mardi 22 décembre 2009

Fiche de libraire : Les relieurs français de Thoinan relié par Léon Gruel.




Une magnifique réalisation du relieur Léon Gruel.



Voici une fiche de libraire qui m'est récemment passée sous le nez. Je vous avoue que je l'ai regardé à deux fois, trois même.

Il s'agit d'un magnifique exemplaire de l'ouvrage de référence de M. Ernest Thoinan, Les relieurs français..., publié en 1893 chez Emile-Paul, Huard et Guillemin, ouvrage de la plus grande rareté sur le marché du livre ancien. Il n'a été imprimé qu'à 650 exemplaires dont 80 sur vélin du Marais (celui qui est présenté est sur ce beau papier). Tiré au format in-4 (100 premiers exemplaires), cela permettait de pouvoir ajouter les planches de reliures pour l'illustrer.

Cet exemplaire hors du commun a été somptueusement relié par Léon Gruel lui-même. Reliure mosaïque dans l'esprit des reliures anciennes.


Cliquez sur l'image pour l'agrandir.


La fiche précise que Léon Gruel "possédait l'une des plus belles collections de reliures de Paris, allant des origines au XVIIIe siècle inclus." (Fléty).

L'exemplaire présenté dans ce catalogue récent d'un libraire parisien est d'une qualité et d'une beauté, à mon sens, ne pouvant tolérer peu de comparaison avec un autre exemplaire de ce même livre.

Je n'ai finalement pas donné suite. La pudeur m'a incité à effacer le prix de cette fiche toute récente. Moins drôle une fiche de libraire sans prix, n'est-ce pas ? On ne sait plus trop où on en est. Mais ne vous inquiétez pas, moi je sais le prix de cette "chose" ... et les lecteurs les plus perspicaces le découvriront d'eux-mêmes. Le prix ne m'a pas choqué. C'est ma bourse qui ne me permettait pas de l'acquérir, sinon... mais je ne doute pas qu'il soit déjà vendu.

Bonne nuit,
Bertrand

12 commentaires:

Vincent P. a dit…

La fiche me fait penser aux présentations de P.P...

Très bon ouvrage relié divinement ici. Et dire que Gruel est si souvent décrié alors que pour moi son travail est si remarquable.

Merci Bertrand!

Amicalement,
Vincent P.

Bertrand a dit…

Merci Vinvent!

Non, ce n'est pas une fiche de la libraire P. P. mais de la librairie Y.

Quant à Gruel, je suis bien d'accord, son atelier a produit du très beau travail et ses successeurs encore après lui.

A mon avis, ce qui a terni son image ce n'est pas la qualité de son travail mais les livres qu'il reliait et éditait, à savoir les livres de piété, aujourd'hui déconsidérés et passés dans la catégorié "Missels" et autre bondieuseries. C'est en partie vrai qu'il s'est fourvoyé (cantonné) dans ce domaine, mais pas seulement, il faut quelquefois savoir retrouver Gruel ailleurs. Ce que j'essaye de faire chaque fois que je le peux.

B.

Vincent P. a dit…

Ici en Irlande je reçois les catalogues avec deux semaines de retard...grrr...tout est vendu...ou presque!

Vincent P.

Vincent P. a dit…

En revenant à Gruel c'est plus son style qui est décrié, surtout ses roulettes à froid d'inspiration gothique. Moi j'aime.

Les "puristes" bibliopégimanes préférent très souvent le côté lisse et esthétique des Lortic, Chambolle...(leur côté un peu passe-partout?) au côté flamboyant du style de Gruel.
Vincent P.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

L'atelier Gruel-Engelmann fut fondé à la suite du remariage, en 1850, de Catherine Mercier (1813-1896), seconde épouse et veuve de Pierre-Paul Gruel (+1848), avec le lithographe Jean Engelmann (1816-1875), fils de Godefroy Engelmann (1788-1839), introducteur de la lithographie en France et inventeur de la chromolithographie, ou impression en couleurs, en 1837.
Fondateur d'une dynastie de relieurs qui exercèrent jusque 1967, Pierre-Paul Gruel avait repris en 1825 l'atelier que son premier beau-père, Isidore Deforge, avait fondé en 1811 rue Duphot, et le déménagea en 1834 rue Royale-Saint-Honoré. Alors que les bibliophiles étaient plutôt séduits par les reliures à décor rétrospectif, l'atelier Gruel-Engelmann se spécialisa dans les reliures de présent dans le style néo-gothique. Veuve une seconde fois, Catherine Gruel-Engelmann s'associa à ses deux fils, Edmond Engelmann (1852-1918) et Léon Gruel (1841-1923). Ce dernier resta le seul propriétaire en 1891 et ajouta en 1905 un second volume à son Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures (Paris, Gruel et Engelmann, 1887, in-4°) ; son fils Paul (1864-1954) lui succéda en 1901 et sa petite-fille, Suzanne Gruel-Giraud, s'associa à son père en 1923 avant de lui succéder en 1954.

Lauverjat a dit…

Une histoire sous la tour Eiffel en somme....!!!

Jean-Marc a dit…

J'ai deux reliures signées Gruel, qui se caractérisent plutôt par la sobriété et, pour l'un d'entre elles, par le dépouillement.

Jean-Marc

Bertrand a dit…

Une histoire de tour de phare par Gustave Eiffel... c'est bien ça Lauverjat.

Que ne faut-il pas faire pour éviter la publicité interdite sur le service public...

Oups ! C'est vrai que le Bibliomane moderne n'a pas encore été décrété d'intérêt public... cela ne saurait tarder.

B.

Bertrand a dit…

Jean-Marc, je crois que lorsqu'on a à faire un bon relieur voire à un excellent relieur, la question n'est plus dans le type de décor mais bien dans la maitrise de la technicité. En tous les cas, de mon côté, c'est ce que je recherche avant tout, et c'est aujourd'hui une qualité suffisamment rare pour être remarquée.

B.

Textor a dit…

J'aime bien les petits cours de rattrapage du Bibliophile Rhemus pour les nuls comme moi qui croyait que Gruel avait vécu de 1813 à 1967 . Merci Bibliophile Rhémus !
T

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Rhemus ne fait pas de cours, même de rattrapage : il partage avec les autres ce qu'il est allé chercher dans ses notes pour lui rafaîchir sa propre mémoire défaillante.
"Doctus cum libro" diraient les uns, "Les livres se font avec des livres" répondraient les autres : tous auraient raison.
D'où l'intérêt persistant des supports papiers, du moins jusqu'à ce que naisse une génération qui n'y aura jamais goûté : mais dans ce cas, de même que disparaîtraient les revues, les bibliophiles disparaîtraient également. Je n'y crois pas : il y aura toujours un "passeur" entre les générations qui fera que la bibliophilie a encore des siècles d'avenir, et par voie de conséquence, les revues aussi.

Textor a dit…

Merci de nous faire partager vos notes, qui sont des mines d'informations. C'est vrai qu'aujourd'hui, on a tendance à se contenter de surfer sur internet pour faire des recherches et de négliger les opuscules des érudits du XIXème siècle. (qu'il n'est pas toujours facile de consulter ou de réunir).
Même avec internet, il vaut mieux sauvergarder ses recherches et les conserver sous forme de dossiers car on ne retrouve pas toujours ce qu'on a pu consulter à une époque. ( Vous savez, cette époque ou il fallait un minitel et un numéro de téléphone pour toucher une université américaine ou un centre de recherches et des codes pour aller d'un site à l'autre, et attendre de longues minutes en écoutant les bip, bip des interconnections...)
T

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