vendredi 19 février 2010

Actualité : La BNF acquiert le manuscrit original des mémoires de Casanova (18 février 2010).



Copie d'écran du site de l'Express.


Hasard des lectures de news on line, voici ce que je lis ce soir :

"La Bibliothèque nationale de France (BNF) a acquis jeudi un ensemble jugé exceptionnel de manuscrits de Giacomo Casanova, comprenant notamment les mémoires du célèbre espion, diplomate, séducteur et mémorialiste vénitien du XVIIIe siècle.


Le manuscrit original d'"Histoire de ma vie" est la pièce maîtresse de cet acte d'acquisition, signé par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand pour la BNF. Quelque 3.700 pages manuscrites composent ces mémoires rédigées en français par Casanova (1725-1798) entre 1789 et 1798.

"Ce monument de la langue française est un témoignage émouvant, une fresque vivante et haute en couleurs des aventures du génial mémorialiste", a estimé jeudi le ministre de la Culture dans un communiqué, se félicitant de l'entrée dans les collections nationales de cet "extraordinaire témoignage de l'Europe des Lumières".

Le manuscrit d'"Histoire de ma vie" avait été cédé en 1821 à l'éditeur allemand Brockhaus par la famille de Casanova. Cette influente famille d'éditeurs de Leipzig a réussi à conserver le manuscrit pendant deux siècles, en dépit des vicissitudes de l'histoire.

Pendant la Seconde guerre mondiale, le manuscrit avait en effet été sauvé des bombardements, caché par Frédéric-Arnold Brockhaus avant d'être transporté hors de Leipzig par camion militaire américain en 1945.

Sous le titre de "Mémoires de Casanova", quelques 500 éditions ont vu le jour depuis 1822 sans qu'aucune ne puisse se référer au manuscrit original. Ce dernier avait finalement été publié intégralement en français en 1960 par les éditions Brockhaus et Plon.

Cette acquisition patrimoniale, la plus importante réalisée jusqu'à présent pour la BNF, a été rendue possible grâce à un "généreux mécène", signale le communiqué, sans donner plus de précisions sur l'identité de ce mécène.

La BNF a programmé une exposition à l'automne 2011 qui sera l'occasion de dévoiler pour la première fois au public ce manuscrit. AP"
(nouvelObs.com AP | 18.02.2010 | 19:08)


Affaire à suivre. On aimerait connaître, et le généreux mécène anonyme et le montant de la transaction...

Bonne nuit,

Bertrand


17 commentaires:

Bertrand a dit…

Je lis sur le site de Ouest France, visiblement mieux informé :

"Après des rebondissements rocambolesques, les précieux manuscrits ont pu être acquis par la BNF grâce à un généreux mécène anonyme qui a déboursé plus de 7 millions d'euros.

Selon les experts, il n'existe qu'un seul exemplaire d'Histoire de ma vie."

7 millions d'euros !

Qui dit mieux ?

L'entreprise mécène a-t-elle fait un détour par la cellule de dégrisement fiscal instaurée à Bercy pour les petits galopins du capitalisme triomphant ?

Le saura-t-on jamais...

B.

Pierre a dit…

Ces sommes me donnent le tournis.

Sept millions d'euros pour un manuscrit cela fait comme si j'avais en ma librairie 7000 ouvrages au prix moyen de 1000 €... et que je les vende ! Combien de librairies anciennes ont ça en stock ?

Je suis émerveillé par une telle transaction. Si j'étais démagogue, ce que je ne suis pas, je dirais qu'avec cet argent on pourrait fournir assez de Kalachnikov à un pays d'Afrique pour que ses habitants ne meurent pas de faim. Pierre

Bertrand a dit…

Cher Pierre, je suis tout comme vous, stupéfait par de telles sommes.

Le CA d'une des plus grande maison de librairie ancienne en France a réalisé un CA autour de 10.000.000 d'euros en 2004, 2005 et 2006 (chiffres publiés), tandis que d'autres (l'immense majorité) peinent à dépasser les 30 ou 40.000 euros. C'est le jeu. En même temps c'est assez ahurissant de voir que le plus gros CA de la librairie ne représente qu'un faible pourcentage par rapport aux grosses firmes industrielles ou à la finance. Danone produit frais SA génère ainsi près de 2 milliards de CA.

Conclusion : Mieux vaut vendre des yaourts aromatisés que des livres rares. (pas démagogue du tout n'est-ce pas).

Ce qui est certain, c'est que les caisses de l'État providence ne sont jamais si vides qu'on croit... Bon d'accord, là c'est pour la bonne cause...

B., pas démagogue du tout mais un peu quand même.

Anonyme a dit…

Mieux vaut le don, intéressé ou non, d'un généreux mécène que certaines des ces enchères faramineuses qui n'ont d'autres but que de blanchir de l'argent. Non?

Seingalt

Bertrand a dit…

Vous avez raison.

Merci au mécène anonyme donc.

B.

Renaud a dit…

Bruno Racine a cite le chiffre de 7,4 millions ce matin a la radio, deja cite par le Figaro dans un article assez complet hier matin.

Je parierai qu'Hubert Helbronn sera largement cite a l'heur de l'exposition...

Tres bon achat de mon point de vue. Au dela de la valeur patrimoniale evidente, la BNF a trouve la une occasion parfaite de communiquer sur sa politique de numerisation (Racine parlait deja de rendre accessible la consultation du manuscrit en fin d'annee sur Gallica)

http://www.lefigaro.fr/livres/2010/02/18/03005-20100218ARTFIG00475-la-rocambolesque-histoire-des-manuscrits-de-casanova-.php

Léo Mabmacien a dit…

Bertrand,

Vous avez vu la nouvelle version de Gallica ? Ca décoiffe !

Léo

Gonzalo a dit…

>>
Vous avez vu la nouvelle version de Gallica ? Ca décoiffe !

Sans aller jusqu'à décoiffer, c'est beaucoup mieux que leur version 2 f0ireuse et agressivement rouge.

J'ai l'impression que leur nouvelle maquette n'a pas d'autre objectif que de ne pas trop dénoter vis à vis d'Européenana.

Bertrand a dit…

Non, pas encore vu, je me sers très peu de Gallica en fait, je vais tester la chose sur l'heure.

Merci de l'info,

B.

Bertrand a dit…

Oui ! Fort bien ce nouveau Gallica.

Je note quelques ralentissements d'affichages du défilement de ma souris à l'écran ?? (vu en mode images).

Sinon, beaucoup beaucoup mieux.

Google risque cependant d'avoir l'avantage de l'habitude. J'ai tellement pris l'habitude de chercher via Google Books que cela risque d'être une habitude difficile à perdre. Mais je penserai à consulter Gallica en seconde main.

B.

martin a dit…

Pas seulement l'habitude. Le moteur de recherche est une catastrophe.
Dès le debut.

Léo Mabmacien a dit…

La recherche dans Google Books me semble de plus en plus aléatoire, les résultats sont très bizarres...Quantité plutôt que qualité, Gallica gagne... Impossible de faire une recherche précise sur Google books (éditeur, lieu d'édition...)... A voir sur le long terme...

Léo

martin a dit…

Oui, bien sûr. En ce qui concerne les metadata (expression française?), google est plus qu'une catastrophe.
(Petit truc pour les périodiques et multi-volumes: identifier la bibliothèque et rechercher directement dans leur catalogue.)

Gonzalo a dit…

Bien d'accord: en ce qui concerne les métadonnées, Google ne fait aucun boulot.

Cela dit, la gande utilité de Googlebook, c'est la recherche plein texte: c'est incroyable le nombre de hcoses qu'on trouve, à côté desquelles on serait passé avant.


J'ai beaucoup de mal avec Gallica: quand on tape une recherche simple, on a des dizaines de milliers de résultats, sans hierarchie... difficilement exploitable.

Bertrand a dit…

Je suis d'accord avec Gonzalo, ce qui me plait dans Google, c'est que même si c'est un peu le bazard dans les résultats, la recherche plein texte assez précise permet d'obtenir des réponses intéressantes dans la plupart des cas, pertinentes et bien en évidence. Gallica me semble moins performant de ce côté.

De plus Google Books ouvre des pistes grâce à la numérisation partielle de livres plus récents, ce qui permet d'acheter le livre si on veut en savoir plus. Et je pense que de ce côté, contrairement à ce que certains avancent, Google Books est un énorme vecteur de vente de livres récents dits de documentation. En tous les cas, c'est ainsi que je procède. J'ai acheté bon nombre de livres via Abebooks ou des sites de libraires, uniquement parce que j'avais repéré leur existence ainsi.

B.

martin a dit…

That's very, very true. Mais le contraire aussi. Tant pis pour les éditeurs (et auteurs) de mauvais livres.

Vincent P. a dit…

Etrange que ce manuscrit finisse à la BnF, après tous les voyages et péripéties qu'il a subis...

Enfin, je suis très heureux que Casanova finisse ses jours à Paris. Paris où il a tout à la fois aimé, fondé la loterie nationale, escroqué et abusé de la naïveté de Mme d'Urfé...

Relisez ses Mémoires, un pur régal!

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