jeudi 27 octobre 2011

Fiche de libraire : Le Tombeau de Marguerite de Navarre (1551) en maroquin doublé de Capé. Le livre dont on ne saura jamais le prix ...


Doublure de la reliure de Capé décrite au catalogue du libraire


Bon ! Le curiosa c'est bien, mais je ne voudrais pas lasser ... d'autant que j'ai une très bonne nouvelle à vous annoncer, le Vicomte Kouyakov est de retour et vient de m'envoyer son dernier billet fraîchement et abondamment illustré ... billet qui j'en suis certain plaira aux lecteurs et lectrices de tous poils, mais chut ! ...

Donc, plus sérieux ce soir, une fiche de libraire. Montaigne c'est bien aussi (comme les curiosa hein) mais il faut varier les plaisirs bibliopolesques, donc je vous propose de nous pencher ce soir sur un livre non moins prestigieux : Le Tombeau de Marguerite de Navarre. (1551).

D'ici je vois le Textor frétiller .. .. ..... (je n'ose terminer ma phrase tant elle semblerait déplacée en ces temps d'hôtels de luxe plus célèbres pour leurs festivités pour VIP que pour le menu du jour ou le luxe de la literie... tout fout l'camp !) ...

Ronsard ! 1551 ! Maroquin ! ... Ne manque plus que des marges immenses et une belle reliure de l'époque pour que l'attaque apoplectique ne survienne sans crier gare (de l'Est évidemment) !

Bref, voici donc une notice de libraire, sélectionnée de haute lutte et en plein travail (il faut dire que les catalogues de cette librairie se trouvent sur l'étagère du haut du meuble situé juste derrière ... enfin vous voyez ...)

Donc, la voici.

RONSARD, Pierre de. Le Tombeau de Marguerite de Navarre. Faict premièrement en Distiques Latins par les trois soeurs Princesses en Angleterre... Avecques plusieurs Odes, Hymnes, Cantiques, Epitaphes, sur le même subject.

Paris, M. Fézandat, R. Grandjon et V. Sertenas, 1551. In-8 de 144 feuillets non chiffrés. Reliure de maroquin vert doublé de maroquin rouge richement décoré (reliure signée de Capé exécutée au milieu du XIXe siècle).

Raté donc pour la reliure d'époque ! Textor passe son chemin ...

L'exemplaire avait pourtant de quoi faire frétiller. Exemplaire en parfait état (ce qui signifie à l'époque exemplaire probablement lavé et réencollé, laminé, étiré, ... bref, rajeuni et lifté ... mais si c'est bien fait .... pourquoi pas). Le catalogue ce cette librairie parisienne montre la doublure de la reliure uniquement (très jolie).

Je vous laisse lire plus en détails la notice fort bien rédigée par le libraire. Ce livre a été catalogué avant 2002 ... mais nous n'en saurons jamais le prix ... même en francs, car il a été mentionné "vendu" au catalogue.

Cliquez sur l'image pour agrandir et lire le texte


Une belle pièce assurément. Fort coûteuse ou pas ?. Mais comme tout est relatif ... sans doute moins cher qu'une dette grecque à demie effacée ... à voir.

A titre de comparaison et pour étoffer ce billet un peu léger, voici la fiche d'un exemplaire vendu aux enchères en mars 2003 (source auction.fr). Même édition (erreur dans la pagination donnée vraisemblablement). Maroquin doublé de Trautz-Bauzonnet.

Exemplaire Piasa, Paris, 2003

Lire la fiche ci-dessous :

TOMBEAU DE MARGUERITE DE VALOIS ROYNE DE NAVARRE (LE). Faict premierement en disticques latins par les trois sœurs princesses en Angleterre. Paris, Michel Fezandat et Robert Granjon, 1551 ; in-8 de [104] ff., reliure janséniste du Second Empire maroquin bleu nuit, dos à nerfs, dentelle intérieure dorée avec fleurs de lis aux angles, doublures de même maroquin orné d'une large dentelle dorée, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet).

Édition originale de ce rare et curieux "tumulus", composé à la mort de Marguerite de Valois. Le titre porte la marque "à la vipère" utilisée par l'imprimeur Michel Fezandat pendant son association avec Robert Granjon ; au verso se trouve le portrait de Marguerite de Valois, âgée de 52 ans, gravé sur bois. Le recueil se compose des vers des princesses Anne, Marguerite et Jeanne de Seymour, suivis de leurs traductions grecque, italienne et de deux traductions françaises par J.P. de Mesme, Joachim du Bellay, Antoinette de Loynes et Jean-Antoine de Baïf. Ces mêmes auteurs, ainsi que Ronsard, Scévole de Sainte-Marthe, etc., ont composé des poèmes personnels pour cette œuvre publiée par Nicolas Denisot, dit comte d'Alsinois. Cette édition contient plusieurs distiques changés dans la seconde.

Très bel exemplaire dans une reliure doublée et dorée à petits fers signée de Trautz-Bauzonnet.

De la bibliothèque du baron de La Roche-Lacarelle, l'un des plus pres- tigieux bibliophiles du XIXe siècle (cat., Paris, 1888, n° 188), avec ex-libris.

estimé 2 000/3 000 € - adjugé 5.000 euros

Vente Piasa Paris du 12 mars 2003, lot n° 132.


Pas si cher que cela en fait !

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

8 commentaires:

Textor a dit…

Ce Capé tout de même, quel relieur! Avez-vous l'élégance des entrelacs ? Il avait compris le XVIème siècle comme s'il y vivait.

Pour la valeur, je dirais 20 000 euros. Encore que les prix des 16ème font parfois plus le yoyo que le titre de la Société Générale. Tenez, prenez Marc Antoine Buttet, vente Blanc, déc 2010, le Cavalier de Savoie part à 600 euros, moins d'un an après la même édition, lavée-peignée,fait 2500. Ya t(il une logique, à part peut-être la provenance.

Textor

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Oui, Textor : le prix peut passer de 1 à 10, voire plus, quand s'y ajoute la passion d'un amateur pour un autre amateur.

Pierre a dit…

Une pareille reliure de Capé ferait oublier l'ouvrage qu'il recouvre... Pour le prix, quel est l’élément qui donne sa valeur à l'ouvrage ? Le texte ou la reliure ? Le deuxième évidemment. Pierre

Bertrand a dit…

C'est tout simplement un couple gagnant Pierre. Une telle reliure sur un textor sans intérêt ou jugé comme tel ne dépassera malgré tout guère les 500 à 1.000 euros en salle des ventes comme en librairie. Le texte seul de cette édition de 1551 même dérelié se négociera je pense malgré tout, s'il est complet, plus de 1.000 voire 2.000 euros. Alors le texte est supérieur en valeur à la reliure. Seulement dans le cas présent c'est le couple livre-reliure qui permet de vendre. Combien ? On en sait rien. Si l'exemplaire relié en maroquin doublé a été vendu 5.000 euros sans les frais en 2003 alors on peut imaginer un prix entre 7.500 et 15.000 euros pour celui-ci, mais c'est pur spéculation.

B.

Bertrand a dit…

Quel lapsus !!! "Une telle reliure sur un textor sans intérêt ou jugé comme tel" ...

Je vous laisse me psychanalyser en coulisse... (sourire)

PS : je vous préviens, y'a du boulot ;-))

B.

Textor a dit…

Vous savez ce qui vous dit le Textor sans intérêt et tout dérelié !! :))

calamar a dit…

ça n'existe pas, un Textor sans intèrêt ! (sans flagornerie aucune, bien sûr).

Textor a dit…

D’un tombeau à l’autre (j’ai lu l’émouvant message de Mme Cumer et suis passé à celui-ci), je me demandais si vous aviez des références de prix de vente pour cet édition contenant plusieurs centaines de vers originaux de Ronsard et des pièces d’autres auteurs de la Pléiade. (Pas celles de la vente d’hier, bien sur, qu’il est facile de trouver).

A la vente de la bibliothèque Richomme en oct 2009, l’exemplaire est resté invendu. Et celui que vous présentez est déjà vendu ! Difficile d’avoir une idée de la cote réelle.
Textor

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