lundi 26 octobre 2009

Votre plus belle chasse bibliophilique ?



Lithographie originale coloriée et gommée. 1843
Honoré Daumier.
Tirage sur blanc. Collection privée.



Inspiré par le superbe article de notre ami bibliophile dauphinois Jean-Marc qui nous donne à lire aujourd'hui un très beau billet à propos de ces dernières acquisitions, ainsi que par la belle acquisition récente du Textor dont les mystères de la quête sont sans aucun doute non moins merveilleux que l'objet de la quête lui-même, me vient l'idée de vous poser la question (car je me suis posé la question moi-même en lisant ces billets) :

Quelle a été votre plus belle chasse ?

Bibliophiles, libraires, Bibliophiles-libraires ou Libraires-Bibliophiles, amoureux des beaux livres de tous poils, novices ou bien experts, amateurs de livres grandioses ou de simples petites bluettes, racontez au Bibliomane moderne votre plus beau gibier et vos techniques de chasse (affût, bois, plaine, aux chiens courants, chasse à courre, gibier d'eau, etc.)

Tribune libre ouverte !


Lithographie originale en noir. Vers 1840.
Charles Vernier.
Épreuve d'essai avant la lettre, légendée à la plume : "Première leçon de chasse."
Tirage sur blanc. Collection privée.



Bonne semaine,
Bertrand

9 commentaires:

Eric a dit…

Ma plus belle chasse est celle à venir.

Eric

Léo Mabmacien a dit…

Un petit in 12 du 16e siècle acheté pour une misère à un libraire qui le pensait du 17e ;-))... L'occasion de prochains billets sur BiblioMab. Sinon bien sûr les achats et bonnes "trouvailles" à venir...

Le livre ancien c'est un peu la "quête du Graal" !

Léo

Textor a dit…

Je suis d'accord avec Eric, la conquête est une bonne partie du plaisir, comme disait Casanova, qui devait être nécessairement bibliophile...

Pierre a dit…

Le vrai problème n'est pas d'être un bon ou un mauvais chasseur mais de savoir où il y a du bon gibier… Je pense qu'il y a un peu de cela dans la quête de nos livres.

J'ai rarement eu la chance de tomber sur un bon ouvrage dans un endroit où il n'y en a pas souvent (vide-grenier, brocante, Emmaüs). Il y a souvent de bons ouvrages dans les salons, chez les libraires, dans les ventes et successions (en boutique ou sur site), c'est donc là que l'on est susceptible de faire de bonnes affaires à mon avis.

Un bon souvenir ? Il pleuvait à St Brieuc en ce mois de juillet (on ne sourit pas !). Je devais aller chercher, le matin, un tableau à la salle des ventes. Une vente exceptionnelle de livres avait eu lieu la veille et cet après-midi était consacré au tout venant (manettes). Je suis resté par oisiveté. J'étais dans une période "religiosa" à cette époque et un petit séminaire avait fermé ses portes. Je suis rentré la voiture remplie d'ouvrages. Un trésor à trois fois rien !

En fait, je peine un peu à en vendre aujourd'hui mais j'avais passé une si bonne après-midi…

Pierre

Bertrand a dit…

J'aime bien vos visions à tous les quatre.

Je suis évidemment totalement d'accord avec Eric, la plus belle chasse c'est forcément celle d'après...

Léo et son Graal ! Évidemment, c'est exactement cela pour moi. Mais un Graal renouvelé, perpétuel aussi.

Textor nous annonce un Casanova bibliophile, sans doute... collectionneur de femmes, chasseur de sexes faibles (allez-y !! tapez moi dessus mesdames, j'aime ça.)

Pierre le philosophe tarasconais joue le rusé, le futé du sud. Cherchez là où les autres cherchent nous dit-il. Pourquoi pas. Je ne suis pas certain que ce soit la seule voie possible.
J'aime à pense que comme à la pêche (une autre comparaison possible avec la quête bibliophile), il faut aussi savoir poser sa mouche dans le petit calme d'eau, loin, de l'autre côté de la berge, endroit encombré de branches, calme et tranquille, peu visité par les autres pêcheurs malhabiles ou peu enclins à s'essayer à l'acrobatie halieutique, alors vous touchez la belle truite que vous aviez repéré l'année précédente...

Ah la pêche à la mouche... mais je m'égare, je me rappelle ici d'autres passions qui m'ont un temps quitté.

B.

Textor a dit…

Quand je disais que le Grand Ouest est un bon terrain de chasse ! On se souvient des belles prises car elles se produisent souvent dans des circonstances exceptionnelles. . Comme lorsqu’on est face à un rhinocéros avec une seule cartouche dans son chargeur… Je vais vous raconter une anecdote qui pourrait s’intituler « Out of Britannica ». J’étais, il y a quelques années, dans un vide grenier vaguement bibliophilique, une dizaine de bouquinistes protégés par une bâche plastique regardait tomber la pluie. Je repérais dans une caisse d’illustrés année 60 un vieux vélin tout fripé. Je m’en saisi, il était si sale que je l’ai reposé immédiatement. Un ami libraire qui m’accompagnait en visiteur fit de même. Mais quelques temps plus tard, avant de quitter la place, bredouille, je revins voir ce livre qui m’avait intrigué sans trop savoir pourquoi. Je m’enquérais du contenu, visiblement il manquait le titre et quelques pages du premier cahier. Le brocanteur me dit : « c’est un livre ancien, il y a sûrement encore quelques parties qui sont bonnes – 100 euros ». Me voyant hésiter, il descend à 80. Affaire conclue. Je ne prenais pas un gros risque ! Résultat : une de mes plus belles prises (après un lavage complet). Je n’ai pas achevé toutes les recherches sur ce recueil in-octavo qui regroupe 8 ouvrages reliés ensemble : 3 opuscules de Philippe Beroalde imprimés par Denis Roce à Paris en 1501 ; un hymnaire imprimé en 2 tailles de caractères par Antoine Denidel à Paris vers 1498 ; l’un des premiers livres imprimés par Josse Bade à son arrivée à Paris en 1503, le Carmen Lugubre et le paeanes sive canticum de laudibus divae virginis de Pétrarque qui manque à la BN; 2 opuscules du mystérieux libraire Alexandre Aliatte datés de 1502 dont j’ai montré la belle marque à Bertrand qui m’a aidé dans mes recherches ; plus un postilla de Guillaume d’Auvergne imprimé par Laurent Hostingue et Janetti Loys à Rouen en 1503 (mutilé)

Tout cela avec une seule balle….

Bonne nuit !
T

Benoît a dit…

La plus belle chasse est certainement celle à venir, mais en attendant, mes chasses préférées sont celle en salle des ventes, quand je fouine dans toutes les caisses et qu'au nez et à la barbe du soit-disant expert (et libraire) et des libraires fainéants, j'achète des EO de Rousseau ou La Fontaine (et autres) pour 3 Fr 6 Sous...

Chers libraires qui lisez ceci: NE CHANGEZ SURTOUT PAS!!!!

La plus belle chasse que j'ai vue: un ensemble d'ouvrages sur la vènerie du XVIe dans une reliure d'époque de très belle provenance, quoique abîmée. Trouvée à la braderie de Lille pour moins de 5 euros.

Benoît

Bertrand a dit…

Ce n'est plus de la chasse ça Benoit !

Ca s'appelle du braconnage ! (sourire)

Un libraire-bibliophile qui se vole parfois de bonnes affaires mais qu'il récupère lorsque le bibliophile-libraire reprend le dessus.

B.

Norbert Vannereau a dit…

Retenons les belles histoires plutôt que les "plantades" : pour ma part j'ai en tête un incunable unique à 5 E sur une brocante, mais surtout la superbe lettre manuscrite originale émanant du peintre David, occupé à peindre la grande toile du Sacre de Napoléon (au Louvre) demandant à Monseigneur Feich, cardinal et oncle de l'Empereur, ses disponibilités pour réaliser son portrait... Cette lettre émouvante qui m'avait coûté quelques euros se trouvait en additif dans un livre...

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