vendredi 26 décembre 2008

Marie-Caroline, duchesse de Berry (1798-1870), bibliophile


Marie Caroline de Bourbon-Sicile (1798-1870), duchesse de Berry Huile sur toile (1825), par Sir Thomas Lawrence (1769-1830), Chateau de Versailles.


Continuant ma lecture des Étrennes à un ami bibliophile (1) par Jean Marchand (voir message d'hier), je suis tombé sur un paragraphe consacré à une femme bibliophile, et j'ai tenu à m'arrêter un instant sur son portrait.

Voici d'ailleurs le passage en question.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir et lire aisément.


Marie Caroline Ferdinande Louise de Bourbon, princesse des Deux-Siciles était née à Palerme en Italie en 1798. Elle était la fille de François 1er, roi des Deux-Siciles (1777-1830) et par sa mère, Clémentine de Habsbourg (1777–1801), fille de l’empereur Léopold II, elle est ainsi petite nièce de Marie-Antoinette. Belle ascendance !

Elle passe son enfance entre Palerme et Naples. Elle est finalement choisie par Louis XVIII pour épouser son neveu, Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry, second fils du comte d’Artois, futur Charles X et frère du roi Louis XVIII. Bien que son époux ait eu vingt ans de plus, le mariage sera un mariage heureux et le jeune couple s’installera au palais de l’Elysée, spécialement réaménagé pour eux. On connait l'histoire malheureuse de l'assassinat du duc de Berry son époux en 1830 par Louvel. Elle s'installe alors aux Tuileries. C'est là, avec son caractère curieux et amoureux des arts, qu'elle encourage les peintres, les musiciens et les hommes de lettres.

Peu de temps après son mariage avec le duc de Berry, elle avait acquis le château de Rosny (1818). C'est là qu'elle aimera à se retirer au calme et loin des protocoles et des obligations des Tuileries. C'est aussi là, et c'est ici ce qui nous intéresse, qu'elle réunira de très nombreux volumes imprimés et manuscrits, en une immense bibliothèque de plusieurs milliers de volumes.

La suite et fin de sa vie fut plus tumultueuse comme on peut s'en douter. À la suite des trois glorieuses, elle suivit Charles X et la cour en exil, mais elle cherchait à se faire proclamer régente pour son fils, sous le nom de Henri V. Elle retourna donc clandestinement en France en 1832, où elle débarqua dans la nuit du 28 au 29 avril. Elle tenta de relancer les guerres de Vendée et de rallier la population à sa cause (c'est pas bien ça...). La mobilisation locale fut assez faible, et l'opération échoua rapidement. La duchesse chercha refuge dans une maison de Nantes mais trahie par Simon Deutz, après s'être cachée toute une nuit dans un réduit situé derrière une cheminée dont l'âtre était allumé, elle fut arrêtée le 8 novembre 1832 par la police dirigée par Adolphe Thiers qui, depuis le 11 octobre, venait de remplacer Montalivet au ministère de l'Intérieur. Détenue dans la citadelle de Blaye et soumise à la surveillance la plus rigoureuse, elle accoucha d'une fille devant des témoins désignés par le maréchal Blugeaud, et dut rendre public un mariage qu'elle avait contracté en 1831 avec Hector Lucchesi-Palli, duc della Grazia (1808-1864). Avec ce nouveau mari, elle eut encore 4 filles portant ainsi sa descendance à 7 enfants : 2 qu'elle eut du duc de Berry et cinq qu'elle eut de son union avec Hector Lucchesi-Palli. Après quelques années en prison, la duchesse de Berry fut libérée et expulsée vers Palerme. Elle se vit tenue à l'écart de la famille royale, qui lui refusa la direction de l'éducation de son fils. Elle s'installa ensuite en Autriche où elle vécut les dernières années de sa vie. Elle mourut au château de Brunnsee en 1870. (2)

Destin ! Quand tu nous tiens !! (un peu long... certes... mais un peu d'histoire ne fait jamais de mal à personne).

Quelle vie tout de même ! Et les livres dans tout cela. Ils survivent, il mènent leur vie propre. Leur destin d'inanimés insensibles. Sont-ils heureux ces livres qui nous survivent ! (c'est une affirmation, pas une question, d'où le ! qui est bien à sa place). Nous sommes vaincus !

Bon, je sais que je devais faire court pour les fêtes... mais les quelques lecteurs présents seront indulgeants j'en suis persuadé.

Ah si ! J'oubliais, j'ai sous les yeux un exemplaire en 2 volumes d'un ouvrage du XVIIe siècle relié plein maroquin par MULLER (sympa d'avoir signé... merci !) et qui porte au contre-plat l'ex libris suivant :

Cliquez sur l'image pour l'agrandir et lire aisément.

Sans aucun doute les érudits amateurs d'ex libris du blog d'en face (juste au coin de la rue avant l'impasse...), l'Association Française pour la Connaissance de l'Ex libris, saura nous en dire plus sur cette provenance ? Nous sommes toutes ouies...

Variante de l'ex libris Lebaudy (château de Rosny-sur-seine), fin XIXe, gravé par Stern et avec la mention manuscrite "La Solitude" (merci à Raphaël qui nous a envoyé cet ex libris).


(1) Etrennes à un ami bibliophile, par Jean Marchand, à Neuchatel, des éditions de la Baconnière, s.d. (1954). Tirage à 2.101 exemplaires numérotés. 1 vol. in-12.

(2) Source : Wikipedia - http://fr.wikipedia.org/wiki/Duchesse_de_Berry et site internet http://www.chateau-sceaux.fr/spip.php?article4 (relatif à une exposition au château de Rosny-sur-Seine)

Bonne nuit de lendemain de noël, Bertrand.

7 commentaires:

Martin a dit…

Et pourquoi pas Lebaudy?

bertrand a dit…

Cela semble effectivement correspondre, quant aux dates et quant à la nature de l'ex libris imprimé qui me semble imprimé vers 1880.

Voir ce lien : http://arpel.aquitaine.fr/frab/images/bordeaux/frab2007_08_19_14.jpg

B.

bertrand a dit…

Un grand merci à l'Association Française pour la Connaissance de l'Ex libris d'avoir relayé la demande sur leur blog qui est en lien sur notre page d'accueil (ex libris).

A bientôt,

B.

L'Ex-Libris Français a dit…

Voilà la réponse de Jacques (AFCEL) : Paul Lebaudy, château de Rosny-Sur-Seine (78). IL avait inventé des ballons dirigeables semi rigides. Voir Dans Google, il y a des articles. Il avait un équipage de Chasse à courre et découplait danbs la forêt de Moisson et aux alentours. Le deuxième est sans doute son fils. Ils ont été propriétaires du château jusqu'en 1955.

bertrand a dit…

Merci beaucoup pour cette réponse,
Martin était donc sur la bonne piste,
en sait-on sur ce Lebaudy bibliophile ?
Je vais regarder ce que je trouve.
Muller étant le successeur de Thouvenin si je ne me trompe, la reliure date elle des années 1840 tout au plus. Ce qui en fait un livre relié antérieurement aux Lebaudy. Ce livre était-il déjà au château de Rosny ? Est-ce une acquisition de Lebaudy ? A-t-on un catalogue de la vente de la bibliothèque Lebaudy ? Autant de questions qui mériteraient une réponse.

Bonne journée,
B.

Raphael Riljk a dit…

Sur mes rayonnages, un livre qui s'est sans doute frotté le cuir ( sans dommages) à celui de Bertrand : L'Iliade traduite en vers...par M de Rochefort, Paris, Saillant et Nyon, 1772, 3 vol., et l'Odyssée, traduite en vers...par M de Rochefort, Paris, chez Brunet, 1777, 2 vol.

Ensemble 5 vol. en veau marbré de l'époque avec filets et dos orné. Figures hors-texte de Biosse. Frontispices gravés par Saint-Aubin.

Notice de catalogue de libraire collée au contre-plat (Bel exemplaire, dit-il, ce sera 80 fr.).

Ex-libris de format plus carré(signé Stern à la hauteur du Y de Rosny), idem dans sa gravure à celui présenté, sur tous les volumes avec une autre variante : la mention "La Solitude" est écrite à la plume.

Dessous une petite étiquette ovale d'inventaire : "187" pour l'Iliade et "188" pour l'Odyssée.

Après les variantes d'émission, les variantes d'ex-libris...où va-t-on...?

En tout cas, délicieux instants où l'on va renouer sur ses tablettes avec un ami dont on avait pas serré depuis longtemps le cuir contre soi.

R.

bertrand a dit…

Pouvez-vous m'envoyer une photo de cet ex libris Raphaël, merci, je la publierai dans l'article pour l'illustrer.

Merci d'avance,

B.

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