mardi 29 septembre 2009

Les autographes de Pierre Berès : un trésor inestimable !




Pierre Berès nous accompagne donc cette semaine, continuons un bout de chemin avec lui, ce sera comme un hommage que le Bibliomane moderne veut rendre au grand homme du livre qu'il était.

Vous voyez en tête de ce billet, la reproduction photographique de la couverture du catalogue 10 de la librairie Pierre Berès, ou plus exactement "Pierre Berès Librairie Incidences" sise au 24, rue Laffitte à Paris, en 1935. Joli mais sobre et mince catalogue de "Livres et autographes" contenant 210 numéros.

Un des premiers catalogues du Prince des libraires. Quelqu'un saura-t-il nous dire pourquoi Pierre Berès avait donné ce nom "Librairie Incidences" à sa librairie nouvellement créée ?? De mon côté je n'ai pas trouvé l'information. Quelle étrangeté peut bien se cacher derrière ce mot qui n'a bien évidemment pas été choisi par hasard ??!! Une piste : André Gide et son "Incidences", recueil d'articles paru en avril 1924 ?? L'idée se défend puisque Gide et Berès étaient voisins (rue Vaneau à Paris) et amis (Gide confie trois manuscrits à vendre à Berès en 1930, dont celui de Si le grain ne meurt.)

Pierre Berès a 22 ans en 1935 !

Un coup d'œil rapide sur ce mince mais très riche catalogue nous donne un aperçu de ce qu'il pouvait proposer à l'époque ainsi que les prix pratiqués.

Quelques exemples :

- Les Fleurs du mal de Baudelaire, 1857, EO, reliure mar. de Stroobants. Envoi de Baudelaire à Charles Monselet. 2.700 francs. (*)

- Le roi s'amuse de Victor Hugo, 1832, EO, ex. Béraldi. 1.000 francs.

- Les illuminations de Rimbaud, 1886, EO, 1/30 ex. sur Japon, reliure de Huser. 6.000 francs.

- Lettre autographe de Huysmans à Camille Mauclair. 3 pp. in-16. 1894. 375 francs.

- Lettre autographe de Victor Hugo à Gustave Flaubert, 1 p. in-8. 650 francs.

- Lettre autographe de Verlaine au Président de la société des gens de Lettres, 1893, 2 pp. in-8. 475 francs.

La part belle est faite aux éditions du XIXe siècle et du XXe siècle. On y rencontre Gide, Loti, Rimbaud, Proust, Hugo, Balzac, etc, ainsi que quelques rares anciens comme Corneille, Boileau, La Bruyère, Du Bellay, etc.

A la lecture de ce catalogue et d'autres du même type parus les années suivantes et encore assez récemment, une question vient inévitablement : que sont devenus les autographes de la librairie et de la collection Pierre Berès ?


Car on ne peut guère douter que le fin libraire qu'il était conservait pour lui de précieux autographes. Pierre Berès, dans un autre catalogue intitulé "Autographes et documents évocateurs de cinq siècles" (catalogue 62), proposait 220 autographes et documents manuscrits, dont certains très importants. Que sont-ils devenus ?

Lors des six ventes historiques du fond de sa librairie qui eurent lieu à Paris de 2005 à 2007, point d'autographes ou presque. Où sont-ils ?

Je gagerais bien sur ma foi si j'en avais une que ces "précieux documents" ne tarderont pas à sortir au grand jour. En salle des ventes ? Au détour de catalogues de libraires ? En vrac, en lot ou à l'unité ? Sans doute y-a-t-il de quoi faire l'une des plus belles ventes d'autographes jamais réalisée.

Les autographes semblent pour Pierre Berès comme ses premières amours.

Votre avis au sujet des ces autographes m'intéresse.

Bonne journée,
Bertrand

(*) 1 FF 1935 = 0.72109 euros en 2008 (Source INSEE). On voit bien que les prix ramenés à la seule conversion en francs constant ne veut strictement plus rien dire. Il faut juste essayer de comparer les prix entre eux sur une même période. Il est intéressant de noter que l'EO des Fleurs du mal de Baudelaire avec envoi est cotée à peine trois fois le prix d'une belle EO de Victor Hugo... Les temps changent.

3 commentaires:

Pierre a dit…

Des autographes exceptionnels, des manuscrits, des livres de grande rareté, des reliures signées... Quel exemple de réussite que celui de Pierre Berès ! Merci pour la présentation de ces catalogues qui nous remplissent d'humilité.

Si les autographes de Pierre Berès sortent chez moi, vous en serez les premiers prévenus (sourires). Pierre

Textor a dit…

Votre beau papier sur les autographes de Berès m'a fait resortir quelques catalogues consacrés aux seuls autographes, comme l'impressionnant opus de la galerie Castaing "Du temps perdu au temps retrouvé", ou ceux, plus modestes, de la librairie de l'Abbaye.

Contrairement aux livres qui contiennent souvent des marques de provenance ou de possession, l'autographe n'en a pas.

Après quel étrange parcours cette lettre de françois 1er à son ambassadeur s'est-elle retrouvée rue Jacob ? Mystère.

Mais cette page manuscrite de Marcel Proust recopiant la p. 48 de "Du coté de chez Swann" ( ...et tout d'un coup le souvenir m'en est apparu, Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que ma tante Léonie m'offrait...) n'aurait pas pu échapper à Berès, c'est sur !

Bonne soirée
Textor

Vincent P. a dit…

Nous parlions du Cabinet de Pierre Berès la dernière fois, et là encore avec les autographes je reste persuadé que tout n'a pas été livré au feu des enchères...La succession est tellement compliquée semble-t-il...

Je rêve peut-être mais espère voir encore quelques belles pièces ressortir!!

Vincent P.

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