Voici une reliure qui ne passe pas inaperçue ! Réalisée par un relieur "haut en couleurs" vers 1885 qui n'a pourtant pas osé laisser son nom pour l'immortalité, cette reliure à la bradel est composée d'un dos de soie teintée multicolore et de plats recouverts d'un papier fleuri imprimé en couleurs. Les pièces de titre en cuir rouge (basane) ne sont pas du meilleur goût. Que penser de cette alliance criarde pour bibliophile enjoué. En effet, elle recouvre une édition de bibliophile de l'Elite des contes du Sieur d'Ouville, réimprimée sur l'édition de Rouen 1680, avec une préface et des notes par G. Brunet, Paris, Librairie des bibliophiles, 1883 (2 vol. gr. in-8, tirage de tête sur grand papier, un des trente exemplaires sur papier de Chine).jeudi 12 novembre 2009
Reliure de la fin du XIXe siècle : une affaire de goût !
Voici une reliure qui ne passe pas inaperçue ! Réalisée par un relieur "haut en couleurs" vers 1885 qui n'a pourtant pas osé laisser son nom pour l'immortalité, cette reliure à la bradel est composée d'un dos de soie teintée multicolore et de plats recouverts d'un papier fleuri imprimé en couleurs. Les pièces de titre en cuir rouge (basane) ne sont pas du meilleur goût. Que penser de cette alliance criarde pour bibliophile enjoué. En effet, elle recouvre une édition de bibliophile de l'Elite des contes du Sieur d'Ouville, réimprimée sur l'édition de Rouen 1680, avec une préface et des notes par G. Brunet, Paris, Librairie des bibliophiles, 1883 (2 vol. gr. in-8, tirage de tête sur grand papier, un des trente exemplaires sur papier de Chine).
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23 commentaires:
Pouah ! un coup à vous pourrir une bibliothèque... c'est à vendre, çà ?
T
Non, pardon Bertrand, mes propos auraient du être plus mesurés;
cette reliure peut plaire aux nostalgiques de l'époque 1900.
Et, de fait, je suis né dans un appartement Haussmanien, dont une pièce, un réduit plutôt, n'avait pas été refait depuis l'origine et était décoré d'un papier peint qui me fait penser à cette reliure. C'est sans doute pour cela que j'ai dit "Pouah" car cette pièce, appelée le "Cabinet noir" était celle où l'on m'enfermait en guise de punition !
T
Très laide!
Incapable d'acheter une pareille reliure. Incapable également de la vendre...
Peut-être pour montrer ce qu'il ne faut pas faire ?
Pierre
Je crois que c'est le juste moment pour parler d'une loi fondamentale du grand Douglas Coughlin, négativiste rationnel de la fin du XXe siècle qui édictait ainsi :
"N'importe quoi d'autre
est toujours mieux."
B.
On aimerait bien savoir où vous avez pu acquérir cette chose; Dans un vide-grenier ? Un dépôt d'Emmaus ? la Fiac? votre tante Berthe ? ...
T
Cette "chose" comme vous dites Textor avait à mes yeux un intérêt... le texte !
B.
Elle est originale, comme devait l'être son possesseur.
Paix à son ombre fugitive, et les cornes aux ayatollahs !
Deux ex libris... donc deux possesseurs possibles entre autres...
Vous les voulez vraiment ? (sourire)
B.
C'est affreux.
Euh, pardon, je veux dire : je n'aime pas.
Oui, Bertrand, on voudrait en savoir plus sur ces congénères.
Je viens d'ajouter une photo de chaque ex libris.
B.
Ces deux ex-libris paraissent révéler 2 personnalités très différentes de possesseurs, l'un semblait avoir des goûts très classiques tandis que l'autre, plus fantasque, colle mieux avec le style de la reliure. C'est amusant.
En ce qui me concerne, j'aurais placé un ex_libis anonyme, histoire qu'on n'associe pas mon nom à la reliure !! :)
Machin-chose Doria et Catherine, on vous adore. Tout le reste était pareil ?
Si vous me permis, et je suis d’accord avec vous, mais ce problème est un vrai dilemme pour le relieur moderne: « comment faire des reliures artistiques si tous les bibliophiles sont aussi irréductibles ?»
Bonsoir
Je ne partage pas vos appréciations.
Cette reliure, qui n'aurait pas déplu à Octave Uzanne, est un beau témoin de l'art de la reliure de son temps. En outre, elle sort de la bibliothèque d'un avocat célèbre de Marseille, Emmanuel Jeanbernat, membre titulaire éminent de la Société d'Anthropologie de Paris, descendant du non moins célèbre amiral de la flotte de Charles V, Andrea Doria (1466-1560).
Si personne n'en veut, je l' accueille volontiers parmi mes livres.
Belle preuve de tolérance Bibliophile Rhemus !
B.
Une vivothèque n'est-elle pas à l'image d'une bibliothèque ? Comme le vin, je me bonifie peut-être en vieillissant ...
VINOTHEQUE, bien sûr...
à moins que.. lapsus calami révélateur d'une pensée qui veut vivre encore longtemps ?
Ma grand-mère dont la chambre était entièrement tapissée de toile de Jouy du sol au plafond me disait : " Les goûts et les couleurs, ça ne discute pas..."
Cette reliure est en effet "originale" et sa provenance "éminente". Elle peut être "solide" aussi.
Associer le bleu et le jaune et leurs dégradés, le vert, le rouge, les figures géométriques, les motifs courbes, les fleurs, le tissu et le carton, ça fait quand-même un peu beaucoup. Pierre
En tous les cas, cette reliure n'a pas laissé indifférent, c'est déjà ça.
B.
Pour revenir à la question de Rui, j'aime les reliures artistiques, je trouve par exemple certaines reliures contemporaines, bien qu'étranges, absolument magnifiques. La plupart du temps, je m'extasie sur les reliures modernes présentées dans Art et Métiers du Livre, il m'est même arrivé d'apprécier certaines "oeuvres" de Knoderer. Mais là, vraiment, je ne peux pas, et même si cette reliure reflète une époque, un artiste... je n'aime pas du tout.
Bergamiss (8 ans, des goûts définis et un sens de l'esthétisme déjà bien présent) : "wah, je l'aime bien, ce livre-là, moi !"
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