jeudi 27 mai 2010

iPad or not iPad ? A magic tool for bibliophiles ?!





Eh ouais ! C'est comme ça, quelques fois le Bibliomane moderne s'essaye à la versification ou à la prose d'outre-manche, surtout lorsque l'actualité s'y prête ! Et avouons que demain est un grand jour qui verra déferler sur les étals de vos amis quincaillers technologiques le petit bijou tant attendu, je veux parler de l'iPad de chez Apple.

Bon, alors, pour ceux qui arriveraient d'une autre planète et n'auraient pas eu la chance de visiter la cité idéale (Icarie pour les intimes... enfin presque...), je résume.

Il y a quelques mois de cela maintenant débarquait en France à grand renfort de spots publicitaires et autre merchandising dignes des plus grandes soirées de Gala de Capitalistic World, iPhone ! Téléphone mobile, certes, mais bien plus que cela pour ceux qui l'utilisent quotidiennement. Boîte à outil, GPS, Cartographie, Boussole, Revue de presse, Blogosphère, internet haut débit (3G ou Wifi), bref, véritable couteau suisse de l'homme moderne itinérant.

I N D I S P E N S A B L E !! Me direz-vous !

Ah oui ? Sûrement. En fait toute la question est là : Est-ce bien utile ? Et la deuxième question qui suit de près la première et qui là intéresse les bibliophiles-bibliomanes que nous sommes : Est-ce bien utile au bibliophile ?

Et là, je dois le dire, haut et fort et sans détour : O U I !

Je m'explique. Avant l'arrivée dans ma poche intérieure d'un iPhone 3GS il y a de cela quelques mois, je me faisais régulièrement grediner par quelques margoulins de nombreuses places de commerces de la capitale. Je ne citerai que le salon du livre du weekend au Parc Georges Brassens que je fréquente régulièrement. Untel voulait me fourguer un incunable sans page de titre, un autre me vantait les mérites de cette belle édition du XVIIIe siècle que je ne connaissais pas, etc. J'avais toujours mon cerveau avec moi, mes quelques vingt années d'expérience dans le choix des livres, et pourtant, souvent pour ne pas dire presque toujours, le doute, la peur, (ce bras qui tremble qui a fait l'honneur de trois générations de nos meilleurs tennismen rolandgarresques...), je n'achetais pas "faute de preuves" ou pire... j'achetais et mal m'en prenait lorsqu'une fois rentré au logis je m'apercevais que je venais de me faire méchamment faisander par un gredin de première classe. C'est désagréable.

iPhone 3GS et une simple connexion rapide à internet, sur place, dans les allées de Brassens ou dans celles de Drouot sont comme une providence. Vialibri, la BNF, le CCFR, vous pouvez tout interroger en temps réel ou presque. Et si après ceci le doute persiste encore... alors vous saurez pourquoi vous n'avez finalement pas acheté ce jour-là.

Est-ce une expérience que vous avez faite ? Utilisez-vous un iPhone ou une connexion internet de poche lorsque vous allez sur les salons ? les foires ? dans les ventes ?

Attention ! Je ne veux pas dire que ce petit gadget doit remplacer votre cerveau et faire fi de vos connaissances et de votre expérience accumulée de bibliophile émérite. Non, je veux dire simplement que c'est un plus non négligeable.

iPhone, c'est donc bien pour l'usage du bibliophile en déplacement. iPad, c'est mieux ! Je veux dire c'est mieux mais je devrais dire, l'écran est plus grand ! Car pour le reste je crois bien que c'est la même chose. Alors évidemment, certains me diront, c'est discret !! Vous êtes devant le stand d'un confrère ou d'un libraire qui vous regarde comme tout juste débarqué de Pluton en train de bidouiller votre drôle de tablette tactile de 9,7 pouces !

Alors voilà, plusieurs questions très sérieuses (ou presque) se posent :

Le bibliophile moderne doit-il s'équiper de tous les outils à sa disposition pour être le plus performant possible ? (je rappelle à l'honorable assemblée qui nous lit qu'il est fortement conseillé à notre triste époque d'être le plus performant possible, voire toujours plus performant que son voisin...)

Le bibliophile moderne a-t-il le droit d'être ridicule en essayant d'être performant ? (je rappelle que le ridicule ne tue pas mais que par contre la performance, poussée à l'extrême, elle, peut tuer...)

Enfin, le bibliophile n'aurait-il pas intérêt à revenir à des fondamentaux plus sains pour son mental et son équilibre terrestre (je rappelle que pour ce qui est de l'équilibre extra-terrestre, malheureusement, tout reste encore à prouver...)

Voilà, je vous laisse sur ces quelques verbiages à la fois bien peu orthodoxes, j'en conviens, et qui pourtant, si on évacue les quelques méandres d'un style ébouriffé, méritent qu'on s'y attardent pour en dégager quelques belles lignes de conduites pour la bibliophilie de demain.

Sur ce,
Bonne nuit,
Bertrand

PS : Article écrit en total live donc pour les fautes... on s'en ...

26 commentaires:

Textor a dit…

Mon cher Bertrand, le bibliophile vetulus que je suis ne sort jamais dans la rue sans être en permanence connecté à la BNF, au World Catalogue et à AddAll. Pas besoin d'iphone, d'ipad, ou d'ibox, mais un bon vieux blackberry portatif, avec le clavier azerty et tout et tout. J'ai cet engin depuis le moyen-age (c'est à dire 6-7 ans en informatique) et il m'a rendu déjà bien des services pour déjouer les pièges des margoulins. (surtout pour vérifier la collation et les dates d'édition. )
T

Bertrand a dit…

Bonsoir Textor !

Je vous parle iPhone (gens qui s'amusent) et vous me parlez Blackberry (gens qui travaillent) !!

Je sais bien que ces technologies existent depuis que le monde est entré en transe, mais moi je parlais des bibliophiles Textor !! ;-))

PS : Avec iPhone ma fille (et moi-même) jouons régulièrement à Badaboo pendant les longues files d'attente chez le boucher à la messe, j'avoue que c'est distrayant.

B.

Bertrand a dit…

Je voulais bien sur écrire :

"pendant les longues files d'attente chez le boucher et à la messe"

PS : Vous aurez compris que j'ai remis à le sérieux à demain, j'ai envie d'être badin.

B.

Bertrand a dit…

Question technique plus sérieuse : Pouvez-vous lire et utiliser de manière optimale mon fichier Morgand & Fatout ? (PDF de près de 500 Mo).

iPhone y parvient parfaitement. C'est alors un outil redoutable.

B.

Textor a dit…

Oui, je peux consulter le BM et ouvrir tous les fichiers. La seule chose que je ne peux pas faire c'est écrire un commentaire, je ne sais pas pourquoi, ni jouer à Babadoo car j'sais pas les règles.
T

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Vu comme ça, tout est vrai : résultats obligent...
Mais c'est fou ce que ça me dérange...
Le libraire ne doit-il pas être plus performant que le bibliophile ? Dans ses pérégrinations bibliophilesques, le bibliophile ne s'amuserait-il pas plus que le libraire ?

Bertrand a dit…

J'aime bien ces deux nouvelles questions posées par le Bibliophile Rhemus :

Le libraire ne doit-il pas être plus performant que le bibliophile ?

Dans ses pérégrinations bibliophilesques, le bibliophile ne s'amuserait-il pas plus que le libraire ?

Je vous laisse y réfléchir et y répondre selon votre goût tandis que j'y réfléchis de mon côté.

Pour être totalement sincère moi aussi cela me dérange cette notion de performance et d'infaillibilité rendue possible grâce à quelques joujoux technologiques, mais en fait c'est le monde dans son ensemble qui me dérange.

"Il faut, parmi le monde, une vertu traitable ;
A force de sagesse, on peut être blâmable ;
La parfaite raison fuit toute extrémité,
Et veut que l'on soit sage avec sobriété." (Le Misanthrope, Molière, 1666)

B.

Pierre a dit…

L'évolution de ce monde vous dérange et c'est pourquoi vous l'accompagnez... Aux assises, l'argument ne tiendra pas !

Pour un professionnel comme vous, cet outil est indispensable, j'en suis certain mais reconnaissez que la bibliophilie, si elle gagne en efficacité, perd en charme...

Une supposition : Un client qui ne possède ni blackberry, ni Ipad me demande de vérifier à la boutique si la collation d'un ouvrage que je propose à la vente est complète. Que croyez-vous que je vais faire ? Vérifier avec l'acheteur sur mon bon vieux computeur immobile.

Donc outil pratique mais pas indispensable. Pierre

Ps : Je disais la même chose avec facebook... Jean-Luc avait fait un portrait du libraire de demain sur le Bibliofil où il avait tout anticipé. Quel visionnaire !

Pierre a dit…

Bertrand, On ne joue pas sur son Ipad pendant la messe et surtout pas à la communion de ses enfants ;-)) Pierre

Bertrand a dit…

Vous avez tout à fait raison Pierre, ce monde est fou et je l'accompagne dans sa folie, j'y ajoute même ma folie personnelle à celle qui règne déjà, un vrai paradoxe de vouloir en sortir tout en insistant pour y rester. Ainsi va l'homme, qui finira en guenilles mais fier !

Terrible destin que celui de la servitude volontaire !

B.

PS : j'ai baptême dimanche d'où l'inspiration judéo-chrétienne iPadesque !

Bertrand a dit…

Ce fil me ramène vers une phrase-sentence que le père de Lacenaire assène à son terrible fils en passant tout près de la guillotine et qu'on retrouve dans ses Mémoires :

"Là, mon père s’arrêta, et me montrant l’échafaud
avec sa canne : « Tiens, me dit-il, regarde, c’est ainsi que tu
finiras si tu ne changes pas. »

B.

Textor a dit…

Jean Paul et Pierre sont des sages, c'est vrai que nous étions plus heureux au siècle dernier, nous n'achetions pas les livres seulement pour compléter le tableau de chasse mais parce qu'il faisait bon discuter avec le libraire et quand il savait bien vendre, on se laissait faire, même s'il manquait quelques gravures à l'ouvrage. l'après-midi se terminait avec lui à la terasse voisine devant une bonne bière.
Comment faire tout cela avec un Ipad ...?

T

k a dit…

Les outils actuels sont merveilleux, surtout lorsque vous vous retrouvez devant un livre qui semble exceptionnel et que vous comptez revendre par la suite.
Mais la bibliophilie est avant tout l'amour des livres, je considère qu'il faut avoir confiance en son libraire et ainsi repartir avec l'ouvrage et sa fiche correcte sous le bras.
Malheureusement, certains marchands connaissent très peu leurs livres et sont plus proches du requins que de l'agneau, dans ce cas, la technologie portative est une bénédiction.

Bertrand a dit…

Vous avez raison K et un cas tout pariculièrement dangereux est le requin déguisé en agneau ou l'agneau très bête ou le requin marteau ! Bref, il y a de tout ici bas. Espérons que ce sera mieux après... dans les hautes sphères... Paraitrait que plus personne ne sera malade et que tout le monde sera honnête.... le marchand comme le bibliophile...

B.

Eric a dit…

Iphone, I pad, Blackberry : je ne possède rien de cela, et je doit reconnaître que cela me manque 3/4 fois par an.
Pour moi la révolution a été Internet et la mise en ligne des catalogues des libraires.

Eric

Anonyme a dit…

Comme Eric, je ne possède aucun de ces i... (je me retiens de compléter), j'ai un portable de la période pré-dynastique que je garde toujours éteint partant du principe qu'il doit me servir à déranger les autres et pas l'inverse.

Pour ce qui de consulter Internet in-vivo je pense que je ne le ferais pas et puis il faut bien de temps en temps casser des oeufs pour fristouiller son omelette.

A titre professionnel le point de vue est certes différent.

René de BlC

Bergamote a dit…

C'est bien beau, un iPad, mais est-ce que ça fait téléphone au moins ? (ça m'étonnerait... ou alors on doit avoir l'air vraiment très malin avec cet écran collé à l'oreille...) *clin d'oeil*

Je me laisserais bien tenter par un iPhone, pour pouvoir téléphoner et surfer, mais ce ne serait pas en pays de bibliophilie. Je fonctionne au coup de coeur, pour les livres. Evidemment, pour un professionnel c'est différent.

Bon, si un de ces joujoux technologiques me corrige mes copies, j'achète :)

Bertrand a dit…

Je lis les commentaires et je vois qu'il se dégage une nette différence d'appréciation du joujou en question selon que la chose est envisagée d'un point de vue bibliophile ou professionnel.

J'avoue ne pas bien comprendre ceci. Un bibliophile devrait-il être moins exigeant qu'un libraire ? Moins pointu ? Moins précis ? Peut-il se permettre plus d'erreurs ? Doit-il aller uniquement guidé par son flair ?

J'avoue que je ne fais pas cette différence et que de bibliophile (pur) à bibliophile-libraire (impur) que je suis devenu depuis maintenant huit ans, je n'ai jamais changé ma façon d'appréhender la recherche des livres. Je ne vois pas en quoi un bibliophile pourrait ne pas être aussi strict, cartésien et exigeant qu'un marchand ??

Si quelqu'un veut prendre le temps de m'expliquer la chose... je veux bien.

B.

Léo Mabmacien a dit…

Pour ma part pas d'intérêt pour ce nouveau joujou fort cher. Soit j'achète sur Internet ou sur catalogue ce qui me laisse le temps de vérifier le livre à la vente, soit vente aux enchères (idem). Pour les librairies en dur je fais confiance au libraire (c'est son boulot) et je peux aussi vérifier par moi-même. Si je ne suis pas sûr je reviens plus tard. Sinon mieux vaut garder son téléphone 3G ou son blackberry...

Cordialement
Léo

calamar a dit…

une différence : j'achète pour garder, pas pour revendre. Je n'ai donc pas le chiffre d'affaires d'une librairie, comme potentiel d'achat, mais uniquement les surplus de mes revenus (et encore ! pas tous : on a le droit d'avoir d'autres centres d'intérêt...). Et du coup je n'achète pas systématiquement tout ce qui semble une bonne affaire, puisque mon budget me l'interdit (et puis aussi les rares places vides dans les étagères !). Les besoins de vérification de l'ampleur de la bonne affaire sont donc fortement réduits.
(ps : je ne sais pas vous, mais personnellement je suis incapable de revendre quoi que ce soit... je me contente de hiérarchiser les rayonnages. C'est un grave défaut, je sais. Vous aurez donc deviné que je ne suis pas libraire.)

Textor a dit…

Bertrand, j’allais vous répondre mais je vois que Calamar m’a devancé sur la même idée.
Le bibliophile non marchand peut se permettre d’être dilettante puisqu’il n’achète pas pour revendre. Il n’a pas besoin de calculer la juste valeur du livre qu’il convoite (il suffit qu’il entre dans son budget) et c’est le cœur plus que la raison qui dicte ses choix. Par exemple, je suis très heureux d’une acquisition déjà ancienne : l’Axiochus de Platon, une édition de 1502, dont le sous-titre est De contemnenda morte. ( en français , du contempnement de la mort). Je n’ai pas hésité une seconde à me faire plaisir. Mais c’est probablement invendable ! Si j’étais libraire, je ne me serais pas risqué sur ce titre qui peut intéresser peut-être 10 personnes en France…

Textor a dit…

@ Un bibliophile devrait-il être moins exigeant qu'un libraire ? ... Peut-il se permettre plus d'erreurs ?

Je réponds OUI.
Quand je vois le look des ouvrages à 30 000 euros qui sont partis dans la vente d'hier (Labouret) tellement chic qu'il faut les garder dans des étuis de pexiglas et qu'on ne peut plus les toucher, je me dis que ma bibliothèque n'est qu'une longue suite d'erreurs ...!

Jean-Marc a dit…

Je n'ai pas franchi ce grand pas dans la modernité bibliophilique. Je travaille encore avec mon imparfaite mémoire. Cette mémoire a un avantage, c'est qu'il n'est pas nécessaire d'emmener son chargeur, puis de trouver une prise, de payer un forfait tous les mois, etc. Elle a un autre charme, c'est qu'elle se trompe parfois (beaucoup ?), mais peu importe, j'achète des livres pour me faire plaisir.

Cependant, je me suis parfois dit que ce serait tout de même utile, surtout pour éviter d'acheter deux fois le même ouvrage. Comme je collectionne aussi les innombrables plaquettes dont le régionalisme a été très friand, j'avoue avoir acheté des doubles. Et comme je n'arrive pas à revendre mes livres !

Autre anecdote où un tel matériel aurait pu m'être utile. Lorsque j'ai trouvé l'Annuaire des Hautes-Alpes de l'année 1806, j'ai été incapable de me souvenir des deux autres années que j'avais déjà (1806 ? 1807 ? 1808 ?). J'ai alors fait appel à mon assistance téléphonique.

Jean-Marc

Bertrand a dit…

Merci pour vos commentaires très intéressants.

C'est amusant car dès que je suis entré en bibliophilie (un peu comme on entre en religion je dois bien le dire), je n'ai jamais fais cette distinction entre bibliophiles/marchands devant donner à l'un plutôt qu'à l'autre une rigueue supplémentaire, une attention forcément liée à l'argent. En fait, dès le départ, même lorsque je n'achetais encore que des livres en piteux états ou incomplets sur les brocantes (on y trouve des photos de Rimbaud aussi...), j'ai toujours détesté ne pas savoir, ne pas pouvoir me faire une idée si j'allais me faire pigeonner ou non. Je trouve d'ailleurs assez curieux que le bibliophile "pur" laisse ainsi une si grande marge de manœuvre aux personnes sans scrupules. Mais en faut-il ? Vous avez sans doute raison, laissons là la technologie et revenons aux fondamentaux : le nez et les yeux ! Meilleurs outils du bibliophile itinérant.

B.

Pierre a dit…

1 - Il serait intéressant de calculer le cout annuel de tous ces petits bijoux pour savoir s'il sont rentables.

2 - Vous appréhender peut-être trop le commerce comme un combat entre le prédateur et la proie, Bertrand. Ou bien, des scrupules vous rongent ? ;-)) Pierre

Bertrand a dit…

Vous avez totalement raison Pierre, je suis un chasseur. Et d'ailleurs je n'ai jamais vu ma bibliophilie autrement que comme cela.

Quant au scrupules, je les laisse à ceux qui en font bon usage.

B.

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