dimanche 19 avril 2009

Une reliure en veau estampée à froid sur ais de bois exécutée vers 1520. Mais en provenance de quel pays ? (suite)


5ème vente Berès - 13 décembre 2006
Pierre Bergé & Associés, Paris.
n°417 - Horace, Josse Bade, 1519



Pour faire suite au message précédent à propos de l'identification du pays et éventuellement de l'atelier dont est sorti la reliure en veau estampé à froid, vers 1520, et pour compléter le commentaire laissé par Textor à ce sujet, voici la photographie de la reliure de l'Horace de Badius ascensius de 1519 in-folio et qui a été vendu le 13 décembre 2006 sous le numéro 417.

L'agencement est quasi identique, les roulettes ont des motifs diiférents. Il est dit dans la notice du catalogue Bérès :

"Cette reliure appartient à un atelier parfaitement identifié par Oldham (English Blind-Stamped Bindings, roulette n°563, fer n°38, pl. 37 et 57)."

Comme je l'ai indiqué dans mon dernier commentaire au précédent billet, j'étais arrivé à la conclusion que la reliure que je vous ai présenté était anglaise, voire même issue de la ville de Cambridge. Les éléments sont minces pour être certain de cette attribution mais les présomptions vont dans ce sens.

Deux noms sont évoqués à la comparaison des reliures grâce au catalogue numérique des reliures de la British Library. Celui de Godfrey Garrett de Cambridge et celui de Nicholas Spierinck (?). Je me suis servi par ailleurs de l'ouvrage "Fine and Historic Bookbindings from the Folger Shakespeare Library" (Abrams, NY, 1992, tirage à 2.500 ex.)

Évidemment, si Martin peut consulter Oldham (que je ne possède pas...), ce serait le paradis !

Bonne nuit,
Bertrand

16 commentaires:

Eric a dit…

La ressemblance est effectivement troublante.
Eric

Textor a dit…

Bonsoir Bertrand, merci, ces renseignements sont très précieux et je vais pouvoir compléter ma fiche-bibliothèque. Il est vrai que le catalogue Beres se contente de dire que l’atelier est parfaitement identifié mais sans aller jusqu’à donner le nom de cet atelier ! Ce serait donc bien qu’un de vos lecteurs possédât le Oldham.
Et, au fait, quel ouvrage se cache derrière la reliure de votre édition de Venise et où se trouve ce livre ? - Textor

Bertrand a dit…

Bonsoir Textor,
en effet... donner le nom de l'atelier "bien identifié" dans le catalogue Bérès aurait été la moindre des choses compte tenu de la valeur de l'ouvrage proposé.

Mes espoirs vont vers Martin !

Concernant l'ouvrage recouvert par la reliure que j'ai montré, il s'agit d'une édition de Venise des Lettres de Pline le jeune et du Panégyrique de Trajan, 1519.

L'ouvrage sera prochainement catalogué et se trouve actuellement juste en face de moi sur mes rayons.

B.

Textor a dit…

Pour vous aidez à le cataloguer, je dois vous préciser que l'Horace avait été surestimé et que l'enchère n'a pas atteint l'estimation !! :) C'est pourtant un ouvrage sulfureux, si j'ose dire, puisqu'il a appartenu à Thomas Percy, l'un des protagonistes de la conspiration des Poudres.

Bertrand a dit…

Merci Textor pour cette information. J'ai assisté aux ventes Berès et j'ai les prix imprimés.

Ces ventes seraient l'occasion d'un grand roman bibliophilico-financier...

Mais ce n'est pas, ni l'endroit, ni le moment...

B.

Martin a dit…

Avec un peu de retard, je dois avouer que je n'ai pas encore compris le répertoire de M. Oldham.
Ces deux reliures appartiennet au "normal type", d'où la ressemblance. La roulette de Bertrand pourrait être oxfordienne, celle de Textor londonienne, mais sans certitude; pour les grenades, faut que je regarde encore.
La seule certitude est que la notice dans le catalogue de la vente Berès n'est pas seulement bizarre mais parfaitement erronnée.
A demain.

Bertrand a dit…

BERES VS MARTIN !

Qui va gagner !

Les notices sont de Jean-Baptiste de Proyart... il est encore vivant... ce serait bien qu'il lise le Bibliomane moderne...

B.

Textor a dit…

Merci Martin, j'attends avec impatience de savoir demain en quoi la notice du catalogue Berès serait erronée mais ce ne serait pas la première fois que les experts s'égarent. J'ai acheté un jour un joli G. Budé avec une reliure à chaine présenté comme étant du veau, ce qui a bien faire rire ma relieuse qui m'a dit qu'il s'agissait de porc ! Et l'expert avait mentionné un ex-libris qu'il n'avait pas su traduire et qui s'est avéré être, après qq recherches, celui du collège de Navarre. Mais, chut! ledit expert nous lit peut-être... -

Martin a dit…

Vu le temps magnifique (et le champonniat du monde de snooker), j'ai du mal à me concentrer sur les reliures anglaises.
J'ai quand même fini la première lecture des trois "lectures" (cours) de M. Oldham lesquels sont très instructifs et souvent amusants. Malheureusement sans avoir trouvé l'atelier en question, mais pour les détails, vous devrez patienter encore un peu.

xavier a dit…

Le catalogue 93 de la librairie Berès, lot 32 ; n'est pas plus loquace. Xavier

Textor a dit…

Merci Xavier d'avoir fait cette recherche. Le catalogue ne disait rien de plus ? Alors, il ne reste plus qu'à attendre que le temps tourne à la pluie et que Martin finisse ses lectures...

Martin a dit…

Je peux me tromper, mais je n'ai rien trouvé sur le fer 38 et la roulette 563 dans le texte et dans les annotations.

La roulette se trouve sur la planche 37, avec les détails dans la
"Classified list of plates", p. 42, sous AN. g (1):
London
Alone 1487, 1496, 1506-33
With TP. (3) 1530
With RC. b (6) 1530
With ornament B (3) 1496, 1500-5, 1514-34
With ornament I (2) 1504-12
With stamps 1021, 1059: 1514
With stamps 320, 321: n.d.

Evidemment, Oldham ne connait pas de reliure avec cette roulette et le fer 38.
Le fer 38 se trouve sur la planche 10 (!) parmi quelques autres fers attribués à un atelier "W.G. and I.G." et me semblait d'abord identique à l'ornement B (3) (ou bien fer 971) reproduit sur la planche 57 (!). D'où la confusion des fers et planches chez Berès, je suppose.

Voici ce qu'on lit dans la liste des ornements, p. 59:
B. Pineapple with blob below
(3) London
With AN. g (1) 1496, 1500-5, 1514-34
With AN. e (1) (W.G.-I.G.) ? 1514

Bien sûr que je ne peux pas identifier le fer en comparant la reproduction d'un frottis dans un livre et la photo numérique d'une photo imprimée sur mon écran :-)
Etant donné qu'on semble connaître au moins 18 reliures ornées de la roulette AN g (1) et le fer B (3), le cas me semble assez clair, mais bon... J'espère bien que Textor nous dira si le fer peut être identifié ou non.

Textor a dit…

Bonjour Martin,
Je dois dire que Textor commence à y perdre son latin ( Et ferait mieux d’apprendre les termes techniques anglais car TP, RC et AN, what does it mean ?)
Je comprends pour résumer que la roulette est sans conteste AN(g)1 donc londonienne, et qu’associée au fer 38 attribué à WG. And I.G., nous sommes encore sur Londres. En revanche vous dites que ce n’est pas exactement l’ornement B(3), mais finalement vous le retenez associé à la roulette. Question d’un néophyte : je vois ce qu’est une roulette mais quelle distinction faites-vous entre un fer et un ornement ?
Textor
PS :Merci encore pour toutes ces recherches passionnantes

Martin a dit…

TP, RC et AN ne sont que des noms, rien de plus. AN - animals, RC - renaissance ornament, continuous, TP - pineappels with twisted stems.
L'association se trouve dans le catalogue B. Moi, j'en doute.

Anonyme a dit…

L'atelier de reliure de Godfrey GARRETT à Cambridge vers 1500 produisait des reliures similaires, par exemple voir photo de cet exemplaire à la Bibl. Ste Geneviève avec le lien ci-dessous.
Cdlt.

http://bsg-reliures.univ-paris1.fr/recherche/image.php?src=images/4CC791INV742RESPHOT-1.jpg&width=975

Anonyme a dit…

Excellent ! Merci Anonyme ! Cette roulette a effectivement des points communs avec l'Horace de Beres [Qu'il convient aujourd'hui d'appeler Horace du Textor ! :)]
Pour voir les détails de la reliure, il faut aller sur cet article.
http://le-bibliomane.blogspot.fr/2010/09/de-quelques-reliures-anglaises-des.html
(fig 8 à 10)
Merci pour votre post.
Textor

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