vendredi 12 septembre 2008

Une édition lyonnaise difficile à dater



Voici une édition qui nous a posé quelques petites interrogations. Il s’agit de l’ouvrage suivant, déjà décrit dans un précédent message :

Mythologie c'est-à-dire explication des fables, contenant les généalogies des Dieux, les cérémonies de leurs sacrifices, leurs gestes, adventures, amours, et presque tous les préceptes de la philosophie naturelle et moralle. Extraite du latin de Noel Le Comte, et augmentée de plusieurs choses qui facilitent l’intelligence du sujet. Par I. D. M. A Lyon, chez Paul Frelon, avec privil. du roy, M. DCVII. (1607).


Notre exemplaire est paginé comme suit : 1 titre-frontispice gravé à l’eau-forte par Tho. de Leu ; 1 feuillet d’épître à Monsieur le baron de Vignolles La Hire (signée I. de Montlyard du premier janvier 1604) ; 1 feuillet d’extrait du privilège accordé à Jean de Montlyard(1) en date du 28 juin 1597 et transporté à Paul Frelon marchand libraire à Lyon, avec au verso un portrait à l’eau-forte de Henri de Bourbon âgé de 12 ans ; suivent 4 feuillets comprenant une épître à Henri de Bourbon datée de Paris, le 25 novembre 1599 (5 pages) et le Privilège du Roy (daté du 26 août 1608) et un Extraict des Registres de Parlement (vu par la cour les lettres patentes du 16 août 1608 par Paul Frelon etc…), extrait daté du 26 janvier 1611. Enfin on rouve au verso du dernier feuillet non chiffré L’imprimeur au bening Lecteur (voir notre précédent message à ce sujet) ; le corps d’ouvrage est paginé 1 à 1120 (avec de très nombreuses erreurs de pagination). On trouve à la fin 13 feuillets non chiffrés qui composent le Répertoire général des principales et plus remarquables matières contenues en la Mythologie de Noel Le Comte.



D’après le titre-frontispice cette édition serait de 1607 or on voit rapidement que certaines dates figurant dans les extraits du privilège du roi ainsi que de ceux du Parlement sont postérieures (1608 et 1611).

Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France donne une édition datée de 1607 avec XII-1066 pages. Ce n’est donc pas notre édition. Par contre on trouve un exemplaire également à la BNF d’une édition de Lyon, chez le même Paul Frelon et datée de 1612 avec VIII-1120 pages. Il s’agit bien de notre édition.

Notre édition est illustrée de 71 très jolis bois gravés à mi-page non signés. Dans l’épître au Béning Lecteur on lit qu’il s’agit de la quatrième édition de ce texte et qu’elle est illustrée pour la première fois (1).


On constate donc que si notre exemplaire est bien de la quatrième édition de 1612 illustrée, on lui a toutefois conservé le titre-frontispice gravé de Thomas de Leu et le portrait du jeune Henri de Bourdon également de lui. C’est donc ce qu’on pourrait appeler une édition remontée à l'époque (la reliure en daim étant d'origine et l'ouvrage n'ayant fait l'objet d'aucune restauration).

A noter que dans notre exemplaire, le frontispice de 1607 n’apparait pas usé.

Nous en savons désormais un peu plus sur cette édition. Dans un prochain message je donnerai quelques gravures sur bois de ce très intéressant ouvrage.



(1) A propos de Jean de Montlyard et de cette quatrième édition illustrée, voici ce qui est écrit dan l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux (année 1876, col. 88-90) : « Jean de Montlyard (IX, 12). — Pour la liste de ses ouvrages, voir la Biog. Didot, t. XXVI, col. 32». Voici le complément demandé par M. A. Nalis : Extrait du latin de Noël le Comte; Lyon, i 697, 2 vol. in-4°, réimp. plusieurs fois, et en dernier lieu par J. Beaudouin ; Paris, 1627, in- fol. H. I. — La Biog. Didot, n'est pas tout à fait aussi muette. « ... né vers 1530. Il était seigneur de Melleray en Beauce. Réfugié à Genève, il fut reçu bourgeois de cette ville, et exerça dans le canton les fonctions de ministre, depuis 1564. L'époque de sa mort n'est pas connue ». Suit une liste de huit ouvrages, où la Mythologie n'est pas oubliée ; et l'article se termine par l'indication des Dictionn. de Prosper Marchand et d'Hofman, comme parlant aussi de Montlyard. O. D. — Je ne sais rien autre sur ce personnage que certaines particularités très-minimes fournies par son livre, mais, comme elles paraissent avoir échappé à notre collègue A. Nalis, je dois les lui signaler d'autant mieux qu'elles suffisent pour diriger les recherches. En effet, un nouveau privilège, daté de 1608, lui donne la qualité d'écuyer, « sieur de Melleray en « Beausse. » C'est donc à Chartres que doivent être dirigées les recherches et adressées les questions, car Melleray est vraisemblablement la commune de ce nom, située dans le département d'Eure-et-Loir, arrondissement de Chartres, canton de Janville, et qui dépendait de l'ancienne Beauce. La dédicace au prince de Condé donne à penser que l'auteur résidait ou a résidé à Paris, car elle est datée de cette ville et du 25 novembre 1599. Celivre, qui n'est qu'une traduction plus ou moins complète d'un ouvrage latin sur le même sujet par Noël le Comte, obtint cependant beaucoup de succès : de 1600 à 1612, il en fut publié quatre éditions à Lyon, chez Paul Frellon, sans compter les contrefaçons, dont une à Rome, cette même année 1612. Cette quatrième édition qui me fournit ces détails, a été augmentée, par l'éditeur lyonnais, de figures sur bois provenant des Images des Dieux de Vincent Cartari, dont il était propriétaire. Elle est de plus ornée d'un titre gravé en taille-douce par Léonard Gaultier. Il n'y a pas de faux-titre. Je relève la mention de ce titre en faveur de cet intermédiairiste, qui demandait (VII, 6..,) qu'on lui signalât les frontispices de ce maître. Si depuis plus d'un an qu'il l'a faite il maintient toujours sa demande, je pourrais lui indiquer un certain nombre d'autres estampes de ce genre et de cet artiste. A. ST. N. В.— La Chesnaie des Bois fait mention d'une famille Monliard, dont il y a eu des marquis de Rumond au XVIIIe siècle. L'identité paraît fort douteuse. » Très peu nombreux sont les bibliographes à signaler cette suite de 71 bois gravés de Vincent Cartari dans cette quatrième édition.


(2) Voici ce qu’on peut lire dans l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux pour l’année 1876, col. 367-368 : « Voici quelques nouveaux renseignements bibliographiques sur la Mythologie publiée par cet écrivain. J'ai acquis récemment la troisième édition lyonnaise de cet ouvrage, son examen me permet de restituer avec assez de certitude l'exemplaire incomplet de la seconde que possède M. A. Nalis. Cette troisième édition, publiée en 1604 par le même éditeur, Paul Frellon, et en vertu du même privilège décennal de 1597, se compose aussi de 1066 pages, plus la table de 14 feuillets et les pièces préliminaires de б feuillets. Il n'y a pas de faux titre et il ne devait pas y en avoir non plus dans la seconde édition, comme M. Nalis peut s'en convaincre en vérifiant la réclame du premier feuillet de son exemplaire, qui doit être A. 2. Le titre était un frontispice gravé par Thomas de Leu. D'après la troisième édition, on constate que cette gravure a dû servir à une édition antérieure, car elle est un peu fatiguée et le millésime a été complété de III, sinon même de IIII. Au verso du 2e feuillet se trouve également un portrait du prince de Condé, mais à l'âge de seize ans, et gravé par un artiste lyonnais, Jacques Granthomme. La première édition de la Mythologie doit donc avoir été publiée en 1597 ou 98, la seconde en 1600 ou 1601, la troisième en 1604, et la quatrième en 1612. Dans cette dernière, le portrait du prince de Condé ne figure plus, et le titre gravé de Thomas de Leu, trop usé vraisemblablement, est remplacé par la gravure de Léonard Gaultier. Il est à remarquer d'ailleurs que la planche de celui-ci est une imitation non dissimulée de la première, sauf que, à l'exception de Vénus, toutes les figures nues de Thomas de Leu sont vêtues dans l'estampe de Léonard Gaultier. (article signé) A. St. »

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