mercredi 10 avril 2019

Almanach du Vrai Morvandais. 6e Année. 1914. Imprimerie Moderne Labille-Rousseau, Saulieu. Bourgogne. Morvan. Morvand. Morvandiau. Morvandelle.


Chers amis lecteurs du Bibliomane moderne,

J'ai de profondes racines ancrées dans le Morvan. Ce Morvan pauvre et rocailleux dont Rétif de la Bretonne parlait en disant (lui l'icaunais) que ses gens étaient si pauvres qu'ils venaient jusque dans les vignobles de l'Yonne près de Sacy pour vendanger le raisin pour gagner quatre sous. Tout le monde connaît ces nourrices du Morvan qui donnèrent la tétée à des dizaines de générations de rejetons de bourgeois parisiens dont les femmes ne voulaient pas déformer leur corps en élevant un minot avec leur propre lait. Ce Morvan déshérité, posé sur le granit rose, baigné par de splendides rivières, décoré de beaux vallons et collines, théâtre du flottage du bois qui a chauffé Paris pendant plusieurs siècles, ce Morvan si cher à mon cœur a aussi reçu nombre de gamins de Paris abandonnés, "ceux de l'Assistance publique", pour y être élevés à la dur entre les écuries puantes et la cour boueuse des fermes des propriétaires terriens. Tous les morvandiaux n'étaient pas pauvres ! Ces gamins de l'Assistance, mon arrière-grand-père Louis C., né en 1870, en était. Il a été élevé dans une famille du petit village de Trinquelin, petit hameau champêtre où circule le petit cours d'eau du même nom. Trinquelin est tout proche du village de St-Léger-de-Foucheret plus connu aujourd'hui sous le nom de St-Léger-Vauban, village qui a vu naître le célèbre Maréchal de France, grand architecte et ingénieur militaire du règne de Louis XIV. Son château de Bazoches est non loin, baigné dans cette même nature sauvage du Morvan. Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban les a bien connus ces pauvres gens du Morvan, à peine logés sous des maisons recouvertes de chaume, il en a d'ailleurs tiré des conclusions sur la pauvreté du royaume de France en proposant à Louis XIV une réforme de l'imposition des plus démunis. Son Projet d'une dixme royale publié en 1707 vaudra à son auteur une fin de vie moins glorieuse que celle qu'il aurait pu attendre. Ce Projet hardi visait à supprimer la taille, les aides, les douanes d'une province à l'autre, les décimes du Clergé, les affaires extraordinaires et tous autres impôts onéreux et non volontaires. Elle visait aussi à diminuer le prix du sel de moitié et plus ; le tout devant produite au Roi un revenu certain et suffisant, sans frais, sans être à charge à l'un de ses sujets plus qu'à l'autre, qui s'augmenterait considérablement par la meilleure culture des terres. Son livre fut condamné au feu. Les « années de misère » de la fin du règne du Roi Soleil (1692, 1693 et 1694) sont des années de disette alimentaire épouvantables, qui font 3 millions de morts, soit un dixième de la population. Le Morvan n'a évidemment pas été épargné. Fin de digression autobiographique. Venons-en aux faits ! Venons-en à ce qui nous intéresse ici : les livres ! ou plutôt : Un livre !


Découverte de hasard, j'ai entre les mains un ouvrage bien modeste qui n'en n'est pas moins très rare, semble-t-il. Quel est-il ? J'y viens :

Almanach du vrai Morvandais. 6ème Année. 1914. Imprimerie Moderne Labille-Rousseau, Saulieu.

Volume de format petit in-4 (21,5 x 15,5 cm), broché (ou plutôt agrafé - deux grosses agrafes perforent le dos de part en part pour maintenir les quelques 180 pages du volume. La première de couverture (voir photo) est illustrée, au dos on peut lire imprimé en long : "ALMANACH du VRAI MORVANDAIS - 1914". La quatrième de couverture est une publicité pour la Grande Chapellerie Parisienne A. Gervais située 1, Place des Terreaux à Saulieu (Côte d'Or).

Nous allons essayer de décrire ce que contient ce volume illustré en noir et blanc et en couleurs.

Outre les nombreuses publicités pour des produits médicinaux et autres (magasins locaux ou parisiens), on y trouve :

- 1 jeu de l'oracle imprimé en couleurs (2 pages)
- 1 annuaire pour 1914
- 1 calendrier imprimé en couleurs (avec les travaux du mois aux champs et au jardin)
- des petites nouvelles en français et d'autres en morvandiau
- des illustrations hors-texte en noir et en couleurs
- des articles (pour guérir un rhume ; des recettes, des renseignements utiles, etc.)
- à la fin on trouve dans des pages supplémentaires le calendrier des différentes foires de France

Quid de cet Almanach comme il en a existé tant d'autres dans les différentes régions de France ?

Ce qu'il a de particulier cet Almanach du vrai Morvandais (certains diront Morvandiau), c'est qu'il est introuvable et qu'on en parle nulle part !

C'est d'autant plus étonnant que cet Almanach de 1914 est celui de la "Sixième Année" comme l'indique la couverture et la page de titre. Si l'on s'en tient à cette information cela signifie donc qu'il a existé antérieurement 5 années (1913, 1912, 1911, 1910 et 1909).

1909 serait donc la première année de cet Almanach du vrai Morvandais.


Nous reproduisons ci-dessous l'avis "Aux Lecteurs et aux Amis" placé en tête du volume.

          Aux Lecteurs et aux Amis,

          Au moment d'entrer dans sa 6e année d'existence l'Almanach du Vrai Morvandais a le plaisir de présenter à ses nombreux lecteurs et ami (sic) ses meilleurs vœux. Il les remercie de lui avoir réservé à chacune de ses apparitions le plus cordial et le plus encourageant accueil.
          Le Vrai Morvandais cette année comme d'habitude apporte avec lui une nouvelle série d'historiettes écrites dans le savoureux patois que tout le monde connait maintenant et qui fait rire de si bon cœur. Nous espérons que celles-ci, pas plus que leurs aînées n'engendreront la mélancolie. Grâce à la collaboration d'un jeune compatriote de talent, lauréat des Ecoles des Beaux-Arts de Dijon et de Paris, plusieurs de ces histoires sont joyeusement et finement illustrées et la couverture elle-même s'est avantageusement transformée, pour devenir plus artistique et plus attirante.
          
          Comme le Vrai Morvandais rêve d'être un modeste trait d'union entre tous ceux qui s'intéressent au beau pays qu'est le Morvan, qui aiment autant ses vieux souvenirs, ses antiques coutumes, son pittoresque langage que la fraîcheur de ses vallées et le charme mélancolique de ses montagnes, il sera heureux de publier les historiettes en patois qu'on voudra bien lui adresser. A cette publication il ne mettra que ces conditions : ne faire aucune allusion pouvant blesser les opinions politiques ou religieuses de quiconque, mais "blaguer gentiment". Les questions de personnalités sans l'assentiment des intéressés seront évitées. Quant aux noms des pays mis en jeu, peu importe, puisque ce ne seront qu'anodines plaisanteries, les habitants de ce pays (seront) les premiers à rire de cette réclame inespérée. Enfin bien que le langage morvandeau à l'instar du latin brave l'honnêteté dans le genre leste ou gaulois il faudra s'arrêter à temps et ne pas dépasser la mesure permise ... même en patois.

          L'Almanach du Vrai Morvandais.

L'envoi des articles devait se faire avant le 1er otobre.

La couverture est signée A. David. Nous trouvons des dessins signés par Poulbot, Thomen, Brun, S. d'Alba, etc. Certains textes sont empruntés à Paul Arène ou encore Pierre Luguet, Montjoyeux, Désiré Mispolet, Louis Tybalt, Henri Lavedan, Roger Régis, Michel Corday, Léo Larguier, Ernest Laut, Marcel Prévost, G. Spitzmuller, Jules Moinaux, Rallye, André Theuriet, etc.

On retiendra que cet Almanach contient 5 textes rédigés en morvandiau (patois) :

- Eine Mâtrosse Réponse
- L'Ane du Mûnier
- Le Couloû
- Le Câbinet du Ministre
- Le ratais

Nous disions donc que cet Almanach du Vrai Morvandais résiste à toutes nos recherches dans les différents dépôts publics. Aucun exemplaire n'est répertorié au CCfr (Catalogue Collectif des Bibliothèque de France). Aucune occurence dans Google ... c'est dire ! Pas plus que dans Google Books ... nada ! rein du tout comme aurait dit mon grand-père (le fils de Louis C. ... oui je sais il faut suivre).

Bref, très heureux d'avoir en mains ce précieux Almanach du Vrai Morvandais qui me rattache un peu plus à mon histoire. Louis C. avait 44 ans en 1914, son fils André C. seulement 7 ans. Louis C. ne savait sans doute pas lire ni écrire correctement le français mais le morvandiau oui ! Son fils André C. m'en a transmis quelques bribes qui me reviennent en mémoire. André C. est mort en 1999 et avec lui s'est éteint dans ma famille la pratique du Morvandiau ... Ainsi va la vie !

Si un jour vous croisez un autre exemplaire de cet Almanach du Vrai Morvandais, faites-moi signe !

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

Suivent ici de nombreuses photographies de cet Almanach du Vrai Morvandais pour vous donner une idée du contenu et de sa présentation.



























mercredi 20 mars 2019

Pénurie de bon papier en 1794 ... Rétif de la Bretonne imprime ses livres sur ce qu'il trouve ... rafistole ... répare ... la preuve en image. Les Nuits de Paris (XVIe et dernière partie).


Réparation du papier "avant impression" bien visible par transparence.


Voici une petite histoire pour bibliophiles. J'étais en train de regarder (humer - qu'est-ce qu'il sentent bon ces volumes ...) le XVIe tome des Nuits de Paris de Rétif de la Bretonne (le dernier tome de la série et le plus rare - vraiment très rare) quand je me suis arrêté sur le feuillet paginé 561/561 (mal paginé au verso, 561 au lieu de 562). Mes doigts ont senti une différence d'épaisseur dans la feuille. J'ai regardé le papier par transparence devant une lumière forte (voir photo). On voit nettement que le papier (de très mauvaise qualité) a été rafistolé (il n'y pas d'autres mot). Mais rafistolé AVANT impression.


Page de titre de la XVIe Partie des Nuits de Paris.
Ce dernier tome a été largement censuré et est devenu très rare.


En 1794 (date de l'édition) le papier était très rare et cher et Rétif sans le sou. Il a fait imprimer ou plutôt imprimé lui-même ce dernier volume des Nuits de Paris sur du papier de fortune (papiers qu'il devait récupérer ici ou là pour finir son tirage). On voit bien les deux sortes de papier qui, réhumidifiés et réencollés avant impression, ont permis de tirer tant bien que mal ce texte malmené par la censure du fait des propos tenus par Rétif sur les épisodes révolutionnaires et post-révolutionnaires, le roi et la nation.

Bertrand Hugonnard-Roche
Bibliomane moderne



Feuillet 561/561 (sic)
Recto / Verso
imprimé sur papier rafistolé de mauvaise qualité 

mercredi 27 février 2019

LES // CONTEMPORAINES, // OU // AVENTURES DES PLUS JOLIES FEMMES // DE TOUTES LES CLASSES DE LA SOCIÉTÉ. Paris, Peytieux, 1825. 38 tomes reliés en 19 volumes. Description et commentaire.



LES // CONTEMPORAINES, // OU // AVENTURES DES PLUS JOLIES FEMMES // DE TOUTES LES CLASSES DE LA SOCIÉTÉ. // recueillies // Par RÉTIF DE LA BRETONNE. // (Imprimé en 1790 par Büschel, à Leipsick.) // AVEC GRAVURES. // TOME I. (à XXXVIII) // PARIS, // PEYTIEUX LIBRAIRE, GALERIE DELORME. // 1825. // Imprimerie de A. Belin.

Description sur l'exemplaire (*)

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VOLUME 1. TOME 1-2. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome I. I. Vol. paginé (3) à 290. + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome II. II. Vol. paginé (291) à 552.

VOLUME 2. TOME 3-4. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome III. III. Vol. paginé (3) à 292. + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome IV. IV. Vol. paginé (295) à 600.

VOLUME 3. TOME 5-6. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome V. V. Vol. paginé (3) à 343. + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome VI. VI. Vol. paginé (347) à 672.

VOLUME 4. TOME 7-8. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome VII. VII. Vol. paginé (3) à 264. + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome VIII. VIII. Vol. paginé (291) à 655-(5).

[Il manque à cette remise en vente les parties IX, X, XI et XII] (**).
Le libraire Peytieux n'a pu en disposer (volumes alors épuisés).

VOLUME 5. TOME 9-10. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome IX. XIII. Vol. paginé (3) à 370-(14). + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome X. XIV. Vol. paginé (387) à 672.

VOLUME 6. TOME 11-12. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XI. XV. Vol. paginé (3) à 364-(12). + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XII. XVI. Vol. paginé (371) à 734-(22).

VOLUME 7. TOME 13-14. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XIII. XVII. Vol. paginé (3) à 318-(42). + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XIV. I & XVIII. Vol. paginé (3) à 326-(54).

VOLUME 8. TOME 15-16. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XV. II. & XIX. Vol. paginé (9) à 208-(112). + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XVI. III. & XX. Vol. paginé (291) à 579-(21).

VOLUME 9. TOME 17-18. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XVII. IV. & XXI. Vol. paginé (3) à 346-(14). + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XVIII. V. & XXII. Vol. paginé (355) à 666-(26).

VOLUME 10. TOME 19-20. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XIX. VI. & XXIII. Vol. paginé (3) à 264-(24) puis paginé 265 à 280. + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XX. VII. & XXIV. Vol. paginé (283) à 541-(11).

VOLUME 11. TOME 21-22. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXI. VIII. & XXV. Vol. paginé (3) à 278-(10) + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXII. IX. & XXVI. Vol. paginé (291) à 648.

VOLUME 12. TOME 23-24. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXIII. X. & XXVII. Vol. paginé (3) à 280-(8) puis paginé de 281 à 352 + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXIV. XI. & XXVIII. Vol. paginé (355) à 661-(3).

VOLUME 13. TOME 25-26. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXV. XII. & XXIX. Vol. paginé (3) à 367-(3) + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXVI. XIII. & XXX. Vol. paginé (363) à 604-(66).

VOLUME 14. TOME 27-28. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXVII. I. & XXXI. Vol. paginé (3) à 266 et paginé ([3]) à [16]-(8) + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXVIII. II. & XXXII. Vol. paginé (291) à 600.

VOLUME 15. TOME 29-30. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXIX. III. & XXXIII. Vol. paginé (3) à 292-(28) + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXX. IV. & XXXIV. Vol. paginé (323) à 598-(2).

VOLUME 16. TOME 31-32. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXXI. V. & XXXV. Vol. paginé (3) à 334-(2) + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXXII. VI. & XXXVI. Vol. paginé (309) à 548-(14).

VOLUME 17. TOME 33-34. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXXIII. VII. & XXXVII. Vol. paginé (3) à 310-(2) + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXXIV. VIII. & XXXVIII. Vol. paginé (315) à 600.

VOLUME 18. TOME 35-36. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXXV. IX. & XXXIX. Vol. paginé (3) à 368 + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXXVI. X. & XL. Vol. paginé (371) à 702-(2).

VOLUME 19. TOME 37-38. 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXXVII. XI. & XLI. Vol. paginé (3) à 282-(22) + 1 feuillet de titre (Peytieux, 1825) tome XXXVIII. XII. & XLII. Vol. paginé (307) à 568-(22).

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 (*) Exemplaire relié plein cartonnage papier bleu nuit à la bradel. Pièce de titre de cuir rouge "LES CONTEMPORAINES". Filets horizontaux aux dos. Numéro de volumes au dos (double numéro " 23-24" etc. Exemplaire relié sur brochure, non rogné, tranches ébarbées. Le tirage des gravures présentes dans les 38 tomes sont la plupart d'un tirage assez médiocre assez pâle. Ex libris malheureusement gratté présent dans tous les volumes. reliure de l'époque (1825).

(**) les parties IX, X, XI et XII qui manquent ici contiennent les nouvelles 53 à 80.

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Répartition des gravures présentes dans l'exemplaire.

VOLUME 1 : Il a perdu la mémoire + Les Associés
VOLUME 2 : La mort d'amour + L'ancienne inclination
VOLUME 3 : Le Mari-Dieu + La Belle-Laide
VOLUME 4 : Le Mari-père + La Vertu inutile
VOLUME 5 : Le Mariage enfantin + La Fille volée (sic)
VOLUME 6 : La fille à la mode + La Femme aveugle et le mari sourd
VOLUME 7 : Hélène + La jolie Vielleuse
VOLUME 8 : La Mercière + Les Rôtisseuses
VOLUME 9 : L'Agremeniste + La Confiseuse
VOLUME 10 : Les onze marchandes + La Tonnelière
VOLUME 11 : Les Épouses par quartier + Femmes qui rendent heureux (leur mari)
VOLUME 12 : La Petite Coureuse + La Femme de chambre
VOLUME 13 : Les Journalières + La Vigneronne
VOLUME 14 : La Marquise et la Comtesse + Les Femmes de garnison
VOLUME 15 : La Mère grosse pour sa fille + Les Soeurs-Maîtresses
VOLUME 16 : L'Intendante + La Procureuse
VOLUME 17 : La Bourgeoise + La Garde Malade
VOLUME 18 : figure avant la lettre (acteurs) + figure avant la lettre (deux femmes)
VOLUME 19 : figure avant la lettre (chanteuses) + figure avant la lettre (danseurs)

Soit 38 gravures en tout pour les 38 volumes (1 gravure en frontispice de chaque tome).


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Paul Lacroix (Bibliophile Jacob) pris les doigts dans le pot de confiture !



On retiendra que Paul Lacroix, dans sa  Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne publiée en 1875 chez le libraire Auguste Fontaine, à l'occasion de la description de cette remise en vente de 1825, est pris en flagrant délit de Bibliographie-Fiction voire d'invention bibliographique pure et simple. Explication. Paul Lacroix écrit page 197 : "En 1825, le libraire Peytieux, se trouvant propriétaire d'un certain nombre d'exemplaires des Contemporaines, les fit brocher avec une nouvelle étiquette (i.e. page de titre) et en annonça la vente, par livraisons. Mais ces exemplaires, dont les figures sont quelquefois en bonnes épreuves, ne contiennent que trente-huit volumes, les six derniers de l'ouvrage ayant été épuisés, avant les premiers qui étaient, comme nous l'avons dit, tirés à plus grand nombre."  Mais où a-t-il été pêcher de telles informations ? Certainement pas en consultant un exemplaire de cette remise en vente comme nous pouvons le faire aujourd'hui ! Ce ne sont les les 6 derniers volumes des Contemporaines "épuisés" qui manquent à la remise en vente Peytieux de 1825 mais les tomes IX, X, XI et XII qui appartiennent à la première série normalement complète en 17 tomes. Paul Lacroix invente donc ... Pour quelle raison ? on ne sait pas ... De même pour les épreuves des gravures qu'il dit "quelquefois en bonnes épreuves" ... on sait qu'il n'y a que quelques gravures (en général 1 en frontispice de chaque volume) pour cette remise en vente. Nous avons eu en mains 18 volumes d'un autre exemplaire de cette remise en vente et nous avons ainsi pu constater que seulement 1 gravure était placée en frontispice ou au milieu du volume. Le tirage des gravures de cette remise en vente de 1825 est généralement pâle.
Rives Childs n'a fait que reprendre l'information de Lacroix dans sa bibliographe des ouvrages de Restif de la Bretonne. Sans précision supplémentaires ni même sans reprendre le détail de Lacroix. Rives Childs n'a donc jamais eu en mains non plus cette remise en vente. Voir ci-dessous :


Par ailleurs, c'est Charles Monselet qui évoque le premier cette remise en vente en 1854. Il écrit alors : "En 1825, le libraire Peytieux, se trouvant propriétaire d'un certain nombre de Contemporaines, fit faire une nouvelle couverture et en annonça la vente. 38 vol." Cela ressemble furieusement à ce qu'écrira Lacroix 20 ans plus tard ... les précisions affabulées par Lacroix en moins !

En conclusion, disons qu'il est impératif d'avoir un exemplaire en mains pour pouvoir en dire quelque chose de précis et juste. Visiblement ni Lacroix, ni Rives Childs, ni Monselet n'ont fait preuve de cette justesse.

PS : si vous possédez un exemplaire complet des 38 volumes de cette remise en vente Peytieux 1825 ou de quelques volumes seulement, nous serons heureux d'entrer en contact avec vous pour comparer votre exemplaire à celui décrit ci-dessus.

Bertrand Hugonnard-Roche


samedi 23 février 2019

Commentaires manuscrits en marge des premières nouvelles des Contemporaines de Rétif de la Bretonne, par un anonyme ...


Coll. Bertrand Hugonnard-Roche

Les commentaires ci-dessous se trouvent manuscrits en marge des deux premiers volumes d'un exemplaire de la seconde édition (remise en vente sous une nouvelle page de titre en 1825 par le libraire Peytieux, situé dans la Galerie Delorme. Nous reparlerons ultérieurement de cette curieuse remise en vente tronquée de 4 volumes (38 volumes au lieu des 42 requis). Il est difficile de dater l'écriture. Soit ces quelques commentaires, qui s'arrêtent avec la XXVIIIe nouvelle, ont été écrit à la parution en 1782 ou quelques années après, soit ils ont été écrits en 1825 ou peu de temps après. Quoiqu'il en soit, nous avons pensé que ces quelques lignes présentaient un intérêt certain. Nous découvrons l'avis d'un lecteur contemporain ou quasi-contemporain des Contemporaines de Rétif. Ce lecteur attentif n'a hélas pas laissé son identité. Un ex libris gratté subsiste dans les 38 volumes, pour le moment resté non identifié. L'avis de ce mystérieux lecteur est mitigé mais globalement plutôt enthousiaste. Certaines nouvelles lui apparaissent "jolies" voire "fort jolies" quand d'autres sont "peu vraisemblables" voire "peu intéressantes et faiblement contées". Ces commentaires sont écrits à l'encre brune pâle, de la taille de véritables pattes de mouches (voir photos), assez difficile à déchiffrer mais nous avons pu rétablir l'intégralité du texte. Les voici :

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Coll. Bertrand Hugonnard-Roche


Nouvelle I. Le Nouveau-Pygmalion.

Intéressante. Trait de vengeance bien étonnant.

Nouvelle II. Il a perdu la mémoire.

Jolie et originale. Bien dialoguée.

Nouvelle III. N'importe laquelle.

Charmante, dialoguée avec un naturel exquis. Sujet original.

Nouvelle IV. La Soubrette par amour.

Assez drôle.

Nouvelle V. La petite amoureuse.

Un peu longue mais plein de naturel.

Nouvelle VI. La Grisette épousée.

A(ssez) jolie et contenant une scène agréable.

Nouvelle VII. L'Honneur éclipsé par l'Amour.

Assez jolie.

Nouvelle VIII. La Fille-de-Marchand et le Garson-de-boutique.

Intéressante et très morale, quoique trop longue.

Nouvelle IX. La Fille échappée.

Charmante, bien dialoguée.

Nouvelle X. Les 20 épouses des 20 associés, Nouveau moyen de bannir l'ennui du ménage.

Ingénieuse, neuve, intéressante. Que de bon sens dans cette dame Ste Eusèbe ! Jusqu'à l'anticipation toutefois. Le refus qu'en fait St Preux est des plus piquans.

Nouvelle XI. La Jeune-demoiselle, et le petit Auvergnat.

Jolie.

Nouvelle XII. Le Garson-Fille ou le Pouvoir du-Sexe.

Jolie, malgré des déguisements peu vraisemblables.

Nouvelle XIII. La Fille-garson.

Fort jolie.

Nouvelle XIV. La * * * * (qu'on devinera).

Trop mystérieuse pour le dénouement. Sujet déjà rebattu.

Nouvelle XV. La Mort-d'amour.

Tragique et intéressante mais bien romanesque. On ne meurt plus comme cela.

Nouvelle XVI. Le Mariage caché.

Extrêmement piquante. La plus jolie des seize.

Nouvelle XVII. La Fille attrapée.

Très morale et assez amusante.

Nouvelle XVIII. La Belle-Hôtesse, et son Pensionnaire.

Amusante et morale. Charmants dialogues.

Nouvelle XIX. La Fille séduite, ou l'ami de la maison.

Frappante de vérité et d'une indécence qui n'exclut pas la morale. Le dialogue entre les deux filles est supérieurement traité.

Nouvelle XX. Le Mari à l'essai.

Ingénieuse, neuve, intéressante. Que de bon sens dans cette dame Ste Eusèbe ! Jusqu'à l'anticipation toutefois. Le refus qu'en fait St Preux est des plus piquans.

Nouvelle XXI. La Femme à l'essai ou la jolie Gouvernante.

Assez gentille quoique moins intéressante que la précédante. La manière dont Louise accueille les galanteries de l'avocat & du 1er clerc , est bien racontée & ce qu'il y a de mieux.

Nouvelle XXII. L'Attente trompée.

Peu intéressante et faiblement contée. Point de vraisemblance dans ces demandes en mariage qui se font toutes en même temps, malgré l'extrême jeunesse de plusieurs des époux.

Nouvelle XXIII. La Fille naturelle.

De celles dont on ne dit rien.

Nouvelle XXIV. L'Amazone, ou la Fille qui veut faire un Enfant.

Histoire incroyable et qui m'a tout l'air d'un roman quoique l'auteur prétende en connaître beaucoup d'autres dans le même genre.

Nouvelle XXV. L'ancienne inclination.

Intéressante.

Nouvelle XXVI. Le premier Amour.

Très jolie.

Nouvelle XXVII. La Femme au Mari invisible ou Recette pour les héros défigurés à la guerre.

Peu croyable.

Nouvelle XXVIII. La mauvaise Mère.

Intéressante, quoique le caractère de la mère ne soit pas dans la nature.



Coll. Bertrand Hugonnard-Roche

___________________

Un recensement des exemplaires annotés et commentés des Contemporaines serait intéressant à effectuer. Peut-être d'ailleurs cela a-t-il déjà été fait. Nous n'avons pas encore croisé de tels documents. Nous compléterons le présent billet en fonction de nos découvertes à venir.


Bertrand Hugonnard-Roche
Bibliomane moderne

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