mercredi 8 décembre 2010

Douze nouveaux travestissements par Gavarni (1856)


La mode parisienne, Nouveaux travestissements,
d'après les dessins de Paul Gavarni (1804-1866)


Un billet de reprise presque sans paroles. Il m'est difficile actuellement de consacrer beaucoup de temps à la rédaction de billets pour le Bibliomane moderne. J'avoue aussi cruellement manquer d'inspiration bibliophilique ces derniers temps, gageons que l'inspiration reviendra vite.

En attendant, voici quelques belles images. En général les billets consacrés à Paul Gavarni laissent les lecteurs du Bibliomane moderne assez indifférents... espérons que la beauté des dessins retiendra ici, ne serait-ce qu'un bref instant, l'attention du lecteur curieux.

En 1856, au bureau du journal Les modes parisiennes, à Paris, paraissait un grand album de gravures mises en couleurs, intitulées "Douze nouveaux travestissements par Gavarni, gravés sur acier par Portier." C'est un album de format 34,5 x 25,5 cm, composé de 12 gravures sur acier par Portier d'après les dessins de Gavarni, et mises en couleurs à la gouache et à l'aquarelle. Les gravures sont protégées par un papier fin semi-transparent. Cet album, dans son état d'origine, se présente sous une couverture de papier glacé blanc avec le titre imprimé en caractères dorés. La quatrième de couverture ainsi que le dos sont vierges.

La gravure sur acier de cette série est admirable de finesse d'exécution, tout aussi bien que le coloris à la main qui devait nécessiter habileté, précision et patience. C'est en tous points un travail d'une grande beauté. Les gravures sont tirées sur un papier vélin épais qui, dans le cas de l'exemplaire présenté ici, ne présente aucune rousseurs.

Gavarni avait déjà publié ses nouveaux travestissements en une série de 12 lithographies, du n°13 au n°24, dont les six premières furent déposées dans la Bibliographie de la France le 1er février 1832. La première série des Travestissements a paru dans La mode, peu de temps avant octobre 1830. Gavarni n'a alors pas 26 ans. Ces figures de la mode parisiennes, qu'il continuera d'esquisser et de préciser tout au long de sa carrière, font partie de ses premières armes d'illustrateur de mode dans la presse.

Ces portraits de femmes en pied, en costumes divers et variés, en robes de théâtre, robes de bal et autres, montrent bien toutes les magnificences de la mode destinée à la bourgeoisie et à la noblesse au milieu de XIXe siècle. Cet album semble assez rare, suffisamment rare pour que ce soit la seule fois en près de 20 ans que j'arrive à mettre la main dessus... il restera dans mon fond de collection Gavarni qui commence à s'étoffer gentiment... entre les dessins originaux (voir les billets du Bibliomane moderne consacrés à mes dernières trouvailles) et les ouvrages imprimés illustrés par l'artiste.

Je vous laisse admirer le travail de ces artistes, Gavarni dessinateur, Portier graveur, et celui des coloristes restés malheureusement anonymes (on sait cependant que l'impression des gravures su acier a été faite dans les ateliers de l'imprimerie Moine, rue de la montagne Sainte Geneviève, au n°29).














Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

5 commentaires:

Textor a dit…

Comment ? Bertrand, Gavarni nous laisserait indifférent ?? Que nenni. Que nenni . Le dessin est magnifique ! Bon, pour le top-model, Gavarni n’avait pas la bonne adresse, il aurait du aller voir là http://www.dynamictic.info/vous-aussi-devenez-top-model/
Mais à part cela on adore !
Par ailleurs, il est touchant d'imaginer rue de la Montagne St Genenieve les petites mains peindre minutieusement ces dessins avec tant d"habileté qu'on ne perçoit aucun débordement ou erreur de pinceau.
Ce quartier a été le témoin de toute l'histoire du livre. Je citais la rue St Jacques, l'autre jour, avec la Maison du Loup. Je suis en ce moment sur les traces d'un autre imprimeur, situé à 2 pas et dont je vous raconterais la vie un de ces 4.
Textor

Raphael Riljk a dit…

Bien jolies personnes. En cherchant à quoi correspondaient exactement ces travestissements =déguisements pour le bal ?), je suis tombé là-dessus:

« C’était l’âge des bals masqués, » dit. M. de Chennevières. « A l’Opéra et au théâtre de la Renaissance, les débardeurs et les chicards de Gavarni faisaient rage. Chaque matin le Charivari collait aux vitrines de Martinet de nouveaux travestissements de la plus gracieuse et de la plus étrange fantaisie, et d’adorables coquineries de lorettes et d’étudiants dans des scènes de carnaval, de coulisses, de mansardes et de cabinets particuliers. Et quelle verve juvénile et amoureuse dans les tètes charmantes, dans les mouvements souples et capricieux de ces fines créatures endiablées de plaisir et gâtées jusqu’aux moelles ! Nous étions tous alors fous de Gavarni, fous de son crayon, fous de ses légendes, comme bientôt après l’on devint fou de Musset. »
http://www.oldbookillustrations.com/documents-references/paul-gavarni-4/

Raphael

calamar a dit…

mais c'est très bien Gavarni ! et ces gravures sont ravissantes (et assez inhabituelles), merci.

Anonyme a dit…

La mode et Gavarni ne pourraient laisser indifférent que le bonhomme de neige glacé que j'ai croisé ce matin dans un square de Paris! Merci pour ces images charmantes.
Aimée

Textor a dit…

Les femmes étaient-elles vraiment habillées comme cela ? On dirait des costumes de bal masqué !

En 1830, Emile de Girardin, qui vient de fonder une nouvelle revue " La Mode ", engage Gavarni pour dessiner les costumes. Il commence à être connu et Balzac, qui lui a consacré un article dans "La Mode", lui demande d'illustrer " La peau de chagrin ". Dès 1832 il prépare deux recueils de lithographies : " Travertissements " et " Physionomies de la population de Paris. Cest gravures doivent provenir de Travestissement ?

Ensuite, il collabore à pratiquement toutes les revues illustrées de l'époque et décide d'en créer une nouvelle. Dans une lettre du 22 novembre 1832, Balzac lui propose des titres : " Je voudrais vous voir prendre un titre qui fût vrai comme Journal de Luxe, Journal des Salons ou des Boudoirs.", mais Gavarni décide d'appeler sa gazette satirique : « Journal des gens du monde »
Les gens du Monde, comme cela parait déjà si loin...

Textor

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