dimanche 7 décembre 2008

Ce que c'est que la bibliographie matérielle



Fleuron de titre commun aux deux premières éditions du Diable Boiteux de 1707 chez la Veuve Barbin. Mais de quel atelier typographique sortent ces deux éditions ?


Chers amis,
les deux derniers articles consacrés à cette petite étude inutile sur la seconde édition du Diable boiteux de Lesage (1707) ont suscité quelques sympathiques commentaires et quelques échanges de mails avec des bibliophiles à peu près aussi fou que moi, sinon plus.

C'est ainsi à Martin que je dois la communication que je vais vous faire ce soir et qui tournera autour du même sujet, la bibliographie, l'intérêt pour le bibliophile de bien se familiariser avec l'étude matérielle des volumes qui lui passent entre les mains (étude du papier, de la typographie, des ornements, etc).

Qui mieux que le bibliophile ou le bibliomane est à même de reconnaître et comprendre l'intérêt de telles études ? Le bibliographe, c'est évident, c'est son métier. Mais le bibliophile se fait parfois bibliographe. Bibliographe amateur vous me direz, et vous aurez raison. Bibliographe ou bibliologue est un métier et comme tout métier, il s'apprend, ne s'improvise pas.

Martin nous communique ces quelques pages extraites de l'ouvrage suivant : "Le diable boiteux. Texte de la deuxième édition avec les variantes de l'édition originale et du remaniement de 1726 : précédé d'une étude de bibliographie matérielle par Roger Laufer." Paris & La Haye: Mouton, 1970.

Je vous laisse lire en détail ce que devrait être une description matérielle "professionnelle". Evidemment, ce n'est pas du Molière, ni même du Corneille... mais avec un peu de patience et de persévérance, on parvient à comprendre l'essentiel.

N'oubliez pas de cliquer sur les images pour les agrandir et lire le texte



Comme vous l'avez donc lu, une description matérielle est un véritable travail bien précis, codifié et encadré par une typologie et une nomenclature bien définies. Biensur sans aller jusque là, je reste convaincu, qu'en effectuant un travail sérieux et fiable dans les vérifications, les comparaisons entre exemplaires, etc, on parvient, en "bibliographe-amateur" à donner une idée précise de l'état d'un volume, de ses caractéristiques. Je ne pense pas que les bibliographes patentés nous en auront voulu d'avoir tenté une brève incursion dans leur monde.

Amitiés aux bibliographes et bibliologues de par le monde,
Bertrand

PS : demain, promis, on change de sujet... plus léger... beaucoup plus léger.

6 commentaires:

pierre a dit…

Jean-Luc sur un autre bog faisait très justement remarquer qu'il existe un pont, mais un pont d'or, entre l'acheteur de livres anciens sur Ebay et chez Christie's.
Ce pont existe, bien sûr, entre le bibliophile et le bibliographe mais pour l'amateur lambda, ce lien ténu peut très bien devenir un fossé !
Merci pour cette présentation vivante, documentée et claire qui nous a permis de nous approcher de la rive...
Pierre, spécialiste de la métaphore approximative.

Anonyme a dit…

Même ces bibliographes peuvent faire des erreurs. Et pour cause, je l'ai fait avant de rencontrer un fabricant de papier. En effet, le pontuseau n'existe pas sur une feuille de papier ; car c'est une partie en bois (de la forme) qui supporte le fil de chaine (ou chainette). Donc, on mesure l'écart entre les vergeures et le fil de chaîne. Amicalement, Michel.

Martin a dit…

http://www.moulinduverger.com/papier-main/lexique-vergeure.php?page=13

Martin a dit…

Et, pour aller un peu plus loin: http://ihl.enssib.fr/siteihl.php?page=59&aflng=fr

Anonyme a dit…

Si vous aimez les "rencontres" passer voir ce fabriquant de papier.
http://www.lespapiersdumoulin.com/
C'est lui qui a éclairer ma lanterne.
Amicalement, Michel.

Martin a dit…

C. Chacune des lignes claires, verticales et espacées, visibles par transparence dans la feuille de papier à la forme qui coupe perpendiculairement les vergeures (d'apr. BRUN 1968).

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