dimanche 5 février 2012

Maurice Leloir (1853-1940) écrit à l'éditeur Launette le 13 août 1885 à propos de la mise en oeuvre du Lazarille.


Maurice Leloir (1853-1940)


En 1885 Maurice Leloir a 32 ans. C'est l'âge des coups de sang ! des arrogances et de toutes les audaces ! Et bien qu'ayant largement dépassé cet âge canonique je me rappelle avec délice ces années de feu (que j'essaye néanmoins d'entretenir pour ne pas faner trop tôt).

Leloir est un jeune artiste plein de talent. A cette époque, en 1885, il est loin d'avoir encore tout prouvé, qu'importe ! il donne le change avec une assurance et une crânerie qui n'est généralement pas sans déplaire quand elle est maîtrisée. Il s'adresse ici à l'éditeur Launette avec qui il est en rapport pour mettre au point l'édition illustrée du Lazarille. Plus exactement la Vie de Lazarille de Tormes. C'est une belle édition illustrée qui est alors projetée et dont les premiers fondements sont ici jetés sur le papier, un peu dans le désordre comme on pourra le lire plus loin et en s'interrogeant encore dans bien des domaines. Leloir expose son avis sur son travail, l'illustration et plus exactement sur la technique de l'eau-forte qu'il souhaite employer pour embellir cet ouvrage destiné à une clientèle de bibliophile. Dès le début de la lettre, comme vous avez pu le lire dans les deux billets précédents, Leloir traite le bibliophile de vile façon. Il écrit : " (...) Je sais par expérience ce qu'ils valent et quel est le fond de leur sac. Personne n'est plus embêtant plus prétentieux plus poissant et plus carotteur qu'un bibliophile. Soyez sur que je n'ai aucune sympathie pour eux. (...)" c'est assez dire son mépris pour le bibliophile pour lequel il destine son travail ! Curieuse façon de remercier son employeur comme on dirait aujourd'hui ! Ou plutôt dirait-on : Leloir crache dans la soupe ! C'est un sport comme un autre me direz-vous. Plus loin Leloir s'occupe de la technique d'illustration qu'il souhaite mettre en oeuvre, indique qu'il envisage de faire oeuvre originale et interroge Launette sur ses intentions quant au tirage. Bref, l'ensemble de cette missive de travail nous dévoile une discussion fort intéressante sur la genèse d'un ouvrage destiné aux bibliophiles du temps uzannien (tiens ! ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé de celui-là ! ...).

Maurice Leloir a donc bien illustré ce livre finalement qui a paru chez Launette en 1886 (achevé d'imprimer le 1er mai). Ce volume est de format in-8 et il est illustré d'un frontispice, de dix eaux-fortes hors-texte et de vignettes dans le texte. Comme on peut le constater d'après ses propres dires dans cette lettre, pour dessiner ses personnages, Leloir s'inspirait de personnages existants dans la vraie vie (ou de photographies), ainsi il représentait parfaitement les personnages dans leurs costumes et leurs attitudes les plus proches de la réalité possible.

On aime ou on aime pas les dessins et les gravures de Maurice Leloir. Personnellement je trouve ses gravures et ses dessins un peu secs. Un peu ternes et assez mornes aussi, sans vie. C'est un peu sévère sans doute mais je livre mon ressenti. Je le classe avec Adrien Moreau parmi les illustrateurs réalistes qui ne me font pas rêver. Très doués, certes, mais sans grande imagination.


Lettre autographe de Maurice Leloir à l'éditeur Launette ( 13 août 1885).




Comme l'a souligné Textor dans un commentaire, c'est Maurice Leloir qui illustra la nouvelle de Nodier Le Bibliomane publiée à Paris chez Conquet en 1893. Je n'ai jamais trouvé cette illustration formidable. Très froide. Seule la couverture illustrée et coloriée au pochoir sauve le volume de l'oubli. Rien de comparable en effet avec l'illustration mémorable de L'Enfer du Bibliophile d'Asselineau réédité chez Conquet et Carteret en 1905 et magistralement illustré par Léon Lebègue. J'ai envie de dire : rien à voir entre ces deux ouvrages pourtant publiés à dix ans d'intervalle.

Reste néanmoins que Maurice Leloir est reconnu aujourd'hui comme un des maîtres illustrateurs du Costume et notamment du Costume Historique. Je vous laisse lire en détail en fin de billet la biographie détaillée présente sur le site internet de l'INHA (Institut National d'Histoire de l'Art) (*)

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

(*) Maurice Leloir ((1er novembre 1853, Paris – 7 octobre 1940, Paris), peintre, illustrateur

Autres activités

Décorateur, costumier, historien du costume, collectionneur, organisateur d’expositions

Sujets d’étude

Arts décoratifs principalement du XVIIIe siècle

Carrière

1876-1889 : expose au Salon
1879-1940 : membre fondateur puis président de la Société des aquarellistes français
1882-1940 : illustrateur des œuvres de Molière, Marivaux, l’abbé Prévost, Jean-Jacques Rousseau, Laurence Sterne, Alexandre Dumas père, etc. pour divers éditeurs
1899 : Une femme de qualité au siècle passé, 1778, édité par Manzi et Joyant, texte et illustrations
1900 : participation au musée rétrospectif de l’Exposition universelle
1900 : décoration de la villa Tijuca d’Antonin Bordes à Saint-Jean Cap-Ferrat
1907 : fondateur avec Édouard Detaille et Maurice Maindron de la Société de l’histoire du costume dont il reste le président jusqu’à sa mort
1907-1911 : publie le Bulletin de la Société de l’histoire du costume, édité par J. Leroy et Cie
6 mai-10 octobre 1909 : exposition de costumes anciens au pavillon de Marsan
1912-1914 : collabore à la revue Costumes et Uniformes, éditée par J. Leroy et Cie
Janvier-mars 1920 : exposition de costumes anciens de la Société de l’histoire du costume dans l’hôtel de Raimundo de Madrazo 32, rue Beaujon
1920 : donation des collections de la Société au musée Carnavalet, dont il continue d’assurer l’entretien et l’accroissement
1923 : décoration du salon de thé de La Marquise de Sévigné, boulevard de la Madeleine à Paris
1926 : projet d’un ouvrage encyclopédique, Le Costume et l’Armement
1928 : fonde avec Jacques Ruppert l’Association du musée et de l’Académie du costume
20 juin-14 décembre 1928 : séjour à Hollywood à la demande de Douglas Fairbanks pour la création des décors et costumes du film Le Masque de fer ; y tient un petit rôle
1931 : projet d’un musée du Costume avec centre de documentation et enseignement professionnel à Fontenay-aux-Roses dans l’ancien collège Sainte-Barbe-des-Champs
1933-1938 : publication en 5 volumes des trois tomes de L’Histoire du costume de l’Antiquité à 1914 (volumes IX à XI consacrés aux XVII et XVIIIe siècles)
1935 : collaboration avec le musée de la Voiture à Compiègne et la Société du Touring club ; préparation du t. XII (époque Louis XVI) de L’Histoire du costume paru de façon posthume en 1949
1933-1940 : rédaction du Dictionnaire du costume et de ses accessoires, des armes et des étoffes, des origines à nos jours, paru de façon posthume en 1951
Juin-novembre 1937 : exposition Cent ans de costume parisien, musée Galliera
Avril-octobre 1938 : exposition Costumes d’autrefois, XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, musée Galliera

Chevalier de la Légion d’honneur (1889)

Étude critique

Maurice Leloir est issu d’une famille de peintres et d’illustrateurs. Élève de sa mère Héloïse née Colin (1820-1873), dessinatrice pour gravures de mode, puis de son frère Louis (1843-1884) qui fut deuxième prix de Rome en 1861, Maurice eut une carrière calquée sur celle de son frère aîné. La guerre de 1870 l’ayant empêché de poursuivre ses études aux Beaux-Arts, il se tourna vers l’illustration d’ouvrages classiques, ce qui accrut son goût pour le costume ancien et particulièrement celui du XVIIIe siècle. Cet intérêt particulier le poussa à devenir érudit en ce domaine peu étudié pour lui-même à cette époque, sauf par les costumiers de théâtre ou les peintres de genre historique. C’est justement dans ce milieu artistique qu’évoluaient les Leloir. Ils se lièrent avec des peintres tels qu’Édouard Detaille, Gustave Jacquet, François Flameng, Robert de Cuvillon, Jules Worms, portraitistes et spécialistes du genre historique, et qui avaient rassemblé des costumes anciens dans leur atelier. La carrière de Maurice Leloir se confond avec celle de son frère jusqu’à la mort de ce dernier, que ce soit pour des travaux d’illustrations ou les activités de la Société des aquarellistes français fondée en 1878 dont ils furent membres tous deux, ainsi que leur cousin germain le peintre officiel Édouard Toudouze, auteur des tapisseries du parlement de Bretagne à Rennes.

À cette époque, Leloir est considéré comme le spécialiste infaillible des scènes historiques, et à ce titre il est sollicité par les imprimeurs de travaux publicitaires pour les maisons de nouveautés, épiceries fines et hôtelleries. Jusque dans les années 1920, on trouve sa signature sur les images du Bon Marché, les étiquettes et éventails de La Bénédictine, du vin Calvet, du champagne Clicquot ou du chocolat du Planteur. Par ailleurs, on lui commande alors des ensembles décoratifs, tels que le salon de la villa Tijuca d’Antonin Bordes à Saint-Jean Cap-Ferrat en 1903 avec des scènes de Trianon et Versailles au XVIIIe siècle et, en 1923, des scènes époque Louis XIV au plafond et sur les frises du salon de thé de la marquise de Sévigné boulevard de la Madeleine ; enfin, il est appelé à Hollywood par Douglas Fairbanks en 1928 pour créer les costumes et décors du film Le Masque de fer.

Connu dès les années 1880 comme un peintre à la minutie « archéologique » en matière de costume et comme collectionneur, il adhérait pleinement à l’esprit de l’Union centrale des arts décoratifs et de ses expositions, ainsi qu’aux créations contemporaines de musées régionaux ou historiques, sans oublier les musées rétrospectifs des Expositions universelles. Pour celui de 1900, la place du costume et de ses accessoires fut particulièrement importante et de nombreux collectionneurs furent sollicités, tandis que Leloir y tint une place de premier plan.

Ce rôle, ainsi que la création en 1896 et 1898 de sociétés telles que la Waffen und Kostumkunde à Berlin ou La Sabretache de son ami Detaille l’incitèrent à se consacrer à sa grande idée, la création d’un musée du costume à Paris. Ce projet fut conçu dans l’esprit encyclopédique de la fin du XIXe siècle dans un but d’instruction pour les artistes et costumiers, en n’excluant aucune forme du costume civil, militaire ou régional. C’est pourquoi, en décembre 1906, Leloir sollicita ses amis pour organiser une de ces associations issues de la loi de 1901, la Société de l’histoire du costume. Fondée officiellement en janvier 1907, elle a pour président Leloir, assisté de son ami Detaille et de Maurice Maindron, écrivain, savant et historien des armes anciennes. Collectionneurs, artistes et savants s’y agrégèrent et l’éditeur Leroy, spécialiste des publications militaires de La Sabretache les hébergeait et publiait le bulletin de cette nouvelle société. Dans le but de promouvoir l’étude du costume, la société achetait ou recevait en don des vêtements anciens. En outre, dans un esprit d’enseignement, Leloir fit appel à des costumiers ou des artisans pour des reconstitutions de costumes, armes et même voitures, soigneusement contrôlées par lui-même.

En 1909, une grande exposition eut lieu au pavillon de Marsan sous la protection de l’Union centrale des arts décoratifs. Cette manifestation se voulait une préfiguration du futur musée, et en 1912 la société fut reconnue d’utilité publique. Malheureusement, la mort de Detaille en 1913, la Première Guerre et les frais occasionnés à la Société lors d’une nouvelle exposition en 1920 dans l’hôtel de Raimundo de Madrazo, obligèrent Leloir à donner les collections de la Société à la Ville de Paris, à charge pour elle de créer le musée. Dans les années 1930, comme les collections étaient présentées partiellement dans les salles du musée Carnavalet, Maurice Leloir, qui en avait le soin, poursuivait inlassablement sa quête d’un lieu pour son musée, mais sans succès. Celui-ci ne fut d’ailleurs véritablement créé qu’en 1956. Déçu dans son grand projet, Leloir décida de se consacrer à la publication de son Histoire générale du costume illustrée dont seuls les volumes VIII à XII ont paru à partir de 1933 chez Henri Ernst, éditeur d’ouvrages de référence d’art décoratif. Leloir, qui les voulait avant tout d’un maniement clair, avait choisi un descriptif succinct des pièces de vêtements d’hommes, de femmes, d’enfants et d’accessoires expliqués par des extraits de textes anciens et illustrés de dessins de sa main d’après des documents graphiques ou de véritables costumes, des planches hors-texte complètent le volume. Enfin, il passa les toutes dernières années et même ses derniers jours à terminer les croquis et les textes de son grand Dictionnaire du costume et de ses accessoires, des armes et des étoffes, des origines à nos jours paru après sa mort en 1951. En dépit de ses difficultés en France, Leloir reçut les encouragements d’autres savants en ce domaine, tels que Christopher Richard Wynne Nevinson, devenu conservateur des costumes au Victoria and Albert Museum, et Francis Kelly, historien du costume et du théâtre avec lequel il échangea une vaste correspondance de 1909 à 1940. C’est ainsi qu’il devint outre-Manche le grand pionnier de l’histoire du costume, ce qui explique que même de nos jours son œuvre reste une référence majeure de toute étude sur le costume ancien, son Dictionnaire n’ayant pas été remplacé et gardant une importance considérable pour les costumiers du monde entier.

Françoise Tétart-Vittu, responsable du cabinet des estampes du musée Galliera

Principales publications

Ouvrages et catalogues d’expositions

Illustrateur

Œuvres de Molière. Paris : Testard, 1882-1896, 32 vol.
Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. Paris : Calmann-Lévy, 1894.
Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau. Paris : Launette, 1899.
Une femme de qualité au siècle passé, Paris, 1778. Paris : Boussod, Manzi, Joyant et Cie, 1899, ouvrage de luxe, 2 vol. in-fol.

Ouvrages

Cinq mois à Hollywood avec Douglas Fairbanks. Paris : J. Peyronnet, 1929.
Histoire du costume de l’Antiquité à 1914. T. IX. « Louis XIII-Louis XIV (1610-1675) ». Paris : H. Ernst, 1933.
Histoire du costume de l’Antiquité à 1914. T. X, « Louis XIV-Régence (1675-1725). Paris : H. Ernst, 1935.
Histoire du costume de l’Antiquité à 1914. T. XI, « Louis XV (1725-1774) ». Paris : H. Ernst, 1938.
Histoire du costume de l’Antiquité à 1914. T. XII, « Louis XVI (1774-1794) ». Paris : H. Ernst, 1949.
Dictionnaire du costume et de ses accessoires, des armes et des étoffes, des origines à nos jours. Préf. de Georges-Gustave Toudouze, André Dupuis, dir. Paris : Gründ, 1951.

Articles

« Le Costume et ses accessoires à l’Exposition universelle de Paris 1900 ». In Musée rétrospectif des classes 85 et 86. Paris, 1900.
« Paniers et Crinolines ». Bulletin de la Société de l’histoire du costume, janvier 1908, n° 2, p. 35-45.
« Matériaux pour l’histoire du costume ». Bulletin de la Société de l’histoire du costume, juillet 1908, n°4, p. 93-99.
« Les Accessoires du costume, parasol et parapluie ». Bulletin de la Société de l’histoire du costume, octobre 1908, n° 5, p. 129-137.
« À propos de la première exposition de costumes anciens ». Bulletin de la Société de l’histoire du costume, avril/juillet 1909, n° 7/8, p. 159-179.
« Livrées de SAS Mgr. le prince de Condé en 1776 ». Bulletin de la Société de l’histoire du costume, septembre/octobre 1910, n° 13, p. 76-82.
Blum André. – Histoire du costume. Les modes aux XVIIe et XVIIIe siècles. Préf. de Maurice Leloir. Paris, 1928.

Bibliographie critique sélective

Chennevières Henry (de). – « Maurice Leloir ». In Société d’aquarellistes français. Paris : D. Jouaust, 1879 et suiv., fasc. 1883, p. 289-304.
Toudouze Georges-Gustave. – « Maurice Leloir peintre, historien, collectionneur, 1er novembre 1853 – 7 octobre 1940 », préf. au Dictionnaire du costume. Paris : Gründ, 1951, p. I-XI.
Dupuis André. – Une famille d’artistes, les Toudouze-Colin-Leloir, 1690-1957. Paris : Société de l’histoire du costume, 1957.
Laborde Camille. – « Les Leloir, une famille de peintres, aquarellistes, décorateurs, illustrateurs, dessinateurs, graveurs et historiens ». Mémoires de la Société des sciences-naturelles et archéologiques de la Creuse. Guéret, 1958, XXXIII, 2e fasc., p. 1-24.
Doublard du Vigneau Simone et Lamesch Chantal. – Maurice Leloir, peintre du costume : [catalogue de l’exposition], Guéret, musée départemental, 10 mai – 5 juin 1978. Guéret : imp. Lecante, 1978.
Maurice Leloir, de Guy de Maupassant à Douglas Fairbanks : [catalogue de l’exposition], Chatou, Maison Fournaise, 27 septembre – 31 décembre 1995. Chatou : Musée Fournaise éd., 1995.
Tétart-Vittu Françoise. – « La Difficile Création d’un musée du costume à Paris : le rôle de Maurice Leloir (1853-1940), peintre et collectionneur ». In Le Livre et l’Art, études offertes en hommage à Pierre Lelièvre réunies par Thérèse Kleindienst. Paris : Somogy-ENSSIB, 2000, p. 433-449.
Tétart-Vittu Françoise. – « Versailles Revival, mode et mondanités ». In Versailles. Vie artistique, littéraire et mondaine 1889-1939 : [catalogue de l’exposition], Versailles, Musée Lambinet, 2 décembre 2003 – 29 février 2004. Versailles : musée Lambinet ; Paris : Somogy, 2003.
« Société de l’histoire du costume ». In Histoire du costume de l’Antiquité à 1914. T. XI : « Époque Louis XV 1725 à 1774 par Maurice Leloir », rééd. pour le centenaire de la Société. Paris : SHC, 2007.

Sources identifiées

Guéret, Archives départementales de la Creuse

Fonds Maurice Leloir

Guéret, Musée départemental

Tableaux d’Auguste, Louis et Suzanne Leloir ; croquis et aquarelles de Maurice Leloir

Paris, archives de la Société de l’histoire du costume, musée Galliera

Manuscrits et dactylographies des volumes imprimés ; minutes des comptes rendus de séances de la Société
Correspondance de l’historien et journaliste Francis Kelly adressée à Maurice Leloir (1919-1940)
Correspondance privée, 1886-1889

Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie

Fonds Louis et Maurice Leloir, photographies de tableaux, estampes

Paris, musée Carnavalet

Archives de la donation de Georges-Gustave Toudouze, 1972

Paris, musée Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, cabinet des Arts graphiques, fonds Leloir

Croquis, calques et dessins préparatoires pour l’Histoire du costume et le Dictionnaire
Carnets d’esquisses et de notes sur des costumes des musées de Londres
Dessins de Francis Kelly pour le t. VIII (1560-1610) de l’Histoire du costume
Photographies de tableaux de Louis et Maurice Leloir ; photos de famille ; albums de documents : dessins et photographies collés
Quelques tableaux et dessins familiaux
Dessins et aquarelles de mode d’Héloïse Leloir et d’Anaïs Toudouze, dessins de Gustave Leloir
Archives de la Société des aquarellistes français ; catalogues imprimés des expositions, 1878-1896 ; papiers divers et comptes rendus de séances, pièces comptables
Collection de costumes ayant appartenu à Maurice Leloir et à divers membres de la Société de l’histoire du costume avant 1940 (dont quelques pièces provenant des peintres François Flameng, Gustave Jacquet, Jules Worms) et intégrés aux collections du musée Carnavalet puis du musée Galliera. (Source INHA)


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Et comme demain ils annoncent quelques températures sibériennes dignes du retour au goulag que nous prédisent les libéralistes les plus entêtés... -22°C annoncés pour demain sur ma Bourgogne ! Voici de quoi faire nettement remonter les températures jusqu'à ébullition...

Les USA nous envient nos soubrettes qui savent allier plaisirs de la lecture et plaisirs domestiques ... et tout cela sans faire de politique !


B.

7 commentaires:

Lauverjat a dit…

Ah! Message le plus consulté : Renaud de Nimègue, imprimeur à Venise. Bravo Textor!
Voilà qui remonte le moral et bâillonne ceux qui hurlent à l'illettrisme et la décadence de notre société et de ses blogs :)

Lauverjat

Textor a dit…

Merci Lauverjat ! Mais n'en tirons pas de conclusions hâtives; Nos lecteurs occasionnels cherchent peut-être à vérifier pourquoi les Renault sont arrivées en tête aux Quatre Jours de Nimègue. ...
T

Pierre a dit…

Tout sur Leloir. Merci. Mais vous vous trompez, Bertrand. On nous prédit le réchauffement de la planète ;-)) Pierre

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Leloir dessinait pas mal les femmes nues pour illustrer Maupassant.
Il s'envoyait en l'air (en ballon !) avec Launette ! (voir Tissandier, Histoire de mes ascensions).

Bertrand a dit…

Je ne voulais pas alourdir le texte déjà long du billet en ajoutant la transcription intégrale du texte de cette lettre, la voici :


13 août 1885


Cher Monsieur Launette

Je ne prends pas croyez le bien la défense des maniaques contre vous, contre nous. Je sais par expérience ce qu'ils valent et quel est le fond de leur sac. Personne n'est plus embêtant plus prétentieux plus poissant et plus carotteur qu'un bibliophile. Soyez sur que je n'ai aucune sympathie pour eux. Mais si je vous demande de ne pas mettre de procédé dans Lazarille c’est que je crois qu’en n’y faisant que de l’eau-forte nous ferons un livre beaucoup plus luxueux d’illustrations et vraiment joli d’aspect. Je ne dis pas que les procédés héliogravure et Gillot soient détestables, mais j’aurai beau faire je trouverai toujours une photogravure lourde et pâteuse, ressemblant à la vieille gravure à la manière noire, même celles des aquarellistes et du Voyage, et le procédé Gillot la reproduction un peu grossière souvent égratignée du dessin à la plume sans finesse et sans nuances. Pour le prix de vente de l'exemplaire vous savez mille fois mieux que moi ce que vous avez à faire. Évidemment en vendant 2000 ex. à 25 francs cela fait le double que 500 à 50 francs. Mais Lazarille se vendra-t-il à 2000 personnes ? Et des eaux-fortes d'artiste conviendront-elles à 2000 personnes ? Car je dois vous le dire, mes gravures seront faites d'une toute autre manière que celles de Ruet ou autres graveurs. Il y a des gens à qui plaisent ces travaux de toile métallique, comme vous dites justement. Chez moi vous aurez le contraire de ce travail là. J'espère en gravant moi même une fois mes illustrations faire une chose originale et par cela même recherchée. C'est pour cela aussi que j'aime mieux n'y pas mettre autre chose que des gravures de moi. Je crois à la bonne réussite des exemplaires de luxe et si nous en faisions avec marqués peut-être les dessins plume et pinceau plutôt que des aquarelles sur le faux-titre. A mon goût je trouve cela plus conforme au livre, plus tenant avec, enfin de tout cela nous en recauserons. Je vous conseille de ne pas annoncer encore ce livre rien ne presse. Il faut pouvoir du reste en l’annonçant tout de suite lancer un spécimen, et je ne pourrai faire d’eau-forte qu’à Paris. Maintenant quel format, quelle justification ? Vous me l’enverrez avec les placards. J’ai ici un vieux homme qui représente très bien l’aveugle et un gamin à nez retroussé qui est véritablement de temps en temps conducteur d’aveugle qui feront bien mon affaire. Votre installation du Bd. St-Germain s’avance t’elle. L’encadreur Boyer vous a til fait un prix et montré des modèles de cadres ? Pour la traduction, c’est vrai que par places le style se modernise ou se vieillit alternativement. Mais on pourrait bien ce me semble le lui faire remarquer et le prier s’il le peut, dans un passage trop long où l’on ne sent pas assez le langage ancien, introduire une tournure de phrase ou un mot qui le rappelle. Je crois qu’on le lira tout de même parce que Lazarille, ce n’est pas comme on ne lire ni Manon ni Paul et Virginie (dont nous n’avons pas encore causé) parce que tout le monde les connait. – Pour Lazarille, croyez-vous à une édition espagnole ? On ne peut savoir cela qu’une fois l’annonce lancée. Au revoir je vous souhaite moins de chaleur qu’ici où on cuit. Je vous serre bien amicalement la main. [Signé] Maurice Leloir.
Peut-être le Paul et Virginie serait-il faisable en héliogravure parce qu’il s’adresse à un innombrable public. Je ferais les dessins comme ceux du Voyage. Enfin nous verrons je crois que c’est un livre de vente très nombreuse s’il est réussi. [Fin]

Bertrand a dit…

Les plus curieux sur cette édition iront lire le compte rendu qui en est fait dans la revue dirigée par Octave Uzanne, Le Livre, partie bibliographie moderne, année 1886, livraison du 10 juillet 1886, page 421-422.

Le rédacteur de la fiche (Uzanne ?) indique que Leloir est l'indispensable alter ego de M. Launette, et qu'il a oeuvré ici avec un talent incomparable. Livre de bibliophile au premier chef. Les exemplaires sur vélin étaient vendus 30 francs.

bidaoui2f a dit…

Bonjour Monsieur, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article sur Maurice Leloir, ainsi que la biographie qui y fait suite. Dans celle-ci, je relève ses activités de 1914 à 14, puis à partir de 1920. Un grand troi pour la période 1914-1919, et c'est justement celle qui m'intéresse au plus haut point!!! Savez-vous si Maurice Leloir a repris des fonctions militaires (en tant que vétéran, bien sûr!) au cours de la première guerre mondiale? Cela m'intéresse au plus haut point, dans le cadre d'un travail entrepris sur les mémoires de guerre de mon grand-père, le Capitaine Lucien Proutaux (1881-1937), publiés sur le site: www.unjouruneguerre.canalblog.com
Si mon hypothèse s'avère exacte, Maurice Leloir, avec grade de capitaine, aurait occupé des fonctions de responsabilités au sein des G.V.C. (garde des Voies de Communication), au siège de cette administration militaire à la gare de l'Est (où il aurait pu cotoyer le peintre Julien Le Blant, auteur d'un remarquable travail de croquis sur les territoriaux et les troupes qui fréquentaient cette gare en 1916-1917). En janvier ou février 1917, Maurice Leloir, en raison de son âge avancé et malgré ses réticences, aurait-il été mis à la retraite autoritairement? C'est le dilemne que je me pose. Je compte sur vous pour m'aider!!!
Bien amicalement
Eric-Noël DYVORNE

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