dimanche 20 mars 2011

La physionomie et la physiologie de la grisette par Charles Vernier (1813-1892), dessinateur-lithographe.



Restons en compagnie des dessinateurs-lithographes de l'époque romantique. Aujourd'hui Charles Vernier.

Charles Vernier est né à Paris en 1813 et est mort à Versailles en 1892. Issu d'une famille de commerçants, on sait qu'il entra à l'âge de 17 ans dans l'atelier d'Ingres (1830) où il perfectionna son art. Charles Vernier est aujourd'hui surtout connu pour ses talents de dessinateur-lithographe et surtout de caricaturiste, notamment comme collaborateur assidu au Charivari, le journal satirique en vue de l'époque. C'est ainsi que la plupart de ses lithographies ont d'abord été publiées dans ce journal. Son œuvre lithographique s'articule autour de deux thèmes principaux : la vie politique au XIXe siècle et la société et les moeurs au XIXe siècle. Il produisit ainsi plusieurs séries : les grisettes, les bals publics, au bal masqué, au bal de l'opéra, être et paraître, les vacances, les agaçants et les agacés, la pokomanie, le quadrille des lanciers, le peuple de Paris, le jardin des Tuileries, le Carnaval de 1853, au quartier latin, les travestissements des Parisiens, les fenêtres de Paris, les soirées parisiennes, le pays latin, les 12 mois de l'année, les modes d'hiver, les rues de Paris, les grands cafés parisiens, fêtes du 4 mai 1850.


Comme nous l'avons déjà indiqué et comme cela a souvent été le cas pour les autres artistes de la même époque (Gavarni, Daumier, Cham, de Beaumont, Berr, etc), ces lithographies ont été réunies pour les amateurs en tirage "sur blanc", en épreuves en noir ou plus rarement en épreuves coloriées et gommées. La plupart de ses albums, devenus rares aujourd'hui, ont été dépecés et se retrouvent au gré des hasards "à la feuille" ... sur les quais... sur internet ... chez les marchands d'estampes...

Je vous propose aujourd'hui d'admirer six épreuves tirées sur blanc, aquarellées et gommées à l'époque, toutes de Charles Vernier, et toutes appartenant à la suite "Les grisettes".


Cliquez sur les images pour les agrandir.





Bon dimanche,
le soleil est là... dame fario attend son homme... je ne voudrais pas la faire attendre...
Bertrand Bibliomane moderne

8 commentaires:

Bertrand a dit…

Si quelqu'un en sait plus sur l'album "Les grisettes" par Charles Vernier (date ? nombre de planches ?) ... je suis preneur.

B.

Pierre a dit…

La grisette a été un sujet très étudié au 19eme siècle et l'on fredonnait comme Florestan, avec Messager, dans l'opérette Véronique (l'escarpolette, etc...):

Une grisette mignonne
est une aimable personne...

Bertrand a dit…

"Autrefois on appelait Grisette la simple casaque grise que portaient les femmes du peuple. Bientôt la rhétorique s'en mêla. Les femmes furent appelées comme leur habit. C'était le contenant pour le contenu. Les grisettes ne se doutent guère que leur nom est une métonymie. Mais voyez un peu ce que deviennent les étymologies et les grisettes ! La grisette n'est pas même vêtue de gris. Sa robe est rose l’été, bleue l'hiver. L'été, c'est de la perkaline ; l’hiver, du mérinos.

La grisette n'est plus exclusivement une femme dite du peuple. Il y a des grisettes qui sortent de bon lieu. Elles l'assurent du moins. Je ne sais à quoi cela tient, peut-être à la lecture des romans, mais d'habitude, si la grisette est née en province, elle a failli épouser le fils du sous-préfet de sa petite ville, le fils du maire de son village, quelquefois le maire lui-même. Si Paris fut son berceau, elle eut pour père un vieux capitaine en retraite ; ses bans ont été publiés à la mairie du onzième arrondissement ; son futur était sous-lieutenant ou auteur de mélodrames : le mariage a manqué par suite d'un quiproquo. En général, la grisette a eu des malheurs ; malheurs de famille, mais le plus souvent malheurs d'amour. Toute grisette est nubile.

On reconnaît une grisette à sa démarche, au travail qui l'occupe, à ses amours, à son âge, et enfin à sa mise. J'entends parler surtout de sa coiffure.

La grisette marche de l'orteil, se dandine sur ses hanches, rentre l'estomac, baisse les yeux, vacille légèrement de la tête, et, pour tacher de boue ses fins bas blancs, attend presque toujours le soir.

Elle travaille chez elle, loge en boutique ou va en ville. Elle est brunisseuse, brocheuse, plieuse de journaux, chamoiseuse, chamarreuse, blanchisseuse, gantière, passementière, teinturière, tapissière, mercière, bimbelotière, culottière., giletière, lingère, fleuriste ; elle confectionne des casquettes, coud les coiffes de chapeau, colorie les pains à cacheter et les étiquettes du marchand d'eau de Cologne ; brode en or, en argent, en soie, borde les chaussures, pique les bretelles, ébarbe ou natte les schalls, dévide le coton, l'arrondit en pelotes, découpe les rubans, façonne la cire ou la baleine en bouquets de fleurs, enchaîne les perles au tissu soyeux d'une bourse, polit l'argent, lustre les étoffes ; elle manie l'aiguille, les ciseaux, le poinçon, la lime, le battoir, le gravoir, le pinceau, la pierre sanguine, et dans une foule de travaux obscurs que les gens du monde ne connaissent pas même de nom, la pauvre grisette use péniblement sa jeunesse à gagner trente sous par jour, 547 fr. 50 centimes par an." extrait de Les grisettes à Paris par Ernest Desprez.

La suite ici : http://www.bmlisieux.com/curiosa/grisette.htm

B.

Bertrand a dit…

Il ne faudrait pas confondre les grisettes avec les lorettes...

Bien que parfois... (sourire)

B.

martin a dit…

Pas d'album? On trouve les lithographies annoncées du 31 mai 1845 au 23 janvier 1847, n° 1 à 37, dans Image of France - http://artfl-project.uchicago.edu/content/image-france

Bertrand a dit…

Très intéressant ce site Martin ! Je ne connaissais pas.

Je serais étonné tout de même que ces tirages sur blanc coloriés n'aient pas fait l'objet d'un tirage en album comme cela a été le cas pour Gavarni, de Beaumont, et de nombreux autres.

A suivre...

B.

sandrine a dit…

Quand on regarde à suivre les series de gravures de berr et de vernier... Il faut vraiment faire attention pour ne pas les confondre. c'est du moins l'impression qui se degage.
C'est un peu moins flagrant avec gavarni, plus riche.
ce n'est que mon avis.
Bien à vous
sandrine.

J.-C. Curtet a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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