jeudi 29 octobre 2009

Curiosa et curiosités d'Asie...




Ce soir, j'avais plusieurs options possibles. La première, ne rien publier, option la plus sage à vrai dire puisque je dois m'absenter jusqu'à lundi. La deuxième option possible aurait été de vous livrer un bon vieux copier-coller d'un vieil article du Bibliomane moderne (sans vous le dire... c'est plus drôle...), mais l'actualité en matière de copier-coller a été suffisamment chargée pour aujourd'hui. Enfin, vous livrer un de ces billets ahurissants dont le Bibliomane moderne a désormais le secret. Jouer la carte du scandale, esbroufer à tout va, vous en donner pour votre argent. J'ai choisis cette troisième et dernière option.


Si vous avez l'âge légal, cliquez sur les images pour profiter pleinement du spectacle,
sinon, allez vous coucher !



J'ai acheté il y a quelque temps déjà de petits livres qui n'en sont pas. Il s'agit d'une grande feuille repliée en accordéon qui mesure dépliée entre 30 et 50 centimètres, le tout replié recouvert de plats cartonnés et toilés. J'en ai acheté un par curiosité, puis deux, puis trois, puis quatre...


Je dois bien avouer que je n'y connais rien du tout à l'art pictural asiatique et que ces petits "livrets" érotiques me sont totalement étrangers. Loin de la culture du livre érotique occidental traditionnel, je suis bien incapable de vous dire si ces petits livrets (ils mesurent entre 10 et 12 cm de hauteur) sont anciens ou tout à fait moderne. Pour être plus précis quant à la fabrication, sur les quatre exemplaires que je possède, aucun n'est vraiment identique aux autres, pourtant les scènes représentées sont parfois très proches et seul un détail diffère. Dans un premier temps, je dirais que ce sont des dessins à la plume ou au pinceau fin, mis en couleurs à la main. Mais y-a-t-il de l'imprimé là-dessous ? Aucune idée. Même en y regardant de près je n'ai aucune certitude. Le papier est différent à chaque fois et ne ressemble pas à nos papiers ni à du papier du Japon que l'on peut rencontrer en bibliophilie occidentale. Le papier est tramé (comme pour nos papiers vergés) mais ne ressemble pas à nos papiers de Hollande. Enfin, deux seulement sur les quatre présentent des signes d'écriture asiatique. Mais de quel pays ? Chine ? Japon ? Je l'ignore complètement. Bibliophilie ou pas ?


Voilà, sans doute ces petits livrets bien explicites (désolé pour les octogénaires sous pacemaker...), ne sont-ils rien de bien important ? Mais je m'interroge sur l'époque à laquelle ils ont pu être faits. De quelle origine sont-ils ? Ont-ils une histoire ? Une tradition ? Ils sont en tous les cas des petits ustensiles fort précieux pour les personnes atteintes de trou de mémoire compulsif en ce qui concerne les techniques de l'amour ... Ces petits livrets ont le grand chic de tenir très peu de place dans la table de nuit à côté de la bouteille de sirop contre la toux.


Je m'adresse tout particulièrement aux amis d'Asie qui nous suivent et qui pourront sans aucun doute nous en dire plus.

Bonne fin de semaine et à lundi,
Bertrand

PS : Avouez que rester là-dessus pendant quatre jours il y a pire comme supplice bibliophilique non ?

13 commentaires:

Galderich a dit…

Je pense que les livres sont de la Chine, no du Japon. L'âge...

Textor a dit…

Bertrand, vous devriez partir plus souvent si vous nous laissez à chaque fois de tels cadeaux !! :) Le style de ces estampes chinoises fait penser, tout chose également par ailleurs, aux peintures du Palais du Printemps de Qiu Ying.

Et dire qu’il y a 3 jours le Bibliomane proposait la lecture d’un confessional !!

raphaelandrea a dit…

J'en ai un également un de ces petits aide-mémoires, très voisin de celui que vous présentez déplié, mais d'une autre main (si j'ose dire).

La couverture ne présente pas d'idéogrammes. Un petit tampon carré à l'encre rouge figure au contre-plat (cachet de l'artiste ?).

Cela donne l'impression d'être peint d'après des poncifs.

Le vendeur en possédait plusieurs qu'il disait tenir d'un ancien colonial.

Joyeusetés de bordel de Saigon ?

Les orientalistes débauchés du Blog doivent connaître cela.

Raphael Riljk a dit…

Les bibliophiles amis des autres pays en rencontrent-ils aussi chez eux ou ne les rencontre-ton qu'en France (où ils ne sont pas rares), ce qui soutiendrait l'hypothèse de l'origine indochinoise ?
(celle d'un petit atelier actuel au fond d'une cour à Belleville ne pouvant être non plus totalement rejetée.)

Léo Mabmacien a dit…

De charmants petits ouvrages... j'aime bien le pliage en accordéon (du papier bien sûr ;-))

Aucune idée pour ma part. Je serais curieux de savoir où vous vous êtes procurés ces curiosités Bertrand.

Léo

Bergamote a dit…

Allez, j'ose une histoire drôle :

Un chaland entre dans une librairie et observe attentivement trois ouvrages posés sur une étagère.
Le premier, un in-quarto, est étiqueté "300 euros".
Le deuxième, un in-octavo, "1000 euros".
Le dernier, un minuscule in-32, "10000 euros". Etonné, le client demande au libraire :
- Mais pourquoi le grand livre est-il moins cher que le moyen ?
- Le grand, Monsieur, est en basane. Tandis que le moyen est en maroquin. Et le maroquin est plus précieux.
- OK, mais le plus petit, pourquoi est-il encore plus cher ?
- Parce qu'il est en peau de phallus.
- En peau de phallus ? Et alors ?
- Alors Monsieur, si vous caressez ce livre, il se transforme en in folio !

Désolée ;-)

Anonyme a dit…

On vous laisse cinq minutes et voilà ce qui arrive ! Bertrand

Textor a dit…

Pour astiquer vos in-folio, je vous conseille la cire 213, distribuée par la BN. C’est une émulsion à base d’huile de pied de bœuf qui a la propriété de lubrifier le cuir en même temps qu’elle le réhydrate. La cire apporte les éléments indispensables qui permettront à un cuir possédant encore de bonnes propriétés physico-chimiques de garder une certaine souplesse.

Bon Dimanche
T

Denis a dit…

Bonjour,
Ce qui est certain c'est que ce n'est pas du japonais moderne. Les ideogrammes japonais (kanji) ont cependant beaucoup evolue au cours du temps pour se distinguer de plus en plus des ideogrammes chinois. Il n'est donc pas totalement impossible que ce soit des caracteres japonais d'il y a 200 ans.
Les ideogrammes de la colonne de gauche signifient que ceci est le premier volume d'une serie.

Je ne suis pas specialiste de l'art erotique japonais mais cela ressemble fort peu a la representation traditionnelle japonaise (shunga).

Yoroshiku onegaishimasu,

Denis, Correspondant permanent du BM a Tokyo

Bertrand a dit…

Franchement, à les regarder de près, je me dis la même chose que Raphaël !
Le fond de cour de Belleville semble être une hypothèse plus que probable. En tous les cas, je ne vois pas ces petits livrets plus vieux que quelques années voire quelques dizaines d'années.

Dommage qu'aucun chinois francophone ne nous lise semble-t-il ?! Il aurait sans doute pu éclairer au mieux notre lanterne.

Quoiqu'il en soit, ces petits bréviaires libertins sont fort goutus !

B.

Xincheng a dit…

Bonjour tout le monde !
Je m'appelle Xincheng. Je suis chinois.
J'ai trouvé cette page grace à Martin Sartorius qui m'a envoyé un lien. (Même je ne suis pas encore sûr qui est Martin Sartorius)
Ici, je crois que je connais Bertrand, si c'est le bon Bertrand que je connais. :-)

Si vous permettez, je fais un peu la traduire

第一集 = Episode 1
皇宫 = palais royale(Je ne suis pas sûr pour le premier caractère. Si c'est 皇 en chinois simplifié)
宫 = palais
秘笈 = secret

皇宫秘笈 = secret du palais royal

Xincheng a dit…

Pour la matériel de ce petit livret, je pense que c'est plustôt toile que papier.

Pour les chinois, avant la papier est inventée et devenue populaire, on écrit et fait de la peinture sur toile. On peut trouvé la même matériel au musée Cernuschi.

Bertrand a dit…

Un grand merci Xincheng !

Je ne sais pas si nous nous connaissons, mais c'est bien possible, le monde est si petit.

Merci pour toutes ces précisions. Pour répondre à vos interrogations sur la matière du support, je peux vous confirmer qu'il s'agit bien de papier (fibres), visiblement fabriqué à la forme (on distingue la trame comme je l'avais indiqué).

Ce serait donc la première partie des Secrets du Palais royal (faut-il lire Palais impérial ?).

En savez-vous plus sur la fabrication de ces petits livrets, l'époque de fabrication, la technique (dessin ou xylographie rehaussée à la peinture ??),
j'avoue ma totale incompétence en la matière.

Encore un grand merci.
Avec Denis au Japon et Xincheng en Chine, Textor tout autour du monde et moi les deux pieds dans l'Auxois, voici le Bibliomane moderne entré de plein fouet dans la mondialisation à tout va ! Pourvu que nous ne finissions pas dans le mur !

B.

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