vendredi 25 février 2011

Paolo Giovio, le chroniqueur des Peoples (1574).


Je me suis dit qu’il y avait déjà un moment que je ne vous avais pas présenté une petite chronique de la désormais célèbre série :
« il n’est pas blême, mon livre d’emblème ».

Voici donc le dernier opus : une édition italienne imprimée par Guillaume Rouille en 1574, qui regroupe le Dialoguo de l'impresse militari et amorose, de Paolo Giovio (Dialogues des devises d’armes et d’amours) auquel ont été ajoutés les Imprese Heroiche e Morali ritrovate da M. Gabrielli Symeoni, fiorentino (les Devises héroïques et morales du seigneur Gabriel Symeon, florentin).


Fig 1 Page de titre, à la marque de Rouille, c’est la partie du livre qui a le plus souffert.


Fig 2 Le Portrait de Paolo Giovio


Paolo Giovio, évêque de Nocera, natif de Come (1483 – 1552) est une figure intéressante de l’humanisme italien. Il était à la fois médecin, historien et biographe, un peu comme le Bibliophile Rhémus. Il commença à exercer à Come mais l’arrivée de la peste, qui pourtant aurait pu lui donner du travail, le fait fuir vers Rome. Il devint alors le médecin personnel du Cardinal Jules de Médicis (le futur pape Clement VII). Histoire de ne pas être pris en défaut si son protecteur venait à passer l’arme à gauche, il écrivit un traité, le De optima victus ratione, dans lequel il met en doute l’efficacité de la pharmacopée de son époque. (Finalement, il avait raison, la meilleure stratégie pour combattre la maladie restait la fuite !)

Après quoi, il écrivit quelques traités historiques tout à la gloire de son mentor, Clément VII, notamment une chronique des guerres d'Italie et d'Allemagne sur lesquelles il nous livre ses réflexions sous forme de dialogues fictifs entre Arioviste, chef des Suèves et César. (De Bello Germanico). Giovio se vantait d’avoir deux plumes pour les princes, l’une d’or et l’autre de fer, suivant qu’il en recevait ou non des faveurs. Au moins, il ne pratiquait pas la langue de bois !


Fig. 3 Jean de Médicis, depuis nommé pape Léon, pris pour devise un joug de bœuf pour signifier qu’il ne voulait pas être tyran de son pays. (Appréciez le paradoxe !)


Fig. 4 « Qui crépite annonce le silence ». Les conseillers tremblent de peur devant le marquis de Vast, comme lorsqu’on entend le son de cet instrument fait de petits marteaux qui remplacent les cloches et annoncent le saint jour des ténèbres. (Avant Pâques).


Giovio a plus d’une corde à son arc. Il aimait les peoples, et fréquenta ou entretint une correspondance avec les intellectuels, comme Léonard de Vinci, l’Arétin ou Pietro Bembo, mais aussi les puissants, François 1er, Charles Quint. Saviez-vous que c’est lui le véritable inventeur de Facebook ? En 1536 il se fit bâtir une villa à Borgo Vico, au bord du lac de Côme, probablement sur l’emplacement de l’antique villa de Pline le Jeune, qu’il appela le Musée, pour le seul plaisir de pouvoir y placer ses antiques, et tous les portraits des peoples, ses amis. Cette collection, « la plus célèbre d’entre toutes » lentement amassée avec le concours de son frère Benedetto, contenait plus de quatre cents portraits des figures marquantes de l’Histoire, véritable ancêtre de nos musées modernes. Ces tableaux, parmi lesquels figurait un portrait réputé authentique de Christophe Colomb (grande fierté de Giovio), étaient accompagnés de poèmes « éloges » notés sur des parchemins suspendus au cadre, rapportant brièvement la vie du personnage portraituré.

Une édition de cette galerie de portraits, intitulée « Le inscrittioni poste sotto le vere imagini de gli huomini famosi, le quali a Como nel museo del Giovio si veggiono » Torrentino 1552 était en vente au Grand Palais l’année dernière mais le marchand américain en demandait un prix prohibitif, donc vous ne les verrez pas !!

J’ai choisi pour illustrer l’œuvre de Giovio, son livre le plus … emblématique, un ensemble de harangues militaires d’éminents hommes de guerre de la Renaissance, arrangé autour du triptyque image – devise – commentaire, comme le veut le genre. La particularité de celui-ci réside dans le fait que la devise en latin est à chaque fois dans un bandeau intégré à la scène, et que l’image est toujours inscrite dans un ovale. (sans les encadrements d’arabesques, à la différence des éditions précédentes).

Fig. 5 Un Vaillant capitaine bourguignon, Monsieur de Gruer, Bailli de Dijon, amoureux d’une Dame rustique et rétive, laquelle avait encore un mari, fit représenter le mari en homme velu qui suivait un bœuf mené par sa femme toute aussi nue et chevelue ; avec la formule Menatemi e non temete.


Fig. 6 En ma jeunesse quand j’étais amoureux à Pavie, dit Giovio, je fus contraint par nécessité de prendre un parti dommageable, celui de l’animal qu’on appelle Castor et qui, sachant qu’il est poursuivi par les chasseurs à cause de ses génitoires qui ont grande vertu en médecine, se les arrache avec les dents, (Aîe !) et les laisse aux chasseurs avec un mot en grec, Anatki, qui veut dire nécessité.


Fig. 7 Une rondelle couronnée et transpercé d’une flèche pour le duc de Guise, signifiant qu’il est bon chevalier pour prendre et assaillir une ville et tuer ses ennemis à la campagne. ( ?)


D’abord publié au format in-12 sans illustration, à Rome en 1555, les dialogues ont été ensuite imprimés par Guillaume Rouille sous ce format en 1559, puis, joint aux emblèmes de Syméoni dans une version française en 1561 sous le titre: « Dialogue des devises d’armes et d’amours, avec un discours de M. Loys Dominique sur le mesme subjet, traduit de l’italien par le S. Vasquin Philieul. Auquel avons adjousté les Devises héroiques & morales du seigneur Gabriel Symeon ».

Cette édition de 1574 contient 102 emblèmes pour le Dialogo dell impressa et 35 pour les Deviso heroico. Les figures gravées sur bois, et le portrait de l’auteur sont dessinés par le Maître à la Capeline ; Baudrier préfère s’extasier sur les seuls encadrement, absents ici : "Les encadrements de ces vignettes sont d’une remarquable exécution et sont, à notre connaissance, une des premières œuvres de cet artiste." (Baudrier IX-255 & 277). Il faut espérer que le Maitre de la Capeline ne s’est pas contenté de réaliser les encadrements mais qu’il a aussi dessiné les emblèmes ! Benezit identifie le Maitre à la Capeline avec ''Thomas'' Maitre Peintre qui dirigea le travail des artistes pour l'Entrée de Charles IX à Lyon en 1564 (Dictionnaire critique, 1948, p. 222). Ce ''Thomas'' pourrait être Thomas Arande, artiste actif à Lyon de 1552 à 1561.

Fig. 8 Le duc de Come, qui avait le signe Capricorne commun avec Auguste déconfit ses ennemis florentins à la bataille de Mont Murlan, et il put dire : Je ferai par propre vertu ce que me promet mon horoscope. Sous ce Capricorne bondissant, une jolie vue de Florence, avec le Duomo de Brunelleschi et le pont sur l’Arno. Qui a repéré la boutique des Giunta ?


Pourquoi regroupa-t-on les devises de Giovio avec celles de Gariel Syméoni ? Je l’ignore. Ses devises n’ont rien de comparables à celles de Giovio, mais le style des vignettes est identique puisque c’est également le Maitre à la Capeline qui en serait l’auteur.

Symeoni est un humaniste florentin (1509-1575), ingénieur et poète à ses heures, Il voyagea un peu partout en Europe pour s’attirer les faveurs d’un Prince, mais de tempérament orgueilleux et inconstant, il ne parvint à se fixer nulle part.. Il nous laisse des vers et des petites monographies historiques. C’est lui qui le premier identifia le site de Gergovie dans la plaine de Limagne (dommage qu’il ne soit pas allé chercher Alésia … !). Un temps à Lyon, il fréquenta le cercle littéraire et érudit de Maurice Scève et de Guillaume Du Choul. (Cf Chatelain, Livres d’emblèmes et de devises, p. 106).

On sait par une mention figurant sur un manuscrit d'un livre d'emblèmes de Symeoni que le graveur de Guillaume Rouille, en l'occurrence le Maître à la Capeline, devait se rendre chez Du Choul pour y copier des représentations d'animaux. Les vignettes de ce livre nous donnent donc une idée d'un autre ouvrage perdu à ce jour, Des animaux féroces et estranges, qui semble avoir été conservé par la famille de l’imprimeur jusqu’au XVIIIe siècle.

Sur le fond, les devises de Syméoni sont des enseignements moraux plutôt convenus, qui tranchent avec l’image laissée par ce personnage turbulent, mais pas très inspiré.

Fig 9 Page de titre des emblèmes de Syméoni. Illustration de l’expression « avoir la tête dans les nuages ».


Fig. 10 La devise d’un vrai gentilhomme qui relève un pauvre tombé à terre, est Bis dat qui tempestive donat. Le bienfait est double à celui qui donne sans attendre de récompense.


Fig. 11 En revanche, on trouve souvent des personnes iniques et cruelles qui, nonobstant qu’on leur montre toute l’amitié du monde, sont sans pitié, comme la Mort qui ne laisse de tuer un homme qui lui crie merci.


Bonne Journée
Textor

40 commentaires:

Bertrand a dit…

Je peux partir une semaine en vacances tranquille, les lecteurs du Bibliomane moderne ont de la bonne et saine lecture !

B.

sandrine a dit…

Un pavé en bois... à lire petit peu par petit peu.
Merci pour ces saines lectures. S.

sandrine a dit…

Merci pour ce lien vers le grand palais et la bibliothèque de Doucet où l'on apprend.
S.

Textor a dit…

Partir une semaine en vacances !! ? mais il n'en est pas question ! :))
Merci Bertrand pour cette mise en ligne.
Textor

Pierre a dit…

Quand Textor nous parle de Paolo Giovio ou des livres d'emblème, on l'imagine marchant de long en large sur l'estrade d'un amphithéâtre bondé, traçant en passant quelques dessins à la craie sur un tableau surchargé sous l'œil attentif d'étudiants conquis. C'est un sbire en blouse grise qui vient avertir l'auditoire ; et le maître; que le cours étant terminé depuis ½ heure le confrère qui doit succéder demande poliment aux étudiants d'évacuer les bancs de l'hémicycle. Plus que la somme importante d'informations dont nous bénéficions, c'est l'atmosphère du XVIeme siècle rendue par ce billet qui nous plait. Félicitations ! (si Textor est vraiment professeur, il n'a aucun mérite, bien sûr…) Pierre

Textor a dit…

10 sur 10 pour le commentaire, élève Pierre!
Entre le qualificatif de "pavé" donné par Sandrine, et le cours qui s'éternise, je crois que je vais revoir le format de mes articles ! :)

T

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Bel exemplaire de cette édition rare.
Je pense qu'on a réuni les devises de Giovio et de Symeone parce qu'ils sont tous deux emblématistes.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Textor,

Avez-vous lu l'article de Anne Rolet, de l'Université de Nantes, "Aux sources de l'emblème : blasons et devises" (In Littérature, n° 145, mars 2007, p. 53-78) ? On y retrouve Giovio et son texte.

Anonyme a dit…

Bonjour,
Surtout pas Texttor... revoir le format de vos articles. Non ,NON,
C'est très bien comme ça. Un régaL :)
Bonne journée.
bien à vous.
Sandrine

Textor a dit…

Merci Jean Paul pour la référence. Je n’avais pas lu cet article. Mon problème c’est le manque de temps pour faire des recherches sérieuses dans les bibliothèques. . Il faudrait que je prenne une année sabbatique et que je la consacre tout entière à la bibliophilie, enfermé à la Médiathèque de Rennes !
Par exemple, ce Maitre à la Capeline m’a donné du fil à retordre. Peu d’information disponible.
C ’est curieux, d’ailleurs, comme les érudits du 19ème siècle semblent avoir négligés les graveurs lyonnais. (Avec quelques exceptions, bien sur, comme le petit Bernard ou Eskirsch). Si les artistes avaient laissé des monogrammes, tels Virgil Solis ou Urs Graf, par exemple, cela les auraient incités les chercheurs à approfondir le parcours de l’artiste sans doute.

Textor

Textor a dit…

Pierre, vous auriez pu dire : "d'étudiantes conquises " !!

A propos, vous qui avez étudié la vie des animaux, vous connaisssiez ce détail sur les castors ? ma culture en la matière s'arrêtant à Fréderic Rossif, j'ignorais tout de l'ingéniosité de ces petites bêtes.

T

Anonyme a dit…

L'histoire est déjà racontée par Esope, c'est le sujet de la fable 153. On la trouve dans Pline, livre VIII de l'Histoire naturelle (trad. aux Belles Lettres : "Les Castors du Pont se coupent également les parties génitales, quand le péril les presse ; car ils savent que c'est pour cela qu'on les poursuit : c'est le produit que les médecins appellent castoréum".
Et c'est vrai que le castor a été chassé, jusqu'à quasi disparition, pour la commercialisation du castoréum, lequel se trouve à la base de la queue, et non pas dans les génitoires.
La source directe de Giovio est sans doute Alciat, qui utilise le motif dès la première édition (pirate) de son manuscrit d'"emblemata". La traduction ultérieure (par Barthélémy Aneau) de la réédition lyonnaise chez Rouille dit joliment : "Ses médicaux coillons arrache et mord / Sachant pour eux estre cerché à mort".

Pour ce qui est des devises de Symeoni, Textor, j'avais retenu qu'il y avait eu une édition chez De Tournes, en 1557, à la suite des devises de Paradin, avec des dessins imités de l'original et dépourvus d'encadrement ? Il faudrait vérifier dans le répertoire des Adams, Rawles et Saunders, je ne l'ai pas sous la main.

Dryocolaptès

Anonyme a dit…

Ma mémoire me joue des tours, je confonds avec une édition chez Plantin, 1561, qui copie Rouillé avec la traduction de Vasquin Philieul.
Dryochose

Textor a dit…

Bonjour Dryoco ! Très utile le castoréum, à utiliser comme parfum, avant de sortir en boite le samedi soir !

Pour l’historique des éditions de Symeoni, il y a effectivement un « Symbola heroica » de Claude Paradin, qui est une traduction latine chez Plantin de 1567 d’un texte en français de 1563. (Anvers , Vve Stelsius)

Avant cela, on a en italien, Le Imprese heroiche et morali ritrovate, da M. Gabriello Symeoni,...In Lyone : G. Rovillio, 1559
Puis « Le sententiose imprese di monsignor Paolo Giovio et del signor Gabriel Symeoni, » réduit en rime par ledit Symeoni. Lyone : appresso Gulielmo Rouiglio, 1561 et 1562.

De 1562, une version espagnole, chez Rouille également.

Mon exemplaire de 1574 contient outre les emblèmes de Giovio et Syméoni, un long texte d’interprétation ( ragionamento) de Ludovic Domenichi , dont je n’ai pas parlé, qu’on trouve déjà imprimé dans une édition de Milan de 1559, chez G. A. de gli Antonii.

L’édition originale sans gravure du discours de Giovio était à Rome, A. Barre, 1555. In-24, 155 p. sous le titre « Dialogo dell' imprese militari et amorose di Monsignor. Paolo Giouio »

Textor

sandrine a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
sandrine a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
sandrine a dit…

http://books.google.fr/books?id=H6KnPq_8lfEC&lpg=PA49&dq=Paolo%20Giovio%20(Dialogues%20des%20devises%20d%E2%80%99armes%20et%20d%E2%80%99amours&pg=PA49#v=onepage&q&f=false

sandrine a dit…

http://books.google.fr/books?id=ZD4EAAAAYAAJ&dq=Paolo%20Giovio%20(Dialogues%20des%20devises%20d%E2%80%99armes%20et%20d%E2%80%99amours&pg=PP7#v=onepage&q&f=false

Voici un autre lien sur un essai typographique et bibliographique sur l'histoire de la gravure sur bois par firmain didot... quand même!

Prenez vos loupes:)

Bonne soirée

S.

Anonyme a dit…

http://books.google.fr/books?id=PC_l54gb8sAC&lpg=PP1&ots=o2fqevrLk0&dq=Adams%2C%20Rawles%20et%20Saunders&pg=PP1#v=onepage&q&f=false

Le Bibliophile Rhemus a dit…

ce n'est plus possible,
je pars à Groix.

Textor a dit…

Merci Sandrine, le premier extrait que vous nous présentez est fort intéressant.
Il est exact que Giovio cherchait à glorifier ses contemporains et parmi eux, principalement les chefs de guerre.
Un rapport avec les romans de chevalerie ? oui peut-être, de là à écrire qu’il y a un cousinage avec les épopées en ottova rima, j’ai beau chercher , je ne vois pas !
Textor

Textor a dit…

Cher Bibliophile Rhemus, je serais vous, je resterais devant votre écran, il y a de la tempête, de la grêle et des coups de tonnerre ici en Bretagne !! :))

Pierre a dit…

Le castoréum n'est pas, malheureusement pour les vétérinaires, spécifique du castor mais est développé chez beaucoup de carnivores (chien, chat, abeilles). Il sert théoriquement à marquer le territoire... Le liquide en question est produit par deux petites glandes (anales) situées de chaque côté de l'anus.

Si je dis "malheureusement pour les vétérinaires", c'est parce que ces glandes se vident lors de fortes émotions telles que la consultation en clinique. Il en résulte l'aspersion sur la blouse blanche du praticien d'un liquide noir et nauséabond qui relègue au rayon de la parfumerie de luxe, le pet le plus vengeur... Certains animaux, qui ont bien compris le pouvoir répulsif dudit produit, l'utilisent à l'exemple du putois comme arme de guerre redoutable !

Cette petite précision pour signifier qu'il est vraiment dommage de se couper les couilles quand les gens en veulent à votre anus...

C'était la minute "véto" du bon Docteur Pierre

Anonyme a dit…

Merci pour ces précisions.
:)
Sandrine

bertrand.bibliomane@gmail.com a dit…

Je vois que vous faites dans la tres haute erudition venteuse durant l'absence du maître...

Bertrand depuis son iPad dans son chalet sous la neige avec vision directe sur le Mont d'Or

calamar a dit…

est-ce que le vacherin est bon ?

Textor a dit…

Pierre, vos précisions scientifiques éclaire cet emblème !! Je remarque que même Sandrine est restée quasi muette devant vos explications !!

Etonnant la bibliophile, on passe des emblèmes les plus absconses aux couilles des castors avec tant de facilité !

Giovio s'est appliqué à lui-même la fable des castors, peut-être faut-il voir dans cette castration symbolique une illustration de sa charge d'évêque ... ?

T

sandrine a dit…

Hum, En ce qui concerne ces appendices dépassants, symbole de virilité, je n'ai rien à dire....
si ce n'est que cela me fait penser à une vieille blague.
j'ai eu la flemme de chercher des renseignements sur le Maitre à la Capeline... il faisait soleil dehors, à Tours.Exposition sur les ours.
Mais je suis assez d'accord avec la symbolique de la castration.
Et en allant chercher plus loin chez Freud et chez Jung, on peut en découvrir plus.... à condition de vouloir extrapoler au delà de ces magnifiques gravures.
Je sens que je vais encore me faire satelliser à Groix, ou à la mer, si je continue...;-°
Mais le coeur y est
Je vous lis, en n'en pensant pas moins. Surtout que Bibliophile Rhémus refuse de me vendre son livre sur Cazin.... j'ai bien reçu mon chéque barré...Pourquoi tant de haine?
Bien à vous;
Bonne soirée
Sandrine

sandrine a dit…

En cherchant, je n'ai trouvé que 6 ouvrages illustrés par le Maitre consultable à le BM de Lyon. 2 d'entre eux sont numérisés par Google, mais bon....
Je ne trouve rien sur ce graveur, dont le nom n'est même pas certifié comme étant Thomas Arende;
Même si le benezit l'identifie comme tel... les recherches des chercheurs (:) et étudiantes passant leur thèse restent prudentes. Alors que dire?
S.

sandrine a dit…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5788111h/f20.image.r=maitre+%C3%A0+la+capeline.langFR.swf

A partir de la page 27 et suivantes.

Je n'ai trouvé que cet interessant passage sur le contexte des graveurs à Lyon, assez généraliste, quand même, mais qui montre l'effervescence du milieu créatif, ne laissant pas forcément de nom, mais plutôt un style reconnaissable.
S.

Textor a dit…

Ecrit trop vite avant de prendre mon train, mon dernier commentaire est truffé de fautes d’orthographe. Désolé.

Sandrine, ce Maitre à la Capeline nous résiste ! J’avais passé aussi un peu de temps à chercher avant d’envoyer l’article à Bertrand pour compléter mes recherches sur ce graveur, mais rien de tangible : Je me demandais même pourquoi il avait été affublé de ce curieux sobriquet. L’attribution à Thomas Arende n’est pas convaincante.

Son trait est précis, il entrelace les bandeaux comme personne, et il a dû connaitre Florence pour en faire une description aussi précise. Un italien ?
Textor

Anonyme a dit…

Deux mots sur la devise attribuée au duc de Guise, histoire de meubler. Etre à la campagne, c'est être en campagne, au sens militaire du terme. La "rondelle" est un bouclier rond, le plus souvent en bois mais pas vraiment facile à percer d'un coup d'épée), dont on équipait l'infanterie encore au XVIe, puisque Henri Estienne se moque de la mode italianisante qui fait qu'on appelle ça une "rondache" dans le milieu des courtisans, pour être à la page. Furetière dit qu'à Paris il y avait une rue de la Rondelle où l'on fabriquait et vendait de ces boucliers, et que lorsque l'objet n'a plus été utilisé et que le mot a perdu le lien avec son origine, on est passé de la rondelle à l'hirondelle : la rue de l'Hirondelle.
Textor, j'ai retrouvé mon édition des devises de Symeoni par Plantin, 1561, à la suite des devises de Paradin. La devise à la rondelle y figure aussi, c'est la dixième de son recueil. Symeoni fait comme si c'était lui qui créait cette devise, tout en empruntant le texte de Giovio (du moins dans la traduction de Philieul) : "Ayant souvenance de la hardiesse et sagesse de Monsieur le Duc de Guise, j'ay fait pourtraire une rondelle Couronnée, et percée d'une espée, avec ces paroles etc. Un peu gonflé, non ?
Dryocolaptès

Textor a dit…

Dryocolaptes, impones plagiario pudorem !!
Entre Giovio qui pompe dans Pline sans vergogne et Symeoni qui s’attribue du Giovio, la notion d’idée originale ne devait pas avoir cours au XVIème siècle !
La rondelle, L’arondelle, l’hirondelle, j’ignorais l’origine du nom de cette rue.
Moi pour le duc de Guise j’aurais plutôt vu un bec de gaz ! ;)

T

sandrine a dit…

Bonjour à vous,
Arend, sans e, est d'origine belge, hollandaise, donc plutôt du nord de l'Europe; c'est une simple idée... peut être fumeuse,%-?) que rien ne vient étayer, si ce n'est la descendance en belgique de sculpteurs et graveurs belges, qui auront eu vent de cet ancétre aujourd'hui... tout aussi fumeux comme hypothèse, mais bon...
Entre le gaz et la fumée... Une étincelle de différence...
Ils se recopiaient tous entre eux, si je comprends bien. Le succés des uns allant faire la trésorerie des autres, entre hommes lettrés certes, mais de commerce aussi?
Bonne journée,
Bien à vous.
Sandrine

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Textor,

C'est l'érudit lyonnais STEYERT qui a nommé ce maître "à la capeline" à cause de son habitude de vêtir ses personnages de petites capes.
C'est CARTIER qui l'identifie à Thomas ARANDE peintre LYONNAIS, qui a d'ailleurs peu produit.

Textor a dit…

Merci Jean Paul.
D'ailleurs nous avons une illustration de cette capeline sur la photo n°9.

Bon, je crois que nous allons nous en tenir là pour cette fois, et attendre que des rechercheurs fouillent plus avant les archives pour percer l'anonymat du graveur à la capeline.

Bonne journée dans les iles
Textor

Anonyme a dit…

C'est un livre D'estelle leutrat sur l'histoire de la gravure ou Arende est orthographié avec un E.
Parlant bien du maitre à la Capeline.
Mes liens qui fonctionnaient hier, ne fonctionnent plus. J'en suis desolée. Si quelqu'un peut m'indiquer la raison de se disfonctionnement d'une journée à l'autre. je citerai plus volontiers titre et auteur désormais, plutôt que des liens qui en veulent rien dire.

Merci.
S.

Textor a dit…

Pas de souci, Sandrine.
Et merci de consacrer une partie de votre temps à ces recherches.
Je trouve toujours sympathique qu'une poignée de passionnés s'entraident et fassent des recherches pour des livres qu'ils n'ont même pas en main.

sandrine a dit…

C'est réciproque et trés agréable de se voir associer à des recherches sur ces livres qui me font rêver.
J'admets volontiers être digressive et n'apporter qu'une petite pierre;à toujours penser que le contexte large, très large, en pleine mer des fois...;-)), et les compétences de chacun pouvaient édifier un savoir commun et résoudre certaines énigmes ou imprécisions qui restent; tout en étant consciente des limites de recherches par écrans et numérisations interposés, avec cette grande responsabilité que peuvent avoir les acteurs de la numérisation et de leurs choix...
Ce qui ne remet en rien pour moi, les compétences des rechercheurs, pour qui j'ai grand respect, qui consacrent beaucoup plus de temps, légitimant, peut être un cran au dessus des miennes... mais bon...Une intuition bien placée fait aussi avancer, parfois, plus le schmilblik que des recherches qui pâtinent, ou qui n'interessent pas beaucoup; Quéte de l'impossible pour passeurs de mémoire fou-berzingues à l'heure de la conso... ça en jette sur la carte de visite, quand même!
Merci Textor;
bien à vous;
Sandrine

Anonyme a dit…

Je vous conseille à tous d'ecouter la musique sur la revue d'eric poindron A la dérive;
Un pur moment d'elevation et de liberté, en route vers des rivages ensoleillées...
Il faut descendre en bas de page, faire son choix musical, et lire en haut, prendre les escaliers qui tournent les pages, et monter.

Slip Into Something More Comfortable - Kinobe www.deezer.com


Desormais la decouverte des livres à armoiries et la lecture des commentaires n'a plus la même dimension...

S.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...