vendredi 5 juin 2009

Les demi-reliures romantiques : ~ 1815 à ~ 1845.


Reliure exécutée vers 1825-1830.


La demi-reliure romantique n’apparait guère que vers la fin du XVIIIe siècle.

C’est au début du XIXe qu’uelle prend réellement son essor et remplace progressivement la reliure en pleine basane ou en veau (plus ou moins marbré, héritier des siècles précédents).

Dès 1815/1820 on rencontre des demi-reliures en veau ou en maroquin long avec des ornements élégants. Après 1825, ces nouvelles reliures se répandent et se perfectionnent jusqu’au début du Second Empire.

Reliure exécutée vers 1840

On utilise pour ce type de reliure : du veau, du maroquin à grain long, du maroquin Anglais ou chevrette ; puis à partir de 1840 plus couramment du chagrin en faisant alterner toutes les nuances de couleurs.

Reliure exécutée vers 1830

Ce qui distingue les demi-reliures de cette époque, c’est d’abord l’excellence de la dorure, la frappe dans les ornements, dans les caractères utilisés et dans la variété infinie de ceux-ci.

Reliure exécutée vers 1830

Les grands relieurs du temps ; les Thouvenin, Purgold, Simier, Ginain et Vogel enrichiront souvent le dos de leurs demi-reliures à l’aide de mosaïques, tout comme ceux de leurs reliures pleines. Les demi-reliures non signées, œuvres de relieurs moyens ou obscurs, peuvent souvent rivaliser pour le goût, la finesse et la netteté d’exécution avec les productions des maîtres.


Reliure exécutée vers 1830

A l’origine, on s’en tient aux fleurons dorés, alternant avec des fleurons à froid ; les nerfs plats sont ornés de palettes. Avec les reliures sans nerfs, les dos ornés en long apparaissent ou la fantaisie et l’imagination des doreurs sont les seules limites : bouquets, fleurs, entrelacs de lignes courbes, et emblèmes appropriés au texte.

Vers 1840, les ornements en long sont délaissés, c’est le retour des reliures à faux nerfs dont les compartiments sont entourés de larges filets gras.

Reliure exécutée vers 1840

Voici un bref aperçu des demi-reliures romantiques, il est toutefois un point commun à signaler chez tous : c’est la qualité du corps d’ouvrage (le corps d’ouvrage débute à la couture du volume et se termine après la rognure), que le relieur rogne ou non les cahiers, on retrouve toujours un livre cohérant et s’ouvrant aisément, sans faille ni bâillement.

Bien sur, chez les maîtres relieurs, ces qualités s’affirment avec encore plus d’éclats.

Dans la demi-reliure, le doreur n’a que le dos comme champ de travail, et toute son attention est concentrée sur cette bande étroite, ou il vouera tout son zèle et son art.

Reliure exécutée vers 1830

Sauf dans le cas des reliures de grand luxe, les reliures pleines romantiques sont exécutées en série avec la même plaque à froid que l’on applique au balancier.

Source d’inspiration : La bibliophilie nouvelle, Chroniques du Bulletin, 1927-1932

Xavier

NDLR : aucune des reliures présentées ci-dessous n'est signée... comme quoi...

10 commentaires:

xavier a dit…

Les photos de cet article sont de Bertrand.
Merci de ton aide.
Xavier

Mandragore a dit…

Il y a un petit côté psychédélique dans les papiers de cette époque qui contraste avec la précision/perfection de la demi-reliure.
Un peu "mi-ange, mi-démon".
Une petite question, savez-vous comment les cuirs et papiers de cette période obtenaient cet aspect "glacé" très brillant?
Merci de renseigner la néophyte que je suis...

Bergamote a dit…

Bel article.
Quant à ces reliures, euh... je ne suis pas fan... (j'aime pas les demi-reliures :)

xavier a dit…

Mandragore,

Le papier marbré doit pouvoir se polir (?) à l'aide d'une agate, les feuilles de papier marbrés brillantes sont encore disponible à l'achat.
Et pour le cuir très brillant...je ne sais pas, peut-être poli de la même manière ou par application d'une plaque chauffée ???
Xavier

Mandragore a dit…

Merci Xavier pour vote réponse, toutefois je me demandais si il y avait autre chose en plus de l'agate, comme une sorte d'apprêt qui donnerait un aspect vernissé...
Je suis preneuse de toute explication.
Je pensais peut-être (pour le cuir), comme en peinture, à une préparation peut-être à base de blanc d'oeuf ou autre?
C'est le côté très brillant qui m'intrigue, le cuir perdrait les aspérités de son grain (maroquin, chagrin) si il était poli/frotté à l'agate ou au plioir.
Et pourtant il y a cet aspect lustré.
Ceci m'intéresse particulièrement car j'ai en ma possession quelques reliures romantiques qui ont perdu leur aspect luisant après un nettoyage trop "humide" d'un précédent propriétaire et je souhaiterais leur rendre leur aspect originel mais je ne sais pas exactement comment faire. Le passage en cire ne donne pas tout à fait le même effet et s'estompe progressivement...

Textor a dit…

Merci Xavier, cet exposé très instructif est agréable à lire, même pour moi qui développe une allergie aux reliures romantiques.

Bertrand a dit…

Pour les allergiques aux reliures romantiques, je vais vous faire un petit article en image ce jour.

Pasteur ou le système de la vaccination... en bibliophilie ça marche aussi !!

B.

xavier a dit…

Mandragore,

On oublie l'agate pour le brillant des peaux ; (la nuit porte conseil..)
C'est la tâche du tanneur ou du mégissier de traiter les peaux.

Rappel : on dit un tanneur quand il s'agit de vachette, de veau, de croco. ou d’autruche… et on parle de mégissiers pour la chèvre et le mouton.

La peau de veau peut-être tanné (lisse ou mat) ou poli (brillant).

Le box est aussi une peau de veau traité au chrome, la surface est lisse et brillante.

Quand le cuir à perdu son brillant, peut-être essayer avec un plioir en os (attention de ne pas écraser les grains), ou un chiffon de laine pour essayer de le polir ???

Très court extrait d'un article écrit dans une autre vie.
Xavier

Mandragore a dit…

Merci Xavier pour ces précisions.
Je reste à la recherche de la potion magique...
La reliure romantique est difficile à appréhender je trouve, elle serait presque dérangeante parfois. C'est aussi la raison pour laquelle je tiens tant à lui conserver ses caractéristiques d'origine.
Au plaisir de consulter l'article suivant.

Textor a dit…

Ma relieuse utilise l'os de seiche, mais c'est peut-être propre à la Bretagne...

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