mardi 10 mars 2009

Séquence émotion : Ego... Anno. 1559


Tout simplement parce que c'est agréable à l'oeil, mais aussi parce que c'est émouvant.

Lire ce qu'un homme a laissé couché sur le papier d'un livre il y a 450 ans tout juste...

Essayer de retrouver la trace, de comprendre le chemin du livre, essayer de suivre des pistes incertaines et finalement renoncer le plus souvent.


Bonne journée,
Bertrand

9 commentaires:

Raphael Riljk a dit…

450 ans, très exactement le mercredi 8 avril prochain, veille du jeudi saint...

R.

Bergamote a dit…

J'arrive à déchiffrer l'écriture de mon médecin, j'arrive même à lire l'écriture de Bergamonsieur, mais là j'avoue que j'ai du mal...

Tu as raison, ces traces du passé sont toujours émouvantes.

Textor a dit…

Retour sur Séquence Emotion:

Je découvre cette page avec un retard certain. C'est un ex-dono; Il est écrit : "Moi, Frère Jean Krich, j'ai reçu en don ce petit livret(Opusculum) il y a quelques temps déjà de Nicolas Schlerick Année 1559" ( il me manque 3 mots).

Un jour où j'aurais plus de temps je vous parlerai des marginalia. T

Raphael Riljk a dit…

Cher collègue en cendre latine et poussière grecque,

en triturant les contractions, j'en étais arrivé de mon côté à cette timide tentative, qui croise la votre en de nombreux points :

Ego Fr. Johannes Reich dono accepi opusculum hoc a laud[at]o Do[m]i[n]o Nicolao Schweickhartt pridie cenae do[m]i[ni]cae Anno 1559.

"Moi, Frère Jean Reisch ai reçu en cadeau ce petit ouvrage de l'honoré Seigneur Nicolas Schweickhartt la veille du jeudi saint. Année 1559."

Sachant que l'opusculum est plutôt du genre costaud, de celui qui jonce les étagères.

Marginalia? Des heures de bonheur à les déchiffrer dans le secret du cabinet. Parlez-en nous vite !
Ah ! nos si chères vieilleries !

(les marginalia, c'est de la bibliophilie, ça ?)

Raphael

Textor a dit…

Là, j'ai trouvé mon maitre dans l'art de déchiffrer les pattes de mouches !! Bravo. J'ai des lacunes dans les abréviations. Et il est aisé de faire des contresens:Predie seul pourrait se traduire par "qq temps auparavant" mais predie cenae dominicae, c'est votre version qui est juste.

Alors, vous allez sans doute pouvoir m'aider à résoudre une énigme qui vaut le polar que je viens d'aller voir au cinéma : Sur un exemplaire des Sentences de Dun Scott imprimé par Josse Bade en 1519, les pages sont couvertes de marginalia, rédigées par plusieurs mains, plus ou moins lisibles et certaines sont datées, au moins à 5 ou 6 reprises du 3 juillet 1546 au 5 novembre 1548; Je soupçonne qu'il s'agit de note de cours pris par plusieurs étudiants, mais sans certitude.

Toutefois je crois deviner un .... "interpreti Magistri XXX" et un "me frate Franscisco Mangonis, discipulo audiente".

J'avais lu une étude d'un docte professeur dont j'ai oublié le nom qui mentionnait que ces notes de cours étaient fréquentes au XVIème s. mais qu'il était rare que l'étudiant les date et encore plus rare qu'il donne en plus le nom du professeur. Nos précieuses impressions étaient traités comme de vulgaires polys !

Bonne Nuit. T

Raphael Riljk a dit…

Tout cela se traduit à grands renforts de Gaffiot, de grattage de tête et d'appel au Joker dans la salle. C'est une plaisante façon de se faire des amis.

Pour le papier dont vous parlez, peut-être est-ce celui-ci ?
J. Letrouit. La prise de notes de cours sur support imprimé dans les collèges parisiens au 16e siècle. Revue de la Bibliothèque Nationale de France, Juin 1999. http://editions.bnf.fr/pdf/revue/extrait02.pdf).

Un autre exemple de poly en attendant les détails du vôtre :
http://le-bibliomane.blogspot.com/2009/01/faire-une-tragique-impression-la.html

Carpe diem

Raphael

Textor a dit…

C'est exactement l'article que j'avais en tête et dont j'avais perdu les références. Votre papier du 5 janvier que je connaissais pas est très intéressant aussi.
Je vous passerai (via et avec l'accord de Bertrand) quelques page du Dun Scott. N'ayant pas spécialement étudié spécialement la paléographie, ces annotations me sont quasi illisibles mais j'aimerais, sinon les lire, pouvoir vérifier la thèse qu'il s'agit bien de notes de cours et non pas des notes de lecture.
Quant à mon latin, il est resté très scolaire n'ayant jamais eu l'occasion de pratiquer avec les autochtones ( j'étais trop jeune lorsque l'armée de César a envahi toute la Gaule - toute ? non ...)
T

Bertrand a dit…

Je savais bien que deux marginaliamaniaques finiraient par se trouver, c'est fait.

La création du Bibliomane moderne, même si elle n'aura servi qu'à cela, a déjà trouvé sa raison d'être.

Aucunement besoin de mon accord pour vous envoyer tout ce que vous voulez. Ici c'est Freedom & Peace.

B.

Raphael Riljk a dit…

Heureusement la dite création ne sert pas qu'à cela.

Ca sent le cours de scolastique à la Sorbonne, votre affaire Textor.

R

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