillet précédent n'est pas troué ! Le feuillet suivant non plus d'ailleurs ! Cette information ne peut signifier qu'une seule chose : le feuillet d'estampe, percé par les vers, ne se trouvait pas dans le volume broché au moment de l'attaque d'insecte. C'est-à-dire que les estampes ont été placées dans les volumes lors du brochage (en 1826 seulement). Cela implique qu'il y avait d'une part des paquets de feuilles imprimées (texte) et d'autres part, stockées séparément, un stock de gravures (un grand nombre ont du se perdre d'ailleurs ...). L'examen approfondi de l'ensemble des 283 estampes permet de constater autre chose dans le présent exemplaire : toutes les gravures ne sont pas du meilleur tirage, loin de là. Certaines sont très belles, bien encrées et d'un noir intense, tandis que d'autres, selon les volumes, sont d'un tirage moins net et beaucoup plus pâle. Sachant donc qu'il existait en parallèle des paquets de feuilles imprimées, des paquets d'estampes, on comprend donc que les estampes étaient placées dans les volumes en fonction de celles qui restaient ... certaines de bon tirage, d'autres de mauvais tirage (parce qu'il n'y en avait plus d'autres disponibles). Restif était mort depuis 1806 et ces arrangements de librairie (qui ne lui étaient sans doute pas étranger de son vivant) montrent d'une part que ses ouvrages ont toujours été l'objet d'un traitement un peu particulier, par les libraires, par les imprimeurs, et par ses lecteurs même pourrait-on dire.

Bertrand Hugonnard-Roche

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