samedi 29 mai 2010

Iconographie moliéresque (Oeuvres, 1718, Compagnie des libraires, 8 volumes in-12). Suite de 32 figures.




Pour faire suite au billet précédent qui nous présentait la nouvelle édition dans la Bibliothèque de la Pléiade des Œuvres complètes de Molière, le Bibliomane moderne vous offre ce soir la suite complète des 32 figures de l'édition en 8 volumes publiés par la Compagnie des libraires en 1718.

Pour faire vite, disons que cette édition de 1718 est la reproduction de l'édition de 1710, également en 8 volumes. Concernant le texte, c'est celui de l'édition de 1682 augmentée de la vie de Molière par Grimarest. Les éditeurs des éditions de 1710 et 1718 ont ajouté de nombreuses pièces accessoires. Pour l'édition de 1710, la Compagnie des libraires qui se sont partagés les frais et les exemplaires sont : Michel David, Guignard, Aubouyn, Cavelier, Charpentier, Osmont, Ribou, Clousier et Trabouillet. Il semble que les associés de l'édition de 1718, huit années plus tard, soient encore les mêmes (l'extrait du privilège est celui de l'édition de 1710 et donne les mêmes noms). Une particularité amusante et intéressante à noter, des trois ou quatre exemplaires de cette édition de 1718 et de celle de 1710 que j'ai eu en mains, j'ai pu noter qu'à chaque fois le premier volume contient une page de titre au nom d'un libraire (dans l'exemplaire d'où sont extraites les gravures ci-dessous c'est le nom de Michel Clousier) tandis que tous les autres volumes portent "Par la Compagnie des libraires". Cette habitude de mettre une page de titre au nom d'un des libraires de la Compagnie en tête du premier volume devait permettre aux libraires de se partager un nombre fixé d'exemplaires une fois l'impression achevée. Peut-être même que chaque libraire récupérait ses exemplaires "en feuilles" et que chaque libraire faisait alors relier ses exemplaires à son goût pour sa clientèle.

Voici donc pour votre plaisir, l'intégralité de la suite de 32 figures de l'édition de 1718. Les estampes, bien tirées, ont été refaites sur l'édition de 1710, toujours à l'imitation des figures de l'édition de 1682. Comme le signale la Bibliographie Moliéresque de Paul Lacroix et d'autres sources, ces figures montrent des habits, des ajustements, la plupart à la mode suivie par les acteurs de ce temps de la Régence. C'est d'ailleurs toute la particularité de cette édition assez jolie. Il y a un portrait de Molière d'après Mignard gravé par Audran et 31 figures hors texte non signées (d'après les figures dessinées par Brissart pour l'édition de 1682).



Pour plus de commodité, j'ai placé ces photographies des figures dans un album Picasa facilement consultable. J'en ai choisi deux pour illustrer ce billet "dans le texte" : L'imposteur ou le Tartuffe, image symbolique du théâtre de Molière, et aussi parce que le monde en est plein. Le Bourgeois gentilhomme ensuite car là encore, le monde en est plein, et des Mamamouchis naissent chaque jour et s'entretiennent de leur propre ego. Prions pour eux ! Amen.


Bonne nuit,
Bertrand

14 commentaires:

Textor a dit…

Merci Bertrand pour cette jolie suite de gravures, dont le style fait plus milieu du 17ème s. que Régence.
Molière, on est fan ! à un point qu'on est même prêt à le lire dans la Pléiade ! :)
T

Bertrand a dit…

Je ne consulte les éditions de la Bibliothèque de la Pléiade que pour les notes intéressantes et la bibliographie qu'elle peut apporter.

Pour le reste, le papier bible, la reliure industrielle Babouot, tout ceci ne répond guère à mes envies de bibliophiles.

Et pour répondre à Calamar qui s'interroge sur un autre média : oui, bien sur, on peut acheter partout ailleurs. C'est pour cela que j'ai judicieusement placé un "notamment" dans mon billet.

Compromission en bibliophilie ne rime que bien rarement avec autre chose qu'égarement. Cas pratique. Volumes de la Pléiade offerts. Âme au diable et sucettes en plastique...

B.

calamar a dit…

je n'ai rien contre les achats sur les grands sites marchands, je les pratique, bien sûr. Mais le soutien aux librairies classiques est une cause d'intérêt général ! Merci d'avoir précisé ce que rapporte ce genre de publi-reportage. Et j'aimerais bien avoir ce genre d'éditions (celle de 1718, pas la Pléiade) mais je crois qu'elle n'est pas tout à fait au même prix... enfin ne désespérons pas, et admirons les gravures sur l'ordinateur, en attendant de pouvoir le faire sur papier ! ce qui ne devrait pas tarder, la fête des pères est pour bientôt.

Bertrand a dit…

Vous n'aurez pas à patienter très longtemps en effet...

B.

calamar a dit…

(on peut rêver sur les choix et les possibilités financières de ses enfants ! du moins quelques jours. mais les colliers de nouilles, c'est pas mal, finalement.)

Textor a dit…

"Ah! il n'y a plus d'enfants."
[Le Malade imaginaire (1673), II, 8, Argan.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Attention Bertrand aux "notes intéressantes" et à "la bibliographie" que la Bibliothèque de la Pléiade "peut apporter" !

Les éditions de cette collection sont loin d'être fiables. On ne peut ici développer le sujet.

Je ne prendrai comme exemple que les indications bibliographiques inexactes, vérifiables par tous les bibliophiles chevronnés, données sur les illustrateurs des "Contes" dans les "Oeuvres complètes" de La Fontaine, publiées en 1991 (TOME I, p. CXXVIII-CXLVII).

Bertrand a dit…

mea culpa je croyais naïvement qu'on pouvait faire totale confiance à des éditions dirigées par des universitaires chevronnés et à la carte de visite longue comme le bras...

B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

La faute à certains de ces universitaires, pas tous heureusement, qui n'ont jamais accepté que les bibliophiles soient les meilleurs connaisseurs et les véritables découvreurs en matière d'histoire littéraire (référence d'actualité ! : "affaire" Corneille-Molière)

Bertrand a dit…

Quel est la légitimité du bibliophile en matière d'histoire du livre ?

Voilà une belle et grande question ?

Le bibliophile n'a déjà aucune légitimité vis à vis de la grande majorité des bibliothécaires... mais qu'ils se rassurent, je considère que les bibliothécaires, dans leur grande majorité, n'ont aucune légitimité non plus.

Je connais même des bibliothécaires qui n'aiment pas les livres...

Bon, maintenant je ne veux pas de plainte d'un collectif de bibliothécaires en mal de reconnaissance... tout ceci est dit avec la plus grande légèreté, certes.

B.

frs a dit…

Un professeur -parfois un universitaire , j'en ai connu beaucoup lors de mon passage dans ce genre d'endroit - est quelqu'un qui lit à des (petits ou grands) enfants des livres que, le plus souvent, il n'a pas lui-même écrit...
Frs

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Pourquoi légèreté ?
C'est un vrai sujet, très sérieux.

A mon humble avis, et j'espère n'avoir oublié personne, quatre catégories de bibliophiles sont légitimes prioritairement sur tous les autres "acteurs du milieu"
- les bibliophiles libraires d'ancien
- les bibliophiles universitaires qui publient
- les bibliophiles non universitaires qui publient
- les bibliophiles bibliothécaires et autres conservateurs qui publient.

Bertrand a dit…

C'était le ton de mon propos que je voulais léger Jean-Paul, pas le fond.

On est d'accord sur le classement.

Je connais des amateurs érudits d'histoire locale qui ont bien plus fait avancer certains sujets que tout un troupeau d'universitaires gradés.

Je ne dis pas cependant que tous les universitaires sont des ânes. Loin de là. Je dis qu'il n'est pas nécessaire d'être universitaire pour être utile et intelligent, nuance.

D'ailleurs j'ai quelques universitaires qui sont déjà passés me voir à la librairie concernant quelques plaquettes, quelques histoires que seul un bibliophile peut avoir le temps et la passion d'approfondir.

Cela me fait d'ailleurs penser à un autre exemple. Sur le champs de fouille d'Alésia il y a un universitaire numismate qui est là pour identifier à la volée toutes les trouvailles en matière de médailles et autres pièces exhumées de la terre. Eh bien, l'année passée j'ai discuté avec lui et il m'a dit qu'il n'y connaissait rien du tout en termes d'ouvrages anciens sur les monnaies, la numismatique, etc. Seuls les ouvrages de référence récents l'intéressait et lui étaient "utiles"...

J'ai trouvé ça bien triste.

B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Il est surtout incompétent, car sa culture numismatique est du niveau du supermarché : tu peux le lui dire de ma part, j'assume, j'ai mes entrées chez les spécialistes numismates universitaires (il y en a de très compétents).

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