jeudi 24 février 2011

Le saviez-vous ? Le cyclone du 10 septembre 1896 dévaste les boîtes des bouquinistes des quais de la Seine à Paris.


Dessin reproduit en héliogravure dans le journal l'Illustration de septembre 1896.
Les boîtes des bouquinistes du quai des Grands Augustins jetées sur le pavé au milieu des arbres déracinés.



Lecture de hasard hier soir. Le saviez-vous ? Le cyclone du 10 septembre 1896 dévaste les boîtes des bouquinistes des quais de la Seine à Paris. A vrai dire, selon les sources journalistiques consultées (La Nature, du 10 octobre 1896 notamment), il s'agissait à vrai dire plutôt de ce que les météorologues appellent une trombe. Mais lisez plutôt :

"Un cyclone, tel qu'on n'en a jamais vu de semblable à Paris, dépassant de beaucoup en violence le dernier ouragan, a dévasté plusieurs quartiers de la ville dans la journée du jeudi 10 septembre. Il a duré une minute à peine ; mais cela a suffi pour qu'on eût à regretter des pertes énormes, qui, malheureusement, ne sont pas seulement des pertes matérielles. Rien ne peut donner une idée de la brusquerie, de la violence et de l'étrangeté de cette tourmente. Il était 2h48 de l'après-midi, quand le cyclone s'est abattu sur le VIe arrondissement, place Saint-Sulpice, et, en moins d'une minute, il a parcouru, les VIe, Ier, IIIe et Xe arrondissements. Chose vraiment surprenante ! la tourmente n'a pas ravagé tout sur son parcours depuis la place Saint-Sulpice jusqu'à la Villette. Ce n'est qu'en certains points qu'elle a pour ainsi dire touché terre, et le journal Le Temps compare sa marche à celle d'une balle élastique, qui, lancée à terre sous un certain angle, irait son chemin en rebondissant cinq ou six fois avant de s'arrêter. Les points où le cyclone a produit ses ravages les plus considérables sont : la place Saint-Sulpice, le quait des Grands Augustins et le Pont Neuf, la place du Châtelet et le square de la Tour Saint-Jacques, le quartier Saint-Martin, le square du Temple, le boulevard Magenta et enfin le boulevard de la Villette. Sur tous ces points, tout a été saccagé : toitures enlevées, omnibus et voitures renversés, kiosques soulevés et emportés au loin, étalages dispersés et retombant en pluie sur les passants affolés, le spectacle était vraiment terrifiant. Tous les arbres des squares et des boulevards ravagés ont été détruits ; des arbres de 50 centimètres de diamètre ont été coupés ou déracinés. On a eu malheureusement à déplorer beaucoup d'accidents de personnes. Le nombre de victimes s'élève à une centaine, dont cinq sont morts et beaucoup grièvement blessés." (extrait de la Revue horticole du 16 septembre 1896, p. 18).

Certains articles, notamment celui du journal l'Illustration, de septembre 1896, donnent une idée du désastre pour les bouquinistes des quais, notamment pour ceux du quai des Grands Augustins. On imagine les boîtes des bouquinistes soulevées des parapets comme fétu de paille ! envolées, brisées, éparpillées aux affres de la tempête, les livres jetés à terre ou dans la Seine. On trouve dans l'Illustration le seul dessin que je connaisse des boîtes des bouquinistes jetées sur le pavé (voir ci-dessus). Quel malheur pour des milliers de livres ainsi détruits à jamais ! La nature est sans conteste notre maître à tous !

Le 10 septembre 1896, Octave Uzanne était quelques pas de là, au 17, quai Voltaire. Peut-être était-il en ballade sur les quais près du Pont Neuf et de St-Michel ce jour là ? Peut-être n'a-t-il rien vu ? Ce qui est certain c'est qu'il n'a pu ignorer ce phénomène météorologique qui jeta sur la chaussée des milliers de livres... Peut-être un jour en saurons-nous plus sur cet évènement et son vécu par les bibliophiles parisiens de l'époque ?...

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

2 commentaires:

sandrine a dit…

Bien le bonjour chez vous.
Connaissez vous ce lien sur l'histoire des bouquinistes?
http://www.bouquinistedeparis.com/bouquinistes.php?PHPSESSID=1e0effd4f9ce0127eebfcb2db2e18545
Bien à vous, en espérant qu'ils puissent, surement, vous proposez d'autres documents sur ce passé venteux.
Sandrine

Pierre a dit…

Un cyclone? Un ouragan ? Il a duré une minute à peine... Les journalistes pour accrocher le lecteur, à cette époque, étaient près à toutes les approximations ! On voit même sur la gravure une roue (elle était cerclée de fer sur les calèches) cassée par la tornade !

1000 livres détruits selon la police ; 1.000.000 selon les bouquinistes. Pierre ;-))

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