mercredi 22 décembre 2010

Une jolie reliure pleine en chagrin décoré sur une la première édition au format in-12 de Lelia de George Sand (Paris, Perrotin, 1842)


Depuis deux jours au pays des cartonnages et des reliures romantiques, avec les billets suivants Un très joli cartonnage romantique sur Le voyage aux pays aurifères par A. C. de La Carrières (1855) - Cartonnages romantiques : Typologie des Fers ornant les Cartonnages Romantiques percaline ou chagrin, période 1840-1865. Numérotation bibliographique (le tout nouveau blog de notre ami Bernard).







Je vous présente ce soir un exemplaire de la même période dite de la reliure "romantique". Nous sommes ici en 1842, il s'agit d'une reliure plein cuir, plein chagrin noir plus exactement, les dos sont décorés "en long" de fers rocailles habituels de cette période 1835-1845. On remarque aux dos des volumes un jolie fer représentant un oiseau. Les plats des volumes sont décorés d'un encadrement fait de triple-filets dorés avec fleurons rocailles dans les angles et volutes de liaison. Filet à froid large en encadrement des plats, petite roulette dorée sur les coupes. Étonnamment compte tenu qu'il s'agit d'une reliure pleine, les tranches ne sont pas dorées. Les doublures et les gardes sont en papier marbré. La reliure peut être datée sans trop d'hésitation de la date de l'édition même qu'elle habille, à savoir 1842.

Ce qui est intéressant dans cet exemplaire parfaitement conservé comme vous pouvez le voir, c'est que le texte qu'elle recouvre est intéressant. Il s'agit de la première édition au format in-12 des Œuvres de George Sand, à Paris, chez Perrotin, en 1842. Nouvelle édition des Œuvres (tomes VI et VII), offrant ici le texte complet de Lelia et du Spiridion (qui vient compléter le second volume). Cette édition au format "in-18 anglais" (aussi dénommée in-12 dans les bibliographies) des Œuvres de George Sand compte XVI volumes en tout, parus entre 1842 et 1843. Les exemplaires complets de tous les volumes de cette édition me semblent peu communs pour ne pas dire rarissimes. Vicaire dans son Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle consacre d'ailleurs une longue notice à cette édition Perrotin (Vicaire VII, 306-311).

Je trouve intéressant de trouver ce bon texte classique, même si ce n'est pas le plus connu de George Sand, dans une reliure pleine de l'époque, décorée à la "romantique" et parfaitement conservé hormis les traditionnelles rousseurs inhérentes à cette époque. Je ne sais pas si l'on peut définir cette reliure comme une reliure éditeur ou non ? La reliure n'est pas signée. Elle conserve donc une bonne part de mystère bien qu'elle réponde à tous les critères des reliures romantiques de son temps.

Je vous laisse juger de la qualité de l'exemplaire et du décor de la reliure.

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

8 commentaires:

Anonyme a dit…

bonjour,
je me pose la question de savoir si le fait que c'est une reliure et non un emboitage, ne classe pas ces très jolis livres dans une autre catégorie que la reliure d'éditeur telle qu'elle est définie par l'experte en la matière qu'est Mme S. Malavieille?P83 de son livre paru en 1989 chez Promodis, je cite:["les cartonnages et les reliures d'éditeurs sont tous des emboîtages, c'est à dire que, pour leur fabrication, on élaborait séparément le volume,(...), et la couverture, dont la matière, peau, toile ou papier..."]
Je crois avoir lu que certains imprimeurs, éditeurs faisaient quelques exemplaires reliés pour leur meilleurs clients.
A confirmer.
Bien à vous ,
Sandrine.

Textor a dit…

Un souffle romantique balaye tous les blogs bibliophiliques en ce moment ...
Merci Bertrand, ces reliures en chagrin sont du plus joli effet.
Textor

Anonyme a dit…

... le monde de la bibliophilie ne serait-il reservé qu'à ces seuls messieurs... un peu de poésie ne fait de mal à personne et élève mon esprit.. Je navigue sur vos blogs et lit avec bonheur tous vos articles, en me permettant d'y apporter des connaissances complémentaires liées à ma pratique... étant un peu en vacances de Noel en ce moment mais néanmoins passionnée par le sujet... Sandrine...

Bertrand a dit…

Sandrine, un grand merci de votre participation, et si vous me connaissiez mieux, vous sauriez que je ne suis que trop enclin à voir des femmes participer aux blogs bibliophiles... (sourire).

Votre remarque concernant cartonnages et reliures éditeur est très pertinente. Je pense en effet que pour un petit nombre d'exemplaires reliés à cette époque, pour les clients les plus aisés et qui pouvaient payer une reliure plein cuir, certains "cartonnages" étaient adaptés en "plein cuir". A voir par exemple les exemplaires de Paul et Virginie de Curmer en 1838. Les exemplaires en cartonnage éditeur (façonnés séparément du corps d'ouvrage) et les exemplaires plein chagrin ou maroquin reliés spécialement par Simier et ornés de plaques dites "à l'indienne" ou de plaques "spéciales". Cet exemple n'est qu'un seul parmi d'autres.

A très bientôt et encore merci de votre participation,

Bertrand Bibliomane moderne

Anonyme a dit…

Ouf! j'ai cru un instant devoir reprimer cette envie de me méler de tout, typiquement féminin... mais je l'assume ;-))

Il est vrai que la pratique de mon métier, tel que je la conçois, passe par la lecture et la recherche; les informations que vous donnez, en plus d'être richement illustrées, cultivent et nourrissent.
La plupart des travaux de mon atelier sont en fait, beaucoup plus courants. Les cartonnages que j'ai eu à restaurer, étaient en papier, avec des dos manquants, ou trés abimés Maison Mame, Ardant...Se documenter pour tenter de sauver ces livres,juste précieux aux yeux de son propriétaire parfois, m'a demandé de sérieuses recherches. Tenter de refaire quelque chose qui soit dans l'esprit... sans dénaturer...Nous n'avons plus les plaques mais certains doreurs ont encore des fers romantiques. Cela implique un cout.
Je vais désormais consulter vos blogs comme source, à côté de certains livres techniques de ma bibliothèque... J'ai bien tenté de ranger mon ordinateur dans une étagère... mais ce n'est pas joli... et pas pratique...
Sandrine.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Un toast pour Noël !

Aux femmes ! Elles sont le plus bel ouvrage de la création, et comme le tirage en est très considérable, personne ne doit se priver de s'en procurer un exemplaire.
Les exemplaires brochés sont très communs ; mais ceux qui sont dorés sur tranche sont très rares.

Bertrand a dit…

Je sens un Bibliophile Rhemus très en forme !! Merci pour ce toast que je ne peux que cautionner voire appuyer du coude...

Comme je l'écrivais il y a de cela quelques jours...

On ne peut s'empêcher de les encenser, de les aimer, de les détester, de les caresser, de les quitter pour d'autres, ... les livres ne sont vraiment pas des compagnons comme les autres...

Bonnes fêtes à toutes et à tous,

Bertrand Bibliomane moderne

Anonyme a dit…

Merci pour ce trés bel article sur Estienne... même si je ne suis pas sur le blog, une belle manière de fêter ce jour, et c'est vrai qu'ils sont de précieux compagnons.
Je me vois flattée au nom de toutes les femmes, par ce toast, qui nous fera, toutes, chavirer... j'en suis sûre, quelques bulles de champagne aidant, un keepsake offert, c'est parfait.
Le fin du fin, il ne reste plus que de se rendre, en voyages littéraires sur les quais de Paris(P303), dans quelques maisons, honorables, j'entends selon quelques enseignes macaronesques.
Joyeux Noél,
Bien à vous
Sandrine

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