vendredi 18 mars 2011

Hommage iconographique à un dessinateur-lithographe oublié : Berr (vers 1840-1850).



Chose promise chose due ! J'avais promis il y a quelques jours à un vieil ami libraire au rebut, passionné d'un romantisme outré (passez-moi l'expression pourtant réaliste...), de publier sur le Bibliomane moderne quelques belles lithographies aquarellées et gommées à l'époque, vers 1840-1850, par un artiste aujourd'hui pratiquement inconnu. L'artiste signe ses lithographies : Berr

Si vous cherchez des lithographies signées Berr chez les marchands d'estampes aujourd'hui, vous avez assez peu de chances d'en dénicher ne serait-ce qu'une seule ! Gavarni oui ! Daumier évidemment ! Mais Berr !!!??? Rien, ou presque.

Ma collectionnite lithographomane-aïgue m'a pourtant permis de réunir un ensemble peu commun de 9 lithographies de l'artiste, toutes aquarellées et gommées à l'époque, vers 1840 donc, et toutes portant le même titre général : L'AMOUR A PARIS. Je possède les lithographies numérotées 3, 4, 5, 9, 13, 15, 17, 19 et 20. Chaque lithographie porte également un numéro gravé dans la pierre et qu'on lit au tirage à côté de la signature de l'artiste. Ces lithographies ont été publiées chez Aubert et Cie, place de la Bourse (à Paris) et sortent de la même imprimerie Aubert & Cie. Les épreuves sont imprimées avec la lettre (légende au bas), le titre, le numéro, coloriées et gommées, et imprimées "sur blanc", c'est à dire tirées sur un papier vélin blanc assez épais dont le recto est blanc. Ce type d'épreuves était réservé à la vente en feuilles aux amateurs d'estampes ou encore à la publication en album, sous couverture imprimée de l'éditeur. Les tirages présentés ci-dessous sont en parfait état, et ont été visiblement dépecées d'un album qui comptait 20, 30 ou 40 estampes ? A vrai dire je n'ai pas fais encore suffisamment de recherches sur ces lithographies pour pouvoir vous en dire plus. Je vous laisse faire vos propres recherches.

Évidemment je suis acheteur des lithographies coloriées ou en noir qui me manquent et qui appartiennent à cette série. De même que je suis preneur de toutes informations sur cet artiste dont ne nous reste presque que le nom : Berr. Son trait est très proche de celui de Paul Gavarni. Les scènes croquées ne sont pas sans rappeler la physiologie des mœurs de Gavarni ou de Vernier. Je vous laisse juger de la qualité de ces estampes. Je me suis efforcé de les scanner de la meilleure façon qui soit pour que le rendu à l'écran soit le plus proche possible de l'estampe originale.

Cliquez sur les images pour les agrandir.









Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne


Ajout de dernière minute...


Donc cette suite est en 20 lithographies... et date de 1847...

7 commentaires:

Bertrand a dit…

En persévérant un peu je viens de retrouver ce BEER... Nathan Beer de son vrai nom. Je l'ai retrouvé dans le catalogue du fond français de la B.N. (Estampes), avec un jugement pour le moins sévère sur son oeuvre...

J'ajoute la copie d'écran à la fin du billet. (trouvé grâce au moteur Gallica).

B.

Pierre a dit…

Les moins médiocres de ses œuvres... Un truc à revenir hanter les allées de la B.N en jetant des sorts maléfiques sur tout le personnel.

Si c'est du copier-coller de Gavarni/Daumier, ça ne peut pas être mauvais, quand même ! Pierre

Bertrand a dit…

oui Pierre, j'aimerais avoir le quart du dixième de son talent !

Critique d'art ou plutôt rédacteur de catalogue de la B.N. est tout de même un sale métier (sourire).

B.

Bertrand a dit…

j'aurais pu titrer "oublié ET méprisé" ...

Pas drôle tous les jours d'être artiste...

B.

sandrine a dit…

Bonjour,
Elles sont très jolies, les demoiselles... j'aime beaucoup "la concurrence et la vieille citrouille. Surement un aigri de la vie, ce critique.
Ou pire.
On trouve un nathan berr,belge peut être allemand(?), (libellé ainsi), dans un livre sur les peintres juifs ne traitant pas de peinture religieuse , qui nous raméne tout droit vers des querelles, d'un autre temps, dépassées.
Les premiers qui souffrent des contextes politiques, se sont les artistes. Soyez le photographe, le peintre, le musicien, d'un homme politique en vue, quelque soit son bord, je précise, à un moment, faites des photos de fleurs et retrouvez vous au placard avec des fleurs, si le politicien en question est en disgrace.( Etant entendu qu'aujourd'hui, il valse comme des petits pains.

Pour revenir à Berr:

On sent qu'il y a un trait, chez Berr, un peu plus rigide, le choix des détails et des couleurs est moins riche aussi, d'aprés les gravures montrées sur votre site. Sans doute aura-t-il eu le tort d 'exister en même temps que lui.
Bonne journée
Bien à vous;
Sandrine

sandrine a dit…

"CE sont" pas "Se sont"
"Ils valsent"
Avant aussi. La tradition politique ne change pas.
C'est une valeur sûre que l'impermanence des idées politiques.
:)
Seule, la liberté reste la liberté.
S.

J.-C. Curtet a dit…

Nathan Berr (La Neuveville, Vosges, 19 mars 1826 - Boulogne-sur-Mer, 8 octobre 1900)
«Un artiste original et rare, à qui il ne manqua peut-être qu'un peu d'ambition pour arriver à la plus grande célébrité, M. Nathan Berr, vient de s'éteindre à Boulogne-sur-Mer, à l'âge de soixante-treize ans. Elève et ami de Gavarni, Nathan Berr avait, très jeune, vécu en Angleterre et collaboré à divers journaux illustrés londoniens. Rentré en France par Folkestone et Boulogne il y a de cela près de cinquante ans il avait pensé s'arrêter quelque jours, dans cette ville, pour s'y reposer, et, comme la ville lui plaisait, il y passa sa vie. L'originalité de ses premiers dessins avait vite attiré sur lui l'attention de quelques Parisiens connus qui venaient chaque été villégiaturer à Boulogne-sur-Mer. Ils lui commandèrent des portraits, et, son nom ayant été prononcé dans l'entourage de l'Empereur, on lui fit proposer de venir à Paris, avec promesse de le présenter aux Tuileries. Il refusa. Pendant quelques années, il avait été propriétaire et directeur du journal La France du Nord; il avait également fondé un journal hebdomadaire satirique, L'Index, qu'il illustrait et rédigeait lui-même et qui eut, pendant les cinq ou six ans qu'il dura, une vogue prodigieuse dans la région. Nathan Berr excellait surtout dans le portrait-charge. En dehors de sa collection de L'Index, devenue introuvable, il laisse une grande quantité de portraits au crayon (quelques-uns sont des chefs-d'œuvre) qui n'ont jamais été reproduits ni exposés, car ce Vosgien timide avait fini, ayant quelque aisance, par ne plus dessiner que pour son plaisir et celui de ses amis. Jamais ses œuvres n'ont figuré dans aucune exposition. C'est un artiste exquis, et totalement ignoré du grand public, qui disparaît» (Le Figaro, 15 octobre 1900)

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