mardi 7 juillet 2009

La vie quotidienne dans un atelier d’imprimeur à travers les marques de Josse Bade.


Aujourd’hui, je vous propose un petit tour dans un atelier d’imprimeur au début du XVIème siècle, chez Josse Bade exactement, au « Praelium Ascensianum », comme il appelait son officine. C’est l’occasion d’admirer ses différentes marques (Et pour la fille de Bertrand de jouer au jeu des 7 différences !).

Josse Bade est né en 1462 à Gand. Il commença ses études chez les Jérômites de Gand, puis les poursuivra à Ferrare chez Battista Guarino, avant de suivre à Mantoue les cours de Philippe Béroalde, dont il éditera à plusieurs reprises les œuvres.

De retour d'Italie, il enseignera quelque temps les lettres à Valence, pour s'installer ensuite, à trente ans environ (1492), chez l'éditeur Trechsel, à Lyon, dont il épouse la fille.

A la mort de Trechsel, en 1498, il s'installa à Paris chez Jean Petit, maison spécialisée dans l'édition des classiques, puis, en 1503, Josse Bade fonde sa propre imprimerie, qui fonctionnera jusqu'à sa mort, en 1535.

Il eut plusieurs adresses à Paris : Au Mont Saint-Hilaire. Près du collège des Lombards. Près du collège des Italiens. Rue Saint-Jacques (au-dessus de Saint-Benoît, près de la maison du Gril, (emprès la Fleur de lis). Et aussi plusieurs enseignes: Aux Lionceaux d'or. Au Miroir, Aux Trois Brochets….

Cette suite de pages de titres n’a rien d’exhaustive, puisque provenant toutes de ma bibliothèque et vous pourrez toujours la compléter comme pour les marques des Angelier.

Fig 1 - Beroalde, 1503.

On commence par 1503 et l’arrivée à Paris (Fig 1) avec le Carmen Lugubre de Philippe Béroalde et les commentaires de Bade lui-même. (A ne pas confondre avec Beroalde de Verville). Ici, pas de marque, une simple adresse, l’enseigne des Lionceaux d’or. Comme quoi, il aurait pu tout aussi bien adopter le lions comme symbole, je ne sais pas pourquoi il a opté pour la représentation d’un atelier d’imprimeur, ni qui est l’auteur des gravures, à vous de me le dire !

1517 – La première marque dont je dispose, au cadre serré. Un le typographe choisit ses types en suivant le texte avec une réglette. Un aide tient 2 tampons à encrer. Remarquez le gros bras qui tourne la presse, il va sans doute voir son salaire augmenter entre 1517 et 1535 car son habit sera de plus en plus riche ! On la retrouve sur l’Horace et le Dun Scott (1519 (Fig 2 à 4).

Fig 2 - Paul Emile, 1517.


Fig 3 - Dun Scott, 1519.


Fig 4 - Horace, 1519.

Imprimeur, auteur et éditeur, Josse Bade multiplie les relations avec les savants et les humanistes : Lefebvre d'Etaples, Budé, Erasme, Beatus Rhenanus et Toussaint, pour ne citer que quelques noms. Il publiera, souvent avec commentaires, la plupart des grands classiques : Horace, Cicéron, Salluste, Juvénal, Perse, Lucain, Théocrite et Virgile, mais aussi les oeuvres des grands humanistes italiens, Philelphe, Valla ; et même des auteurs chrétiens de l'Antiquité comme Lactance et Juvencus.

En 1520, nouvelle marque, le dessin de la presse est plus précis et les instruments de l’imprimeur sont suspendu dans son atelier.. Ainsi dans ce Guillaume Budé de 1526, on voit que la page de titre s’est épurée. Il n’y a plus ces encadrements un peu lourds que l’on trouvait chez beaucoup d’imprimeurs parisiens. (Fig 5 et 6)

Fig 5 - Plutarque, 1526.


Fig 6 - Bude, 1528.

Enfin, 1535, dernière marque, sur un Cicéron commenté pour la première fois par Jacques Louis Stébée. Est-ce parce que le vieux Josse Bade ne vient plus très souvent dans son atelier mais on constate un certain relâchement : le tampon encreur traine à terre, le typographe a l’air peu concentré sur son ouvrage et d’avantage intéressé par la minette qui passe dans la rue…(Fig 7)

Fig 7 - Cicéron, 1535.

Après toutes ces considérations culturelles, c’est à vous maintenant de commenter !

Bonne journée,
Textor

J'ajoute les deux marques actuellement sur mes rayons. (Fig 8 et 9).

N'oubliez pas de cliquer sur les photos pour les agrandir.

N'hésitez pas à m'envoyer vos marques de Josse Bade à bertrand.bibliomane@gmail.com

Bonne journée,
Bertrand

Fig 8 - Hegesippe (Flavius Josephe), 1510.


Fig 9 - Savonarole, 1524.

J'ajoute deux autres marques pour deux autres éditions de Josse Bade, d'un livre que j'ai eu en mains... mais que je n'ai plus.

Fig 10

OPERA THO||mae a Campis cognomèto Malleoli, viri pientiffi||mi & religiofiffimi fub Canone diui patris Augu||ftini, aucta & diligentius recognita, fuaq. Ferie re||posita vt in huius patebit tergo : || [Marque de Badius n°2]|| Vaenundantur Iodoco Badio Ascenfio. (Paris, Josse Badius, 13 juin 1523). in-folio.


Fig 11

CANTICA CAN||ticorum cum duobus Comentariis plane egregiis, altero venerabilis patris. F.Thome Cistertien. Mona||chi :altero loge reuerendi Cardinalis M. Ioanis Halgrini ab abbatifuilla.||[Marque de Badius n°2]|| Venundantur Iodoco Badio Afcenfio. (Paris, Josse Badius, 5 février 1521). in-folio.

à suivre...

2 commentaires:

Textor a dit…

Merci Bertrand pour cette belle mise en ligne/ mise en scène des marques de Josse Bade. Pour être plus précis quant à la taille des marques, car les photos pourraient faire croire que les bois sont de dimensions différentes, je crois qu'il faut préciser que les fig 6 et 7 sont des in-4 ( comme les fig 8 et 9, sans doute ?) tandis que les fig 2 à 5 sont des in folio.

Bertrand a dit…

Je viens d'ajouter 2 nouveaux titres de Bade avec sa marque pour 1521 et 1523.

B.

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