jeudi 8 octobre 2009

Cartonnage romantique et pensionnat de jeunes filles.





Pour faire écho à un billet récent consacré à une petite exposition de jolis cartonnages romantiques dits à fenêtre lithographiée et coloriés ou avec chromolithographie, voici un nouveau spécimen qui vient de prendre place sur mes rayons.

Ce qui est amusant c'est qu'on peut connaître la petite histoire de ce modeste livre de prix pour enfants grâce à l'étiquette contrecollée au verso du premier plat.

Le volume, de format in-12, qui sort des presses de Barbou frères à Limoges en 1853 a été offert en guise de premier prix de tenue des livres du pensionnat des religieuses de Saint-Charles à Manosque à l'élève Lucie Laugier qui était en 1ère division, 1ère classe. Prix décerné le 23 août 1855.

Je me suis laissé séduire par cet exemplaire car il est pratiquement neuf, avec d'infimes frottements sans gravité. L'aspect extérieur donne une incroyable impression de fraîcheur. Le texte est une vie d'Anne de Montmorency par David de S. Alban, personnage haut en couleurs de l'histoire de France, plus connu sous le nom de Connétable de Montmorency (1492-1567). Il est mortellement blessé à la seconde bataille de Saint-Denis.

La jolie lithographie coloriée (ou chromolithographie plutôt ??) représente un sujet sans aucun rapport avec le thème du livre (deux enfants en train de lire aux abords du parc d'un château). Ici c'est la lecture enfantine qui est mise en avant. Et c'est bien tout le but de ces petits livres cadeaux du mérite : faire lire les enfants et leur inculquer les valeurs morales utiles et nécessaires pour bien se tenir dans le monde.

Et un premier prix de tenue des livres, n'est-ce pas là une noble cause à laquelle devraient souscrire tous les bibliophiles ?

Je vous rappelle ce lien incontournable :
http://www.bm-lyon.fr/expo/08/cartonnagesromantiques/parcours.html

Bonne journée,
Bertrand

10 commentaires:

Pierre a dit…

La jolie description de vos "romantiques" ravive le plaisir de redécouvrir les siens.

Comment voulez -vous, après cela, que je présente sans vergogne un "curiosa" ? Pierre ;-))

Textor a dit…

Ah, les pensionnats de jeunes filles, toute notre jeunesse !

Ce petit ouvrage est particulièrement esthétique. Ou très bien photographié.

Je regrette juste d'avoir loupé cette expo mais la notice de présentation est bien faite;

Bonne soirée
Textor

Anonyme a dit…

Oui, un ravissant petit livre dans un état de fraîcheur incroyable! La vignette est bien une lithographie, tirée en noir puis coloriée à la main, avec tout le charme artisanal de cette technique, qui vivait ses dernières années. On trouve sur les sites (par exemple www.Larousse.fr) que la chromolithographie véritable aurait été introduite en France vers 1866. En fait, un des tout premiers ouvrages illustrés par ce procédé, les "Nouvelles chasses aux papillons" de A. Castillon, est publié en 1858.
Amitiés à tous.
Yves

Vincent P. a dit…

Bertrand,

Quelle drôle d'idée de collectionner ces petits cartonnages romantiques...

C'est très joli oui, mais alors invendable (professionnellement parlant).

Vous êtes curieux de tous les livres on dirait bien, et je vous dis bravo car c'est tellement facile d'être monomaniaque comme moi...

Amicalement,
Vincent P.

Bertrand a dit…

Impossible pour moi de devoir choisir, je suis curieux de tout.

Dans cette collection "parallèle" rien de commercial assurément (encore que désormais je vois fleurir quelques exemplaires pas trop mal conservés à 50 euros !! étonnant non ?)

Un mois je m'intéresse aux éditions de Lyon entre 1540 et 1550, deux jours aux romantiques illustrés, trois semaines aux philosophes libertaires du XIXe siècle, un jour capitaliste, une heure altermondialiste, une semaine anti-chrétien, une année trotskiste, un moi keynésien, une vie libre de choisir tout cela ou son contraire. Libre !

B.

Raphael Riljk a dit…

Je ne saurais mieux peindre mes propres envies,dilettantes,
papillonnantes et hédonistes.

L'argent et les considérations commerciales ne sont pas un sujet tabou mais il faut les conserver pour les discussions de foires et de marchés.

Un des charmes de ces lambris et qu'on y parle de tout, de la merveille à l'anecdote sans en évoquer nécessairement la valeur vénale. Elle se sent et se pressent, cela suffit sans dire. L'endroit est plaisant pour cela.

Ah, j'oubliais, je suis amateur (aussi) de ces cartonnages Napoléon III.

Vincent P. a dit…

Comme toujours sur ce sujet je ne suis pas d'accord: l'argent ne doit être réservé aux foires, salons et librairies car la bibliophilie étant multiple il est bon d'"éduquer" les bibliophiles amateurs pour éviter les arnaques, et pour ça aussi le BiMo peut être un canal d'informations.

Tiens, pourquoi pas un billet sur la valeur d'un ouvrage: basane, veau, maroquin, maroquin aux armes, EO, éditions postérieures...?

Vincent P.

Bertrand a dit…

L'argent pourrit tout vous le savez Vincent !

Point n'est besoin ici de faire "l'éducation financière des bibliophiles au berceau" d'ailleurs je reste convaincu que notre utilité n'est pas là. En tous les cas, ce n'est pas là-dessus que je veux mettre l'accent.

Bibliophilie, Bibliopgraphie, Passion, Partage, Découvertes.

Programme déjà suffisamment vaste comme cela.

Pour le prix des livres, dire qu'on peut donner le prix d'un livre en veau, basane, maroquin, aux armes, avec provenance, me parait relever de l'utopie (même si j'aime le principe).

Il suffit de suivre le marché, de se former les yeux et l'esprit et de discuter avec 1.000 libraires ou plus, aller dans 1.000 salles des ventes ou plus, acheter 1.000 livres ou plus. Bref, tout ça pour dire que rien de tel que l'expérience des années et de la manipulation des livres.

Ce serait mentir de dire qu'en lisant le Bibliomane moderne pendant 1 an vous serez parfaitement à même de bien acheter un beau livre ancien, sans vous tromper. Vous vous tromperez moins, c'est tout.

Je me trompe encore souvent après vingt ans d'accointances avec les livres et je me tromperai sans doute encore à la dernière minute de ma dernière heure le jour de mon dernier souffle. Mais je me tromperai moins que si je n'avais jamais été curieux il y a de cela vingt ans.

B.

Vincent P. a dit…

Non Bertrand l'argent ne pourrit pas tout, c’est le moyen de l’utiliser qui gâte.

Et bien sûr je suis entièrement d’accord avec vous sur le fait que l’éducation n’empêche nullement de se tromper, et d’ailleurs je tire un enseignement à chacun de mes « mauvais » achats.

Pour donner le prix d’un livre X en différentes reliures…il suffit de prendre un ouvrant dit courant et de compulser les différentes ventes, librairies…Vous verrez alors que ce n’est pas si utopique que ça : on part de l’indice 100 pour la basane, pour arriver à 150 pour le veau, 280/300 pour des armes, 400/500 pour le maroquin, et jusqu’à 800/1000 pour le maroquin aux armes. C’est un calcul que jamais je n’applique ni appliquerai, mais bon certains s’y tiennent depuis de très nombreuses années.

Vincent P.

Bertrand a dit…

Je suis assez d'accord sur ce découpage "usuel" du prix des livres en fonction de leur condition.

Après il y a les inclassables, les uniques, les sans-grades, etc.

Que dire d'un exemplaire du Discours de la méthode de Descartes dans son édition in-4 en vélin époque aux armes et un autre en veau usagé mais ayant appartenu à Leibniz ?

Lequel préférer ? Lequel évaluer le plus haut sur une échelle "monétaire".

Je suis d'accord, bien souvent, c'est au prix des salles des ventes qu'il faut se reporter, en faisant abstraction des "bidonages", des "surcotes", des "souscotes" et des "erreurs de casting", bref, pas si simple.

Un livre peut valoir 10 euros à Brassens et finir à 5.000 euros sur un catalogue de grand libraire.

Un livre peut avoir été payé 200 francs or chez Morgand en 1890 et finir à 100 euros en salle des ventes ou mal catalogué dans une librairie de nos jours.

Encore une fois, pas si simple.

B.

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