dimanche 28 septembre 2008

Le bibliomane bouquiniste en lithographie (1840)




Message court. Plaisir des yeux.


C’est encore une image que je vous offre aujourd’hui. Petite histoire. J’ai rencontré cette belle lithographie coloriée chez un ami libraire. J’ai eu beau le travailler au corps pour qu’il me la cède pour ma collection personnelle… rien n’y a fait. Je lui ai demandé l’autorisation de pendre quelques clichés pour mémoire, ce qu’il a accepté avec plaisir.


La lithographie étant sous verre et encadrée, il m’a été difficile d’obtenir, au coin d’une rue, et sans préparation, une photographie de qualité. J’ai par ailleurs oublié de noter les détails du texte imprimé de cette gravure (erreur fatale que j’essaierai de réparer lors de mon prochain passage dans sa boutique). On peut lire malgré tout que la lithographie est signée VILLAIN. Elle porte par ailleurs en haut à droite le numéro 13. Ce qui est imprimé en bas est illisible sur mes clichés (on peut y lire seulement quelques mots dont « Boulevard Montmartre »).


D’après les dates d’activité du lithographe François Le Villain, cette lithographie peut dater des années 1830 à 1840. Le cadre est postérieur. Je n’avais jamais vu cette lithographie avant, elle mesure de mémoire environ 40 x 25 cm et était imprimée sur blanc. On lit imprimé au bas :


LE BOUQUINISTE.

Ah ! je la tiens que je suis aise !

Oui c’est la bonne édition

Car voilà, page neuf et treize,

Les deux fautes d’impression

Qui ne sont pas dans la mauvaise.


C’est amusant de constater que celui que nous appellerions aujourd’hui bibliomane est dénommé ici bouquiniste, terme réservé normalement à la catégorie de personnes qui vend des livres.

En espérant revoir un jour cette lithographie.


Amitiés, Bertrand


12 commentaires:

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Cette lithographie illustre un plagiat de l'épigramme célèbre de Philippe-Laurent Pons, dit de Verdun (1759-1844),publiée en 1807, et qui est exactement celle-ci :

"C'est elle...Dieux, que je suis aise !
Oui...c'est...la bonne édition ;
Voilà bien, pages neuf et seize,
Les deux fautes d'impression
Qui ne sont pas dans la mauvaise."

bertrand a dit…

Un grand merci au bibliophile Rhemus pour cette information et sa visite qui fait bien plaisir,

Amitiés, Bertrand

Martin a dit…

Sans importance pour la lithographie, mais l'épigramme de Pons de Verdun se trouve déjà dans l'Almanach des Muses pour l'an XI. Bien possible qu'on la trouve aussi dans des éditions antérieures des Loisirs (1778 et 1781).

Le Bibliophile Rhemus a dit…

L'avocat Pons de Verdun publia en 1778 un recueil in-12 d'épigrammes, de réflexions morales, de contes et autres pièces, qui sera réédité en 1780, en 1781 et en 1783. L'édition "la plus complète" est intitulée "Les Loisirs ou Contes et Poésies diverses" (Paris, Brasseur aîné, 1807, in-8°)où on trouve, à la page 9, la fameuse épigramme dont le titre est "Le Bibliomane".
Dans "Le Savant", comédie-vaudeville en deux actes représentée pour la première fois au Théâtre du Gymnase le 22 février 1832, le savant professeur Reynolds, s'extasiant sur une édition de Pétrone imprimée par Robert Estienne, chante un couplet qui rappelle l'épigramme de Pons (acte II, scène IV) :

"Grand Dieu ! Quelle joie est la mienne !
Que ces caractères sont beaux !
Et c'est la bonne édition...
Voici, page soixante-seize,
Ces deux fautes d'impression
Qui ne sont pas dans la mauvaise."

Le plagiaire était le librettiste Eugène Scribe (1791-1861), de l'Académie française... qui vota contre l'admission de Victor Hugo !

pierre a dit…

Bonsoir,
Très intéressé par une reproduction de cette gravure, je vous propose, Bertrand, d'utiliser tous les moyens que la morale réprouve pour vous la procurer et d'en faire bénéficier par ce canal les amateurs de "book's on book's".
Cordialement. Pierre

bertrand a dit…

Cher Pierre (mais au fait quel Pierre ?),
j'aime l'idée que tout ne s'achète pas et que ce collègue a tenu plus à garder dans sa boutique ce vestige iconographique d'un métier qui est le sien plutôt que de voir quelques dizaines d'euros tomber dans son escarcelle. Non ?

Amitiés, Bertrand

pierre a dit…

Bertrand,
Je pense, en effet, que ce libraire a bien fait de ne pas vous vendre cette lithographie. C'est tout à son honneur.
Par contre, il faut qu'il envisage qu'elle lui soit légitimement volée s'il persiste dans la grandeur de ses sentiments...
Pierre de Pezenas

bertrand a dit…

Amitiés renouvelées à Pierre de Pezenas,

Bertrand

Bertrand a dit…

Petit commentaire pour ceux qui lisent les vieux billets et suivent les vieux commentaires...

Je l'ai !

Il m'aura fallu en gros un peu moins d'un an, quelques visites, une âpre négociation, l'essuie d'un refus, enfin une approche de noël conjoncturellement défavorable aux bouquinistes de province, pour finalement arriver à mes fins.

Qu'elle est belle ! C'est mon cadeau de noël (on est jamais mieux servi que par soi-même...)

B.

Bertrand a dit…

Je corrige...

c'est bien un peu plus d'un an qu'il m'aura fallu attendre.

Mais tout ne vient-il pas à point à qui sait attendre ?

B.

Textor a dit…

Voilà qui s'appelle de la ténacité ! digne d'un breton ...
T

Bertrand a dit…

Produit du croisement entre un morvandiau-parisien et un dauphinois depuis le XVIe siècle au moins... ça compte pour au moins deux bretons !!

D'ailleurs je reste curieux de savoir d'où peut bien sortir (avoir été extraite) cette lithographie ??

B.

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