vendredi 30 avril 2010

Tribune libre : Peut-on être politiquement incorrect en pays de Bibliophilie ?




Peut-on être politiquement incorrect en pays de Bibliophilie ?

Bonne soirée,
Bertrand

13 commentaires:

Textor a dit…

Le politiquement correct c’est le fait de tenir des propos ou d’avoir des idées dans une certaine ligne traditionnelle, ou partagées par le plus grand nombre. Appliquer le concept à la bibliophilie, activité qui est évidemment conformiste, (La Révolution brule les livres et ne les collectionne pas) mais protéiforme est pour le moins paradoxal !!
Je pense que la bibliophilie n’est ni politiquement correcte ni l’inverse !

Textor a dit…

Je ne sais pas dire pour la bibliophilie elle-même, mais il existe des livres qui ont été très politiquement incorrects. Vous devez tous en avoir, je n’en citerai qu’un seul. L’abbé Sauveur-Jérome Morand, en beau mois de Juillet 1789 met la dernier main à son livre, « Histoire de la Sainte-Chapelle royale du Palais, enrichie de planches », l’ouvrage d’une vie, une somme historique à la gloire de la Sainte Chapelle de Paris qui a été bâtie par Saint Louis pour accueillir un fragment de la couronne d’épines (Je me pique de le savoir !). L’abbé Morand n’a pas ménagé ses efforts de recherches et la somme des documents qu’il joint comme preuves est considérable. En ce 14 juillet, il se précipite donc chez Clousier et Prault ses imprimeurs, son manuscrit sous le bras. Chez l’imprimeur, il rencontre la citoyenne Louisette qui vient de se faire refuser par le Roi une indemnité pour parent isolé. Pour Louisette, ce livre, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase de Soisson. Elle sort en hurlant, à la Bastille, à la Bastille ! Politiquement habile, l’abbé Morand, fait ajouter en catastrophe une dédicace à l’Assemblée Nationale et vient lui présenter son livre le 1er Juillet 1790. Rien n’y fera, le livre est condamné à la destruction ; ce serait comme publier un livre à la gloire de R Domenech le lendemain de la défaite des bleus, politiquement trop incorrect ! Du coup, je ne sais pas comment est parvenu jusqu’à moi l’exemplaire de l’histoire de la Sainte Chapelle que j’ai sous les yeux, exemplaire à toutes marges, non coupé, imprimé sur papier fort, légèrement bleuté, probablement non relié à l’origine, puis recouvert d’un bradel au milieu du 19 ème siècle.
Textor Major

calamar a dit…

ce qui est correct, en bibliophilie, c'est ce qui ne l'était pas au moment de sa parution. Les exemplaires d'éditions condamnées, saisies, détruites, sont beaucoup plus recherchées, et plus "désirables" que les éditions "autorisées"...

Bertrand a dit…

C'est amusant car cette interrogation m'est venue la semaine dernière lorsque je lisais dans le jardin d'enfant un article de la revue Plume. Je vous laisse deviner de quel article il s'agissait.
Dans mon esprit cette question n'allait pas du tout dans la direction prise par les premiers commentaires (sans doute injustement influencés par l'image du billet qui incite à l'incorrection...) mais ce n'était pas celle-là que j'avais à l'esprit.

Développons...

Je vous donnerai ma vision des incorrections politiques du pays de Bibliophilie à la fin du weekend.

Je lis vos commentaires avec grand intérêt.

Bonne fête du travail,
B.

Jean-Marc a dit…

Je partage le point de vue de Textor. La bibliophilie en tant que telle n'est pas du domaine du politiquement correct. D'ailleurs, à proprement parler, une image scatologique ne me semble pas politiquement incorrecte (ni l'inverse d'ailleurs). Au demeurant, je la trouve bien innocente, et dans le cas présent, elle ne porte aucun message politique.

Au passage, je suis allé voir sur Wikipédia la définition de "Politiquement correct". Tout cela me semble bien confus ! Raison de plus de ne pas imaginer appliquer ces termes à la bibliophilie.

Le politiquement correct aura atteint la bibliophilie lorsque on ne pourra plus parler de "Tête de nègre" pour qualifier une reliure noire.

Bertrand a dit…

Merci Jean-Marc,
la vignette qui illustre le billet n'a été choisie que dans l'urgence et n'a aucun rapport avec ce à quoi je pensais au moment de m'interroger de la sorte.

Mais voilà plutôt le billet qui m'a fait me poser cette étrange question : "Tribune libre : Peut-on être politiquement incorrect en pays de Bibliophilie ?"

http://www.plume-mag.com/extrait/239/100405/le-slam-vers-de-nouveaux-horizons

Je vous laisse analyser l'article et me dire si vous aussi vous pensez "politiquement incorrect" ou au contraire "politquement correct"

Bon, je vous laisse, après m'être pris la tête pendant deux heures avec la pagination word, la table des matières et la numérotation des pages... je vais me faire une petite soirée "gauloise" chez mon ami d'à côté chez Fred (Bar Hotel Restaurant Alésia... un peu de pub pour les amis locaux ne fait jamais de mal...), soirée "Gauloise" disais-je... n'allez pas croire pour autant que des troupeaux de naïades encornées et abreuvées de cervoises tièdes nous y attendent...

Qui sait ? ...

B.

Textor a dit…

Oui, je comprends, Bertrand, vous trouvez que le programme politique du nouveau Président du Slam manque d’ambition et de peps. Une ouverture vers la Chine ? C’est le nouvel Eldorado pour toute les entreprises, pourquoi pas les libraires ? cela ne choquera personne même si c’est totalement théorique. Le Grand Palais, échec commercial évident, noyé dans un blabla convenu.
C’est sur, vous seriez Président du Slam, votre programme serait d’une autre ampleur. Vous attaqueriez le marché de Jean de Bonnot à la gorge, publicités dans télé 7 jours et dans Cà M’interesse pour toucher les bibliophiles qui s’ignorent, vente de reliures estampées à froid en tête de gondole, inscription obligatoire des œuvres d’Octave Uzanne au programme des collèges, crédits d’impôts pour les bibliophiles qui investissent au moins 50 000 euros en ouvrages anciens !!
T

Pierre a dit…

Je viens de lire le crédo du nouveau président du Slam. Merci, Bertrand pour ce relai. Beaucoup de bouquinistes et de libraires ne doivent pas connaitre cette association et une info reste une info ! On est pas obligé de faire du prosélytisme.

Bon. Et c'est quoi le politiquement incorrect ? Si c'est le fait de ne pas adhérer à cette association, ce n'est pas le politiquement incorrect, c'est le libre arbitre.

Ce blogue est votre blogue. Si vous avez envie de dire des choses qui vont déplaire mais avec politesse, sans agressivité et avec des arguments étayés " où est le problème ? "

Le politiquement incorrect dans l'histoire de la littérature reste, malgré tout, plus intéressant ! Commandez une tournée pour moi. Pierre

Bertrand a dit…

Le Santenay 2006 est un cru terrible !

Qu'on se le dise.

B.

Bertrand a dit…

Il est amusant de mettre en parallèle certains morceaux choisis comme "vers de nouveaux horizons" (titre de l'article), "assume pour la seconde fois cette fonction puisqu’il y avait déjà exercé un premier mandat à la fin des années 80.", ou encore "il nous faut consolider notre position dans un secteur où de nouveaux intervenants ont commencé à apparaître", "la meilleure façon de lutter", "deux libraires dont le professionnalisme n’est plus à démontrer."

Il faudra qu'on m'explique comment on peut être à la fois tourné vers des horizons nouveaux et faire appel à des archétypes du conservatisme le plus déclaré.

Est-ce en consolidant des positions, en faisant appel à des valeurs sûres (têtes d'affiche), en allant chercher ailleurs (à l'étranger) ce que la librairie ancienne a bien du mal à asseoir sur son propre sol, que des horizons nouveaux se dégageront ?

Autant d'interrogations qu'un libraire qui ferait délibérément le choix politiquement incorrect de ne pas rejoindre ces troupes bien alignées, bien costumées et de poudre fardées (Trust* pour les incultes) est en droit de se poser.

Et vous ?

B.

* La junte

Textor a dit…

Dans les BD anglaises de mon enfance, SLAM, c'est l'onomatopée qui était couramment utilisée pour indiquer que le personnage claquait une porte. Je ne peux m'empêcher d'y penser quand je vois le sigle qui contraste avec l'univers feutré de cette noble corporation.

T

Sylvaine Vaucher a dit…

J'ai été plongée dans un bain de livres...par ma famille qui fit don
à ma ville d'une bibliothèque qui reste protégée ad vitam. Grâce à la donation de mon arrière grand oncle et de mon grand oncle.(Favre) Et ils étaient politiquement correctes.
"Au 18e siècle, la famille Lullin fit construire la maison de maître et ses grandes dépendances dans un
site occupé depuis l’Antiquité. Les Favre poursuivirent les aménagements au siècle suivant avec
notamment la création de la grande bibliothèque. William Favre légua le domaine à la Ville de Genève
en 1917."
J'aime beaucoup votre travail de partage que je suis sporadiquement.

Bertrand a dit…

Merci de nous lire Sylvaine et de nous faire partager un morceau de votre histoire familiale.

Les livres sont souvent au cœur des plus belles histoires.

A bientôt,

B.

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