mardi 18 août 2009

Urs Graf, Le Graveur Maudit.


Pour ceux qui n’ont pas pu aller au salon de la BD à Angoulême, je leur propose une petite rétrospective de notre dessinateur-graveur fétiche, Urs Graf (Que son père a failli appeler Otto…)

Peintre, orfèvre, verrier, né à Soleure en 1485, c’est surtout grâce à la gravure qu’il se fera connaitre, il produira plus de 300 bois, dont une bonne centaine pour le Postilla de Guillaume d’Auvergne et le Passio Domini Nostri, publiés à Bâle en 1509, dont sont extraites les figures de cet article. (fig 1 et 2)

Fig. 1

Fig. 2

Il a marqué l’histoire de la gravure suisse, en pratiquant dès 1513 la gravure sur acier (technique de l’eau-forte dont c’est un des plus anciens exemples) et en cherchant à développer la xylographie à lignes blanches qui reproduisait le clair-obscur du dessin. Une sorte d’impression en négatif qui n’a pas prospéré. (Fig 3 et 4)

Fig. 3


Fig. 4


Artiste maudit, il a certains points communs avec François Villon, puisque un sérieux penchant pour les prostituées, la boisson, les blogs subversifs et une tentative de meurtre l'obligèrent à quitter Bâle en 1518, il reviendra l’année suivante mais il finit par quitter définitivement la cité rhénane en 1527 et nous perdons ensuite toute trace de sa vie. (Fig 6)

Fig. 6


Inspiré par Hans Baldung et Albrecht Dürer, son style est très proche de celui de Martin Schongauer, le Maitre de Colmar. Il puise les thèmes de ses gravures, souvent violentes, parmi les figures qui lui sont familières, comme les prostitués et les soldats qu’il représente néanmoins avec humour.

Certaines scènes sont quasi-surréalistes, comme cette illustration de la parabole de la paille et de la poutre (fig 7).

Fig. 7

Les figures de cette édition de 1511 sont en second tirage (EO 1509). Il parait qu’il aurait également produit des représentations érotiques, mais elles n’ont pas trouvées place dans les 2 ouvrages que j’ai sous les yeux, peut-être que le Vicomte en sait plus sur ce sujet…(Fig 8, 9, 10, 11)

Fig. 8


Fig. 9


Fig. 10


Fig. 11


Ne serait-ce pas vous, Bertrand, qui avez posé pour la salsa de la fig 8 ?

Textor

Coll : Postilla super Epistolas et Evangelia de Guillaume d’Auvergne, Bâle, Adam Petri de Langenforff, Juin 1511. 1 vol. in-4 de (8) ff., 186 ff. 99 figures signées de son monogramme (43 x 33 mm) Rel Peau de truie estampée. Passio Domini Nostri de Daniel Agricola, Bale, Adam Petri de Langenforff, 1511. 1 vol. in-4 de (4) ff, 39 ff, (1) ff et 20 fig - Brunet IV 111.

5 commentaires:

Bertrand a dit…

Merci Textor pour ce beau bout de bois !

Quel talent !

B.

Textor a dit…

Vous voulez parler de ma prose ou des gravures ?

Bertrand a dit…

Les deux mon Général dit-il d'un ton tout à fait antimilitariste.

M'est avis qu'Urs Graf a fini ses jours violemment aux abords d'une taverne mal fréquentée.

B.

Anonyme a dit…

Oui, il n'était pas trés poli Graf, pour rester dans la veine.

Très chouette papier.

Raphael

Textor a dit…

Merci Raphael et Bertrand pour vos encouragements ! Je suis sur que Désyr Ravon aussi aurait aimé que Victor Hugo lui dise : quel talent ! :)

Ceci dit pour revenir aux choses sérieuses, Urs Graf a du trouver à s'employer ailleurs car les spécialistes datent certaines gravures de 1528 ou 29, soit après la période baloise. Mais il est possible que tout ceci ait mal fini. Tout aux tavernes et aux filles, comme disait Villon.

Savez-vous que Urs portait ce prénom parce que le saint-patron de Soleure est St Ours ? Etonning, not ?
T

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