vendredi 17 février 2012

Identifier des armoiries modernes sur une reliure en maroquin signée DURVAND (1887).


La Reliure moderne artistique et fantaisiste d'Octave Uzanne publié en 1887 chez Edouard Rouveyre à Paris.
Collection B. H.-R.


Guère plus facile que la colle posée hier à propos du chiffre DA ou AD sur une reliure en maroquin du Victor Champs (1888), voici une autre reliure remarquable en plein maroquin rouge cette fois, décorée dans un style rétrospectif aux petits fers dorés par DURVAND, excellent praticien de l'époque de la reliure (1887) et qui ici ne dément pas son talent.

Mais à qui peuvent bien appartenir des armoiries d'un possesseur amateur de reliures ?

Amateur de reliures à plus d'un titre puisque la reliure qu'il a fait réaliser le prouve mais que l'ouvrage qu'elle recouvre vient le confirmer puisqu'il s'agit d'un exemplaire de la Reliure moderne artistique et fantaisiste d'Octave Uzanne publié en 1887 chez Edouard Rouveyre à Paris. Ouvrage orné de 72 planches de reliures. L'un des plus beaux livres sur le sujet par le maître.

Alors ? Quel bibliophile de la vieille roche avait pour devise UT AMERIS AMABILIS ESTO (Pour être aimé sois aimable) ?

Octave Uzanne n'aurait très certainement guère apprécié cette reliure un peu classique et vieille France à son goût, mais elle est malgré tout fort aimable à la vue comme au toucher. Elle est parfaitement conservée ce qui ne gâte rien.

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

6 commentaires:

Olivier a dit…

Bon, même si ce n'est pas une info, ça sent le varech et le guano ;-)
Un breton dans la salle?
Olivier

PS : avant qu'on ne m’enduise de chouchen et de plume je suis plus d'un quart-breton et je vis avec une bretonne...

Bertrand a dit…

Que pourrait-on vous dire Olivier ? quand vous écrivez : " (...) et je vis avec une bretonne..." sinon bon courage ! (sourire)

A suivre...

B.

Olivier a dit…

"Pour être aimé, sois [plutôt que SOIT, non?] aimable".

Une devise de normand à destination des bretons? (et je précise cf. supra, etc, etc)

Envoyez le Chouchen je fournis les plumes!

Bon, peu de comtes en Bretagne, et rien qui corresponde.
Un bibliophile mégalomane sans doute.
Bonne soirée,
Olivier

Bertrand a dit…

Corrigé... :-)

... Ou un bibliomane mégalophile !

B.

Dominique P. a dit…

Je ne sais pas qui est ce comte. Mais quant à Durvand, on lui règle rapidement son compte !

Lucien Durvand (1852-1924)
Durvand a monté son atelier en 1890 à Paris, au 40 rue de Seine puis au 2 et 4 rue de l'Echaudé, en association avec Thiret. Il s'installe ensuite seul, au début du XXe siècle, 16 et 18 rue du Pré-au-Clerc, adresse qui reste la sienne jusqu'à son décès le 7 mars 1924. Passionné par son métier et très soucieux de la qualité du travail comme de la formation des relieurs, Durvand fut l'un des membres fondateurs du Syndicat des patrons-relieurs créé en 1889.
Sa production se signale par une excellente qualité d'exécution, à défaut de présenter des décors réellement originaux : décors rétrospectifs (notamment encadrements à la Du Seuil de style 17e s. et décors à la dentelle de style 18e s.), créations figuratives mosaïquées et compositions de cuir incisé constituent sa marque de fabrique, dans la plus pure tradition bibliophilique de la fin du XIXe s. Son travail fut distingué d'une médaille d'argent lors de l'Exposition universelle de 1900.
Bibliographie :
Ernest de Crauzat, La Reliure française de 1900 à 1925, Paris, René Kieffer, 1932, t. I, p. 56-57 (reprint : Paris, Art & Métiers du livre, 1999) ;
Julien Fléty, Dictionnaire des relieurs français ayant exercé de 1800 à nos jours, Paris, éd. Technorama, 1988, p. 65.
Bonsoir.
Dominique P.

Bertrand a dit…

Merci Dominique pour cette notice détaillée sur Durvand. J'ai toujours considéré ce nom comme un grand nom de la reliure fin de siècle. Aucune reliure portant sa signature ne m'a jusqu'alors démenti.

Pour les armes de ce bibliophile... c'est une autre paire de manches !

B.

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