jeudi 7 mai 2009

Revenons à nos moutons... euh... à nos veaux estampés à froid de la première moitié du XVIe siècle...


Le bibliophile est curieux toujours. J'aime à le penser. Savoir flâner dans les catalogues de libraires, y dénicher une notice, une image, un renseignement, un indice. Je veux croire que c'est là la vocation première du bibliophile passionné.

Il y a peu de temps, ayant déjà publié mon billet sur la reliure anglaise estampée à froid de la première moitié du XVIe siècle (lire le billet en question), je suis tombé sur une reliure assez proche dans un prestigieux catalogue de livres rares, proposés à la vente par la libraire S. à Chartres (catalogue XXV - 2002 - n°12).

Je vous laisse découvrir l'exemplaire en photo (désolé pour les reflets que je n'ai pu éviter).


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Concernant la reliure il est seulement indiqué :

"veau fauve sur ais de bois, plats couverts d'un décor formé de guirlandes de quintefeuilles à froid et de fleurons palmés en losanges fermés de triples filets à froid, dos à double nerfs avec tranchefiles apparentes extérieures, tranches lisses. Reliure de l'époque."

Aucune précision sur le lieu de fabrication de cette magnifique reliure (l'exemplaire est en 2 volumes - superbe - prix demandé... vendu... on le saura jamais...).

Il est indiqué en fin de notice : "reliures monastiques de grand caractère."

Peut-être ?!
Aucune mention de possibilité de reliure anglaise ? Si l'on se réfère à Oldham, cet exemplaire serait pourtant susceptible d'être sortie des ateliers londoniens, de Cambridge ou d'ailleurs sur l'île. Non ?

Qu'en pensez-vous ?

Bonne nuit,
Bertrand

11 commentaires:

Textor a dit…

Plus proche de Chelsea que de Barcelone, c'est sur. Pour autant, je trouve que les fers, bien qu'ayant une certaine parenté avec ceux présentés par Oldham, sont aseez frustres. et la roulette aux fleurettes parait bizarre, même au pays de la guerre des 2 roses. je pense que Maitre Martin va nous éclairer davantage. Bonne soirée. Textor

Martin a dit…

Cette photo me semble appartenir à la catégorie "cherchez la faute", non? Trop facile?

Martin a dit…

Aucun commentaire???
En regardant vos rayons de reliures du XVIème siècle, estampées à froid ou autre....

Textor a dit…

?? Je ne vois pas; En regardant mes rayons de reliures estampées à froid, lyonnaises pour la plupart, je constate que les dos sont muets. Ici on voit bien que la pièce de titre est rapportée. Mais ce n'est pas parce que la reliure a été retouchée au XIXème que les plats ne sont pas d'époque. Est-ce que vous voulez dire que les plats sont des pastiches ?

Bertrand a dit…

Bonjour,
pour ajouter une précision importante que j'avais omise dans le descriptif du catalogue de la librairie S., voici :

"2 pièces de titre, faciles à détacher, ont été placées sur les dos au XIXe siècle."

La reliure, pour avoir la photo originale sous les yeux, n'est absolument pas un pastiche, et les dos sont d'origine ainsi que les plats. Très beau spécimen.

B.

Martin a dit…

Trop facile, évidemment.
Horrible, ces pièces de titre, absolutely shocking. Avec cette défiguration, la pauvre reliure perd tout son charme, non?
Pas gentil de la présenter en cet état.

Bertrand a dit…

Pas joli... Pas gentil... néanmoins je ferais bien mon affaire de bibliopathe de ce Perceforest de 1528 !

Pas vous ?

B.

Textor a dit…

Détacher les pièces de titre ? Vous abordez là une question importante de la restauration des reliures que je n’ai pas encore tranchée mais qui a donné lieu à un grands débat avec ma relieuse : Faut-il restaurer un ouvrage dans son état initial supposé ou bien maintenir toutes les transformations des siècles suivants, qui sont autant de témoins de l’histoire du livre ? Je donne un exemple, j’avais mis la main sur une édition de P. BERSUIRE de 1477 avec ais de bois peut-être d’origine mais recouvert à la fin du XVIIIème ou au tout début du XIXème d’un méchant basane tout épidermé. Il fallait choisir entre remettre du cuir ou tout faire sauter. Conservation ou esthétisme ? Qu’auriez vous fait à ma place ? Bonne soirée.

Bertrand a dit…

Délicat problème en effet...

Je crois que chaque cas est un cas particulier où le livre et son propriétaire du moment doivent faire la part des choses d'un commun accord... (sourire).

B.

Textor a dit…

C'est juste, je crois qu'il faut suivre son instinct.
Donc, sans demander l'avis du livre (:)), qui en avait vu passer d'autres, j'ai fait retirer tout le cuir et cirer les ais de bois. L'effet est plutôt réussi et il parait d'ailleurs que ce type de reliure existait au XVème siècle.
Evidemment les plats ne tiennent au dos que par les nerfs de porc, ce qui ne plaira peut-être pas au prochain propriétaire ...

PS: merci à Martin pour ce lien avec Stuttgart, j'ignorais qu'un livre pouvait s'ouvrir de 6 cotés en même temps !! ( cf la sechsfachband)

Bertrand a dit…

Bonsoir Textor,
pourriez-vous nous montrer cette belle reliure restaurée incunable ?

Vous pouvez m'envoyer les photos sur bertrand.bibliomane@gmail.com
avec le texte d'accompagnement que vous désirez. Le blog est à vous autant qu'à moi, et c'est valable pour les autres lecteurs.

B.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...