vendredi 28 janvier 2011

Le Bibliomane moderne s'interroge : à partir de quelle époque le lavage des feuillets des livres a-t-il été pratiqué en restauration ?


Page de l'édition originale de "Les rayons et les ombres" de Victor Hugo. Paris, Delloye, 1840.
Exemplaire dont le papier a été lavé et réencollé, vers 1890-1900.

Le billet du jour se résumera donc en une simple question qui me tracasse aujourd'hui : à partir de quelle époque le lavage des feuillets des livres a-t-il été pratiqué en restauration ?

Ami(e)s relieur(e)s, restaurateur(e)s, bibliophiles, bibliomanes et autres toqués du bouquin, à vous de me dire votre science en la matière !


Diverses petites poésies du Chevalier d'Aceilly.
Paris, André Cramoisy, 1667, et se donnent au Palais.
1 volume in-12 de 228 pages. Reliure en maroquin vieux rouge.

De quelle époque date cette reliure ??






Photographie sur laquelle on peut voir le papier peigne des doublures et des gardes, la roulette dorée en encadrement intérieur des plats.



Photographie sur laquelle, ainsi que sur les suivantes, on peut voir des notes à l'encre, plus ou moins délavées. Le papier est bien blanc, uniforme en teinte, sans odeur désagréable notable. L'ensemble est évidemment (trop) propre pour dater de 1667 ... ou c'est un miracle de conservation...





Cette dernière photographie montre peut-être un indice important auquel tout d'abord je n'avais pas prêté attention. Sous des notes anciennes du XVIIe siècle, fortement délavées, on lit un nom imprimé à l'aide de caractères typographiques compostés "Prost-Lacuzon" ... peut-être le nom de celui qui a fait réaliser cette reliure et donc faire le lavage... je cherche de mon côté... et malgré les tentatives de lavage des écritures anciennes, on lit facilement à plusieurs endroit la signature d'un certain "Dubois" ??.


Notice du catalogue Aimé Martin. N°444. Vendu 24 francs en maroquin de Niédrée.
Paris, Téchener, 1847.


Bonne journée,

Bertrand Bibliomane moderne

67 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est une bonne question...%-?

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Le mot qui désigne l'art de réparer les livres ou bibliuguiancie (du grec uguiansis, guérison)date de la fin du XVIIIe siècle : il fut inventé par le laveur-restaurateur de livres parisien Heudier. Le mot fut recueilli en 1802 par Gabriel Peignot, dans son Dictionnaire de bibliologie ; il en compléta la définition en 1804 dans le Supplément du même dictionnaire ("lessive de livres ou art de détacher et restaurer les livres").
Le processus précédant généralement l'apparition du nouveau mot qui le désigne, on peut penser qu'il date du dernier quart du XVIIIe siècle.

Gonzalo a dit…

On trouve des "laveurs de livres" à Paris et Anvers au XVIe siècle... Quant à savoir ce qu'ils faisaient réellement, difficile...

Anonyme a dit…

J'ai dans mes favoris, un texte trouvé en ligne à la BM de lisieux... à éviter quand même, je pense ::-), comme exprérience.
Bien à vous;
Sandrine.

MERAY, Antony : Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres, (1862).

Olivier a dit…

Question de béotien (qui ne fait, en plus, pas souvent la lessive), on le reconnaît à quoi l'exemplaire lavé... à part à sa superbe reliure 19ème?
Parce que des exemplaires 16ème blancs comme neige dans leur reliure originelle moi je n'en n'ai jamais vu.
Je ne parle pas de ruines, de nids à mycoses, etc. Simplement d'exemplaires qui ont traversé les siècles et portent au moins les traces de ceux qui les ont feuilleté (le mal que peut faire un brin de tabac sur plusieurs feuilles...).
Après il y a blanc et blanc (et ceux qui lavent plus blanc que blanc).
Olivier

Anonyme a dit…

Le fait de retrouver une pratique dans les textes n'améne pas forcément le retour à une pratique que seul un professionnel peut faire, bien équipé et sû de son savoir faire.
Personnellemnt, je suis contente de savoir comment procéder mes ancétres... je n'ai pas encore eu le loisir de chercher des textes ou autres documents sur ces sujets, hautement complexes, et je remercie Gonzalo et Bibliophile rhémus pour leurs renseignements. Avez vous des textes etdes références à me donner pour que je puisse lire?
je ne vois pas en quoi, cette question est béotienne? Merci de me le dire Olivier.
Bien à vous.
Sandrine.

Bertrand a dit…

Olivier, vous vous trompez, si c'était aussi évident, je n'aurais pas posé la question, j'ai l'habitude de voir et avoir des livres reliés en beau maroquin de Capé, Duru, Bauzonnet, Chambolle, etc, dont la reliure a été faite entre 1840 et 1880 environ.

Non, si j'ai posé la question, c'est tout simplement parce que j'ai sous les yeux un volume qui me semble avoir été relié à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle tout au plus, et que l'exemplaire me parait avoir été lavé pour faire disparaitre de petites notes manuscrites anciennes. L'édition date de 1667. Le problème c'est que justement, je ne sais pas si ce travail de lavage s'opérait déjà à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle ??? et surtout de quand peut bien dater ma reliure avec ces remarques en annexe un peu pesantes et qui plombent une datation formelle et brouille allègrement les cartes.

Vous voyez ?

B.

Olivier a dit…

Bertrand,
Je ne vois pas la contradiction. J'ai dit que c'était évident pour certains exemplaires. Mais, justement, pour des exemplaires qui n'ont pas été reliés à nouveau ou, du moins, reliés durant une période où "c'était le moins que l'on puisse faire", je me posais la question.

Bon week-end,
Olivier

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Donc, si j'ai bien compris, ton exemplaire du XVIIe a pu être lavé à la fin du XVIIIe siècle après avoir été dérelié et réemboîté ensuite ....

Bertrand a dit…

plusieurs hypothèses possibles :

- le volume tel qu'il est aujourd'hui a été relié à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe s. en maroquin, mais sur un corps d'ouvrage précédemment démonté, les feuillets lavés pour effacer quelques notes à la plume (restées visibles malgré tout).

- le volume a été relié au XIXe siècle, début ? milieu ? fin ? à la manière de la fin du XVIIe siècle, véritable pastiche de faussaire, si réaliste qu'on pourrait s'y laisser prendre (si le papier de doublures et de gardes ne rappelait un papier XIXe)

- le volume a été relié au XXe siècle, début ? milieu ? fin ? ... pareil, un excellent pastiche alors... très peu probable.

Dans tous les cas je mettrais ma main à couper que les feuillets ont été lavés et réencollés, la reliure est soit une reliure de la fin du XVIIe siècle ? du XVIIIe s. ? ou une parfaite imitation postérieure ??

Ce volume est troublant pour qui se penche dessus avec attention. Il m'a été vendu, bien évidemment pour une reliure de l'époque, soit une reliure exécutée vers 1667_1680 ... je n'y crois pas 5 minutes...

Je vous montrerai en photos demain.

B.

Gonzalo a dit…

Je ne vois pas ce qui empêcherait des relieurs de laver des livres en papier aux XVe, XVIe et XVIIe siècle.

Pour rappel, imprimer un livre requiert que l'on trempe le papier. Donc imprimer le verso d'une feuille (sont le recto a été imprimé précédemment) necessite que l'on trempe la feuille dans une bassine.

Partant de là, les libraires, les relieurs et les acheteurs savaient parfaitement que l'opération était possible. Et la chose s'est souvent pratiquée : j'ai déjà rencontré plusieurs exemplaires en reliures anciennes (XVIIe) dont on avait effacé des annotations.

Anonyme a dit…

J'avais mal lu, finalement@Bibliophile Rhemus vous donnez pas mal de référence pour ce week end de grippe carabinée... Un bon grog et pfff.... On verra Lundi.
Bon week end, messieurs et possibles mesdames, qui ne vous manifestez pas beaucoup quand même...
%-)

Mais entre temps 2 ou 3 commentaires apparaissent et une photo demain... c'est mieux pour donner mon avis.
Il y a néanmoins des artistes en matiére de restauration qui prennent le temps pour vieillir. je salue 2 ou 3 connaissances, qui si elles n'avaient pas une intégrité à toute épreuve, travaillent à la perfection.
Mais il n'y a pas de lien entre votre probléme de datation et les bons praticiens qui n'ont pas intérêt à être faussaire... Pour quoi faire? berner quelqu'un... Cela se sera toujours avec le temps... mauvais calcul.

Et @textor, est-il toujours en enfer?

Bien à vous.
Sandrine.

Anonyme a dit…

Le fait qu'il y ait de l'encre effacée est une indication... ecrite aprés l'impression, donc le livre a étè dérelié mais c'est courant pour un livre d'être relier plusieurs fois.
délavée... encre ferrogallique qui part avec le lavage... autre indication.
Le papier réencollé à un aspect plus sec, et plus lisse...
Les gardes sont 'elles vergé. espacement des vergeures au cas où?
velin, forcément 19 ème.
Mais ça ne veut oas dire que celui qui amis les gardes au 19 ème est celui qui a lavé... Quoique au 19 ème, moins de précaution qu"aujourd'hui. Encore que Il faut avoir la volonté de vouloir bien faire... jusque dans les années 70, peu de relieurs étaient scupuleux.. Vive les dégats.
Voici quelques élèments de reflexions ...
Bien à vous
Sandrine.

Anonyme a dit…

Hou là! vous rajoutez les voyelles qui manquent et le texte sera potable... .-) n'a qu'un oeil
Sandrine.

Bertrand a dit…

Je viens d'ajouter deux photographies de la reliure en question... à votre bon oeil !

Demain j'ajouterai les gardes et quelques photos de pages...

Bonne soirée,
B.

Anonyme a dit…

Oui, alors voyons ces photos... je restafie( ça, c'est l'effet du grog... reCtIfie..) ce que j'ai dit aprés recherches dans mes docs... Les premiers papiers chiffon vélin sont apparus vers 1750 en petites productions artisanales ches les anglais et aussi un petit peu les français... Dixit M. Maupin dans son trés bon livre sur l'identification des papiers anciens.
Sinon, avant, c'est du papier vergé avec des papiers caractéristiques selon les lieux, les époques, les moulins.
1667... c'est bien avant quand même.
A suivre...
Pour ce qui est de la reliure;.. j'ai du mal à voir sur photo mais quand même reliure de 1667, soit plein maroquin rouge, à nerfs, , pas vraiment à la duseuil mais encadrement 3 filets avec 1 plus eloignés typique, ... ça ressemble quand même fortement à votre exemplaire.
Les gardes sont -elles couleurs petit peignés fins?
Coté fleurons, si vous prenez le catalogue de la maison Alivon, ils ressemblent mais sont un peu différent. Il faudrait alors un relieur qui ait concervé les fleurons d'époque... Je ne sais pas??? Bizarre, vous avez dit bizarre.
la reprise de dorure sur les filets entrenerfs? plus gros par rapport au reste pour masquer des greffes de peaux?
Ce ne sont que des hypothéses d'aprés photos et non pas des affirmations.
Quelle histoire!
Le maroquin a l'air frais... sans être forcément neuf. un peu de cire et de breknell, peut être?
D'ou l'utilité d'avoir à caresser le volume pour savoir, l'odeur aussi... tout peut servir, cher Bertrand, Vous permettez.

Bon la suite... demain.
Bien à vous
sandrine qui va s'installer bientôt experte... mais non c'est une blague.

Anonyme a dit…

http://www.crcc.cnrs.fr/spip.php?rubrique38
Voici un lien qui m'a permis de comprendre le problème du lavage sur les encres.
Bien à vous
Sandrine, grippée°°°° pfff...
( expression empruntée à Bibliophile Rhémus, sans on accord. Tout droits reéservés)

Anonyme a dit…

http://multimedia.bnf.fr/actus_conservation/cn_act_num12_art5.htm
Un autre lien, qui montre combien la datation des interventions est complexes sans avoir tous les élèments. Sans s'improviser chimiste, ces ressources me permettent de creuser un peu le sujet de la restauration et le lavage qui n'est pas aussi anodin que cela.
c'est un travail de minutie qui me fait prendre beaucoup de reserve, comme pour la reliure et on voit pourquoi certains puristes ne veulent plus rien faire... je pense qu'il faut modérer les choses, et marquer sur une fiche à part toutes les interventions des restaurateurs, relieurs, pour un soucis de datation. On voit bien la difficulté aujourd'hui qui conduit à faire des libraires des chercheurs pour ne pas se faire avoir sur le prix... où de l'intégrité et de la déontologie des vendeurs... Tiens, c'est pas un sujet déjà abordé?!!
Bien à vous, si je ne me fais pas lyncher par les copains... j'aurais de la chance;-))
Sandrine

Bertrand a dit…

pour ce qui est du maroquin de cette reliure, il est semblable en tous points à un maroquin de grande qualité utilisé entre 1700 et 1800 donc... ça laisse de la marge.

Pour l'odeur, c'est intéressant, le volume ne sent pas le "volume de 1667" ça c'est clair !! mais plutôt un volume bien propre du XIXe siècle... lavé...

A suivre...

B.

Textor a dit…

En fait, je ne crois pas qu'on puisse remarquer un livre lavé avec douceur, d'un livre de même époque qui est resté propre sans avoir été lavé.
J'ai été obligé d'en faire laver quelques uns, vous ne le remarqueriez pas. Evidemment, si le lavage décape les lettrines, fait baver les marginalia et que le grain du papier a été écrasé à l'essoreuse, cela finit par se voir !
Quant à la date des premiers lavages, je dirais à partir du moment où les livres ont été sales !! - Par exemple, je ne fais pas laver mes Folio Gallimard, (qui jaunissent avant d'être sales !) - donc pas au XVIème, mais sans doute à partir du moment où on a commencé à les rhabiller, dans le courant du XVIIème..


Textor

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Dans son "Art du relieur" de 1772, Dudin traite du lavage des livres.
Le lavage ne peut tromper l'amateur aguerri : l'odeur de la solution et de la colle utilisées trahit la manoeuvre et un exemplaire lavé se reconnaît au premier coup d'oeil.

Anonyme a dit…

Le Bibliophile Rhemus se rend-il compte du ton souvent péremptoire de ses commentaires?

Textor a dit…

Si le Bibliophile Rhemus affirme, le Textor confirme ! :) Je vais aller reprendre mes cours de première année et renifler un peu dans la bibliothèque (non pas par tristesse mais pour détecter des odeurs de colle ... )
Textor

Anonyme a dit…

On vous laisse 2 minutes et c'est la folie douce ici...
;-))
Bien à vous
sandrine.

Anonyme a dit…

je constate ailleurs qu'on modére les commentaires. je disais donc à Olivier sur "36 15 rechreche de renseignements sur Ebay""... Il faut aller au site "3615 je le fais moi même".

;-))
Bien à vous
Sandrine.

Anonyme a dit…

Quant au cazin... le texte de base, ça ne trompe pas.
Les commentaires de commentaires, de commentaires ajouté des avis perso, m^me si c'est parfois utile, et revelateur de l'etat d'esprit de l'epoque- ce qu'on appelle le recul- c'est parfois embétant, non?
;-)))
Une femme, et voilà la révolution est en marche... Un peu de douceur dans ce monde de brute

Bien à vous
sandrine

Anonyme a dit…

Comment je fais pour enregistrer mon pseudo: "Gheisha san"
Sandrine

Anonyme a dit…

Je dois rajouté ceci à Olivier, mon commentaire fait reponse à un commentaire de sept. 2008 sur le bolg de la bibliophilie sur le sujet de cazin qui fait echo à celui de pierre, du 28 jan 2011!!!! Comme quoi on perd vite la trace si on ne fait pas attention.
mëme avec 40 de fiévre°°° c'est etonnant comme les sujets reveiennent. @textor, peut être que les étudiantes à estienne vont amener grace à leurs recherches des elements nouveaux... à moins qu'elles ne soient des rates de bibilothéques à lunettes... ça , ça va faire plaisir à tous les bibliothécaires. pardonnez moi Léo. Votre travail est exemplaire en ce sens qu'il me donne des pistes pour retomber sur des documents fondateurs et sans équivoques.
Bien à vous,
Sandrine, qui bien que peremptoire n'enesi pas moi sereine, et espére que tout le monde l'est.

Bertrand a dit…

J'en finis par me poser sérieusement une question : On sait le résultat des reliures des grands relieurs du milieu du XIXe siècle comme Duru, Niédrée, Bauzonnet, etc... belles reliures souvent en maroquin jansénite, maroquin très poli, très "propre" et très "reconnaissable" à cette période. Exemplaires le plus souvent lavés, parfaitement établis avec rigueur "filets droits", "titres droits et entiers", etc. Voici ma question :

Sait-on si ces habiles relieurs ont réalisé des reliures "pastiche" parfaites imitations ou presque des reliures de l'époque (XVIe, XVIIe ou XVIIIe s.) allant alors jusqu'à imiter les filets dorés "non droits", les "décors de travers", utiliser des maroquins proche du grain des maroquin de l'époque ? etc ?

Voyez-vous ce que je veux dire ?

B.

Bertrand a dit…

Apparemment le seul "Prost-Lacuzon" resté dans les annales serait un médecin homéopathe, assez renommé, fervent propagateur de l'homéopathie en France, vers la fin du XIXe siècle ??

Ce qui indiquerait une reliure peut-être faite (comme je le soupçonne depuis le début), vers 1860-1880 ??

B.

Bertrand a dit…

J. Prost-Lacuzon est spécialisé dans l'homéopathie vétérinaire... il écrit des livres vers 1865... né donc sans doute vers 1820 ??

C'est un sujet pour Pierre l'ex-vétérinaire ça !! Au secours Pierre !! Faites nous le CV de ce J. Prost-Lacuzon SVP !!

B.

Bertrand a dit…

mais ce n'est finalement peut-être pas le bon Prost-Lacuzon...

regardez ce que je lis dans le Polybiblion ou Revue bibliographique, volume 119, p. 474 : "de 1858 à 1865, ou environ, un écrivain dolois, Jules Prost, qui finit par signer Prost-Lacuzon (sans doute parce qu'il était ou qu'il se croyait, issu du légendaire héros des guerres du XVIIe siècle en Comté), a composé, un peu dans le genre du Vicomte d'Arlincourt, une série de romans francs-comtois empreints d'une couleur locale assez vive et qui parurent à Dole, chez le libraire Dupré-Prudont." (1910)

C'est peut-être bien notre homme celui-là !!

B.

Bertrand a dit…

en fait il pourrait bien s'agir du même Prost-Lacuzon... né à Dole en 1817... auteur de livres d'homéopathie et semble-t-il médecin bibliophile... ce ne serait pas le premier, n'est-ce pas Jean-Paul !

B.

Bertrand a dit…

il est mort à Dole le 17 octobre 1899.

Anonyme a dit…

C'est extrémement intéressant;
Et je dirais même plus, comme une publicité qui passe en ce moment.. pour les gens qui demandent la légitimité de toutes recherches en allant chercher dans les diplomes:
" le jambon, pour être bon, il n'a pas besoin d'avoir fait une ecole de commerce, il mijote pendant 10 heures, le jambon F..."
:-)
Bien à vous;
sandrine

Le Bibliophile Rhemus a dit…

La reliure me parait être bien du XVIIIe
Le "lavage" me paraît être limité à des tentatives d'effaçages localisés.
Il faudrait effectivement avoir l'exemplaire en mains, mais je fais confiance à la compétence de Bertrand

Anonyme a dit…

Est ce qu'on pourrait avoir un petit resumé de la situation , bertrnad s'il vous plait?
le papier de garde en couleur quel date?
sandrine.

Anonyme a dit…

Et en transparence, que pouvez vous nous dire sur l"aspect du papier: fin, homogéne, combien de cms entre les vergeures?
Sandrine.

Anonyme a dit…

S' c'est un papier marbré lisse et brillant, c'est focement aprés 1850.Sandrine.

Anonyme a dit…

Il y a encore autre chose qui me chagrine. La roulette à l'intérieure semble avoir des points au bout des ramages caractéristiques des fleurons faits à l'identique sur des fleurons 17 ème... à prendre avec beaucoup de précautions naturellement. ce qui fait mis bout à bout un exemplaire unique ne son genre et intérressant du point de vue de la pratique de l'entente relieur, bibliophile.
J'adore.
Trés Trés cher ça... avec son histoire .
Bien à vous.
sandrine.

Anonyme a dit…

http://books.google.fr/books?id=NlBAAAAAYAAJ&pg=PA50&lpg=PA50&dq=clovis+eve&source=bl&ots=7BmnEdrwYr&sig=beSud6_g8n9VaNJB4Y8nOKASTbM&hl=fr&ei=BlE5TfiDGYGs4Ab_yZzLCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=10&ved=0CFkQ6AEwCQ#v=onepage&q=dubois&f=false
Dans ce lien vous avez mention d'un dubois libraire, imprimeur.*
Sandrine
PS Je n'y peux rien si ce lien fait 3 kilométres...%-)

Anonyme a dit…

Voilà aprés reflexion sur les date.
-1667 date de parution=fin17ème
-1773 dubois libraire imprimeur relieur(?)= Fin 18ème
-Bibliophile Jules Prost Mort
en 1899= fin 19ème

Lavage des encres, Procédé qui ne serait en principe plus pratiqué par un bon praticien.

Nature de la garde couleur: lisse ou brillante.

Examen de la roulette interne.
On peut trés bien recupérer la garde couleur, la laver et appliquer une roulette ancienne ensuite. Le pressage en presse de finition aplatit tout.
Mais je ne connais pas bien la technique de la reliure extrémement soignée qui consiste à avoir un livre propre, net et sans bavure, en lui retirant toutes traces de vies antérieures. Encore que là, on voit bien que ce livre a une vie quand même.
Bien à vous;
sandrine exténuée par la grippe%-6

Bertrand a dit…

Sandrine, Dubois est le nom d'un ancien propriétaire, peut-être même sans doute le premier, celui du XVIIe siècle. Donc rien à voir avec un quelconque imprimeur ou libraire.

J'ajoute un élément important pour l'histoire de ce volume. Cette édition est semble-t-il fort rare. Et ce n'est pas moi qui le dit mais Charles Nodier. On peut lire sa note dans le catalogue de la bibliothèque de Aimé Martin (voir photo ajoutée dans l'article).

A savoir donc que ce volume a dû être très tôt l'attention de bibliophiles scrupuleux qui en ont pris un soin extrême pour qu'il arrive enfin parfaitement conservé jusqu'à nous.

Actuellement la librairie Picard en propose un exemplaire en basane du temps "stricte reliure de l'époque". Proposé à 1.000 euros.

C'est le seul exemplaire que j'ai trouvé, avec le mien.

B.

Anonyme a dit…

Merci bien Bertrand pour ce dernier renseignement;
mais Pourquoi Dubois ne pourrait-il pas être le propriétaire du livre au début de sa vie?
Niedrée . J'ai vu effectivement une autre reliure comme ça en photo sur un site d'une bibliothéque dauphinoise , exemplaire appartenant à C. Nodier.Les fleurons au dos sont les mêmes;
A chacun son mètier, ce qui montre quel professionnel vous étes.
Bien à vous
sandrine

Anonyme a dit…

Allez vous nous donner d'autres infos sur le livre de M. MD?
Je tente de publier avec un cpte machin chose les commentaires... mais bon, je suis plus douée en reliure.
grrr... ça marche pas..
Sandrine

sandrine a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Bertrand a dit…

Bonjour Sandrine ! Officiellement membre de la confrérie des amateurs de livres !

A très bientôt,

B.

sandrine a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

Ces notes semblent plus avoir été estompées que lavées.
J'entends par là qu'on distingue une surface limitée qui a été délavée et non les feuillets entiers (on peut voir de légers halos dus à l'encre diluée).

Quant à la reliure elle semble être fin 17eme-début 18eme: les gardes sont de celles qu'ont rencontrent facilement sur les ouvrages mi-17eme avec la différence qu'on a la contregarde en couleurs et la garde volante blanche contre les 2 de couleurs ici.

Bel achat.

Vincent P.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

J'avais oublié la mode des pastiches entre 1850 et 1870. Tous les grands relieurs (Capé, Lortic, Duru, Marius Michel père, Niédrée, Ottmann-Duplanil et Trautz) ont suivi l'axiome : "Nous ne pouvons que copier les anciens".
Tous les "bibliophiles" étaient entichés "d'ancien"... et furent les victimes de nombreuses escroqueries : juste retour des choses...

Anonyme a dit…

Oui mais ces relieurs faisaient des pastiches avec leur grand art: à asavoir des filets droits sans erreur comme ici.

Bertrand a dit…

Le papier de doublure et de garde est mat, et pourrait très bien en effet être un papier marbré peigne ancien, du XVIIe ou XVIIIe siècle, réutilisé pour l'occasion. Pratique assez courante si on cherche à faire un vrai pastiche.

D'accord avec vous lorsque vous dites que Duru, Capé, etc, pastichaient, certes, mais faisaient des filets, des titres droits, impeccables, ce qui n'est pas le cas ici. Ma question pourrait être : Capé, Duru, Bauzonnet, etc., sur demande, pouvaient-ils faire de vrais pastiches "de travers" ou "à l'ancienne", vous voyez ma question ?

Je ne crois vraiment pas cette reliure de la fin du XVIIe siècle. ni du XVIIIe siècle d'ailleurs, trop d'indices de rigueur dans l'exécution montrent une reliure du XIXe siècle, parfaitement maitrisée.

Un seul relieur pourrait laisser penser qu'il s'agit bien d'une reliure ancienne du début du XVIIIe siècle, c'est Luc Antoine Boyet, que la rigueur de travail et la qualité des maroquins utilisés à l'époque, peuvent placer sur la liste des "faiseurs" possibles. Mais je n'y crois guère tout de même.

J'ai bien peur qu'on ne sache jamais vraiment l'historique de ce petit volume rare et en parfait état... ce qui en plus, a le don de brouiller les pistes "sensorielles" ... des usures aideraient à dater avec plus de précision... mais là, point d'usure.

Vincent a raison lorsqu'il dit que les notes ont été lavées ponctuellement et pas les feuillets entier, encore que, je pense en fait que les notes à l'encre brune ont d'abord été atténuées (d'où de petites traces de mouillures caractéristiques) mais que l'ensemble du volume a été ensuite lavé feuille à feuille, le papier étant parfaitement lisse, uni et assez fortement foulé (passé sous presse pour le rendre plus lisse et bien plat)...

B.

Bertrand a dit…

je crois qu'à force de manipuler ce petit volume dans tous les sens, je viens de trouver un indice décisif qui me met sur la piste d'un relieur de renom dont je pensais bien qu'il pouvait avoir trempé dans cette "affaire".

En effet, le relieur ou plutôt le restaurateur qui a fait ce pastiche (puisque c'en est un), a laissé un indice de son travail de couture des cahiers... le feuillet qui suit le feuillet de titre porte tout en bas, discrètement dans la marge intérieure, un petit 1, le feuillet suivant un petit 2, etc pour les feuillets non chiffrés de la préface et des épîtres, feuillets qui ne sont pas signés !!! Le relieur ne voulait pas se tromper lors de la couture ! Tout bêtement.

Or ces petits chiffres, inscrits au crayon à papier, ne sont absolument pas d'une graphie du XIXe siècle... mais bien tout à fait moderne, du XXe siècle et même sans doute très proche de nous. ....

Depuis que je manipule des livres (une vingtaine d'années), le seul relieur dont j'ai pu admirer certains pastiches "vrais" (comme celui-ci) aussi poussés dans le soin du détail, ne sortent que d'un seul atelier : DEVAUCHELLE (père) !!!

Je pense que cette reliure a été faite par Devauchelle père. Roger Devauchelle (1915-1993). Sa célébrité méritée n'est plus à mettre en avant.

Je vous laisse m'aider à confirmer cette hypothèse... mais désormais j'ai mon intime conviction et la justice n'est pas loin d'être rendue ! (sourire)

B.

Bertrand a dit…

Je crois que l'art de Roger Devauchelle en tant que pasticheur de talent n'est plus à prouver. On trouve par exemple l'ouvrage suivant :

BIBLE HEBRAÏQUE du XVIème siècle
Les douze petits prophètes (en hébreu).
Venise, Bomberg, 1525 - 1546. Deux volumes in folio, reliure moderne en plein veau estampé à froid sur ais de bois, étuis toilés. Dans cet exemplaire exceptionnel, présenté dans une superbe condition de reliure et d'état intérieur (exemplaire lavé), sa reliure-pastiche étant un véritable tour de force du maître-relieur Devauchelle, un des plus importants relieurs français du XXème siècle et auteur d'une incontournable histoire de la reliure, sont réunis deux volumes, le premier de 1525, le second de 1546. Ils proviennent de deux éditions de la bible hébraïque données à Venise par le célèbre imprimeur-éditeur Daniel Bomberg, anversois non-juif qui devint un des plus illustres éditeurs de livres hébraïques de tous les temps. Le premier volume a conservé son très beau frontispice gravé sur bois, typique des plus belles impressions de la Renaissance italienne (il est absent du second volume). 8.000 euros.

J'aimerais bien l'avis de son fils Alain Devauchelle ... s'il nous lit... ou si quelqu'un le connait... son avis sur un travail de son père serait de la plus grande importance.

B.

Olivier a dit…

Et cette photo du frontispice, Bertrand?

Une telle note rapportée dans un tel catalogue a dû susciter des vocations, non?

Olivier

Bertrand a dit…

mon exemplaire ne contient pas le frontispice décrit dans la notice de Nodier. Très rare sans doute.

B.

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je ne veux pas ajouter de confusion, mais allez voir la photo sur ce lien qui correspond à l'ouvrage appartenant à Nodier.
http://www.bibliotheque-dauphinoise.com/Zizimi.html
La reliure est plus que similaire. Mais ce ne sont que des photos. Cette pratique de notation est très ancienne chez les relieurs et le graphite existe depuis longtemps... Qui sait depuis quand?

"Ou de l'interdisciplinarité dans la recherche de la vérité... qui à force risque de faire perdre le charme, si je puis me permettre."

A ce stade, je téléphonerai dirctement à M. blaizot, voir M; Devauchelle.

Bien à vous.

Sandrine, De retour.

Bertrand a dit…

rien à voir Sandrine entre mon maroquin et celui de la bibliothèque dauphinoise, le mien est tout à fait identique avec un vieux maroquin du XVIIIe siècle tandis que l'autre est un maroquin lisse poli tels qu'ils étaient "faits" autour de 1850.

B.

Anonyme a dit…

Le votre est donc fait avec un vieux maroquin?
Sandrine... qui est bien incapable de s'y retrouvé dans toutes ces histoires de connexion et de mot de Pass GR...

Anonyme a dit…

C'est vrai que c'est difficile par photo... il n'y a que vous qui pouvez nous dire de quoi il en retourne, Ô grand maître vénéré de la secte des blog.
Impossible de retrouver les couleurs de mon prénom, ni les mots de passe, ni rien...
bien à vous
sandrine
:)

sandrine a dit…

:)

sandrine a dit…
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sandrine a dit…
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sandrine a dit…
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Cochet a dit…

Bonjour.
Je n'ai pas de vaste connaissance - aussi soyez indulgents - mais je formule quelques hypothèses :
Un relieur qui pastiche aura tendance à faire tout de même un travail régulier surtout au niveau des coiffes c'est-à-dire sur des éléments non visibles du premier coup d'œil. Or, ici tout est délicieusement de travers. L'irrégularité des filets me semblent purement délibérée. Je penche pour une reliure XVIIIème. Aucune idée pour le lavage des papiers mais la qualité des supports de l'époque permettaient d'obtenir ces niveaux pérennes de blancheurs. Les notes qui s'atténuent ? Tout simplement le pigment de l'encre qui n'a pas tenu.

Eric a dit…

Alain Devauchelle est décédé le 21 mai 2011.

A lire les hommages qui lui sont rendus dans A&M du livre n°285.

Eirc

Anonyme a dit…

Bonsoir,
juste pour apporter ma petit pierre à l'édifice, voici un petit résumé (en anglais) de mes recherches sur ces superbes petites poésies -
crodialement
TE

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