samedi 12 novembre 2011

Le Bibliomane moderne a des nuits agitées ... ou de la librairie ancienne à Las Vegas et New York VS Toucheboeuf (*)


en avoir ou pas ...


Le Bibliomane moderne n’arrivait pas à trouver le sommeil hier soir tard, alors il a vagabondé sur le net à la recherche de quelques livres rares, de quelques belles reliures, de quelque édition originale obscure peu connue et intrigante à souhait, bref, le Bibliomane moderne commençait à se perdre dans les méandres de la toile. Quand, tout à coup, au détour d’un mot clé Google-isé avec soin, il fut projeté sans ménagement sur un site au design, comment dire, tout simplement superbe. Le site d’une librairie, une grande librairie même, si ce n’est la plus grande, au moins une des plus prestigieuses librairies. Une librairie d’outre atlantique. Même si je tairai ici son nom par pudeur, je pense que nombreux seront les lecteurs capables de la reconnaitre. Pour tout vous dire, j’ai passé plus d’une heure sur le site de cette libraire, épluchant minutieusement, menu après menu, catalogues après catalogues, vidéos après vidéos. J’en suis ressorti sonné ! Je m’explique.

De ce que j’ai vu hier soir (ou plutôt ce matin très tôt, en effet j’ai fini ma visite vers les 2h30), je n’en reviens toujours pas. Cette librairie a été fondée en 1973 à Philadelphie par un couple d’américains (j’avais 2 ans, j’étais donc d’office hors jeu à cette époque). En 1989 ils ouvrent leur première « gallery » à New York. 10 ans plus tard, en 1999, la galerie de New York est transférée sur la très select Madison Avenue. Enfin, en 2008, enfin, ils ouvrent une troisième galerie de livres rares à Las Vegas.

Que propose cette prestigieuse librairie à ses clients bibliophiles ? La librairie propose un vaste choix de livres rares dans tous les thèmes ou presque : Americana, Art, Architecture & Design, Autographs & Signed Books, Children’s Books, Fine Bindings, History, Literature, Music, Photography, Religion, Science, Medicine & Natural History, Sport & Leisure, Travel & Exploration. Voici quelques exemples de livres proposés actuellement sur leur site :

BOUND FOR THE FUTURE LOUIS XVI WITH HIS COAT OF ARMS
FRENCH ALMANAC. Almanach Royal, Annee Bissextile 1772. Paris, 1772. 1772 Royal Almanac, bound for Louis XVI dauphin two years before he would inherit the throne of France, in a lovely binding designed by the royal bookbinder Pierre-Paul Dubuisson. $25,000.

EXTREMELY RARE PRESENTATION COPY OF RAVENNA, INSCRIBED BY OSCAR WILDE
WILDE, Oscar. Ravenna. Oxford, 1878. Rare first edition, presentation copy, of Oscar Wilde’s first book, one of only 168 copies published, inscribed by Wilde across the front wrapper: “E.B. Benson with best wishes from the author.” $22,000.

“WHOM HAVE YOU BEEN SENT OVER TO KILL HERE, MR. BOND?”
FLEMING, Ian. Live and Let Die. London, 1954. Scarce first edition of Fleming’s second James Bond novel, “full of pace, incident and color” (Lycett, 238)—in which 007 investigates an underworld voodoo leader who is suspected of selling 17th century gold coins to finance Soviet spy operations in America—in the rare first-issue dust jacket. $30,000.

THE VERY RARE FIRST BOOK ILLUSTRATED BY BEATRIX POTTER
(POTTER, Beatrix) WEATHERLY, Frederic E. Happy Pair. London, 1890. First and only edition of a true children’s rarity: the first book illustrated by Beatrix Potter, one of the most elusive of all her works, known in only a very few copies (estimated as few as ten, although to our knowledge no formal census exists). With six lovely chromolithographed illustrations, each signed H.B.P. in the stone, and cover designs, all by Potter. A charming copy and an inestimable addition to any collection of children’s literature. $30,000.

Quelques ouvrages aussi plus … conséquents dirons-nous :

“THE MOST FAMOUS AND INFLUENTIAL AMERICAN POLITICAL WORK”
(HAMILTON, Alexander; MADISON, James; JAY, John). Federalist. New York, 1788. Two volumes bound in one. First edition of The Federalist, one of the rarest and most significant books in American political history, which “exerted a powerful influence in procuring the adoption of the Federal Constitution.” An exceptional copy in full contemporary sheep. $260,000.

“YOU HAVE ALWAYS LOVED YOUR SON AND THINGS WITH US ALWAYS WILL BE WELL…”
LONDON, Jack. The Call of the Wild. New York and London, 1903. First edition, first printing, of one of the most desirable copies in American literature, inscribed from Jack London to his mother within four days of publication, one of the earliest known inscriptions: “Dear Mother, You have always loved your son, and things with us always will be well. Jack. July 22, 1903,” in scarce original dust jacket. $125,000.

“INCOMPARABLY THE MOST IMPORTANT WORK IN THE ENGLISH LANGUAGE”
SHAKESPEARE, William. Comedies, Histories, and Tragedies. London, 1685. Rare 1685 Fourth Folio of Shakespeare’s plays, first issue, with the engraved frontispiece portrait of Shakespeare by Droeshout, the ten-line poem by Ben Jonson and John Milton’s first poem. The folios are “incomparably the most important work in the English language” (William A. Jackson). Because of their incalculable impact on the language, thought and literature of our world, they are among the most desirable of all English language books, the prizes of any collection. Handsomely bound by Maltby of Oxford. $225,000.

“ONE OF THE FINEST ORNITHOLOGICAL WORKS EVER PRINTED,” WITH 500 HAND-COLORED PLATES AND AUDUBON’S AUTOGRAPH TIPPED IN
AUDUBON, John James. The Birds of America. New York, 1861. Seven volumes. Lockwood Audubon, an early octavo edition, containing 500 superb tinted and hand-colored lithographic plates, with numerous in-text anatomical wood-engravings, with an inscription by Audubon tipped to the front pastedown: “I remain yours truly & sincerely attached, John J. Audubon.” In publisher’s full morocco bindings. $60,000.

Je vois bien que vous êtes dans le même état mental que j’étais cette nuit… vous voyez des zéros partout ! Et c’est légitime que la tête vous tourne. Evidemment, tous les livres mentionnés ci-dessus sont rares, des livres importants, aucun doute là-dessus. Mais tout de même ! "FLEMING, Ian. Live and Let Die. London, 1954. Scarce first edition of Fleming’s second James Bond novel" $30.000 … tout de meme ! Je sais bien que le dollar n’est plus ce qu’il était et que $30.000 dollars ne valent plus que 21.800 euros …

Alors ? Alors quoi me direz-vous ? Où est le problème ? Le problème, s’il en est un, et ce n’est pas certain (il était tard… j’ai pu rêver tout cela en fait… si cela se trouve tout ce que je vous raconte n'existe pas), c’est que je ne comprends pas ce qui me retient de mettre en vente le livre ci-dessous aux conditions suivantes :


SAN-ANTONIO [Alias Frédéric DARD].
Les vacances de Bérurier ou la croisière du “Mer d’Alors”.
Illustrations de Dubout. Editions Fleuve Noir.
Paris. Achevé d’imprimer le 17 avril 1969.
First edition, first printing, of one of the most desirable copies in French literature, inscribed from Frédéric Dard to …
$30.000


Oui je sais ! Je vous entend d’ici ! Frédéric Dard “of one of the most desirable copies in French literature” hein … ok … mais quand meme … pourquoi pas … Et puis regardez l’exemplaire présenté de ce magnifique San-Antonio : "original dust jacket" !! "as new" !!! Non vraiment je ne vois pas ce qui m'empêcherait ...

Allez je vous aide. Lorsque « les vacances de Bérurier » est à l’état proche du neuf en premier tirage, il vous faudra compter débourser la somme faramineuse de 10 à 30 euros pour l’acquérir. Si l’ouvrage contient une dédicace du maître lui-même, comptez entre 90 et 120 euros, peut-être un peu plus. Alors ? où est le problème me direz-vous ? Comment oser comparer une EO en first printing first issue d’Ernest Hemingway avec ce pauvre Frédéric Dard « so franchouillard ! » C’est sûr, vu comme ça, je m’incline.

Bon, vous l’aurez compris, hier soir, à la vue de tous ces zéros accumulés à la suite de notices mirifiques démontrant les vertus de la dust jacket et du first issue, j’étais comme on dit tout tourneboulé. Pour tout vous dire, allongé dans mon lit comme un moribond à l’agonie bibliopolesque, j’en étais même, c’est vous dire, à me demander si ce matin je n’allais pas jeter à la poubelle tout bonnement l’ensemble de mes maroquins du XIXe siècle et autres éditions originales franchouillardes du XVIIIe siècle en joli veau de l’époque. Oui ! Vraiment, j’étais à deux doigts de l'autodafé ! Je me disais qu’avec notre bibliophile « de la vieille Europe décadente » nous étions au bord du gouffre, que l’avenir était là, de l’autre côté de l’atlantique, dans des galeries des mille et une nuits, entre chez Chanel et chez Vuitton, proposer des « livres de vent », faire rêver les occupants des limousines. Les libraires français se tirent une balle dans le pied en proposant du « ringard », il nous fait être « fashion ». Mais voilà, n’est pas fashion qui veut ! Alors la question reste en suspend, et mes livres ne seront ni brûlés sur l’hôtel du « flan international » ni lacérés sous prétexte qu’on risquerait de les trouver « tartes ». Heureusement, je me suis resaisi !

Alors ? Alors … Alors ! Alors il va bien falloir continuer, s’adapter, évoluer. La seule chose qu’on ne sait pas, c’est qui a raison. Et comme il faut raison garder, disons que je vais poursuivre dans ma voie en espérant bien à un revirement rapide des esprits … avant que ce ne soit trop tard. Mais trop tard pour qui au fait ? On ne sait pas…

Vous aurez compris que ce billet est volontairement provocateur, interrogatif et introspectif. Si vous aussi, bibliophile ou libraire, vous vous interrogez sur ces questions fondamentales (pour nous au moins), vos contributions sont les bienvenues. Americans are welcome !

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

(*) Toucheboeuf est le nom d'un charmant petit hameau près de chez moi où j'aurais pu m'installer comme ailleurs (mais il n'y avait pas l'ADSL...) Par chez nous ça se prononce [touchebeu]. J'aurais d'ailleurs pu tout aussi bien vouloir m'installer libraire à Moncuq (Lot) ou à Glandage (Drôme) ... il me plaisait bien d'ailleurs ce dernier... Mais tout de même Las Vegas ... c'est la classe ! (mais on n'a pas ça chez nous ... sorry !)

34 commentaires:

Vincent P. a dit…

Non Bertrand!

C'est là toute la différence des marchés anglais et américain: le livre moderne y est très (trop?) apprécié et il n'est pas rare maintenant d'y voir en vente les éditions originales d'Harry Potter à 1000, 2000 et plus si dédicacés...Et j'ai vu le Docteur No avec une dédicace de Fleming à 150.000 USD, vendu...

Après tout pourquoi pas? Si il existe des clients pour ces livres.

Je connais cette librairie pour y avoir passé une journée. D'ailleurs c'est en banlieue et il a fallu qu'ils me récupérent la gare...

Vincent

Bertrand a dit…

Non quoi Vincent ? (sourire)

Je comprends bien ce que tu écris. Mais comprendre n'est pas toujours simple à avaler, tu vois ? (sourire bis).

B.

Anonyme a dit…

Hello Bertrand,

J'ai été aussi étonné par les ventes sotheby's de NY en octobre dernier.

C'est stupefiants, ils vendent des livres à 100000 € qu'on trouve dans les greniers de la maison de campagne, ok, ce sont pas les mm titres, mais mes vieilles reliures sont largement aussi moches ;-)

Ca me fait penser que décidément on met beaucoup d'argent dans ce qu'on connait, Gabsby le magnifique s'arrachera t il encore dans 80 ans.

Et BHL dans 80 ans recherché ?
a+
Yohann

ps : certains libraires US annoncent carrément la pratique : ils achètent au quart du prix de revente.

Vincent P. a dit…

Notre culture du livre ne nous prépare pas à ça....
Je ne comprends pas plus que toi mais c'est juste un fait, comme d'autres.
V.

Vincent P. a dit…

BHL est déjà chiant maintenant alors dans 50 ans...
Je préfére la philosophie de comptor du "gros" Béru!!
Moi bogosse mais plus les pieds sur terre!
V.

Vincent P. a dit…

Moins pas moi!!

Moins bogosse mais plus les pieds sur terre!

calamar a dit…

on a bien compris le message subliminal... Vincent est beau gosse !

calamar a dit…

Pour les prix, c'est facile, il suffit de faire croire aux "connaisseurs" visés que ces prix sont normaux. J'imagine que ça suppose un minimum de discipline de la part des marchands. Ca la foutrait mal si l'un d'entre eux se mettait à diviser ses prix par dix !

Olivier a dit…

C'est ballot j'ai croisé ce matin une poignée d'OSS 117 dédicacés à René Coty... (la première partie de la phrase est vraie ;-))

Une entière vente de Tintin ne vaut pas 1/2 de la première édition imprimée de Superman : http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201010/10/01-4331329-encheres-tintin-519-000-et-deux-records-mondiaux.php
vs.
http://www.actualitte.com/actualite/bd-manga-comics/comics/superman-nouveau-record-aux-encheres-de-1-5-million-18128.htm.

Vous parlez chinois?
Olivier

Textor a dit…

Mer d'Alors, Bertrand va partir en Amérique ! Comme Mister Beres (qui en est revenu).

T

Anonyme a dit…

Malheureusement Textor nous ne sommes pas en 1929 où PB a pu racheter les collections des bibliophiles US: ils ne lisent plus, où seulement leur "kindle"...
V.

Anonyme a dit…

Je crois savoir qu'ils sont fans d'audio livres.
Et que le secteur de la librairie ne va pas bien là bas non plus.
S.

Anonyme a dit…

"une étude récente du cabinet Forrester Research a chiffré à près d'un milliard de dollars les ventes de livres électroniques aux Etats-Unis cette année, et trois fois plus d'ici à 2015".

Google et kindle qui ne lit pas les livres de google.
Vous connaissez le village gaulois qui résiste... Visionnaire, si on transpose.
Bien à vous, Sandrine.

Bertrand a dit…

On voit bien, en France, quelques tentatives d'imposer quelques auteurs et titres phares de la littérature du XXe siècle, grands auteurs ou populaires d'ailleurs, cela va de Simenon à Breton en passant par Boris Vian et autres, mais les prix affichés pour des exemplaires brochés, sous jaquette illustrés, en parfait état, ne dépassent que très rarement les 1.000 euros, le prix demandé se situe même le plus souvent en dessous de 500 euros (sauf envoi autographe ou particularité exceptionnelle qui renchérit l'exemplaire de quelques centaines d'euros).

Mais point d'EO sous jaquette first printing first issue de Vian ou de Simenon à 20.000 ou 30.000 euros.

Alors ? J'en conclus que ce n'est pas encore notre temps, ou que ce ne le sera jamais. Est-ce si mal ? Pas certain.

B.

calamar a dit…

Ce n'est pas particulier aux livres. Pour les oeuvres d'art, on a le même genre de décalage entre la France (l'Europe ?) et les Etats-Unis. Des lithographies courantes qui se vendent difficilement quelques centaines d'euros (voire moins) en France sont cotées dix fois plus à New-York.

Bertrand a dit…

et l'explication la plus plausible c'est ?

B.

Textor a dit…

... qu'ils ont encore de l'argent !!

Bertrand a dit…

nan mais dites moi qu'c'est pas vrai !! (sourire)

PS : je viens de regarder mon lave-vaisselle et je m’aperçois qu'il a conservé son AAA, si si ! je vous assure ! Ouf.

B.

sebV a dit…

Le rapport à l'histoire et l'objet historique est aussi différent chez les américains. Ce qui a plus de 50 ans est déjà historique pour eux.
Il y a aussi le fait que le XXème siècle est pour les états unis l'équivalent de notre XVIIIème, un siècle d'hégémonie culturelle.
Pour de bonnes affaires futures il va peut être falloir regarder du coté du livre chinois...

Anonyme a dit…

Hello,

l'ennui avec les EO chinoises des années 60 c'est qu'il a peu de titres et ils ont été imprimé à des millions d'exemplaires.
l'EO francaise des pensées de Mao tourne autour de 60€ sur ebay.
Et celle en chinois, première edition avec provenance de top niveau ca vaut approx 2000 à 3000 € ( voir vente gonelli sur ebibliophilie ils ont passés un ou deux lots )

Après s'il y a eu de bonne production, nous ne sommes pas très au courant en Europe, mais je crains que les Chinois étant encore plus joueurs que nous, il n'y ait aucune affaire à faire.
En plus le mandarin ca se lit mal, c'est mal relié, alors franchement, le dividende de plaisir est proche de 0 dans ce cas.
Et la moindre calligraphie un peu originale s'arrache au prix d'un dessin de Matisse au moins.

En fait l'Europe est un bon marché pour les amateurs, car avec un salaire dans la norme on peut quand mm se payer des objets assez uniques
Vive le déclin finalement.

Personnellement, un pays m'intéresse de plus en plus : La Grande Bretagne : jetez un coup d'oeil les beaux livres français y sont pas cher du tout ( mm chez Christies )
a+
Yohann

Ccil a dit…

Bonsoir,

J'aimerai une précision... Qu'est-ce que "des « livres de vent »" selon vous M. le bibliomane?

D'avance merci,

Ccil

Bertrand a dit…

Bonne question Ccil, parfois j'avoue que je me laisse emporter par un certain lyrisque peu être pas toujours à propos... Disons que dans mon esprit, j'ai du associer "la société qui nous propose du vent" avec des "livres que je considère ne pas être comme des livres si extraordinaires que cela" ... d'où mon amalgame sans doute un peu difficile à suivre de "livres de vent" ...

Je ne sais pas si cela peut vous aider à comprendre ma pensée...

Bonne soirée,
B.

sandrine a dit…

Parfois même le vent a une âme. Quand à certaines productions contemporaines, rien n'est moins sûre.
Pardon pour cette digression.
S.

Daniel a dit…

Je vais me faire l'avocat du diable...
Une fois de plus la preuve que c'est le marché et le nombre d'acheteurs potentiels qui fait le prix et non le type d'objet, à la dernière grande vente de Lyon, la plus belle depuis de nombreuses années, il y avait huit téléphones pour un Welles broché EO française estimé 300 euros et qui a fait plus de 8000, tous les Welles approchant ces sommets. Nous constatons bien à notre petite échelle les mêmes phénomènes en France, Cocteau Céline s'arrachent et les classiques du XIXe comme Hugo sont au purgatoire, mode quand tu nous tiens!..., rien ne permet de dire qu'un livre du XVIIIe même bien relié tiré à 500 exemplaires vaut plus qu'une édition originale d'un écrivain moderne parfois pour son premier roman tiré à moins de 500. Nous pourrions trouver de nombreux exemples de livres qui ont eu grande valeur, puis petite, puis grande... Nous vendons du rêve et ce n'est pas le libraire français même bibliomane :) qui peut dicter quel livre a de la valeur ou n'en a pas!...C'est simplement le marché. Ces libraires américains ont les prix qui correspondent sans aucun doute à une attente sinon il disparaîtraient...Louis V.(MH) fait bien des sacs de M... en vulgaire toile et les vends Xe fois plus cher que des beaux sacs en cuir...Il a lui aussi su développer un marché qui prouve bien que dans l'univers du luxe le prix n'a plus rien à voir avec la qualité du produit mais avec l'offre et la demande...Mettez une banale reliure Janséniste de Lortic sur un Baudelaire et vous allez cartonner, une splendide reliure mosaïquée de Mercier sur un Hugo et vous ferez actuellement un bide, tout n'est que mode et subjectivité, dans le monde du livre également :))
Ne jetons pas la pierre aux américains...

PS Parfois j'ai du mal à croire ce que j'écris, mais le constat est là, bien que je pense quand même que des livres valent bien plus que d'autres...:)

Daniel B.

Bertrand a dit…

Loin de moi l'idée de vouloir imposer quoi que ce soit, d'ailleurs, franchement, quels seraient mes pouvoir pour ça (je ris).

Non, par contre, vous avez raison Daniel, vos explications sont justes et imparables. Alors il faut laisser faire...

D'ailleurs je suis en train d'opérer une sélection drastique dans mes goûts... et j'avoue que c'est très jouissif de faire le ménage dans ses livres.

B.

Renaud a dit…

@Bertrand le XXe français aussi a ses danseuses... On pourrait parler des livres d'artistes et du surréalisme et pour répondre à votre remarque sur Vian... mon souvenir de la vente Faur-Pierrat :

http://www.pba-auctions.com/html/fiche.jsp?id=133113

Préempté par la BNF si ma mémoire est bonne.

Bertrand a dit…

Merci Renaud. Oui, là vraiment, je vois bien que je suis à côté de la plaque.

Je comprends mieux pourquoi j'en suis où j'en suis... comme quoi... on ne fait pas toujours bien de penser ce qu'on pense... (rire)

B.

Ccil a dit…

Merci pour la réponse.
En fait, je trouvais l'expression "livres de vent" assez belle et peut-être qu'il y en a mais si ils nous apportent quel chose alors est-ce du vent ? Et j'en lis un paquet des livres considérés comme des livres de vent... Et ils m'apportent beaucoup autant sans doute que d'autres qui n'en sont pas.

Ccil

Bertrand a dit…

Comme j'ai dis Ccil, je ne suis pas toujours "valide" ou plus exactement il m'arrive d'être "hors champs" ...

Vous avez bien raison, tous les livres sont bons à lire. C'est une erreur de croire le contraire.

Je me trompe souvent. Et pas qu'en matière de livres.

Merci de votre participation.

B.

Ccil a dit…

C'était plutôt concernant le commentaire de Sandrine, en aucun cas le votre...

Ccil

Bertrand a dit…

Pas de soucis Ccil, mon expression n'était pas très heureuse j'en conviens.

Bonne soirée,
B.

sandrine a dit…

@Ccil.
Vous avez raison Ccil.
Même un livre sans contenu apparent apporte matière et repéres, mais je vais rarement au bout. Je me demande d'ailleurs si cela ne depend pas en partie de notre état à un moment donné.
Ceci dit San Antonio, c'est rigolo.
Bien à vous.
Sandrine.

Raoul Viergerie a dit…

Désolé Bertrand !

"La messe en Jean Mineur" de Boris Vian a été adjugée 21 000 euros hors frais en 2007.

Bertrand a dit…

Bagatelle ! ;-))

B.

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