samedi 11 juin 2011

Deux livres de la bibliothèque d'Octave Uzanne : Sophie Arnould des frères de Goncourt (1885) et les Sensations d'Italie de Paul Bourget (1891).


Je vous présente ce soir deux acquisitions récentes, toujours en Uzannie ! Je sais, je sais... mais bon, hein, ce n'est pas à quarante ans (ça y est, ça c'est fait) que je vais changer mon programme d'acquisition privé. Encore que...


Donc, premier ouvrage. Il s'agit d'un ouvrage des frères Goncourt ayant pour titre Sophie Arnould d'après sa correspondance et ses mémoires inédits. Le sur-titre est "Les actrices du XVIIIe siècle." Ouvrage publié chez G. Charpentier et Cie, en 1885. L'exemplaire est imprimé sur papier ordinaire (il a été imprimé 50 ex. sur Hollande d'après la justification imprimée au verso du faux-titre). Le volume a été relié sur brochure, avec ses couvertures imprimées jaunes en parfait état. La reliure est une pleine toile dorée/bronze, signée Pierson (le spécialiste à l'époque de ce genre de cartonnages à la bradel, peu couteux, et qui conservaient admirablement les textes dans l'attente d'une reliure plus riche). Cet exemplaire porte sur le faux-titre un envoi d'Edmond de Goncourt à Octave Uzanne (voir photo).


Envoi des plus lapidaires ! Ce volume a fait partie de la vente des livres d'Octave Uzanne faite en mars 1894 (avec une erreur dans le descriptif), mais il s'agit bien de cet exemplaire (n°197 de la vente). Ce volume contient l'ex libris gravé et imprimé en couleurs par Aglaus Bouvenne pour la bibliothèque d'Octave Uzanne et daté 1882 (voir photos ci-dessous).


Le deuxième ouvrage est intitulé Sensations d'Italie. C'est l’œuvre de M. Paul Bourget. Volume publié chez Alphonse Lemerre en 1891. Exemplaire également relié sur brochure avec les couvertures jaunes conservées. Le volume contient sur le faux-titre un envoi à Octave Uzanne (voir ci-dessous).


Une petite étiquette de relieur (triangle de papier pelure annoté relié devant le titre) ainsi qu'un ex libris gravé, nous permettent de savoir que ce volume n'a pas été relié pour Octave Uzanne mais pour le bibliophile et collectionneur Charles Freund-Deschamps. Ce volume a été imprimé sur papier ordinaire, il n'y a pas de mention de grand papier. Octave Uzanne n'a eu ce volume en mains qu'à l'état de broché.


Voici donc deux modestes ouvrages qui ont fait partie, un moment, de la bibliothèque d'Octave Uzanne. Au delà de cette petite présentation, ce que je voulais vous montrer (une fois de plus s'il était nécessaire), c'est combien à mes yeux il est important de "savoir l'histoire d'un volume" Je veux dire par là que ces deux envois sont comme deux phares qui éclairent (faiblement certes) un peu plus encore ma connaissance du Prince des Bibliophiles comme l'appelaient les anglais de l'époque, Mister Octave. Car finalement, sans ce plonger dans d'autres livres, d'autres lettres, que nous dit un envoi d'Edmon de Goncourt à Octave Uzanne dans lequel on lit simplement : "à Octave Uzanne, Edmond de Goncourt" ? sinon une froideur extrême, un sens de la concision poussé au paroxysme. Les questions viennent ensuite d'elles-mêmes et c'est bien là qu'est tout l'intérêt de la chose. Quelles étaient les relations entre Edmond de Goncourt et Octave Uzanne dans les années 1880 ? S'entendaient-ils bien ? leurs relations n'étaient-elles pas purement protocolaires ? Que pensait Octave Uzanne de l'oeuvre des Goncourt ? etc etc. Idem pour Paul Bourget. Uzanne appréciait-il ce plumitif auteur de la Physiologie de l'amour moderne ? Uzanne possédait dans sa bibliothèque plusieurs ouvrages des uns (les Goncourt) et de l'autre (Paul Bourget), environ une bonne dizaine de chaque, tous avec envois ou sur grands papiers. Ils ont été dispersés dès 1894. Que sont-ils devenus ? Au moins ces deux là sont au chaud, sur mes rayons... en attendant les autres.

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

4 commentaires:

Anonyme a dit…

J'avoue connaitre tres peu Monsieur Uzanne, mais je vois qu'il est mort en 1931 et qu'il a vendu sa bibliotheque bien avant en 1894. Par depit? Difficultes financieres? Insatisfaction?
Acquisitions interessantes pour bibliophile averti dans tous les cas!
Cordialement
Wolfi

Textor a dit…

Amusant cet ex-libris au nom cassé qui laisse à lire Ave Uzanne ! Un salut du bibliophile à lui-même, bien dans le style du grand Octave, je trouve.

Textor

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Bien vu, Textor
peu d'amateurs ont repéré cette marque de vanité bien connue des uzanniens

Dominique P. a dit…

L'Octave devait recevoir une pleine brouette des ouvrages publiés chaque semaine en "service de presse" pour qu'il en soit fait mention dans les périodiques où il écrivait. Celà explique sans doute le côté un peu formel des envois.

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