mercredi 11 mai 2011

Il faut sauver le soldat Gavarni ! Trois lithographies aquarellées à l'époque d'une suite de six sur la jeunesse de Jean-Jacques Rousseau.



Acquisition récente. Aussitôt je savais déjà où iraient ces trois lithographies "rares" signées de Gavarni, l'artiste lithographe qu'on ne présente plus ici et que je tente de réhabiliter comme je peux, chaque fois qu'une occasion se présente. Ces trois lithographies iront donc enrichir non pas ma collection d'estampes de l'artiste mais la collection de quelqu'un qui s'intéresse de très près à Jean-Jacques Rousseau. Ces trois estampes, peu communes, ont une histoire, la voici.

Gavarni dessina six planches qui furent lithographiées par Roger et Cie et numérotées de i à 6 ; elles furent annoncées sous le titre de Littérature Illustrée. Ces six planches ont été inspirées par les confessions. Elles sont limitées par un trait, et sont entourées toutes les six par un trait carré. Au-dessus du trait carré, en haut de chacune d'elles, au milieu, sont imprimés en lettres gothiques les mots suivants : La Jeunesse de J. J . Rousseau. Elles parurent en 1838, dans la Littérature Illustrée. La première a 19 centimètres sur 14 centimètres, 8 comme dessin proprement dit, et 21 centimètres 4 sur 17 centimètres comme trait carré. La seconde a 19 centimètres 1 sur i5 centimètres comme dessin, et 21 centimètres 4 sur 17 centimètres 3 comme trait carré. Les quatre autres planches varient entre ces mesures. Chacune de ces six planches est signée à gauche, en bas, au-dessous du trait carré : Gavarni del.. et à droite : Litho. de Roger et Cie 7 rue Richer. Ces planches sont en outre signées chacune autographiquement, à droite en bas, dans l'intérieur du dessin, mais la signature est reproduite renversée ; les numéros 3 et 4 sont signés à gauche. La première de ces estampes porte, en haut, à droite, au-dessus du trait carré : N°1, la deuxième : N° 2, la troisième : N° 3, la quatrième N° 4, la cinquième : N° 5, la sixième : N° 6.


Pour la première, en bas, au milieu, au-dessous du trait carré, en lettres grises, on lit le titre : Rousseau chez Mr. Ducommun. Au-dessous de ce titre sont imprimées les quatre lignes suivantes : "Le lendemain retrouvant l'occasion belle, je tente un nouvel essai : je monte sur mes tréteaux. J'allonge la broche, je l'ajuste, j'étais prêt à piquer... Malheureusement le dragon ne dormait pas. Tout à coup la porte de la dépense s'ouvre : mon maître en sort, croise les bras, me regarde et me dit : Courage... la plume me tombe des mains." (Les Confessions, L. I.). Au-dessous de ce texte, on lit l'adresse de l'éditeur : Publié par J(us)te. Bourmancé éditeur 241 Place du Palais Royal.

Cette adresse se trouve à la même place dans chacune des six estampes au-dessous du texte expliquant l'estampe. Il existe un état pour chacune des six estampes où l'adresse : 14 Boulevard Montmartre, est remplacée par celle-ci : 241 Place du Palais-Royal (ce qui est le cas ici). Il existe aussi pour chacune des six estampes un premier état avant la lettre et sans le trait carré.


On pourrait décrire de la même manière les cinq autres planches.

Une septième planche fut dessinée par Gavarni et lithographiée par Roger et Cie. Il n'en est pas fait mention dans l'œuvre de Gavarni. Cette septième planche, qui est en tout semblable aux six autres, est signée à droite, dans le dessin : Gavarni (renversé), et au-dessous 212 (renversé). Elle a les mêmes mesures et a pour légende, au-dessous : Rousseau et Mlle Merceret, femme de chambre de Mme de Warens. Cette estampe représente Rousseau assis dans un fauteuil auprès du feu, de profil à gauche, la tête de profil à droite, regardant Mme Merceret.

Ces informations proviennent de l'ouvrage "Iconographie de Jean-Jacques Rousseau ; portraits, scènes, habitations, souvenirs, etc." par le comte de Girardin (Paris, Librairie centrale d'Art et d'Architecture, s.d. (1908).

Les trois estampes que j'ai miraculeusement sauvées d'un désastre annoncé, sont ici en état "colorié" à l'époque. État qui n'est pas mentionné dans cette bibliographie. Malheureusement (car il y a toujours un malheureusement), je n'ai trouvé que les lithographies N°1, 3 et 6... et elles présentent quelques défauts (mouillures et salissures, voire petites déchirures marginales). Malgré tout je reste convaincu que ces lithographies sont "peu communes" et qu'elle iront enrichir, avec plaisir, une collection déjà bien avancée sur Jean-Jacques. Peut-être même, qui sait, auront-elles les honneurs d'une exposition très bientôt... mais chut...

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

3 commentaires:

Pierre a dit…

Vous sauvez Gavarni et je sauve Rousseau, Bertrand !

Merci pour la référence sur Rousseau illustré. Je vais pouvoir enfin savoir d'où vient mon "Rousseau herborisant" de 1804... Pierre

calamar a dit…

il faudra nous raconter de quels dangers ces belles lithos ont été sauvées !

Bertrand a dit…

de la poubelle... ;-)

B.

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