lundi 14 septembre 2009

Rubrique bimbeloterie de bibliomane.


Toute une brocante d’objets divers fleurit sur nos rayonnages évoquant livre et lecture. A la longue liste des bibelots qui a déjà été évoquée il y a quelque temps, se sont ajoutés récemment les daguerréotypes colorisés et les photographies de librairies de Bertrand.

Je soumets à l’expertise des lecteurs du Bibliomane Moderne ce bois gravé qui associe Belle-Époque, jolie nuque et pages tournées. Il mesure 11 x 8,5 x 2 cm. Un petit monogramme est visible à gauche, sous le pied de lampe.


Si le verso est muet, d’autres bois qui accompagnaient celui-ci portaient la mention manuscrite « Yvette » ou « Une Vie ». Voilà qui devrait permettre de retrouver facilement l’auteur, puis l’œuvre précise en examinant d’un peu près la figure, puis l’édition et enfin, peut-être, la page qui a été ainsi illustrée si un bibliomane très épris de la fin 19e nous lit. J’ai quelques hypothèses mais pas la solution.

En dehors de la curiosité de retrouver ce bois dans son contexte, se pose aussi une question technique. Ce bois offre une image nette, très contrastée, qui peut être attribuée à l’enduit (?) blanc incrusté dans les détails les plus creusés (robe ou documents sur la table par exemple) et soulignant ailleurs la densité des fines striations. Les autres bois présentaient le même aspect.

Traitement nécessaire avant le tirage ou au contraire postérieur, et pour quelle raison ?

Les faiseurs d’hypothèses hardies de tous horizons, les rats de caves numériques, les typos nostalgiques, les experts du fluide correcteur blanc et les victimes repentantes (ou non) de la syphilis sont les bienvenus, entre autres !

Bonne journée,
Raphaël

10 commentaires:

Bertrand a dit…

Merci Raphaël, très joli bois gravé en effet. Peu commun sur le marché.

De prime abord, j'aurais tendance à penser que l'ensemble de la surface du bois était passée à l'enduit blanc (peut-être une couche protectrice pour augmenter la durée de vie du bois ??).

Concernant l'ouvrage illustré. Avec "Une vie" et "Yvette" on pense évidemment à Guy de Maupassant, sans doute une édition des Œuvres complètes illustrées dans les années 1920-1930. Je n'ai pas encore localisé avec précision laquelle ??

PS : combien de bois détiens-tu ?? Beau trésor.

B.

Raphael Riljk a dit…

Je pense que l'on pourrait peut-être remonter jusqu'à l'édition des Oeuvres complètes parue chez Ollendorff entre 1898 et 1904. 30 volumes !

Cet enduit blanc ne pourrait-il pas être du plâtre utilisé pour réaliser le moulage du bois avant d'en obtenir un cliché en métal plus apte à soutenir le grand tirage ? La comparaison avec le tirage définitif serait intéressante.

Reste à trouver la nouvelle ainsi illustrée...des idées ?


Raphael

Bertrand a dit…

La question est : le noir que l'on voit sur la photo, est-ce de l'encrage ou bien du bois ? Par ailleurs si c'est bien de l'encrage que l'on voit sur les parties saillantes, y-a-t-il du blanc dessous ? (il faudrait gratter ou deviner...).

De deux choses l'une, soit le blanc n'a été appliqué que dans les creux (je n'y crois pas) soit il a été appliqué sur toute la surface du bois.

S'il a été appliqué sur toute la surface du bois alors on ne voit pas pourquoi le bois aurait été à nouveau encré si ce "blanc" avait servi à faire un "moulage" ??

On me suit ?

B.

Bertrand a dit…

N'est-ce pas tout simplement pour mieux faire ressortir le dessin avant tirage sur le bois que le bois se trouve enduit en blanc ?

En tous les cas, le résultat est flagrant, on dirait voir le tirage en noir sur papier.

J'avais montré un bois gravé de Gustave Doré que je possède et non enduit, j'avoue qu'on ne distingue pas bien ce que donnera ce bois au tirage...

B.

Raphael Riljk a dit…

D'où la nécessité de retrouver la page.

Juste une idée : cette réunion ne parait pas être celle de bibliomanophilopathes, ils ne sont pas assez joyeux.
Allures compassées, costumes empesés et figures constipées s'accordent à une atmosphère paperassière lourde: vente ? saisie ? contrat de mariage ?
ouverture de testament ?
Cette dernière hypothèse pourrait coller assez bien avec la nouvelle et les personnages de "L'héritage" qui se trouve dans le volume intitulé Miss Harriett, le 11e volume de chez Ollendorff paru en 1901.
Les illustrations sont de Ch. Morel gravées sur bois par G. Lemoine.

Il y a peut-être d'autres pistes à suivre.

Appel aux passionnés de Maupassant !


Raphael

Raphael Riljk a dit…

On trouve sur Gallica des volumes de la collection parue chez Ollendorff mais pas Miss Harriett.

Les exemplaires consultables montrent que les illustrations n'ont pas la forme rectangulaire du bois mais des contours libres qui correspondraient sur ce bois-ci au bord intérieur du profond trait de gravure périphérique. Le plus souvent, comme ici, un élément de la figure déborde de ce contour.

On a envie de conclure que les bois n'étaient pas mis directement sous la presse, sinon les angles qui sont au même niveau que les sujets devraient être visibles sur le papier....à moins d'un encrage à la main très minutieux des sujets, réalisé en épargnant les angles...(?)

Il n'y pas un imprimeur dans la salle ??


Raphael
Raphael

Bertrand a dit…

La remarque est judicieuse Raphaël !

Effectivement, les bords ! Ils sont en relief et en noir... mais ne doivent pas apparâitre à l'impression.

Seule solution à mon avis, ce bois sert de "matrice" pour effectuer des clichages pour produire ensuite le même positif en plaque de zinc (celles justement remontées sur plaque de bois dont on avait déjà parlé sur le Bibliomane moderne), ainsi il me semble plus facile d'éliminer une fois le clichage fait, les parties en bordure par de simples coupages et coups de lime.

Les zinc que j'ai pu voir, n'ont en effet, que rarement des bords bien délimités mais au contraire suivent le dessin à imprimer.

B.

Bertrand a dit…

A propos du tirage des bois gravés :

L'illustrateur dessine directement sur le bloc de bois, le graveur n'ayant plus qu'à intervenir en interprétant avec sa technique propre les différentes nuances. Il arrive souvent qu'une gravure soit réalisée sur des morceaux séparés, chacun confié à un graveur différent, les blocs étant ensuite assemblés. On en vient , pour nuancer la profondeur des noirs, à intercaler entre la platine qui assure l'impression et le feuille de papier, un habillage de carton creusé ou renforcé par du papier collé, de manière à ce que la pression soit plus forte aux endroits de la gravure doit être plus noire. Cette pratique s'appelle en France la mise en train. Thomas Bewick, déjà, avait mis au point une technique similaire en abaissant légèrement la hauteur du bois dans les zones les plus claires. À la fin du XIXe siècle, on interprète de la même façon des photographies et l'outillage des graveurs est extrêmement perfectionné (échoppes rayées ou vélos permettant de graver des traits parallèles, et même des machines permettant de faciliter le travail). Pour assurer les très grands tirages de la presse (jusqu'à 100 000 exemplaires), il est nécessaire de multiplier les formes imprimantes : les bois originaux sont moulés dans du plâtre, et ces empreintes reçoivent un alliage plomb-antimoine pour donner des clichés ou stéréotypes. (wikipedia - portail des arts).

B.

Textor a dit…

J'ai fait quelques recherches autour du monogramme HI ou IH mais qui n'ont donné aucun résultat.
T

Raphael Riljk a dit…

Le monogramme doit être lu à l'envers. Peut-on déchiffrer un CM ou ChM ?
Merci de vous être penché sur cette brocante.

Raphael

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