mardi 12 avril 2011

Un manuscrit de Segrais proposé par le librairie Durel à la Bibliothèque nationale (26 novembre 1878)


Léopold Victor Delisle (1826-1910)


Le 26 novembre 1878 la Bibliothèque nationale de France, en la personne de son administrateur et conservateur en chef, Léopold Delisle (*), refuse poliment une offre que lui avait faite le libraire Durel à propos d'un manuscrit de Segrais. Je vous laisse lire en français dans le texte.


Quel était ce manuscrit de Segrais ? La Bibliothèque nationale l'a-t-elle finalement acquis ? (il serait intéressant de fouiller dans le catalogue de la BNF pour le savoir).

(*) Léopold Victor Delisle, né à Valognes le 24 octobre 1826 et mort à Chantilly le 22 juillet 1910, est un historien et bibliothécaire français, administrateur général de la Bibliothèque nationale de 1874 à 1905. Léopold Delisle fut élevé à Valognes où il fréquenta l'historien et archéologue Charles de Gerville, qui l'initia à l'étude des sources manuscrites de la Normandie médiévale. Il termina de brillantes études à l’École des chartes avec une thèse intitulée Essai sur les revenus publics en Normandie au XIIe siècle (1849). Consacrant ses premières recherches à l’histoire de sa province natale, son ouvrage Études sur la condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture en Normandie au Moyen Âge (1851), qui condense une énorme masse de faits tirés d’archives locales, fut réédité en 1905 sans changement et continue de faire autorité. En 1852, il fut recruté à l’âge de 26 ans au Département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale. Déjà connu comme auteur de plusieurs inventaires de manuscrits d'une valeur inestimable, lorsque le gouvernement décida d’imprimer un catalogue général des imprimés de la bibliothèque, Delisle fut le responsable de cette grande entreprise où il prit une partie active. Il compléta les quatre volumes du Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale en 1881. Il a donné une histoire détaillée de la bibliothèque et de sa gestion dans la préface du premier volume (1897). En 1874, il succéda à Jules Taschereau au poste d’administrateur général de la Bibliothèque nationale, qu’il occupa jusqu’en 1905. Sous son administration, celle-ci s’enrichit de nombreux cadeaux, legs et acquisitions, notamment par l’achat d’une partie des manuscrits du duc d’Ashburnham. Il démontra que la majeure partie des manuscrits d’origine française que le duc d’Ashburnham avait acquis en France, en particulier ceux achetés au libraire Barrois, avait été volée par le comte Libri, inspecteur-général des bibliothèques sous le roi Louis-Philippe et obtint pour la bibliothèque le rachat des manuscrits. Il réalisa ensuite le Catalogue des manuscrits des fonds Libri et Barrois (1888) où se trouve consignée toute l’histoire du recouvrement de ces manuscrits. Il inaugure et théorise le traitement en recueils de certains documents : « Il y a souvent un réel intérêt à former et à conserver en bon ordre certaines collections de pièces qu’il n’est pas indispensable et qu’il serait trop long de coter et de cataloguer une à une. On en constituera des recueils factices consacrés chacun à un sujet bien déterminé. » Élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1859 et reçu à l’Académie de Rouen le 10 janvier 1868, il collabora aux tomes XXII et XXIII du Recueil des historiens de la France (1865) qui sont de valeur pour l’histoire sociale de la France au XIIIe siècle. Le jubilé de l'association de ses cinquante ans de présence à la Bibliothèque Nationale fut célébré le 8 mars 1903. Après sa retraite prise le 21 février 1905, il a donné nombre de rapports officiels et de catalogue ainsi qu’une description des livres et des manuscrits imprimés du Musée Condé à Chantilly laissés par le duc d'Aumale à l’Institut. Il rédigea beaucoup de rapports officiels et de catalogues de valeur avec un grand nombre de mémoires et de monographies sur des points liés à la paléographie et à l’étude de l’histoire et de l’archéologie (Mélanges de paléographie et de bibliographie (1880) avec un atlas et des articles dans l’Album paléographique (1887). Parmi ses travaux purement historiques, une mention spéciale doit être faite de son Mémoire sur les actes d'Innocent III (1857) et de son Mémoire sur les opérations financières des Templiers (1889), une collection de documents de la plus haute valeur pour l’histoire de l’économie. Le trente-deuxième tome de l’Histoire littéraire de la France, qui est en partie son œuvre, est de grande importance pour l’étude des chroniques latines des XIIIe et XIVe siècles. Delisle était considéré comme l’Européen assurément le plus érudit en ce qui concerne le Moyen Âge. Wilfrid Blunt l’a décrit dans sa Vie de Sydney Cockerell comme la plus grande autorité de son temps sur les manuscrits. Sa connaissance de la diplomatique, de la paléographie et de l’imprimerie était profonde. Sa puissance de travail, dans les catalogues était phénoménale et les services qu’il a rendus, à cet égard, à la Bibliothèque Nationale ne peuvent être surestimés. Il avait épousé Laure Burnouf, fille de l’orientaliste Eugène Burnouf, qui fut sa collaboratrice pendant de nombreuses années. (Source Wikipedia).

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

7 commentaires:

Textor a dit…

Manque de crédits de l'institution ou désinterêt pour un auteur obscur qu'on ne lisait déjà plus en 1878 ?

T

Bertrand a dit…

m'est avis que le Textor il a des problèmes avec les auteurs obscurs en ce moment (sourire) ...

B.

Textor a dit…

Le seul titre connu de Segrais, c'est la Princesse de Clèves, vous allez pas me dire qu'il n'est pas obscur !! :)
T

Bertrand a dit…

Petit avec des grandes oreilles hein !! (sourire) ...

B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Poète "pastoral" apprécié par ses contemporains,totalement oublié et ignoré depuis le XVIIIe, sauf par son bioghraphe Léon Brédif en 1863.

La Harpe, tout aussi médiocre poète que Segrais,avait eu le culot de relever les
"fautes de sa versification, souvent lâche et traînante, et qui n'est pas même exempte de ces constructions forcées, de ces latinismes, enfin de ces restes de la rouille gothique qui ne disparut entièrement que dans les vers de Boileau"

Léopold Delisle était d'une rigueur intraitable quand il s'agissait du patrimoine et des deniers publics (voir son comportement lors de l'affaire Libri)

Guillaume a dit…

On peut toujours admirer un joli buste de Delisle à la BNF Richelieu, face à la salle des références. Le sculteur lui a donné un regard bonhomme très sympathique.

Guillaume

Lauverjat a dit…

Segrais est aussi le traducteur de l'Eneïde de Virgile. Le "Moreri" dit de lui qu'il est "l'ouvrage le plus considérable qu'il ait fait."
Ce Virgile a été imprimé in-4 à Paris chez Denis Thierry et Barbin en 1668 pour le tome I (avec un joli frontispice) et en 1681 pour le tome II. [il fallait un brin de patience en ce temps là]
Segrais a laissé plusieurs oeuvres non publiées.

Lauverjat

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