vendredi 7 août 2009

Les nouvelles drolatiques de Marc de Montifaud.


Je vous fait part aujourd'hui, d'une de mes lectures de vacances ; je ne connaissais de nom Marc de Montifaud, qu'à la lecture attentive de la bibliographie de la firme Gay et Doucé, où, cet auteur figure plusieurs fois.

Sous le pseudonyme de Marc de Montifaud, se cache en réalité : Marie-Amélie Quivogne de Montifaud, née Chartroule. Elle naquit en 1849 et décédera en 1912, et fut un(e) écrivain(e) homosexuelle et un libre-penseur.

Pour la parution de son ouvrage : Les vestales de l'église, (chez Gay en 1877 et en 1881) ; elle fut condamnée à 300 francs d'amende (500 francs suivant un article du Journal L'Eclair en août 1877) et 3 mois de prison. Le tribunal ordonna en outre la destruction des exemplaires saisis. Ce livre contient une étude historique des mœurs, coutumes et licences des couvents au Moyen-Age et à la Renaissance, et met en scène les vierges folles, les Chanoinesses et Bernardines et se termine sur l'Abesse de Chelles.

Je ne vais pas vous refaire la bio-bibliographie de Montifaud, elle a déjà été dictée sur ce site, où je m'égare (avec plaisir) très régulièrement et où l'humour est souvent présent : http://www.bmlisieux.com/archives/montifo.htm, les belles photos de Mme Montifaud y sont bien mises en valeur.

Venons en aux Nouvelles drolatiques ; mon exemplaire, est en 3 volumes, c'est un demi chagrin poli, de couleur cerise, la tête est dorée, le dos est à 5 (faux) nerfs ornés de pointillés, les caissons sont entourés d'un double filet doré, sur le dos, y figure : l'auteur, le titre et la tomaison. Le chiffre G.R est doré en queue, l'Ex-Libris G.R au requin est collé sur chacun des contre-plat (j'avais solicité votre aide pour identifier le possesseur de cet ex-libris, ici même, il y a quelques temps).
Les Nouvelles ont été éditées en 1881, chez Gilliet dont la production est très limitée (Dutel III).


La collection complète des Nouvelles drolatiques est constituée de 20...nouvelles, 6 par volumes, et 8 dans le dernier ; les 3 volumes sont reliés, comme il se doit avec les 10 frontispices gravés à l'eau forte par Hanriot.


Voici le titre de ces nouvelles :

Dans le volume 1 :

- Les délices de l'Esprit-Saint et la bassinoire : - Le calice de Mme de Trigonec - Un mariage à Constantinople - Un point de tapisserie - Un sérail à vendre - La pénitence du curé de Tilly

Dans le volume 2 :

- La chaste Suzanne. - Une messe blanche. - L'amende honorable. - Le téléphone . - Le curateur. - Le nécessaire et le superflu

Volume 3 :

- La nourrice sèche. - Par procuration. - Le commis de chez Richard . - Le phonographe du seigneur. - Relevé de son vœu. - Ce pauvre Mr Duclamel :. - Le jugement de Pâris. - La rue Sainte-Amendée.


Ce sont des nouvelles distrayantes, ici, pas de vulgarité, c'est un léger badinage sans plus : Le sexe masculin est désigné sous le terme Le superflu et le sexe féminin ; dans Le nécessaire et le superflu.

Une aristocrate met « tout en œuvre » pour avoir une rue, ou mieux un carrefour à son nom : La rue Sainte-Amendée. Un couple de jeunes mariés fait vœu de rester chaste : Relevé de son vœu. Par procuration : Un mari stérile, un ami de la famille fertille…le tout avec l’accord de la femme.
etc...

Je possède un autre volume de Marc de Montifaud, intitulé L'abbesse du paraclet, histoire galante d'Héloïse et d'Abailard, à Paris, 1883, avec 2 eaux fortes de A. Aubry, c'est un in-12, de 188 pages, en demi-chagrin marron, etc...

Un vrai fan je vous dis....

A Bientôt
Xavier

3 commentaires:

Textor a dit…

Merci Xavier pour cet article à la fois instructf et distrayant. Je ne connaissais pas cet ouvrage, j'aurais préféré l'avoir à lire sur la plage cet après-midi, plutôt que d'emmener le De Bello Gothorum d'Agathias !
Mais comme dit toujours Textorinette, "Cé pas la peine d'emporter le superflu quand on n'a pas le nécessaire".
Bonne Soirée. T

Anonyme a dit…

Bonjour Textor,
Les nouvelles...sont d'une lecture plus lestes que les chroniques... (je fais le malin...mais j'ai cherché qui était Agathias !)
Bien Cordialement.
Xavier.

Anonyme a dit…

Ne dit-on pas libre-penseuse?
J'aime bien les "femmes savantes" de cette époque, comme aussi Clémence Royer, première traductrice de Darwin... Mais ce n'est pas plus le sujet que le Bellum Gothorum!
Bravo pour ce superbe exemplaire d'un texte insolite.
Yves

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