mardi 17 mars 2009

A propos de deux galvanotypes Art Nouveau


La passion du livre conduit à s’aventurer dans des champs de curiosité limitrophes où d’autres amateurs s’épanouissent tout autant : autographes, ex-libris, marque-pages, serre-livres, fers à dorer, fontes anciennes…

Dans ce registre papillonnant, voici deux galvanotypes (ou clichés typographiques) (1) très Art Nouveau qui se sont posés sur les tablettes de la bibliothèque.





Ils mesurent 7 x 9 cm et 5 x 9 cm, respectivement. Ils sont en cuivre, montés sur un support de bois de deux centimètres d’épaisseur sans aucune signature ou marque.

Les fonderies typographiques éditaient régulièrement à l’intention des imprimeurs des Spécimens, larges catalogues présentant leur production de caractères d’imprimerie, ornements et clichés typographiques, dans lesquels il serait théoriquement possible de retrouver les références de ces deux galvanotypes. Pourraient-ils provenir de la célèbre fonderie de Georges Peignot & Fils, au début du XXe siècle (2) ? Les amateurs de typographie, nombreux et dynamiques, semblent encore peu porter d’intérêt à ces productions, non dénuées de charme cependant malgré leur caractère industriel.

Qui étaient les dessinateurs, les artistes graveurs, quelle fonderie a produit ces « galvanos », quels ont été leur tirage et leur prix, quels documents ont-ils illustré: publicité, programme musical, menu, facture, catalogue, livre peut-être… ?

Les lecteurs du Bibliomane Moderne en savent-ils plus dans ce domaine ?


Raphael

(1) Pour une initiation à la galvanotypie : C. Delon, Histoire d'un livre, 1884 :
« Le livre illustré : gravures et clichés ». http://www.textesrares.com/delon194ill.htm

(2) Voir « Georges Peignot : la tentation de l’Art Nouveau » sur http://www.typographie.org/histoire-imprimerie/peignot/index.html ainsi que l’article consacré à Georges Peignot et Georges Auriol dans le Bibliomane Moderne, livraison du mercredi 26 novembre 2008 : « George Auriol (1863-1938), un typographe touche à tout ».

3 commentaires:

Bertrand a dit…

Très belle découverte Raphaël !

Je suis fan de l'Art Nouveau
...
mais je ne possède pas de catalogues de fonderies typographiques.

"avis à ceux qui en ont"

B.

Bergamote a dit…

C'est "trop beau" ! Ça me rappelle le style École de Nancy, j'adore.

Mais qu'est-ce qu'un galvanotype ? On l'utilise comme un tampon encreur ? Ou bien comme un fer à dorer ? Comme une plaque, sous presse ? S'il est en cuivre, j'imagine qu'on peut le chauffer ?

Raphael Riljk a dit…

Je ne suis pas bien savant dans ce domaine mais les clichés typographiques ont remplacé les bois gravés pour l'impression des figures. A partir d'un seul original en bois gravé soumis dans l'atelier à la galvanotypie, on peut reproduire une copie en métal (cuivre à l'origine puis zinc) qui offre des opportunités de tirage plus élevés car s'usant moins rapidement sous la presse.

Léo sur Bibliomab nous disait récemment que les illustrations des ouvrages de la série du "Livre de Demain" du fait de leur tirage élevé n'avaient pas été réalisées avec les bois originaux mais avec des clichés typographiques.
...qui doivent bien encore exister quelque part...

Bien sûr, les exigeants, les chanceux et les goguenards diront que cela ne vaut pas de posséder un bois gravé d'après Gustave Doré à l'époque où l'imprimerie, ça se faisait encore avec les mains et pas qu'avec des machines-outils !

Si vous croisez ces deux dames à la Mucha quelque part, prévenez-moi!

R.

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