mardi 30 décembre 2008

Un ex libris du XVIIIe siècle au pochoir ou en gravure sur bois ?


Cher amis noctambules, diurnes ou nocturnes,

petit message clin d'oeil à nos amis de AFCEL (Association Française pour la Connaissance de l'Ex-Libris), voici un bel ex libris armorié trouvé au verso du titre d'un bel in-4 imprimé à Paris en 1675.


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Cet ex libris est curieux dans sa réalisation même, puisqu'il s'agit d'un ex libris réalisé soit "au pochoir" (encrage au travers d'une feuille de papier prédécoupée), soit "en gravure sur bois" (bois gravé imprimé par estampage après frottage à l'encre de la surface du bois), impression à l'encre bleutée. Je n'arrive pas à me déterminer quant à la méthode réellement utilisée. Difficile même à la loupe de se prononcer entre pochoir et estampage sur bois. Ceux qui ont déjà rencontré ce type d'impression pour un ex libris ou une marque sont invités à s'exprimer.

Je laisse les amateurs et connaisseurs héraldistes nous en dire plus sur ce mystérieux POTIER
(vraisemblablement du XVIIIe siècle) qui s'intéressait, je peux vous le dire, à l'orthographe de la langue françoise (querelles au XVIIe siècle entre Bouhours, Ménage et autres Vaugelas...)

A demain pour un message très.... succulent !
Bertrand


7 commentaires:

L'Ex-Libris Français a dit…

Réponse de Jacques à Bertrand : http://le-bibliomane.blogspot.com/
Il s’agit de l’ex-libris de N. Potier : Lorraine : Nancy (54) / Provincial des guerres en Lorraine et co-locataire avec M. Delmas, commissaire-ordinaire Hôtel Ferraris rue du Haut-Bourgeois à Nancy 1755. Aurait préparé un “Dictionnaire de Guerre et de Marine “. P0578.
C'est un pochoir.
D’avance nous remercions Bertrand de bien vouloir nous communiquer les dimensions exactes de ce bel ex-libris du XVIIIè S.

bertrand a dit…

Mille merci !

Quelle rapidité de réponse ! Comment déterminez-vous qu'il s'agit d'un pochoir, ce qui me posait problème pour la technique du pochoir c'était la finesse de certains détails de la couronne notamment, mais à y réfléchir la gravure sur bois n'était guère réaliste comme technique. La technique du pochoir pour réaliser un ex libris à même la feuille de garde ou sur un titre était-elle une méthode courante, notamment au XVIIIe siècle ? Si quelqu'un en sait plus, je suis preneur.

L'ex libris présenté mesure 100 mm de hauteur par 67 mm de largeur (dimensions prises aux points extrêmes du décor de cet ex libris).

Concernant son possesseur, N. Potier. Doit-on lire N. Potier pour Nicolas Potier ? Je vais essayer de voir si Google ne recèle pas quelque merveille ou anecdote sur ce brave bibliophile amateur d'orthographe et de grammaire.

Encore merci de cette réponse,
Meilleurs vœux à toutes et à tous pour 2009 et après...

B.

L'Ex-Libris Français a dit…

Concernant cet ex-libris il s'agit bien de pochoir.
Le pochoir
La technique du pochoir, inventée vers le milieu du XVIe siècle, réapparaît au milieu du XVIIIe siècle (ex-libris de Hardy [1747], Bridoul [ca 1750] entre autres). Il s'agit plutôt d'une technique d'impression que d'un procédé de gravure proprement dit, aussi les gens de métier ne s'y compromettaient-ils point. Elle était pratiquée par de petits artisans ou plus précisément par les bibliophiles eux-mêmes qui n'osaient se risquer dans les arcanes de l'eau-forte.
Le pochoir ou frisquette est composé d'un cadre sur lequel on colle une feuille de papier fort. On découpe au canif tout ce qui doit venir à l'impression, laissant subsister la place des blancs, de telle sorte que la feuille à imprimer, placée sous ce tympan, soit préservée de tout maculage 1". Le bristol peut être remplacé par une fine plaque de métal, comme pour l'ex-libris Hollande de Colmy. On pose cette forme sur le papier que l'on veut imprimer et, à l'aide d'un pinceau ou d'une brosse, on peint les parties évidées. La particularité du pochoir est qu'il s'agit d'un élément mobile dont les vides ne peuvent se rejoindre entre eux. Ce qui conduit à se limiter à des tracés relativement grossiers ou très simplifiés 63. Les résultats sont rarement esthétiques; les contours étant souvent baveux. Comme pour les autres procédés de gravure, le nom de la technique désigne aussi l'objet ainsi exécuté.
On a dit que l'emploi du pochoir pour l'impression des ex-libris avait été motivé par les troubles de la Révolution. Ce qui est inexact puisqu'on voit apparaître les premiers ex-libris au pochoir vers 1750. (Ex-libris de Fr. Ph. d'Anthès, de Martin de Julvécourt, et d'autres). Ce procédé simple et peu onéreux sera employé pendant les années de récession de la Révolution, puis quelque temps encore durant les premières années du XIXe siècle. Il disparaîtra totalement par la suite.

in L’Ex-Libris, Histoire, Art, Techniques / Germaine MEYER-NOIREL / Edit. Picard 1989 / page 131.

bertrand a dit…

eh bien à vrai dire, je trouve cela plutôt joli, et cela me donnerait presque envie de pratiquer cette technique pour moi-même, le seul hic qui est à la fois un avantage,
le côté indissociable du couple livre-ex libris qui me gêne un peu.

Merci beaucoup pour toutes ces précisions très intéressantes,

Bertrand

Gonzalo a dit…

Désolé de réagir un peu tard.
Il s'agit d'un pochoir, évidemment.

J'en profite pour rebondir: peu d'historiens en parlent, mais la technique du pochoir a été utilisée en France depuis la seconde moitié du XVIIe siècle jusqu'au XIXe siècle pour copier des antiphonaires ou autres ouvrages liturgiques, de grand format (donc durs à calligraphier). Certains sont très beaux, enluminés, décorés, ornés, d'autres sont uniquement copiés en rouge et noir. Les bibliothèques accueillent beaucoup de ces livres, mais souvent les catalogues n'indiquent pas qu'il s'agit de livres faits au pochoir.

pierre a dit…

Gonzalo,
Le reproche fait par l'ex-libris français au pochoir, c'est à dire l'imperfection de ses contours, est-il similaire sur les antiphonaires imprimés par cette méthode par rapport aux méthodes classiques d'impression. J'ai une connaissance qui en possède et je vais de ce pas (demain après la fonte des neiges) le vérifier.
Merci pour cette information.
Pierre

Gonzalo a dit…

Pardon, Pierre, pour le retard de ma réponse.

J'ai pu voir divers ouvrages réalisés au pochoir. Les plus beaux et les plus luxueux sont parfois repris à la main, et le calligraphe masque les "tenons" (les espaces blancs correspondant aux parties non découpées du pochoir qui servent à en assurer la solidité) en repassant à l'encre par-dessus.
Ca n'est pas le cas des ouvrages réalisés avec moins de soin.

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