mardi 19 janvier 2010

Octave Uzanne... toujours et encore !! Un infatigable revuiste.




Au risque de lasser (le lecteur est roi à ce qu'il parait... mais moi je n'y crois pas un instant - sourire), voici encore quelques lignes et quelques images consacrées à Octave Uzanne et ses Œuvres. Plus exactement, voici, présenté à vous, un exemplaire d'un livre dont je voulais vous parler depuis déjà pas mal de temps, un peu plus d'un an à vrai dire.


Octave Uzanne est désormais connu des lecteurs fidèles du Bibliomane moderne. Je passerai donc sur ses premières oeuvres (Les caprices du Bibliophile, Son altesse la femme, La Française du siècle, etc), pour ne vous parler que d'Octave Uzanne revuiste. Octave Uzanne collabore tout d'abord à une petite revue de bibliophiles "Le Conseiller du bibliophile", dirigée par Camille Grellet (1876-1877), c'est dans cette revue qu'il donne sous divers pseudonymes de jolis articles sur l'amour des livres, la bibliophilie et la bibliographie. Cette revue ayant tourné court, Uzanne lance en 1880 une revue intitulée Le Livre, revue de bien belle allure qui durera jusqu'en 1889 (10 forts volumes de bibliographie moderne et 10 forts volumes de bibliographie rétrospective, abondamment illustrés de nombreuses eaux-fortes, portraits, etc). Cette revue prend fin alors que janvier 1890 voit naitre une nouvelle et belle revue intitulée Le Livre moderne d'un format différent (Le Livre était grand in-4 et Le Livre moderne grand in-8), réalisée d'aussi belle manière (imprimée sur papier vergé des Vosges - Tirage à 1.050 ex. numérotés - 1.000 vergé - 20 Japon - 15 Chine - 15 Whatman). Cette revue devient l'œuvre quasi exclusive d'Octave Uzanne avec quelques collaborations pour la plupart anonymes ou pseudonymes. Les illustrations sont encore d'excellentes qualité et présentes à profusion dispersées dans les 4 volumes que comptera la revue. Le Livre moderne parait jusqu'à la fin de l'année 1891. Cette revue est une pure merveille pour le bibliophile sensible aux belles choses imprimées, illustrées, bien mises, en deux mots, bien pensées. Cette revue meurt de sa belle mort le 10 décembre 1891. Je vous laisse lire l'avis de décès...



Problèmes financiers ? Manque de collaborations ? Lassitude de la part d'Octave Uzanne ? Je n'ai pas encore trouvé d'explication totalement satisfaisante à cette mort prématurée.


Quoi qu'il en soit, Uzanne lance le 20 janvier 1892 une nouvelle revue intitulée "L'Art et l'Idée, Revue contemporaine du dilettantisme littéraire et de la curiosité". Beau programme. Le format est identique au Livre moderne. Cette nouvelle revue comptera 2 volumes, parus en livraison de janvier 1892 à décembre 1892. Elle dure donc une année seulement. Uzanne s'est essoufflé. N'a-t-il pas présumé de ses forces ? C'est à craindre. En tous les cas, ce qui est certain, c'est qu'avec cette dernière revue (Uzanne n'en fondera pas d'autres), il s'éloigne inexorablement de la bibliophilie pour aller s'aventurer sur les chemins de la bibeloterie. On y trouve des articles sur la décoration intérieure des appartements dans le goût de l'époque, des articles sur différents artistes, des considérations sur l'habillement, la mode, etc. Cette revue reste cependant supérieurement illustré. C'est encore une fois un régal pour les yeux, même si le bibliophile que je suis s'y retrouve moins.



De ces trois revues que je possède, seul Le Livre moderne est supérieurement habillé. (Je possède un exemplaire broché de la revue Le Livre et l'Art et l'Idée dans une méchante reliure du début du XXe siècle du plus mauvais goût...) Mon exemplaire du Livre moderne se présente en 4 volumes grand in-8 reliés demi-maroquin à coins par Petrus Ruban. Les dos sont ornés de fers spéciaux que l'on retrouve en décor sur les couvertures imprimées en couleurs de la revue. L'exemplaire est en parfait état, on peut dire à l'état de neuf. Il est bien complet de la Table générale publiée l'année suivante (1892) ainsi que de toutes les couvertures illustrées et tirées à chaque livraison sur un papier de couleur différente, en parfait état. La reliure est très certainement une reliure "éditeur" puisqu'on retrouve Petrus Ruban en publicité sur les couvertures imprimées conservées. Quoiqu'il en soit c'est bien agréable d'avoir en mains un exemplaire de cette qualité. Peut-être un jour aurais-je la chance de découvrir un exemplaire sur Chine relié en plein maroquin plein mosaïqué, mais en attendant, je suis comblé.

J'ai acheté cet exemplaire à Champerret l'an passé. (Eric et Xavier ont été les témoins de ce mariage probable et peu hésitant entre un amoureux des beaux livres et un exemplaire désirable) 750 euros. Je n'ai pas discuté le prix qui me paraissait correct. étant donné la qualité de l'exemplaire La petite histoire veut que cet exemplaire ait été celui d'un libraire renommé du nord de la France de la première moitié du XXe siècle et dont la riche bibliothèque de documentation a été vendue ces dernières années par sa fille ... Racontars de libraires à bibliophiles ou vérité vraie... je n'ai aucune marque de provenance à l'intérieur pour venir étayer ces dires... alors je rêve...

Bonne journée,
Bertrand

7 commentaires:

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Magnifique exemplaire ayant appartenu à Giard.Je suis preneur d'un exemplaire aussi bien relié...au même prix !

Bertrand a dit…

Je ne sais pas si c'est l'exemplaire du libraire René Giard, aucun ex libris à l'intérieur, par contre je possède un Vicaire (Mon Vicaire depuis 10 ans), demi-maroquin à coins de Duval, avec ex libris de René Giard. Exemplaire entièrement annoté sur des feuillets quadrillés reliés in fine. D'ailleurs le volume de table paru en 1920 a cette note au crayon sur la garde blanche, sans doute de la main de René Giard, libraire à Lille : "brochure offerte par Finsburg". ??

J'avais acquis ce Vicaire dans une vente publique à Troyes en 1998 ou 1999.

B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Faudrait voir le catalogue de sa vente il y a quelques années déjà.Je n'arrive pas à mettre la main dessus...j'ai dû le revendre avec mes livres, dont son exemplaire du "Livre" de Janin ...
« Pro captu lectoris, habent sua fata libelli » (C’est l’esprit du lecteur qui fait le sort des livres).

Textor a dit…

Très interessant! Merci Bertrand, nous allons devenir très-savant sur Octave Uzanne.

Allez, une colle, savez qui a écrit cet extrait choisi ? Et dans quel ouvrage ?

« Me sera-t-il permis de traduire ici l'inimitable Baiser seizième de Jean Second, si chaud et si coloré dans sa belle latinité, qu'il peut paraître téméraire d'en rendre le sens exact sans craindre d'en atténuer les fantasieuses délicatesses. Je traduirai moins lourdement que Ménage, plus tendrement que Balzac, peut-être moins sentencieusement que Gui-Patin.
—Toi qui es plus étincelante que l'astre brillant de la pâle Phoebé, toi qui surpasse en éclat l'étoile d'or de Vénus, ô ma douce Néoera, accorde moi cent baisers; prodigue-les moi avec autant d'abandon que jadis Lesbie les donna à son poète inassouvi; cueille-les sur ma bouche, en aussi grand nombre que ces grâces amoureuses qui se jouent sur tes lèvres mutines et sur tes joues rosées. Fais pleuvoir sur mon corps ces mêmes accolades aussi drues que ces traits enflammés lancés par tes regards ardents qui font naître à la fois la vie et la mort, l'espérance et la crainte, la joie et les soucis cuisants…. »

Bertrand a dit…

Octave Uzanne in Le Calendrier de Vénus (1880, Paris, Edouard Rouveyre).

Vous en voulez combien d'exemplaires Textor ? brochés ? en maroquin ? bradel ? (sourire)

B.

Textor a dit…

Exact !!
Incollable ce Bertrand !!

Bertrand a dit…

Il y avait trop de mots Uzanniens pour ne pas le reconnaitre là !

B.

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