mardi 11 janvier 2011

Le coup de gueule du Bibliomane moderne ou satire contre les faquins, pendards et aultres gredins es librairie ...



Chose promise, chose due ! Je vous avais dis que je pousserais mon coup de gueule, c'est parti !

Je commencerai tout d'abord par une énumération linéaire et circonstanciée : paltoquet, gougnafier, gredin, fripon, vil maraud, bougre d'âne, cornichon, fils de Satan, moule à gaufre, zapotek, bachi-bouzouk, vermine, canaille, fripouille, scélérat, garnement, bandit, voyou, sacripant, arsouille, petite frappe, malhonnête, filou, voleur, méchant, faquin, vaurien, pendard, dévoyé, crapule, brigand, requin, malandrin, pirate, flibustier, escarpe, misérable, perfide.

Cornegidouille ! Que cela fait du bien ! Il fallait que ça sorte !! Mais diable pourquoi ce soir le Bibliomane moderne est-il aussi remonté et déverse-t-il sa bile avec autant d'âpreté dans les colonnes du blog ? Ah Mesdame, Messieurs ! l'heure est grave ! il est temps de dire aux faquins que ce sont des faquins !


Mais commençons par le commencement... Ce weekend j'ai été, comme on pourrait dire ... un peu occupé voyez-vous... samedi matin à l'heure du passage du facteur pour la livraison des colis de la librairie... je n'avais pas encore fermé l'œil (pour cause d'accouchement intempestif de ma femme qui avait décidé sans me demander mon avis de devancer l'appel de près de 10 jours... ) et je savais que je ne serais pas en mesure de réceptionner les quelques paquets que j'attendais.

Rien de grave jusque là me direz-vous, j'attendrais donc lundi pour passer prendre mes colis en dépôt au bureau de poste. Ce qui fut fait. Et pour tout vous dire, c'était bien la première fois que je rentrais dans une maternité avec un sac rempli de trois petits colis. J'avais laissé les plus gros à la maison pour les déballer tranquillement le soir à mon retour.

Bref, me voilà avec quatre paquets de petite taille à déballer, gentiment, sans faire trop de bruit pour ne pas réveiller bébé... sur les trois paquets, un était sous carton rigide et les deux autres des enveloppes souples. Une des enveloppes, enveloppe blanche avec face intérieure avec plastique à bulles avait méchamment souffert du voyage postal, c'était flagrant. On aurait dit qu'un 38 tonnes était passé dessus !! Ce qui fut d'ailleurs sans doute le cas ! Un peu paniqué par l'aspect délabré du colis, je décidai de l'ouvrir en premier. Je n'eus pas beaucoup de mal à le faire d'ailleurs, l'enveloppe étant presque entièrement déchirée. Dès le départ, je sentais assez mal ce qui allait suivre... je ne savais pas quel livre contenait ce paquet... je fus vite au courant ! Seul, sans protection que le plastique à bulle de l'intérieur de l'enveloppe, je sortis le volume... un plein veau brun de la fin du XVIIe siècle. Au premier coup d'œil je vis que le volume avait souffert ! Plus même ! Le 38 tonnes avait du rouler dessus... le premier plat était cassé net en deux, entrainant également la rupture des mors de la reliure. Volume écrasé, tordu, rompu, pour ainsi dire saccagé ! Dans ces cas là je ne peux même pas vous dire ma fureur ! (le fait d'être dans une maternité a retenu mes cris et mes gestes...) ... j'étais en rage, un vil gredin de basse espèce, qui croyant que parce qu'on vend un livre ancien peu cher, pas assez cher à ses yeux sans doute, on expédie le livre dans les pires conditions possibles, à la va vite, à la j'en foutre, bref, on saccage un livre de plus de 300 ans, par négligence, facilité voire malhonnêteté ! Il s'agissait de l'édition originale en reliure de l'époque des Poésies de Madame Deshoulières (in-12, Paris, Mabre-Cramoisy, 1688). Je précise que le vendeur de ce livre n'est pas un professionnel et qu'il s'agissait d'une femme... ce qui dans les deux cas n'excuse ni n'explique rien... Dramatique voyage donc pour ce livre qui finit en piteux état et qui désormais aura besoin d'une restauration qui sans doute ne suffira pas à lui redonner tout son lustre ! Beau gâchis pour un emballage inadapté ! Je demande pourtant systématiquement à ce que les livres, quel qu'en soit le prix, soit emballés avec soin, dans du plastique à bulle, le tout renfermé dans un carton rigide plus grand et solide. Je passe sur les vendeurs de livres qui s'assoient sur le fait que vous leur demandez expressément à ce que le livre vous soit expédié en colissimo recommandé (donc avec signature) et qui vous l'expédient sans aucune recommandation ni suivi... Ni vu ni connu... allons-y gaiement ! ... Vous voyez là j'étais déjà passablement énervé, avec raisons je pense (vous me donnerez votre sentiment sur la question). Mais ce n'est rien comparé à ce qui a suivi ...

Le deuxième colis était une enveloppe de papier kraft, un peu gonflée. Expédiée en recommandé (j'ai signé à la poste le matin pour récupérer ce colis), je n'avais pas regardé le nom de l'expéditeur. Une fois à la maternité (oui je vous rappelle le lieu pour la solennité du récit...), je regardai le nom de l'expéditeur. Ah ! M. XXX. libraire de son état (ou déclaré comme tel), donc je savais de quel livre il s'agissait ! les Heures Royales dédiées à la Reyne etc..., 1778, reliure plein maroquin rouge de l'époque avec décors de tulipes et de grenades mosaïqués sur les plats, pièce de mosaïque au dos, dentelle dorée, volume supposé en parfait état, bref, une merveille que j'attendais de pied ferme ! Mon sang ne fit qu'un tour, vous imaginez ! Une reliure digne de figurer dans Michon, en parfait état, envoyée dans une simple enveloppe kraft !!! J'ouvris le colis délicatement mais à vitesse accélérée... outre l'enveloppe kraft le petit volume (c'est un in-12) était enroulé dans deux ou trois tours de plastique à bulles puis pour finir dans un film plastique étirable alimentaire (vous voyez de quoi je parle)... volume démailloté... ouf !!! miracle !!! trois fois miracle !!! le volume était sain et sauf !!! Mais quelle chance !!! Quelle stupidité ! Quel faquin ! Quel gredin ! Quel pendard !! peut bien oser envoyer un volume de cette préciosité d'une valeur historique (outre la valeur financière non négligeable) dans une simple enveloppe kraft !! même sous quelques couches de plastique à bulles !! Aucun carton fort pour protéger les coins et les coiffes de la reliures, aucun carton plat pour protéger le volume des chocs sur les plats, bref, une négligence totale ! un dédain du livre ! un non-science de la librairie ! à vomir ! De la part d'un libraire qui fréquente Drouot assidument, qui propose régulièrement de bons livres à la vente, c'est impardonnable ! c'est inqualifiable ! Comment peut-on se moquer de la sorte du destin d'un livre rare, parfaitement conservé après plus de deux siècles. Il se trouve que j'avais repéré que ce livre avait figuré au catalogue de la librairie Morgand et Fatout dans les années 1880. On aime à croire que Morgand n'expédiait pas ses livres de la sorte ! Dans ce cas le volume a miraculeusement été préservé, mais c'est vraiment un miracle ! il était dit que ce volume ne serait pas endommagé, parce que toutes les conditions étaient réunies pour que ce petit volume finisse pulvérisé dans sa simple enveloppe kraft souple sans aucune protection. Il ne servira à rien de désigner nommément ce vendeur sans aucun scrupule vis à vis des beaux livres, ceux qui cherchent un peu le reconnaitront facilement en voyant le livre que je vous montre en photographie ci-dessus. Espérons simplement qu'un excès de remords lui fasse changer sa manière de faire... rien n'est moins sûr !


Voilà, voilà comment mes nerfs sont parfois mis à rude épreuve en matière de librairie ! Mais mon témoignage serait injuste si je ne disais que d'autres libraires prennent un soin tout spécial à ce que les livres soient emballés de la plus sûre façon. Un des gros colis que je déballai le soir en rentrant était de ceux-là. Et c'est heureux... De multiples couches de plastiques à bulles pour emballer un volume, le tout replacé dans un carton plus grand, bien solide, l'ensemble bien calé, bien ajusté. Certains (une majorité) connaissent leur métier et surtout ont du respect pour les livres qui vendent ! C'est heureux !

Vos réactions m'intéressent ! Suis-je le seul à m'insurger contre ces pratiques douteuses de vendeurs sans scrupules et surtout sans aucun égard par rapport aux livres qu'ils expédient ? Ai-je tort de m'énerver ainsi lorsque je défend qu'un livre est un morceau d'histoire, un objet qui a souvent traversé des siècles sans encombres et qui doit être choyé et préservé ? Suis-je trop radical ?

On pourrait étendre le débat ou la question à ces libraires qui désormais, par facilité, de peur de se tromper ou par négligence, indiquent "plein cuir" ou "demi-cuir" sans plus jamais préciser s'il s'agit de basane, de veau, de chagrin ou de maroquin ?!! J'en reste parfois complètement ébahi. Je me dis que le métier de libraire est en train de partir en vrille... que pourtant dans ces libraires il y en a qui ont leur carte de membre du SLAM qui normalement garantit déontologie et professionnalisme... Je ne sais plus alors à quoi ni à qui il faut se vouer. Et dans ce cas je me dis que ce qui me guide moi ne doit guère être loin du bon chemin : la passion des livres !

A bons entendeurs,
A bons lecteurs,
A bons commentateurs

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

41 commentaires:

Adria Cheno a dit…

Simple curieuse de ce monde de bibliophiles, je comprends néanmoins parfaitement votre "douleur", puisque SLAM il y a, est-il impossible, en votre qualité de connaisseur, de professionnel, de signaler ces rustres au dit SLAM ?

Bertrand a dit…

Je pense que plusieurs membres du SLAM nous lisent avec la plus grande attention, et qu'ils ne manqueront pas de faire remonter cette information capitale, qu'un beau livre ancien est un livre dont on prend soin, depuis son achat jusqu'à sa livraison.

B.

Anonyme a dit…

Hello,
Oui c'est vrai qu'on ne pense pas à proteger les coins - enfin, moi je n'y pensais pas.
ceci dit, bien joli ce petit maroquin.
merci à vous,

YS

Anonyme a dit…

J'ai eu le même problème mais en pire. Un libraire m'a envoyé le livre de Jules JANIN ,L’amour des Livres, Ed.1866 valeur 372 eur dans une simple enveloppe. Résultat, ce n'était pas le bon livre mais un du même format d'une valeur de 1 EUR et m'a accusé d'avoir substituer le Janin et il me conseille de lire ce livre dont l'auteur m'était inconnu Heureusement que ce libraire est membre du SLAM.

Textor a dit…

Les livres sont des objets très fragiles qui craignent à peu près tout : la faune, la flore, les changements climatiques, la lumière…. S’ils ont survécu 300, 400 ou 500 ans c’est uniquement parce qu’ils sont restés très longtemps dans le secret d’une bibliothèque, dans un château ou une abbaye.

L’intérêt croissant que leur a porté le XIXème siècle a été le début de leur perte. Quel est le pourcentage de livres du XVIème siècle, par exemple, qui a fini dans un quelconque maroquin, recoupé et outrageusement lavé ? Le commerce frénétique du XXIème siècle (et son nouveau travers, l’envoi par correspondance), sera son coup de grâce.

Vous faites bien, Bertrand, de dénoncer ces envois sacrilèges qui devraient être interdits.

Je n’achète pratiquement jamais par correspondance et quand je le fais c’est parce que je connais le sérieux du libraire. Vous savez, celui qui vous laisse croire que vous avez commandé un menhir quand vous voyez arriver le paquet, alors que finalement c’est un in-12.

Donc profitons vite de cette passion que nos petits-enfants ne pourront pas connaitre !

Textor

Bertrand a dit…

Je vous vois là bien plus pessimiste que moi sur la vente de livres anciens par correspondance Textor ! moi je ne voulais que dénoncer les gougnafiers, les malandrins, les butors, les sans vergognes, les pieds plats de la librairie ancienne ! J'imagine que ces gredins s'ils avaient une librairie en dur n'en seraient pas plus professionnels. Ce qui est terrible c'est de penser qu'un livre magnifique comme celui que j'ai présenté, aurait pu être anéanti en un instant par la négligence d'un simple emballage mal fait, mal conçu ! Et ça, ça me révolte au plus au point. Si j'étais au SLAM (je n'y suis pas), je dégraderais illico toute personne qui expédie ses livres à la va vite sans précaution. Voila une mesure de salubrité publique bibliophilique !

Quant à la VPC, cher Textor, elle est attestée au moins depuis le XVIIe siècle, voire avant, Guy Patin achetait des livres à des libraires de Hollande, etc. Le XIXe siècle a connu l'explosion des services postaux. Des librairies comme Morgand, Fontain ou autres, bien connues pour la grande valeur des livres proposés vers 1870-1890, vendaient sans doute beaucoup par correspondance aux bibliophiles de province et de l'Europe entière. Il n'y a qu'à lire les recommandations sur les frais de port en tête de leurs catalogues.

B.

Textor a dit…

Je ne nie pas , cher Bertrand, que le transport des livres anciens a plus ou moins toujours existé. Mais justement ! Ceux-là font partie de la longue liste des livres perdus établis par Paul Lacroix. Combien y avait-il de bibliophiles sur le Titanic ? Quelle bibliothèque à bord de l’invincible Armada ? Quel incunable avait emporté le capitaine Cook pour lire sur la plage aux Iles Sandwich, les bien nommées…. Vous voyez bien que le transport nuit gravement à la santé des livres !
Textor

Anonyme a dit…

Ce qui est certain c'est que le respect est une pratique en perte de vitesse dans tous les domaines, et on en revient toujours à la même chose: pratique de vendeur n'est pas synonyme de pratique respectueuse. L'investissement culturel, affectif que vous donnez à vos livres est du chinois pour certain... au même titre qu'on me dit que j'abime les livres en les reliant... Tout est question de personne et de mesure, de dicernement, d'education et de jugeotte.

Mais les temps modernes étant ce qu'ils sont... un envoi par transporteurs, plus cher mais plus sécurisé est peut être plus approprié.

Et arretez de prendre les acheteurs ou les heureux possesseurs de livres pour des cons, aussi...
( pardonnez moi cette facétie de langage)

Sandrine.

Anonyme a dit…

Dans un tout autre registre, les enchéres sur les sites d'enchéres que tout le monde connait... ou certains font monter le prix de façon artificiel quand le poisson est flairé... pratique existante mais difficile à dicerner sauf avec beaucoup de suspiscion et de connaissance d'amis qui font ça!
taper un titre sur google et... voir que les prix , c'est du n'importenawak... à moins d'avoir une vraie culture ou d'ête né filou. C'est un métier, non le métier de libraire? d'ailleurs ceux que je connais, sont en déficite, largement en colère de voir qu'ils sont mis sur le même plan que les vendeurs de livres.
Sandrine.

Léo Mabmacien a dit…

J'avais fait à l'époque une petite liste de libraires. A compléter ?


http://bibliomab.wordpress.com/2009/03/27/acheter-sur-internet-ses-livres-anciens-petit-guide/

Léo

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Que tout cela est bien dit et résume tout. Trop de libraires n'ont pas le respect du livre, qu'il soit contemporain ou ancien : celui-ci n'est pour eux qu'une marchandise comme une autre, et ce n'est pas leur culture qui modère leur comportement. Il n'y a qu'une seule façon de les éliminer : les dénoncer et les boycotter, ils iront vendre des patates.

A Textor et autres Ami(e)s du blog,

Il y avait sur le Titanic un jeune et célèbre bibliophile, Harry Elkins Widener (1885-1912), ancien de Harvard, qui périt dans le naufrage avec quelques livres rares achetés à Londres. Sa mère fit un don de 3,5 millions de $ pour la construction en 1915 de la Widener Library, bâtiment principal des bibliothèques de Harvard.

Bertrand a dit…

@Sandrine : n'hésitez pas à me dire là où vous pensez que j'ai pu prendre les possesseurs ou vendeurs de livres pour des cons ?? les estropieurs de livres oui ! mais un con est un intelligent qui s'ignore et si personne ne lui dit... alors...

Vous allez voir que bientôt c'est celui qui recevra le livre détruit qui devra s'excuser d'aimer les livres sains et sauf ! Je rêve !

Je n'aime pas la polémique et il n'y en aura pas ici. Donc je ne voudrais pas que mon coup de gueule de départ vire au pugilat. Cependant me voici à nouveau très très en colère.

Évidemment que chez les relieurs et pseudo-restaurateurs il y a aussi des estropieurs de livres ! je pourrais vous en citer plus que de dignes de leur confier vos livres. Et je ne me sens pas le courage de les laisser continuer le massacre. D'autant plus lorsque ces derniers, que je vois parfois dans des salons, sont fiers de leur travail comme Artaban ! Il faut leur expliquer qu'au delà du travail d'artisan c'est bien aussi de faire oeuvre d'artiste et de finesse. Il n'y a rien de pire qu'un relieur qui fait une mosaïque de cuir ratée, qui s'essaye à des décors compliqués que visiblement il ne maîtrise pas. J'en avais d'ailleurs déjà parlé ici même.

Quand on ne maîtrise pas on ne se lance pas dans les choses les plus compliquées. Ou on s'entraine. On apprend. Mon propos va vous paraitre teinté d'intégrisme mais j'assume sans difficultés ce que j'écris. J'espère seulement ne pas être le seul à penser ainsi... cela aiderait à préserver un certain niveau de qualité en pays de bibliophilie.

B.

Hugues a dit…

Sujet sur lequel j'ai hélas renoncé à me battre. Je frémis quand j'attends un beau livre qui doit me parvenir pas la poste. Entre l'incurie de certains vendeurs (on notera au passage que les pros n'emballent pas forcément mieux que les amateurs, ce qui en dit long sur l'amour qu'ils ont pour la marchandise qu'ils vendent...) et celle de la Poste, il y a de quoi frémir.
J'ai un projet de post sur le sujet (bons vendeurs, moins bons vendeurs sur ebay) pour le blog du bibliophile, mais je crains une nouvelle fois la polémique.
Hugues

Anonyme a dit…

Bonjour,

Ce qui serait intéressant, c'est de faire une liste des vendeurs les plus sérieux sur Ebay, afin de ne pas être déçu.

Max

Bertrand a dit…

oui Hugues, et je n'ai même pas évoqué le cas de La Poste, qui pour moi est un cas désespéré.... aucun égard pour rien... mécanisation du transfert des colis et productivité, font que je préfère justement prendre les précautions en amont. Donc auprès des vendeurs de livres. Certains comprennent, d'autres font semblant, les derniers enfin, les moins nombreux heureusement, s'en fichent complètement. Un peu comme dans la vie quoi...

Concernant les bons et les mauvais vendeurs, expéditeurs, je ne voulais pas discriminer qui que ce soit en particulier, car tout le monde de bonne volonté est perfectible, mais seulement sensibiliser sur ces problèmes d'emballage.

B.

Anonyme a dit…

Comme quoi, une erreur de frappe... arreter er et non ez... ce n'etait pas vous, Bertrand que je visais;
Seulement les personnes qui s'improvisent libraire ou vendeur de livres parce qu'ils ont flairé les marges et les passionnés qu'ont peut berner.
Et je suis tout à fait d'accord avec les mosaïques ou la dorure en général... c'est pour ça que je confie mes livres et ne fait pas de dorure, mais là aussi ily a un côut. Les doreurs dignes de ce nom ont un nom et ne sont pas légions.
et SI, SI, c'est rigolo la polémique, il en ressort toujours quelques chose de positif.
Bien à vous :-)
Sandrine.

PS: quand je mets "bien à vous", formule de politesse, ça passe toujours mieux .

calamar a dit…

ah oui, la réception des livres, grosse angoisse ! comme tout le monde, je ne compte plus les livres abimés lors du transport. Evidemment je n'achète plus ensuite à ces vendeurs, particuliers ou professionnels.
Mais en général tout de même, je n'ai jamais eu de souci avec des livres d'un certain prix. Les pbs, c'était toujours sur de bonnes affaires. A croire que le vendeur veut se rattraper...
A noter aussi que depuis peu je reçois de somptueux emballages, en carton avec mousse collée au carton, qui sont vraiment très "sécurisants". Mais ça a sans doute un coût, évidemment.

Bertrand a dit…

aucun problème Sandrine, et merci de nous lire,
à très bientôt,

Amitiés,
Bertrand

Eric a dit…

Le respect du livre, tout devrait être là. Merci Bertrand de l'avoir rappelé dans ce billet d'humeur.

Eric

Textor a dit…

Voilà un sujet qui en a soigneusement emballé plus d’un, si j’en juge par le nombre de commentaires !!

@ BiRhem. Merci pour la précision du Titanic, cité par moi comme une boutade mais vous, vous connaissez tous les détails de tous les bibliophiles disparus ! Quelle culture bibliophilique !!

Si nous collectionnions des amphores, au moins on les retrouverait, mais pour les livres, il est préférable que le bibliophile n’ait pas le pied marin.

@Calamar Tiens vous achetez donc chez Sourget...il faudra nous montrer vos trésors un de ces 4.
T

calamar a dit…

je reçois effectivement des colis de chez Sourget, mais ce ne sont que les catalogues pour l'instant... Alde utilise les mêmes emballages.

Anonyme a dit…

Les colis subissent parfois des pérégrinations postales que l'on a peine à imaginer. Il y a 2 ans j'ai reçu, après 2 mois d'attente désepérée, un envoi de UK : un appareil photo Kodak Vest Pocket, anno 1920, avec sa boîte d'origine en carton - rien de bibliophilique donc. Le paquet avait très exactement la forme d'un ballon de rugby et avait transité, Dieu sait pourquoi, par la Biélorussie. Il avait été bien mouillé et reconsolidé avec force bandes collantes. Par miracle, et grâce aux multiples couches de plastique à bulles, l'appareil et son étui étaient absolument intacts. Comme quoi un emballage soigné et solide est absolument indispensable. L'envoi de livres, quels qu'ils soient dans une enveloppe kraft révèle une négligence inqualifiable. Par chance, je n'ai jamais eu à déplorer semblable mésaventure mais le risque est permanent.

Je n'aime jamais jouer les sycophantes mais il y a des pratiques et des "praticiens" qu'il faut dénoncer. Je comprend la colère incontenue de Bertrand qui a dû friser l'embouligre.

René de BlC

Anonyme a dit…

Pas de soucis M. Bertrand;
ce bilet et ses commentaires sont révélateurs d'un vrai malaise et aisi que Léo,a pu le dire, les listes sont les bienvenues, à petit niveau, moyen niveau et grand niveau... quoique là on imagine quand même pas qu'il existe un manque de respect ..; SI? Non... Allez, les lecteurs faisant partis du SLAM, une bataille à mener.
Client oui, mais pas poisson.
Bien à vous
Sandrine.

Anonyme a dit…

Il y aurait beaucoup à dire sur le manque de sérieux de certains libraires, il est vrai. D'ailleurs, j'ai eu, Bertrand, quelques soucis avec le même individu que vous, qui n'avait pas cru bon d'assurer l'envoi en colissimo -lequel, je vous le donne en mille, s'est volatilisé dans les airs : 150 euros pour ma pomme !
Cela dit, puisque nous en sommes au chapitre des doléances, i y a pire. Que dire des pratiques de Chronopost, par exemple ? Malheur à ceux qui, comme moi, commandent des livres aux E.U ! D'abord, vous payez pour une expédition rapide, et vous recevez votre bien (quand vous le recevez) 3 semaines plus tard au minimum, pour la bonne et simple raison qu'il a été retenu pour dédouanement. Bon. La TVA, c'est légal, on doit l'acquitter, quoi de plus normal. Pourtant, établir le montant de la TVA sur la base d'une stricte équivalence euro=dollar, c'est normal docteur ? Et que dire des 21 euros de "frais de dossier" que s'octroit systématiquement Chronopost, en sus ! J'ai du coup des démangeaisons de "class action", mais ce n'est pas à encore l'ordre du jour dans notre beau pays. Patience.

Parrhésios

Olivier a dit…

J'avoue ne (quasiment) jamais acheter sur ebay. J'ai du mal à avoir envie de créatures virtuelles (tout comme sur papier glacé d'ailleurs).
Ma bibliomanie devenant un carburant à ma bibliophilie (paradoxe?), j'y vends par contre et la pharmacie qui est tout prêt de chez moi me fournit en emballages à profusion aux tailles adéquates.
J'ai déjà dit ailleurs (pas loin, au coin de la rue) que ma définition du bibliophile était "qui lit avec plaisir des catalogues de libraires ou de ventes de livres anciens". D'où ma définition du libraire "qui rédige des notices pour les livres qu'il vend". Les autres vendent des livres.
Rien ne m'agace plus que ceux qui mettent un chiffre dans un coin de garde en considérant que cela se suffit à soi-même. Je connais des libraires qui font des fiches pour des livres à 30 euros et des vendeurs de livres qui usent fort peu leur crayon à papier pour des livres à 3 ou 4 zéros.
Je pense (sans avoir fait l'enquête) qu'il y a une corrélation statistique avec les mauvais envoyeurs (à qui, comme aux bons entendeurs, il faut dire "salut!").

Olivier

Textor a dit…

Olivier, je trouve votre commentaire frappé au coin de la rue et du bon sens, et je le partage.

Bon, pour faire avancer le débat, le Textor, pigiste, comme vous le savez, au Bibliomane Moderne, pour un salaire de misère, et que Bertrand n’hésite pas à envoyer faire des reportages dans les coins les plus dangereux de la planète, va donc se rendre à Limoges pour étudier comment la porcelaine est vendue par correspondance.

Je vous ferai un rapport circonstancié.
T

Anonyme a dit…

Que dites vous d'un lot de trois livres, valeur estimée dans les dizaines de milliers d'euros (payé beaucoup moins mais un prix déjà rondelet - les joies des achats immédiats sur ebay et des héritiers qui dilapident une collection) envoyés dans une enveloppe bulle?
Détails:
- les trois livres frottaient les uns sur les autres, aucune protection
- enveloppe craquée, le coin du plus beau livre sortait
- post-il sur la splendide reliure XIX qui recouvrait un autre

Anonyme a dit…

On pourrait aussi ajouter au débat les descriptifs hasardeux ou très approximatifs...

L'année dernière un grand libraire (ou qui se veut comme tel parce qu'il a racheté une grande libraire à Paris spécialisée dans les sciences médicales et autres... cela devrait suffire à le localiser...) m'a vendu une brochure de la fin du XVIIIe siècle marquée "broché, couverture muette de l'époque, très bon état"... en réalité l'ouvrage est arrivé recouvert d'un vil papier datant de moins de dix ans, couverture faite à la va vite, quant à l'intérieur du volume il devait y avoir plus de mouillures et de taches que de caractères d'imprimeries n'avaient été nécessaires pour le composer !!! Payé 200 euros... l'ouvrage a été renvoyé à l'expéditeur...
Je me suis vu appelé au téléphone et être insulté, traité de tous les noms d'oiseaux parce que je cite "oui, avec vous, c'est toujours le même problème, les livres ne vont jamais, Monsieur, vous êtes un chieur, vous me faites ch..., je ne veux plus avoir à faire à vous..." ... Bref, sympa... Un pro, inscrit au SLAM, présent au Grand Palais, belle vitrine sur Paris, tout beau dans les reportages à la télé (si si sur France 3 une fois...), bref, une crapule ! un gredin ! une petite frappe ! encore une !

Un acheteur de livre qui n'aime pas être pris pour un pigeon plumé !

A.A.

Anonyme a dit…

C'est bien le problème aussi, dites que vous étes passionné et on vous noit ou on vous plume...
ou pire on vous prend pour une espece d'illuminé(e), soit complétement naïf, soit spéculateur n'achetant que pour revendre encore plus cher, qui n'a que ça à faire de vivre dans le plus vil vice existant au XXIème siècle: la bibliophilie...et tout ce qui s'y rattache... C'est du vécu.
L'amour des livres, le respect, une belle bibliothèque avec des ouvrages précieux,{pas forcément cher à son porte monnaie mais cher à son coeur(parfois);-)} investis d'une histoire que seul son propriétaire, amoureux, connait et qui frémit aux multiples dangers qui le menacent...qui l'a aussi lu, au moins quelques passages.
C'est l'angoisse.
Bonne journée quand même.
bien à vous
Sandrine
Je me souviens avoir lu dans Le Livre Roi de BFGalimard, une liste en 10 principes sur la bonne conduite du libraire.

Anonyme a dit…

et on pourrait aussi parler des pratiques de "l'expertise" par les libraires :
voir cette info sur le dossier" Rimabud à Aden
http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1851
(pour ma part je ne sais pas si Rimbaud est sur la photo, et je ne mets en cause personne, c'est juste une pierre pour le débat)
JC.

Anonyme a dit…

Il faudrait demander aux acteurs de cette querelle rimbaldienne... Ce que l'on doit comprendre de leurs délires... ce n'est plus de la bibliophilie, là, à mon humble avis... c'est une espéce de coup médiatico politique!?
A part le bateau ivre et la beauté de cette ecriture qui ennivre... la figure de Rimbaud...
Ce qui va encore dans le même sens.
Ce n'est que mon avis;
bien à vous
Sandrine.

Anonyme a dit…

Attention Bertrand, on se croirait sur un autre blog où les libraires se font flinguer tour à tour...

Ne pas rentrer dans ces polémiques futiles, même si je comprends la colère.

Il y a de bons libraires, de moins bons et d'autres qui vendent des livres comme si ils vendaient des BMW ou des pommes de terre. On les connait et voilà.

Après chacun se fait son idée.

Là de l'emballage on est passé aux libraires, et le côté bileux de certains se ressent dans leurs commentaires.

Amicalement,
Un libraire anonyme que tu reconnaitras (201 euros)

Bertrand a dit…

oui oui, tout à fait d'accord ami libraire !

je ne souhaite aucunement la polémique, je dénonçais simplement un fait qui me porte au coeur... au sens propre comme au sens figuré.

Merci à ceux qui veulent bien s'exprimer sur le sujet.

B.

Anonyme a dit…

Oui bien sûr, le lynchage et la polémique ne sont pas souhaitable parce qu'on a vite fait de déborder vers quelque chose de plus négatif et de faire d'une fois , une généralité. Mais quand même, l'emballage fait aussi partie de la prestation de la vente.Et sur le nombre de transactions, les mécontents sont nombreux, d'une façon générale... je trouve qu'il était bon de sensibiliser sur ce sujet les libraires et vendeurs de livres, qui ne le sont pas encore... Aprés tous, on peut imaginer qu'ils soient perfectibles, comme tout un chacun, et que l'on puisse le leur dire sans qu'il y ait révolte et réglement de compte.
Bonsoir et bien à vous
Sandrine.

Olivier a dit…

On parlait des libraires là?
Olivier

Anonyme a dit…

A Olivier: Vous devriez relire l'article et les commentaires...

Textor a dit…

Bonsoir, Je rentre à l’instant de Limoges. Résultat : la porcelaine se transporte très bien par correspondance moyennant un emballage ultra-sécurisé, grâce à l'utilisation de sachets de mousse expansive englobant les objets qui sont déjà pré-disposés dans leurs cartons d'origine. L'emploi de ces produits permet une résistance au chutes lors du transport (équivalente à 5m de hauteur).Technologie d'emballage INSTAPAK ®.
Amis libraires et vendeurs à l’encan, vous savez ce qu’ils vous restent à faire …
Amitiés Bibliophiliques
T

calamar a dit…

à l'appui de Textor, je confirme : collectionneur de porcelaine et de faïence, j'ai eu moins de dégats sur ces colis, dont de nombreux d'Angleterre, qu'avec les livres. Les émetteurs savent que c'est fragile, et prennent leurs précautions...

Bertrand a dit…

je viens de recevoir un volume spécialement imprimé pour le Baron Roger de Portalis, relié en maroquin de V. Champs, exemplaire à l'état de neuf, superbe... reçu dans une enveloppe kraft... sans plastique bulle, sans rien... c'est à désespérer de la nature humaine... un coin et un mors légèrement endommagés ... sans trop de gravité heureusement... encore un miracle...

B.

calamar a dit…

c'est incompréhensible... celui qui expédie, doit bien avoir une idée de la valeur de ce qu'il envoie ? ou alors vous l'avez payé 1 euro. Vous devriez mettre en ligne un reportage sur le parcours d'un colis à la Poste, ça doit bien pouvoir se trouver !

Bertrand a dit…

Qu'un livre coûte 1 euro ou bien 1 million j'ai les mêmes égards pour lui et j'attends de même de la part de ceux à qui je les achète.

Un livre ancien, simple bouquin ou riche exemplaire de bibliophilie, est avant tout un témoignage historique et il mérite pour cette seule raison, tous les égards, toutes les précautions, toutes les attentions.

Visiblement cela ne fait pas écho chez tout le monde. Peut-être les mêmes qui vous serviraient du poisson avarié dans un restaurant chic ou qui cueillent les orchidées dans les gorges du Verdon.

J'abdique sur l'espèce humaine, des fois...

B.

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