jeudi 10 novembre 2011

Billet participatif : ou de la bibliophilie et des femmes ... par Sandrine.


Une femme bibliophile dans les années 50
(et qui sait visiblement se servir d'un téléphone...)


Je sors à peine de deux bonnes heures en compagnie de Bussy-Rabutin et ses Histoires amoureuses et me voilà à faire le tour des blogs que je n'ai pas encore eu le temps de lire ces derniers jours avant de partir rêver à des horizons meilleurs (avec plein de livres, plein de sous - pour acheter des livres - et plein d'autres choses encore).

Quelle ne fut pas ma surprise en lisant le billet de Sandrine du blog "Reliure et autres explications", et dont je me fais illico presto l'écho ci-dessous. Cela tombe à pic comme dirait l'homme ! car je voulais justement lancer un petit sujet débat-polémique gentil, le voici donc tout trouvé.

Je vous laisse donc en compagnie de Sandrine et de ses "autres explications" :


"La bibliophilie et les femmes. (billet du lundi 7 novembre 2011)

Cette fois, c'en est trop ! Je vois rouge. Je reviens d'une visite sur un blog de bibliophilie voisin. Il est vrai que sur le net, on est soit ami, soit voisin et, rien ne matérialise physiquement cet état de fait. Après m'être faite jeter de blogs, après avoir vu mes commentaires censurés parce que digressifs mais pas plus que ceux de ces messieurs, finalement si on lit bien, après avoir, vainement, tenté de de poser des questions et de me voir traitée avec l' indifférence la plus totale totale comme si j'étais une espèce d'idiote indécrottable , alors qu'il me semble que je suis bibliophile, je constate que la place faite aux femmes bibliophiles devrait encore être décidée par ces messieurs acheteurs et détenteurs d'un savoir non accessible aux femmes, selon eux, lorsqu'elle est, carrément, inexistante, cette place. Il est temps de voir que nous sommes au XXIème siècle et que le livre n'est plus le symbole du pouvoir et de l'instruction, réservé aux seuls hommes. Eut égard à ce qui se passe dans le monde actuel, en entier et dans tous les domaines, des tentatives de faire taire nos voix, je propose de faire un club de bibliophilie féminine. Je suis d'un naturel pourtant modéré, joyeux et peu ennuyant. Et il m'en faut pour me mettre en colère. Mais là, c'en est trop. Ce club recrute des écrivains, des relieurs, des restaurateurs, qui traiteront de sujets en relation avec la passion des livres et de tout ce qui concerne la bibliophilie. Vous pourrez publier, sur cet espace, tout article, avec photos, sur un sujet qui vous passionne que vous soyez un homme ou une femme. Une élection virtuelle pourra avoir lieu, avec éventuellement, si les participants et les participantes sont suffisamment nombreux et nombreuses, une réunion et l'organisation d'un salon de la bibliophilie féminine chez moi. Ou à côté de chez moi. Le Manoir de la Possonniére est un très bel endroit et, l'auteur de "Mignonne, allons voir...." est un bon sujet de départ. Les inscriptions sont ouvertes. Venez nombreuses, accompagnées de vos livres, de vos ateliers et, de vos mecs, éventuellement. Bien à vous, Sandrine."

Parfois on craque...


Alors là Sandrine, autant vous le dire tout de suite, j'en suis resté sur le c... ! Vous voyez ? Comment dire ... votre fougue ... votre élan ... votre vigueur ... comment dire ... ça m'a ... voilà ! c'est exactement ça ! ça m'a.

Une femme bibliophile moderne ?


Allez, sur ce, je laisse aux lecteurs et surtout aux lectrices du Bibliomane moderne le soin de vous répondre et pourquoi pas de commencer à monter votre association biblio-féministe.

Juste un dernier mot pour conclure ce billet ouvert. Je suis l'entier et l'unique responsable de la sélection des photos qui illustrent ce billet (je suis quand même un peu le chef ici hein non ?!). Elles ont été choisies avec soin, voire même avec une pointe de tendresse fémino biblio-septique et de machisme outrageant (Octave si tu m'entends ... prends soin de tes maroquins là-haut ...).

A fashion bibliophile woman


Bonne nuit ... je réfléchis déjà à la suite à donner à vos propositions follement utopistes (sourire),
Bertrand Bibliomane moderne


PS : vous aurez compris Sandrine, que je n'aime pas me prendre au sérieux (sourire).

48 commentaires:

Anonyme a dit…

Fichtre! Si je m'attendais à cela.
J'en reste sans voix et vu l'empressement des femmes à s'inscrire à mon club de bibliophilie, j'en déduis que je suis encore trop décalée, digressive, voir subversive et oui, féministe à donf.
;-)).
J'ai bien besoin de quelques hommes féministe à la rescousse, qui aiment les femmes et les aident à prendre leur destin en main.
Encore quelques heures de natation et je pourrais presenter notre prochaine collaboration en tenue adéquate, si pour cela il faut reveiller les consciences et dynamiser le secteur.

Bien à vous,
Sandrine

Léo Mabmacien a dit…

Je trouve la proposition de Sandrine excellente ! Elle a raison, on rencontre peu d'amatrices de livres anciens de nos jours, je ne me l'explique pas... Peut-être est ce dû au fait que le domaine est très masculin... ?

Cela passe peut-être pas un espace non-mixte, où les hommes seraient absents ? : "
Quel besoin aurions-nous de faire des réunions non-mixtes ? La non-mixité n'est pas une fin en soi, c'est un moyen, un espace différent.
Les deux sexes identifiés à des genres sociaux ne sont pas élevés et construits de la même façon, mais dans des logiques différentes, asymétriques (notamment à propos des rapports sociaux de sexe). Les espaces non-mixtes permettent de dégager des problématiques, notamment de critique des rôles sociaux et de nos comportements." (extrait d'un site)

Sinon Bertrand vous avez parfaitement bien illustré cet article. Mais cela manque d'hommes : on voit rarement des hommes montrant leurs pectoraux sur une échelle de bibliothèque... ! Cela permettrait d'attirer les femmes vers la bibliophilie non ?

Léo

Le Bibliophile Rhemus a dit…

"Les femmes qui lisent sont dangereuses" : c'est une femme du XXIe siècle qui le dit, Laure Adler.

Bertrand a dit…

Si on commence un concours de citations Bibliophile Rhemus... atention... je suis très très fort pour en dénicher des cocasses... (sourire).

Blague à part, lire, qu'on soit un homme ou une femme, c'est devenir un peu plus libre.

B.

sandrine a dit…

Mais, on s'ennuie dans les espaces non-mixtes! Regardez le bazar que je peux mettre en 2 temps et 3 mouvements, dans les sites quand même très masculins et, dont les rares appartitions féminines viennent sous la forme de réaction contre.
Pugnace.
Au delà de l'éternel rapport de séduction qui peut exister, parfois, inconsciemment, l'histoire culturel de chacun est une richesse à partager sans modération. Un monde peuplé uniquement de femmes... serait invivable. Oui, oui, j'en sais quelque chose.
Je n'ai plus l'impression que c'est une histoire d'appartenance à un sexe, mais ,à la base, d'un comportement avec la reconnaissance et le respect des différences qui est en jeu. Un club de bibliophilie féminine, c'est admettre que tout le monde est sur un pied d'égalité en face de la délicatesse de ce monde qu'est le livre. Et en face du sexe, aussi!
Culture et nature, comme disait l'autre.

Délicatesse portée pour le moment par une majorité d'hommes.
(;-) Je parle pour le livre, là.)
Même avec des photos presque pornos, mais à la plastique irréprochable.
Bon, on peut quand même s'en passer, des photos.

Qu'à cela ne tienne, je suis patiente et convaincue que ce projet peut voir le jour.
S.

N.B. J'ai cliqué sur l'espace et... ça marche pas.
:-))

Le Bibliophile Rhemus a dit…

On a déjà LES CENT UNE !

"La première Assemblée Générale des Cent Une, société de femmes bibliophiles, a eu lieu le 11 juin 1927 chez S.A.R la Princesse Georges de Grèce, Présidente d'honneur.

Cette association a pour objet de propager le goût des beaux livres et de faciliter les relations entre les femmes bibliophiles de France et de l'étranger.

Son action s'exerce par la publicaiton d'oeuvres littéraires d'auteurs français et étrangers éditées avec luxe tant au point de vue typographique que de l'illustration et destinée à être répartie entre ses membres.

La Baronne de Brimont en fut la première Présidente. Puis en 1946 la Marquise de Lubersac, en 1961 Madame Quellenec, en 1988 la Baronne Philippe-Amédée Reille et en 2003 Catherine de Vasselot de Régné.

A l'occasion du 25e anniversaire des Cent Une, Jean Cocteau a aimablement réalisé le blason des Cent Une."

Les Cent-Une

6, rue Marcel Renault
75017 Paris, FRANCE

Bertrand a dit…

Hmmm ! Une baronne ! Hmm ! Une marquise ! ... rien que du beau monde je vois.

Je propose les CENT UNE BIBLIOPHILES PROLÉTAIRES ! (sourire)

B.

sandrine a dit…

mais les Cents Unes, ça date...

Là il s'agit de faire réagir devant l'affligeant manque d'envie de defendre un secteur qui dégringole... 7% sur la tva des livres.
Mais c'est une honte de taxer encore ces secteurs là... Ce sont les plus petits qui trinquent.

les onze mille.

Et vive les onze mille bibliophiles prolétaires!

S.

Anonyme a dit…

Zut, j'aurais dû me taire, y'a pas encore! de TVA sur les livres anciens sauf à l'importation, peut être?
C'est une question.
ça va pas tarder.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

On a déjà les ONZE MILLE VIERGES !

Bertrand a dit…

prolétaires et vierges, c'est pas incompatible Bibliophile Rhemus !

B.

Eric a dit…

Si si, on paye la TVA sur les livres anciens (sauf régime dérogatoire : auto entrepreneur par exemple ou vente en tant que particulier).

Eric

sandrine a dit…

Ah! oui, je vois.
Moi, je pensais plutôt à Apollinaire...
Comme quoi... Le sexe littéraire n'est pas l'apanage des (vieux) bibliophiles (verts).
Tant que j'y suis, il va falloir que je me mette à faire un billet sur cette reliure, à décor, à la cathédrale particuliére, entreposée à la BNF, et sortie, une fois tous les 36.
Avec mes propres croquis d'études sur modéles vivants.
S.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

reliure trop connue
"une fois tous les 36" ?
pas pour quelques privilégiés ...

Bertrand a dit…

Eh ! c'est moi les amis ou vous parlez en codé ?! (sourire)

Pas tout compris. Pas grave.

B.

Bertrand a dit…

Je reviens au sujet.

Quelqu'un sait-il pourquoi la femme, plus généralement constaté que l'homme, n'est pas collectionneuse ? Cela semble avéré que l'homme est un collectionneur né tandis que la femme papillonne plus au gré de ses fantaisies. Alors je ne sais pas. Je ne voudrais pas faire mon Octave mais je crois qu'il y a un sujet très intéressant là-dessous (si j'ose).

Votre avis ? (de femme... ou d'homme)

B.

sandrine a dit…

Il s'agit d'un reliure de Leroux sur un livre D'Aragon. "Le con d'irène". Eaux fortes d'André Masson.
Edition originale anonyme. Vue lors de l'exposition en 98, je crois, sur les livres rares depuis l'invention de l'imprimerie.

"Les Onze mille verges ou les amours d'un hospodar". dont Aragon préfaça en 1930 une edition qui eut beaucoup de succés. Apollinaire.

S.

Eric a dit…

Chaussures, sac à main, ...

Olivier a dit…

http://www.binoche-renaud-giquello.com/flash/index.jsp?id=10961&idCp=33&lng=fr

Bertrand a dit…

CFD ! (sourire)

B.

Bertrand a dit…

Vous noterez que j'ai supprimé de moi-même le Q de la locution précédemment posée... la crainte des représailles sans doute (sourire bis)

B.

Textor a dit…

Merci Olivier !! Sans vous j'aurais loupé cette vente !
T

Anonyme a dit…

La majorité des bibliophiles sont des hommes
La majorité des restaurateurs de livre sont des femmes

et probablement dans des proportion équivalentes.

Pourquoi ?

Sinon, je suis content, j'ai rencontré au bureau un autre bibliophile de type fanatique.
35ans - je ne m'y attendais pas.
ca me remonte un peu le moral pour le futur.
a+
yohann

Lauverjat a dit…

Bonsoir
Il y a plusieurs réponses. Aux photos présentées par Bertrand d'abord et à la manière d'une notice: "belle peau, dos cambré, modestes couvertures, pas de marbrures, peut-être quelques rousseurs (on ne voit pas), jolis volumes, séduisants exemplaires".
Plus sérieusement (et pas seulement afin d'éviter les représailles), on peut développer la réponse d'Olivier. Les femmes bibliophiles existent. Les Cent Une ne datent pas, je les ai rencontrées, fort dynamiques, elles publient toujours, sont au complet et avaient exposé une partie de leur production à la Bibliothèque du château de Chantilly il y a peu de temps. Parmi elles de nombreuses professionnelles du livre. Certes cette société est plus centrée sur la bibliophilie contemporaine que sur le livre ancien.
Il n'en va pas de même de beaucoup de professionnelles du livre incontournables dans leurs spécialités, reconnues et il me semble majoritaires ou en passe de l'être en ce qui concerne les conservateurs et les relieurs et restaurateurs. Permettez moi de nommer quelques personnes pour leurs mérites, sans préjudice de toutes les autres: parmi les conservateurs Mmes Isabelle de Conihout, Emmanuelle Toulet, Magali Vène... parmi les relieurs Sün Evrard, parmi les libraires Mmes Anne Lamort, Isabelle Jammes, Eliane Saffroy, des spécialistes de l'enluminure Mmes Patricia Stirnemann, Isabelle Delaunay, et d'autres disparues: Micheline de Bellefroid, Claude Honnelaître, ou Jacqueline Vidal-Mégret. Et les bibliophiles me direz vous ? Olivier cite fort justement Marie C. dont la bibliothèque mise en vente est fort désirable. On peut encore nommer Edmée Maus, ou plus lointaine Marie du Deffand mais les bibliophiles célèbres aujourd'hui ne le sont guère que le jour de la dispersion de leur bibliothèque.
Je veux dire qu'il y a un contraste aujourd'hui entre le nombre important de femmes spécialistes du livre et du livre ancien en particulier et le nombre apparemment faible de femmes bibliophiles que je ne comprends pas.
Certes la bibliophilie a un prix, mais cet argument d'indépendance financière joue moins aujourd'hui qu'hier. Certes les livres ont été longtemps majoritairement affaire d'homme (même si j'ai des exemples de femmes imprimeurs ou éditeurs à toutes époques) et on pourrait arguer que les livres, les reliures sont faits pour des hommes par les hommes, cet argument ne tient plus aujourd'hui. Et pourquoi toutes les spécialistes et professionnelles du livres ne sont elles pas bibliophiles ou ... le sont elles?

Lauverjat

Olivier a dit…

Les femmes bibliophiles sont sans doute moins bavardes... Et jouent peut-être moins à comparer la largeur de leurs marges.
J'ai été impressionné par la bibliothèque de Mme C. (Marie C. si je lis entre les lignes du catalogue). Une telle constance, une telle homogénéité. Bravo!
Et ce n'est que la première partie.
Messieurs alignez vos exemplaires...
Olivier

Bertrand a dit…

Je viens de lire un commentaire d'un anonyme à propos d'une tribune sur le blog de Pierre Assouline, la République des livres intitulée "A qui appartient une collection ?" (que vous pouvez lire ici : http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/12/06/a-qui-appartient-a-une-collection/ )

Voici le commentaire de cet anonyme qui signe "montaigneacheval" (pseudo on ne peut plus bibliophilique...), je ne suis pas très loin d'adhérer à tout ce qu'il énonce assez clairement d'ailleurs :

"comment expliquer le fait que, en effet, l’esprit de collection soit essentiellement masculin ? Pour ma part, j’incline à penser qu'il y a dans la collection une sorte de recherche de la satiété, du rassurant, du rassasié, qui compense la fondamentale fragilité des hommes face aux femmes. Être ainsi le Seigneur de son monde, diriger un empire immobile et matériel, cela a quelque chose de très adolescent, de très masculin, donc. Et puis, une collection impliquant échanges et acquisitions, peut-être est-ce le moyen de transgresser la monogamie … Une sorte d’adultère par procuration, en quelque sorte, d’autant que les collectionneurs véritables se lancent des challenges, se construisent des absolus aussi inatteignables que l’amour, et cependant parfois presque atteints." (6 déc. 2007 - forum public de la République des Lettres de Pierre Assouline)

Vous en pensez quoi ?

B.

Ccil a dit…

Merci Bertrand pour "Blague à part, lire, qu'on soit un homme ou une femme, c'est devenir un peu plus libre."

Par contre, la femme collectionne aussi (pourquoi papillonne ? Pourquoi ce terme qui fait d'elle quelqu'un de léger et peut-être inconséquent?) mais la citation d'Assouline est très belle, peut-être juste: collectionner des objets ou des livres plutôt que des femmes ou des faits d'armes... Il y en a qui font tout.

Mais trop de commentaires et je n'ai pas tout lu.

Merci Sandrine pour la proposition et pour les 10000 verges...

Bonne soirée

Ccil

Ccil a dit…

p.s.: dans l'album "EROS BIBLIOMANE AU SECRET", il y a d'autres photos. Il y en a l'une ou l'autre que je préfère à celles choisies pour le présent article ;)

Olivier a dit…

L'homme est monomaniaque et s'en satisfait sans s'en rendre compte.

Textor a dit…

@ Olivier. Aligner 250 livres du XVIème ? Pas de problème ! Elles veulent se mesurer à nous ? Qu’elles viennent, j’attends ! :))

Plus généralement, je relisais tout à l’heure la notice rédigée par la librairie Fathou-Morgan à la disparition du Baron James de Rothschild en 1882 (on occupe ses soirées comme on peut !). Et bien, parmi les nombreuses ventes citées, auxquelles le Baron a participé pour augmenter sa collection, aucune femme ! Ses premiers achats furent faits aux ventes Solar, La Bedoyère, Brunet et Pichon. Pendant les dix dernières années, le baron James de Rothschild avait suivi toutes les ventes importantes, celles de MM. Potier, L. de Montgermont, Rob. Turner, A.-F. Didot, O. de Béhague et du marquis de Ganay.


T

Olivier a dit…

@Textor : vous jetez le gant?
Méfiez-vous elles vous le rendront parfumé...

Ccil a dit…

Et le parfum pourrait être intéressant...

Textor a dit…

Je trouve aux commentaires de Ccil une tournure anacréontique ...

Ccil a dit…

Vous m'en voyez ravie...

En parallèle, j'écris un tout petit article dans lequel je cite l'invitation au voyage de Baudelaire... C'est peut-être cela qui est en cause. Ou l'album photo de notre cher bibliomane. Qui sait ?!?

sandrine a dit…

Un tour sur les liens proposés. Quelle belle collection.

Je trouve que les collectionneurs sont quand même un peu plus civilisés que les littérateurs-commentateurs du blog de P. Assouline. Et répondent peu, finalement au sujet de base.

C'est peut être ça qui fait la différence avec le commun des mortels : le (ou la) collectionneur est augmenté d'une valeur "esthéte".
Et il me semble que cela peut se transmettre soit par imprégnation familiale, soit par des rencontres au bon moment de la vie d'un individu, à défaut d'être dés le départ, dans la personnalité. Encore faut-il la cultiver.

L'éducation de la mère y est-elle pour beaucoup, inconsciemment, dont la fille taira cet amour du livre au dépens de sa famille, croit-elle? Il reste quand même quelque chose de subversif dans l'inconscient quand une femme s'occupe des affaires d'hommes par choix et gout. Les veuves des imprimeurs le feront par nécéssité. Dans la haute bourgeoisie, c'est une occupation comme une autre, (UCAD, vieille ecole de demoiselles).
S'occuper de livres anciens s'apparente à du commerce et il faut savoir compter, en plus de savoir lire.
Quand à la fabrication moderne, n'en parlons pas,(ni en qualité, ni en quantité) les places à responsabilité sont quand même, dans la grande majorité une affaire de négociation et d'hommes; loin des bibliothèques feutrées, la petite main qui jusque dans les années 80 n'avait pas accès à la couvrure, gagne sa vie durement, tout comme le manoeuvre sur la derniére doreuse à la plaque, ( reliural que j'ai visité avec le bureau du chef au dessus et la lumière rouge au dessus des toilettes).

Aujourd'hui, devant les nécéssités économiques, on relie ou on restaure en chambre, tout seul.

C'est chronophage, aussi, de comprendre les livres, et terriblement loin de l'image de la bonne mère qui doit d'abord s'occuper de son foyer. SI, SI, encore aujourd'hui, c'est comme ça.
L'idée de transmission d'un patrimoine en forme de bibliothèque semble parisienne avant tout et de fait, dans les milieux argentés.
Et cela se comprend.

Sinon,on fait peur, les femmes qui font ces choix de métiers sont courageuses, parce qu'on travaille tout le temps, dur pour gagner 3 sous. Mais la passion.... ou le mari.
Le nombre de copines chef de petite entreprise, seules autour de moi, qui font peur.

Collectionner, c'est essayer retrouver l'idée qu'on s'était fait d'un monde quand on pouvait encore réver, petit. C'est rassurant devant l'idée de la mort. On répare et on conserve un peu de notre mémoire collective quand même, nos racines qui défiront le temps, un certain temps.
Quand à la fragilité masculine, elle vaut bien celle de la femme.

Et tant que les jeunes bibliophiles ne prendront pas le risque de donner à restaurer ou à relier au nom d'une sacro-sainte "banquabilité" de leurs acquisitions, on aura du mal à réinventer ces professions.
je pense aussi que c'est typiquement dû à la mentalité des campagnes, indépendamment du contexte houleux que nous traversons en Europe.

Et ce n'est pas parce qu'il existe déjà et non des moindres des organisations qui roulent, qu'on ne peut pas créer une organisation qui répondrait à un besoin, qui évolue. Il y a un sérieux manque d'ouverture et d'événements, loin de Paris.
Les organisations de type "musique et peinture au canton"... Pfff....
bloqués par des petits pouvoirs locaux en place depuis 30 ans. Et oui, on se coltine les mêmes nanards depuis tout ce temps, qui voient pas bien ce qu'une femme traficote dans son bouiboui. Et à quoi ça sert?
Le vrai débat : C'est la médiathèque. Une collection de virtuel virtualité, sans subventions, mais c'est pas grave.
les vieux bouquins, ça n'interesse plus grand monde.

Alors je ne lâche rien.
gnan!
Bonne soirée,
Sandrine.

Julien Mannoni livres anciens a dit…

Les Cent-Une est une très belle association qui produit souvent des livres de qualité (encore aujourd'hui). Néanmoins, les places y sont chères car il faut attendre qu'une membre passe de vie à trépas pour y accéder. En effet, elles sont vraiment cent une. Et elles ne sont pas toujours princesses ou fortunées. Pour preuve, ma relieure en est.

Pour l'anecdote, les Cent-Une fut créée, dit-on, pour répondre aux propos misogynes du président des "Cent" lors d'un dîner mondain...

Bertrand a dit…

Damned Julien ! Je dois être à l'origine de la création de plus d'une Société de Bibliofilles sans le savoir alors ! (sourire)

B.

Anonyme a dit…

http://www.loustal.nl/museum1259.htm
dernier en date 2009.

S.

Bertrand a dit…

Merci pour le lien Sandrine,

B.

Textor a dit…

Je me demande si elles éditent un calendrier ... ?

Bertrand a dit…

On ne sait pas... (sourire)

B.

sandrine a dit…

Il faudrait le leur suggérer ...
;-)
C'est à noter que je trouve l'idée de créer "contre" une forme
de contributionà l'inégalité.
Creer avec, vous, Messieurs, c'est tellement mieux... Parité et égalité.

Y'a encore du chemin àfaire dans les deux camps.
Bonne journée,
Bien à vous,
Sandrine.

calamar a dit…

en 1900, la Société Normande du Livre Illustré, confrontée à des difficultés financières, est contrainte de doubler le nombre de ses membres, le passant de 25 à 50. A cette occasion, indique le Bulletin :
"La plupart des Sociétés du genre de la nôtre comptent des dames parmi leurs membres. Nous suivons cet exemple.".
Et au cours de cette séance, une dame, la veuve du président de la Société est admise...

Anonyme a dit…

Merci Calamar pour cette information.
Aurions nous donc, perdu quelque chose en 111 ans?
Recréer un club officiel de bibliophilie mixte ne pourrait se faire aujourd'hui, à moins d'avoir une fortune personnelle et un certain sens du luxe, que par internet avec des publications régulières des membres.
La publication papier est tellement couteuse, et pour qui?
Sauf que sur Internet, il y a des bulles unipersonnelles et des tentatives de regroupement plus égotiques que altruistes, basées sur le travail d'un tout seul qui alimente les autres.
C'est déjà mieux que rien pour ne pas être dilué dans le grand tout.
Sous forme d'humour et de légéreté, ce sujet de la bibliophilie (qui concerne combien, au juste, de personnes en France?) et qui nécéssite qu'on tienne et defende sa place autant auprés des grands bibblophiles que des petits, qui rêvent devant ces vitrines.
j'entends par là, bibliophilie = amour du livre, du beau, du luxe.
On se rend vite compte des limites à entretenir cette passion, pour autant est-on déchu de ce titre de bibliophile, à partir du moment où on n'achète pas de grands livres?
La circulation et la communication, la recherche d'informations sur le livre me ménent.
Plus cela bouillonnera, plus la marmite attirera de curieux sur ce monde presque ésotérique. Les efforts pour entretenir le feu et alimenter la marmite sont énormes.
Et je trouve l'initiative de faire le relais vers cette idée de club , d'abord sympathique, puis courageuse parce que je suis une petite nouvelle dans ce monde de blogs qui m'a semblé, parfois étriqué, parfois une ouverture d'esprit incroyable.
Autant prendre la seconde option.
Et en digne femme avec une réputation, continuer de secouer la poussière de ces étagéres.

Non sans un certain respect de cette poussière d'étoiles.

Bien à vous,
Sandrine.

Anonyme a dit…

L'initiative de M. Le Bibliomane Moderne, ai-je oublié de mentionner dans le précédent commentaire. Avec un humour qui sied bien à ce monde.
Et pour ne pas rester partial et laisser à croire une quelconque orientation de ma part: il y a d'autres blogs qui sont tout aussi courageux et riches.
S.

Vicomte Kouyakov a dit…

Je souscris à cette excellente initiative de Sandrine et lui demande , d'ores et déjà,d 'être membre d'honneur de cette prochaine confrérie de femmes bibliophiles. J'ose espérer que certaines s'intéresseront au curiosa de qualité. Je serais honoré d'en être le mentor!!
Vicomte Kouyakov

Anonyme a dit…

Bonsoir,
je suis ravie de relire ce billet et d'autres. Avec des interventions dignes des cocottes. Mais je ne renie rien.
J'assume tout.
Merci Bertrand de votre grande tolérance et de votre érudition. c'est quand même grâce à vous que j'ai pu découvrir une facette du monde des livres, que j'ai rencontré Textor, Calamar, Pierre de Tarascon.
et d'autres personnes encore qui j'espère ne se seront pas offusquées de mes commentaires digressifs ou compromettants ...
;-))

Bien à vous Sandrine.
Et je veux bien être membres d'honneurs sur invitation du propriétaire du blog et du Vicomte!



Anonyme a dit…

.... Membre d'honneur au singulier sera amplement suffisant ...
:-D

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