samedi 14 février 2009

Gamiani ou deux nuits d'excès et son joli fer spécial (1881).


Petit billet en image. J'ai en mains un petit volume bien sympathique, et par son contenu et par sa reliure. J'ai trouvé intéressant de vous montrer au moins le décor de la reliure que j'ai trouvé particulièrement bien trouvé.

Il s'agit du célèbre texte érotique Gamiani attribué à Alfred de Musset. Non, ne rêvons pas je n'ai pas déniché la mythique édition de 1833 in-4, pas plus que la rarissime seconde édition de Venise datée de 1835, ornée de 10 gravures "abominables", comme le précise la notice bibliographique que j'ai sous les yeux.


L'édition en question est in-8 (17,5 x 11,5 cm), titrée : "Gamiani ou deux nuits d'excès par Alcide, Baron de M***" (fleuron tête de faune)" sous l'adresse de Venise, chez Raimondi, imprimeur. Ce volume a été imprimé à 200 exemplaires sur papier vélin et 50 exemplaires sur papier du Japon. Celui-ci porte le n°57 et est imprimé sur papier vélin.

Cette édition sans date semble avoir en fait été imprimée à Bruxelles en 1881 d'après quelques bibliographes. Ce serait H. Kistemaeckers qui l'aurait publiée. Cette édition en 156 pages n'annonce pas d'illustrations au titre, pourtant, on trouve dans de nombreux exemplaires une suite de 8 eaux-fortes de Félicien Rops. Cette suite libre ne devait pas être jointe à tous les exemplaires puisqu'on ne la trouve pas reliée dans cet exemplaire.

Il y eut dans les mêmes dates un nombre considérable d'impressions de ce texte coquin. On en trouvera la liste sur ce site fort bien fait que je vous invite à visiter :

http://www.eroticabibliophile.com/books_gamiani.php

Mais ce qu'il y a de plus remarquable je trouve dans cet exemplaire, c'est le fer spécial qui a été utilisé pour décoré le dos de la reliure (demi-chagrin rouge de l'époque), et que je n'avais encore jamais rencontré sur une autre reliure de cette époque.

Je vous laisse en compagnie de ce petit fer doré (15 x 5 mm), qui est répété au dos entre chaque nerf.


Bon samedi,
Bertrand

5 commentaires:

benoit a dit…

Amand a utilisé le même fer sur un exemplaire des "Poésies de Théophile Gautier qui ne figureront pas dans ses oeuvres" (Bibliothèque littéraire Charles Hayoit, cinquième et dernière partie, Paris, 30/11/2005, n°70).
Cet exemplaire a été relié entre 1873 (date de la parution du livre) et 1885, (date où Amand (pseudonyme de Pierre Chevannes (1830-1890) a été frappé d' hémiplégie).

Bertrand a dit…

Bonsoir Benoît et merci de nous lire,
je vois que vous avez de bonnes références... Charles Hayoit... ce n'est pas du "petit fretin" !!

Je vais de ce pas courir à mes catalogues Hayoit... voir ce qu'il en est et j'en reparlerai certainement sur le bibliomane, photos à l'appui.

Encore merci de cette lecture attentive et forcément passionnée,

B.

xavier a dit…

Je cite le « Dictionnaire Des Œuvres Erotiques » de Pascal Pia, 1971 :

La narration qu’Alcide fait de ces déportements, les propos qu’il rapporte, les réflexions que ces propos lui inspirent, ne permettent guère de prendre au sérieux l’attribution de Gamiani à Alfred de Musset, cette attribution n’a d’ailleurs été risquée qu’après la mort de Musset, et sans doute provenait-elle de quelque éditeur clandestin soucieux de piquer la curiosité de sa clientèle. Musset n’eut certainement pas écrit : « C’était un spectacle unique que ces corps de femmes… se pressant avec la raffinerie d’une lubricité consommée », ou : « Les deux corps ne faisait qu’un ; seulement les têtes se tenaient séparées. »
Gamiani abonde en phrase de ce genre. Il n’a pu avoir pour auteur qu’un sous-Cuisin, un sous-Raban, un des plus médiocres fabricants de romans destinés aux servantes et aux demoiselles de magasin du temps de Louis-Philippe. Mais ces ridicules ne l’ont pas empêché d’être l’ouvrage licencieux le plus lu et le plus souvent réimprimé.
Louis Perceau, en 1930, (dans sa Bibliographie du roman érotique au XIXe…) en recensait déjà une quarantaine d’éditions, sans compter les traductions. L’EO s’accompagnait de douze lithographies non signées, et que l’on impute couramment, soit à Devéria, soit à Grévedon. En fait, rien ne prouve que l’un ou l’autre de ces deux artistes en soit responsable. Elles pourraient bien être d’un pasticheur, mais enfin il y a moins d’arbitraire à en décharger Devéria ou Grévedon qu’a donner à Musset les solécismes d’un scribouillard, Devéria, s’il n’a pas dessiné les lithos de Gamiani, en a fait nombre du même genre, qu’il ne désavouait nullement. Des témoins ont même raconté que, pour répondre aux demandes urgentes des marchands d’estampes, sa femme et sa fillette l’aidaient à colorier les épreuves en noir de ses compositions, et que l’enfant s’amusait beaucoup à mettre du rouge ou du rose où l’exigeait la fidélité au réel.

PS : ce qui n'enlève en rien au beau fleuron "au faune" que j'aimerai avoir moi aussi, sur mes quelques ouvrages badins...
Xavier

Bertrand a dit…

sans doute...
je trouve cependant ce texte fort bien écrit et des plus agréable à lire. Les succès de librairie n'arrivent sans doute pas par hasard, si ce texte a été édité à de multiples reprises, c'est sans doute parce que derrière il n'y avait peut-être pas ce "sous-Cuisin, un sous-Raban, un des plus médiocres fabricants de romans destinés aux servantes et aux demoiselles de magasin du temps de Louis-Philippe." comme le dit si bien Pia.

Pia est sévère je trouve.

B.

Bergamote a dit…

Ce fer est vraiment superbe.

Je rêve d'avoir mon propre fer...

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