samedi 26 juin 2010

Le Bibliomane moderne s'interroge : Pourquoi la plupart des bibliophiles dédaignent-ils les éditions pré-originales ?



Page de titre du premier volume d'une édition donnée par Brockhaus & Avenarius à Leipzig en 1845-1846 (6 volumes in-12).
L'édition originale de la Dame de Monsoreau ne sera publiée en France au format in-8 qu'en 1846 par Pétion (8 volumes in-8).



Le Bibliomane moderne s'interroge : Pourquoi la plupart des bibliophiles dédaignent-ils les éditions pré-originales ?

Bon samedi,
Bertrand

6 commentaires:

Lauverjat a dit…

La tradition? La méfiance? L'interdit? La peur du faux?
En tous cas pas beaucoup de commentaires...
soit le dédain est total, soit le lecteur du Bibliomane moderne ne l'est pas et reste un bibliophile d'anciens!

Lauverjat

Bertrand a dit…

Merci Lauverjat ! Il y en a au moins un que cela interpelle !

Je mens à vrai dire puisqu'un lecteur belge du Bibliomane moderne m'a envoyé ce message :

"Bonsoir, je n'arrive pas à vous envoyer de commentaire sur votre question relative aux pré-originales. La réponse est simple. Il manque un mot à votre question : ... bibliophiles Français... Je puis vous assurer que pour les Belges, les pré-originales sont au moins aussi importantes que ce que vous appelez "originales". Ce chauvinisme français nous fait plutôt sourire."

P.

Merci à vous.

PS : le Bibliomane moderne est bibliomane, bibliophile, généalogiste, mari, père, curieux, facebooker, bon fêtard, admirateur de la nature, photographe amateur, ami des arts et des lettres, érotomane, philogyne, misanthrope aussi parfois, un peu tout ça... et ça fait déjà beaucoup !

B.

Textor a dit…

C'est quoi au juste une édition pré-originale ?

je pensais qu'il s'agissait uniquement de ces romans qui paraissaient en feuilletons dans les canards de l'époque.
Sinon quelle différence avec l'E.O. ?

Voltaire lui combattait vigoureusement toutes les éditions pré-origniales sur lesquelles il n'avait pas mis son imprematur, mais il appelait cela une contrefaçon...

T

Bertrand a dit…

Si l'on devait s'en remettre au bon dieu plutôt qu'à ses seins, on devrait lire la définition donnée dans le lexique publié sur le site du Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne (SLAM), qui est :

Tiré à part
Impression séparée, à tirage restreint, d’un texte paru dans une revue ou un recueil collectif. Il constitue souvent la véritable édition originale (dite « pré-originale ») d’un texte.

Pour ma part, je n'aurais pas expliqué la "pré-originale" ainsi.

Je me réfèrerai donc à Fernand Vanderem, celui-là même par qui le scandale est arrivé.

Pour moi une pré-originale est la première fois qu'un texte parait en volume en librairie sous son titre d'un livre déjà publié dans la presse. La publication peut être française, belge, etc. Une pré-originale peut aussi être une publication dans une revue avant la parution en volume.

Pour prendre un exemple, la pré-originale des Fleurs du mal de Baudelaire a paru en 1855 dans la revue des deux mondes. Dumas, Blazac, Sand, Hugo ont tous ou presque été publiés en volume en belgique ou en Allemagne (voir Brockhaus par exemple) avant même la publication en volume en France. C'est à dire que les volumes publiés à l'étranger étaient publiés sur les parutions en revue (feuilletons) et précédaient souvent de plusieurs mois la publication "officielle" française.

Exemplaire cette édition de la Dame de Monsoreau publié dès 1845 par Brockhaus et Avenarius à Leipzig.

La question du dédain des bibliophiles est intéressante.

Mode ? starification des EO véritables ou présentées comme telles ? Ignorance de l'histoire d'une édition ?

B.

Anonyme a dit…

Une question de mode, certainement, avec en plus un petit coté pratique. Qui aujourd'hui s'amuse à collectionner la revue des deux mondes? Un peu encombrant, non?

Cela me fait penser que j'en ai croisé toute une collection hier au Rastro de Madrid et que par paresse je n'ai pas daigné les regarder. On ne m'y reprendra pas!

Saludos, Sylvain

Bertrand a dit…

Un cas pratique :

SAND (George).
Les Sept cordes de la lyre.
- Bruxelles / Leipzig, Meline, Cans et Compagnie, 1839. In-16 (152 x 93 mm) de 1 f. bl., 2 ff., 247 pp. et 1 f. bl. Demi-veau fauve de l'époque, dos lisse orné de doubles filets verticaux dorés, filets dorés, fleurons et roulettes dorés, semis de pointillés et d'étoiles dorés, titre doré, toutes tranches rouges. Edition originale belge, parue un an avant l'édition française. Elégante reliure de l'époque. Monté en tête, billet autographe signé de George Sand, en rapport avec l'oeuvre. Un luthier emporté dans un amour démesuré pour la lyre qu'il venait de confectionner fut puni à vivre enfermé dans l'instrument jusqu'à ce qu'une main vierge de tout pêché ne vienne l'en délivrer. Réponse féminine exaltée au Faust de Goethe à l'atmosphère ''hoffmanienne'' - clairement revendiquée par son auteur - cette oeuvre relève par conséquent davantage de l?épopée philosophique que du récit romanesque. Sand la composa alors qu'elle venait d'interrompre la rédaction de Spiridon, expliquant de fait la parenté des idées que véhiculent chacun de ces textes. Jugé par trop mystique, l'éditeur de Sand - Buloz - n'avait pas cru bon retenir ce texte en vue de sa publication. (Il sera d'ailleurs édité chez Félix Bonnaire, en 1840). Inspiré d'un texte de Pierre-Simon Ballanche intitulé Orphée, Les Sept cordes [.] s'apparente également au Psaltérion à dix cordes de Joachim de Flore.En effet, on y retrouve cette même atmosphère d'Apocalypse. Aussi, Les Sept cordes de la Lyre manifeste-t-elle une tension chez l'auteur, entre abstraction nécessaire à l'exposition de débats d'idées et cheminements intelle....

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