mercredi 3 juin 2009

Guy Patin (1601-1672), médecin conformiste et grand amateur de livres (suite).



Pour ceux qui suivent assidument le Bibliomane moderne depuis ses premiers balbutiements, voici un message complémentaire concernant un billet publié il y a quelques temps déjà et concernant le médecin bibliophile Guy Patin, figure du Grand siècle de Louis XIII et Louis XIV. Je vous invite à lire ou relire ce billet :

http://le-bibliomane.blogspot.com/2009/03/guy-patin-1601-1672-medecin-conformiste.html

Voici le message détaillé d'un aimable et érudit lecteur fidèle du Bibliomane moderne :

"Bonjour, c'est avec un retard assez grand que je vous réponds à propos de Guy Patin, j'espère ce qui suit sera une bonne manière de m'excuser. Laure Jestaz a donc publié sa thèse (soutenue en 2001) chez Honoré Champion en 2006. Deux volumes sont disponibles au magasin de cette maison d'édition, 3 rue Corneille 75006 Paris.

Après recherche de ma part sur leur catalogue en ligne, je suis étonné de ne pas trouver la référence. Les prix chez Champion sont assez onéreux, en tout cas pour moi, pauvre doctorant.


A propos de la thèse de Mme Jestaz, vous trouverez un petit résumé de l'auteur elle même sur le site des thèses de l'école des chartes, voici le lien:
http://theses.enc.sorbonne.fr/document32.html Laure Jestaz s'est servi des manuscrits de Guy Patin conservé au département des manuscrits occidentaux de la Bibliothèque nationale, rue Richelieu, manuscrit Baluze 148 si ma mémoire est bonne.

Pour avoir consulté les manuscrits de Guy Patin, je peux vous assurer qu'ils sont loin d'être lisibles.
Toutefois, cette édition est partielle puisqu'elle prend pour bornes chronologiques la période 1649-1655, soit la période de la Fronde (en débordant largement), où Patin fait part à Charles Spon de son aversion pour Mazarin en des termes bien acides.

Outre les nouvelles du temps, les manuscrits regorgent de maintes références bibliographiques tant en médecine qu'en histoire ou en théologie.
Thèse réduite à une période donnée donc, mais si il y avait publication de l'intégralité de la correspondance de Guy Patin, il faudrait 10 bons volumes. Ce qui est loin d'être facile à compiler, à annoter et à éditer.

Pour les éditions plus anciennes de la correspondance de Guy Patin outre celles que vous citez, je reviens sur mes références, le fils de Charles Spon, Jacob Spon a donné une édition en 1683 de "lettres choisies" conservées dans les papiers de son père (toujours vivant à l'époque). C'est l'imprimeur genevois Jean-Louis Dufour qui s'en est chargé en 1683 à Francfort, ce qui est pratique pour le vendre puisque la ville abritait une fameuse foire aux livres, et toujours actuellement si je ne me trompe pas. Cependant, Dufour fit faillite quelques temps après et erra dans les principaux centres d'imprimerie de l'Europe protestante.

Selon une lettre de Jacob Spon, il aurait publié des "mauvais livres" qui ne se vendaient pas assez. Les observateurs du temps sont assez déçus par l'impression, selon eux elle est bourrée de fautes typographiques. Je crois avoir lu cela dans l'édition critique de la correspondance de Bossuet (Urbain & Levesque, 1909) cela reste à vérifier. Je n'ai pas encore pu consulter cet ouvrage de 1683 qui est la première édition, dont les biographes et bibliographes font souvent l'impasse. Elle a peut-être servi de base à l'édition de 1725.
Une édition, plus exhaustive mais incomplète est celle de 1846 publiée et annotée par Joseph-Henry Reveillé Parise (Paris, J-P Baillière), Elle correspond, si je ne me trompe pas aux manuscrits 9358 et 9359 de la Bibliothèque nationale. Dans ce volume, consultable en ligne, sur google books ou archives.org. on y trouve, outre des lettres à Charles Spon, des lettres adressées à des médecins de Lyon (Falconnet connu pour avoir été doyen du collège de médecine de Lyon, Garnier), à un médecin de Troyes (Belin), et un autre de Beaune. On retrouve toujours la verve de Guy Patin qui en fait un observateur avisé de son temps, au style alerte.

Les manuscrits de la République des Lettres sont une mine d'information pour tout ceux qui veulent connaitre l'état des lectures de personnages connus, les bibliothèques et les lectures du temps parmi les "républicains des lettres". L'édition de Laure Jestaz est donc utile et rare, puisque l'étude de personnes comme Patin, et l'édition critique de leurs oeuvres comme de leurs lettres restent trop rare. Ce n'est pourtant qu'une goutte d'eau dans un océan. Le travail est immense. Pour ma part, je me cantonne à la correspondance de Jacob Spon, qui bien que assez modeste par rapport à de grands savants ( à peine 400 lettres dont une centaine de la main de Spon), reste assez ample pour abriter une foule de références bibliographiques tant dans l'histoire que dans la littérature, la médecine, les sciences, etc. Je renouvelle mes louanges pour votre blog, qui est vraiment réjouissant à lire et à regarder pour ses illustrations. Un blog intelligent et très instructif ! Merci merci merci ! Je reste à votre disposition, et pour reprendre cette fameuse formule de politesse d'ancien régime, je suis votre très humble et très obéissant serviteur."

Yves Moreau
Doctorant en histoire moderne
équipe RESEA LARHRA / UMR 5190
Université de Lyon

(réponse publiée avec l'autorisation de l'auteur).

Que dire ? sinon merci. Mille mercis de partager votre savoir avec nous.

Bonne soirée,
Bertrand

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour, je voulais juste signaler une edition de 1692 en 2 volumes in-12 des "Lettres choisies de feu Mr. Guy Patin" A Paris chez Jean Petit, rue S. Jacques. Celle-ci porte la mention suivante en page de titre "Augmentee de plus de 300 lettres dans cette derniere edition; et divisee en deux volumes". Elle contient egalement un frontispice sur lequel figure un personnage (Guy Patin?) assis a un bureau face a des etageres de livres. Detail amusant, il tient le volume "Lettre de Mr. Patin" dans la main droite.

Cordialement,

Denis.

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