samedi 13 décembre 2008

Lecture : Le colportage de librairie en France sous le second empire (1972)




Amis bibliophiles curieux et lecteurs insatiables,

je tenais à vous présenter ce soir un ouvrage que j'ai rencontré il y a peu sur le chemin de la connaissance bio-bibliographique.

"Le colportage de librairie en France sous le second empire" par Jean-Jacques Darmon.

Editions Plon, Collection "Civilisations et mentalités" dirigée par Philippe Ariès et Robert Mandrou. 1 volume in-8 (20 x 13 cm), broché, de 316 pages.

Ce titre m'a plu, je l'ai acheté. Je ne le connaissais pas avant. C'est donc une totale découverte.

Inutile d'essayer de vous le résumer gauchement, la quatrième de couverture le fera bien mieux que moi :

"A l'heure où les planificateurs culturels et les spécialistes de promotion sociale s'évertuent à élargir le champ de la lecture en France, ce livre est d'une actualité étonnante : il expose comment le colportage de livres, après plusieurs siècles de prospérité, a été tué par les libraires patentés jaloux de ces circuits de distribution qu'ils n'ont jamais su remplacer et par les autorités politiques terrorisées, depuis 1848, par la crainte des forces populaires. Cette étude de la répression contre le colportage et des contenus de la littérature populaire constitue un travail original, sur des sources tout à fait négligées jusqu'aujourd'hui, qui révèle successivement l'ampleur de la "consommation" assurée par ces circuits, la variété des thèmes traités et enfin les efforts fournis par les autorités (préfets, instituteurs, clercs) pour mettre sur pied une "littérature de remplacement".

"L'auteur, Jean-Jacques Darmon, est professeur de lycée, passionné pour les questions de culture populaire." (1972).


C'est une étude très précise dans temps, entre 1860 et 1870, courte période agitée politiquement et littérairement. Du déclin du colportage à la librairie libérée du colportage dans les années 1880, on y trouve de nombreux tableaux analytiques, des chiffres, beaucoup de chiffres. L'analyse est pertinente à ce que je peux en juger, très intéressante en tous les cas.

Évidemment je vous en conseille la lecture pour en savoir plus sur un sujet peu connu du monde de la librairie au XIXe siècle. Ce livre ne doit pas être très difficile à trouver pour quelques euros seulement. Bonne lecture !

Bonne nuit,
Bertrand

3 commentaires:

Raphael Riljk a dit…

JJ (le retour) dans sa Préface des "Contes non estampillés" (Hetzel, 1862) se plaint que ses livres n'aient pas reçu l'estampille autorisant le colportage :

" Pendant que le livre estampillé va, marche, arrive et revient sur ses pas de Marseille à ..l'océan et passe nos frontières..., nos livres sans aveu que tout le monde peut se procurer à Paris sont sagement et glorieusement interdits sur les grands chemins..."
Ces contes non estampillés ...le seront en 1864 grâce "...à la prudence et à la justice d'un vrai magistrat". Il est vrai qu'il n'y avait pas dedans de quoi agiter les foules.

R

bertrand a dit…

Merci pour ces précisions Raphaël, c'est vraiment un plaisir d'écrire un article et de savoir que quelques heures plus tard seulement, des lecteurs curieux sont capables de vous en apprendre encore plus !

Le plaisir de la découverte est alors doublé du plaisir d'apprendre,
bravo et merci à tous les contributeurs, passé, présents et surtout à venir ! N'hésitez surtout pas à laisser des commentaires.

B.

Jean-Marc a dit…

Le colportage en général, et le colportage de librairie en particulier, m'ont toujours intéressé. On ne peut s'intéresser aux sociétés alpines sans rencontrer une jour le colportage. Je connaissais l'ouvrage dont parle Bertrand. Pour ceux que cela intéresse, je ne peux que conseiller "Histoire du colportage en Europe. XVe-XIXe siècles", de Laurence Fontaine qui aborde tous les aspects du colportage, dont le colportage de libraire. Elle donne en particulier une liste très complète des libraires briançonnais qui ont essaimé depuis Briançon et sa région, en Italie, Espagne, Portugal et jusqu'au Brésil.

De nombreux libraires ou imprimeurs ont commencé leurs vies comme colporteurs. Le fameux Victor Lagier, libraire dijonnais et éditeur des travaux de Gabriel Peignot, a commencé sa carrière comme colporteur de livres, depuis ses Hautes-Alpes natales.

Je me suis aussi intéressé à des familles des Hautes-Alpes qui ont fait souche à Lons-le-Saunier. Ils y sont probablement sédentarisés après avoir parcouru ces régions comme colporteurs. On y trouve l'origine de la famille des Gauthier-Villars, fameux éditeur scientifique, "brillamment" représenté par le fameux Willy, premier mari de Colette.

Jean-Marc

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